LE FORUM DES ÉGARÉS




Post mortem nihil est
 
AccueilAccueil  GalerieGalerie  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Le marché du désir de l'Oncle Sade

Aller en bas 
AuteurMessage
Viscard
Valet apatride du Grand Capital
Valet apatride du Grand Capital
avatar

Masculin
Nombre de messages : 226
Date d'inscription : 21/11/2006

MessageSujet: Le marché du désir de l'Oncle Sade   Mar 20 Fév 2007 - 1:01

Le film « Holster » produit par Tarantino, « Les racines du mal » de Dantec, le « Couperet » de Costa Gavras et le livre de Lasch « Le seul et vrai paradis » révèlent les pires limites de notre système. Tout prouve que le « Mal » se perfectionne, se bonifie, se structure, s’élève et s’amplifie, se spécialise, s’affine avec terriblement plus de subtilité et d’ingéniosité que la bonté et la piété immanente de la croyance chrétienne ou de l’idéologie communiste. Le marxisme, comme le christianisme, est bien un eschatologie, le communisme étant le nom générique désignant les finalités ultimes de la communauté humaine. Au contraire, le progressisme ne présuppose aucun arrêt, aucune finalité, mais un mouvement illimité. Ce qui stimule ce progrès, c’est le progrès matériel et l’innovation technique que le tourisme, le voyage colonial glorifie.

La perversion concorde avec la « conception moderne du progrès », de la nécessité du voyage, d'aller voir plus loin, de pousser l'horizon de la rasion, les limites de ce qu'on a. Ce qui ne prouve plus seulement l’engendrement réciproque de l’économie de marché avec le désir (sexe) mais aussi avec le sadisme (libérale) et la violence (physico-morale). L’hédonisme est le moteur primaire libéral, le plaisir-masochiste un second cycle d’aliénation par la consommation des couches moyennes, le plaisir-sadique de la violence est le troisième mouvement vers le sadisme libéral de la consommation barbarisée. Le plaisir de la violence (jeux, sélections, entretiens, exhibitions, tortures physiques gratuites ou commandées…) devient un marché sans limites comme un autre. Plus rien n’interdit de penser que des clients puissent être autant excités par des putes empaillées que par de la boucherie violente sur catalogue libéral et se livrer à des actes totalement inhumains. Le plaisir de la violence est le stade ultime de la limite humaine.

Rien n’est plus insensé que la théorie hédoniste proudhonienne qui consiste « à faire à autrui comme vous désirez qu’il vous soit fait » ou de Chamfort qui virent au pré-sadique libertaire jouissif. Plus rien n’empêche désormais que le marché du désir s’adjoint le marché de hédo-sadisme. L’idée de progrès, dont le voyage, le tourisme, les colonies portent les valeurs guerrières aseptisées, « ne peut, comme le dit C.Lash, jamais reposer sur la promesse d’une société idéale » qui ne peut s’appuyer que sur l’effort humain, l’exigence éprouvée, la croyance immanente en la justice, et « l’espoir sans optimisme » comme le disait le pasteur Reinold Niebuhr. Le progrès repose sur cette double promesse du plaisir du désir et de la violence. Car après l’épuisement du désir sexuel, advient l’appétit du plaisir sadique et du cycle éternel de la coercition bestiale. Le Progrès engendre le marché de l’hédo-sadisme, le marché de l’Oncle Sade. Clouscard peut encore actualiser les termes de son lexique critique avec ce progrès qui accomplit le néo-sado-libertarisme. Le progrès a développé une culture d’indifférence, d’ignorance, de plaisir sadique et masochiste qui touche bientôt à sa fin
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le marché du désir de l'Oncle Sade   Mar 20 Fév 2007 - 1:35

Le désir, est une extension du bonheur comme l'a si bien monté Houllebecq, dont chaque dose rend un peu plus dépendant... Alors qu'est ce que l'on fait ? On l'augumente les doses et lorsque ce n'est pas le cas, on cherche quelque chose de plus fort. Cross
Revenir en haut Aller en bas
Hasan
Valet apatride du Grand Capital
Valet apatride du Grand Capital
avatar

Masculin
Nombre de messages : 92
Age : 29
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 29/01/2007

MessageSujet: Re: Le marché du désir de l'Oncle Sade   Ven 23 Fév 2007 - 13:15

Je pense qu'il n'y a pas de quoi se prendre trop la tête. J'ai beaucoup réfléchi sur ces questions et j'en ai conclu, par ma dernière lecture philosophique qu'était un traité de Schopenheauer que le bonheur n'existe pas. Il n'y a pas de raison de chercher sans cesse quelque chose qui n'est pas. Je m'explique : Il y a une connaissance acquise, c'est-à-dire un stade de l'homme où il apprend ses faiblesses et ses capacités. Après avoir appris cela l'homme doit aller vers la réalisation de ses capacités, de ce qu'il veut et doit "fuir" ou ne pas s'attarder sur ses faiblesses. Et tout cela pour faire en sorte de souffrir le moins possible. Vue qu'un etat de souffrance nulle n'existe pas, il fait en sorte d'atteindre une souffrance minim. Pour conclure, je pense que ce que l'on appelle bonheur n'est autre qu'un moment d'extrême extase qui même s'il nous contente, par la suite perds toutes significations. Enfin c'est un point de vue personnel bien sûr Blah blah
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le marché du désir de l'Oncle Sade   Ven 23 Fév 2007 - 18:58

Je ne veux pas forcement tout intellectualiser mais si le BONHEUR n'est pas le moteur de ma vie la CONNAISSANCE l'est....
Revenir en haut Aller en bas
Viscard
Valet apatride du Grand Capital
Valet apatride du Grand Capital
avatar

Masculin
Nombre de messages : 226
Date d'inscription : 21/11/2006

MessageSujet: Re: Le marché du désir de l'Oncle Sade   Sam 24 Fév 2007 - 0:22

Subversivio a écrit:
Viscard a écrit:
Subversivio a écrit:
Hasan a écrit:
Je pense qu'il n'y a pas de quoi se prendre trop la tête.
Exactement ... je plains ceux qui veulent trop pousser à la réflexion, trop intellectualiser ... mon dieu ...
@Subversivio : Certains devraient s'y forcer un peu plus, non ? Il y a une sévère distinction entre la conceptualisation matérialiste de la réalité sociale, de la totalité politique et l'idéalisation platonicienne du bonheur, du bien, du vrai, du beau, du réel compréhensibles exclusivement dans la seule sphère sophistique du langage et du mythe.

@ Steve-O : Le sujet ne portait pas sur le "bonheur" mais sur le "désir" appliqué dans le champ politique, psychologique et social.
Es tu heureux dans la vie ? Sleep
lol! Non mais c'est très bien de réfléchir ... faut juste le faire intelligemment ...
Mais à qui t'adresses-tu ? Je ne compend pas le ton, l'humour ou le sérieux de ta remarque...

------------------------------------------------------------------------------------------------------------
SubV a écrit:
Viscard a écrit:
Subversivio a écrit:
LeSaintMtl a écrit:
@Subversivo
''Exactement ... je plains ceux qui veulent trop pousser à la réflexion, trop intellectualiser ... mon dieu ...''
Je vois pas pourquoi tu critiques le topic Subversivo...
J'apprécie le questionnement de Viscard. Ca fait réfléchir.
Je ne critique par le topic en lui-meme ... bref, j'ai pas envie de m'éterniser ... d'autres chats à fouetter ... on oublie ...
Alors, tu me critiquais moi en particulier. Dis-le, si t 'as quelque chose à dire.
quand j'ai quelque chose à dire à un membre en particulier, je le fais et je n'attends pas que l'on m'y invite ... Je ne te critiquais absolument pas mais plus une tendance de gens qui intellectualisent tout ce qu'ils peuvent intellectualiser, du plus frivole au plus grave ...
Bien reçu.

Affaire close.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Sebsebforce
Idiot utile
Idiot utile
avatar

Masculin
Nombre de messages : 557
Age : 46
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Le marché du désir de l'Oncle Sade   Dim 25 Fév 2007 - 16:06

Viscard a écrit:
Sebsebforce a écrit:
Très bonne idée Viscard ! Je préfère réfléchir là-dessus, sujet qui concerne tout-à-chacun, que sur le Coran !

Si je te suis bien, l'angélisme serait donc l'anti-chambre du "Mal", ou le mieux, l'ennemi du bien. Pour aller dans le même sens, je dénoncerai ici ceux qui défendent un modèle de société par l'argument "on n'a pas trouvé mieux" ou " il ne marche pas si mal", et qui d'un autre côté défendent un soit disant "progrès". Plutôt incohérent....

Sachant que ce système, non seulement ne réduit pas les inégalités, mais les amplifient, créer artificielement des problèmes (chômage, oisiveté, attise les bas instincts humains -convoitise, envie, jalousie, égoisme-, pollutions..), ne fonctionne pas, contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire (crise économique permanente, déséquilibres structurels, incapacité de s'auto-gérer et de s'auto-réformer).

Le modèle capitaliste ne perdure pour la simple et unique raison qu'il correspond le mieux à ce qu'est l'être humain dans toute sa bêtise! Il est où le progressisme ??

Le système libéral a carrément inversé les valeurs. Sous couvert d'évacuation de son surplus économique et culturel, il s'emploie méthodiquement à user de l'oppression et de la permissivité, tout cela par le jeu des couches moyennes qui jouent les tampons, les fusibles de la décadence bourgeoise et de la perversion libérale libertaire. C'est l'antichambre des putes et de la soumission. C’est la débrouille imposée en tapant au « mieux » sur sa propre classe. Le patrons de ce système s’étant tout bonnement extrait de cette hiérarchie causale. La couche moyenne préféra toujours, au fond, "trahir" pour acheter le dernier home cinéma, le dernier frigo à l’américaine, le dernier mp3 , logiciel plutôt que de rendre consciente la consommation, le monde des managers de biens et services, la consommation du divertissement et des média. L'homme reste, c'est une thèse et une approche sur la nature évidemment, égoïste, traitre et cynique. le socialisme et la religion étant deux formes nobles de l'arrachement à sa propre condition naturelle. A la différence des libéraux malins qui justement voient dans la naturalité simple, dans l'accomplissement de l'instinct immédiat (Nietzsche et tant d'autres philosophes des horizons pulsionnels ayant été très utiles) le fondement même de leur injustice.

Mais être cruel, sadique, c'est être démocrate et droit de l'hommiste. La démocratie n'est rien d'autre que la définition de "société de consommation" ( à ce sujet voir ce même prétexte avec la guerre en Irak qui ne cherche avec le mot "démocratie" qu'à révolutionner des rapports de productions féodaux arabes trop gênants pour le libéralisme mondial), la "tolérance" étant sa normalisation. Comme je le disais dans un autre post, les pédophiles mondiaux oeuvrent pour la salubrité économique des jeunes défoncés du cul et pour la catharsis intellectuel des milieux branchés qui trouvent toujours de "bon goût" d'exprimer l'histoire de son sexe, de sa chatte, de son petit moi surtout quand ils vont tremper chez les plus défavorisés.

Le modèle capitalisme perdure car il possède les moyens de révolutionner les rapports de production ( ce que ne prétend pas faire du tout notre fonctionnaire révolutionnaire qui préfère taxer ses profits en maintenant logiquement le rapport de l’exploitation qui permet ce dit profit). Et surtout il a trouvé dans ses esclaves-modernes le moyen qu'il se sentent redevables de leur propre soumission (promotion sociale, couche moyenne, petit cadre...) et ce en pleine division dans cette couche sociale.

Le capitalisme perdure car il est au coeur et gagnant de toutes les idéologie (fascisme/ communisme/libéralisme). Et que malheureusement, il s'est construit un soubassement scientifique de la Raison (Newton), et philosophique (intérêt, égoïsme, individualité, moralistes) issu du XVIIIe siècle qui prétend, objectivement, être la "raison suffisante" de l'humanité. Ce qui est un mensonge car il n'y historiquement aucune forme scientifique qui démontre et prouve les fondements du capitalisme. C'est un une structure de débouchés, comme le féodalisme en son temps.

Le plus triste dans tout ça, c’est que dans une soirée de gens populaires, on parle de tout ce qu’on a pas, de ce que l’on a du mal à obtenir, des tracas, des filles qu’on voudrait, de la décence minimum voire de l’ambition de certains. Mais dans les raouts parisiens des fils de, fils de bonne petite famille, on s’amuse, on a des lieux sympas, on a de la boisson, des filles, ce qui faut et on discute pas de ces emmerdements, des soucis, des tracas dont on ne sort plus, même le soir, même le week-end. Le ghetto idéologique s’accomplit pleinement. Tandis que d’autres vivent pleinement dans les vannes de l’idéologie du désir de la société lili-bobo.

Excellent ! Préciser ces faits peut apparaître comme une évidence, mais on a tendance à l'oublier parce qu'elle gêne le fonctionnement du système, et remet en cause notre comportement et notre soumission. Nous vivons dans une cage dorée, où le syndrome de Stockholm agit pleinement parce que se sont nos bourreaux qui nous nourrissent, et nous qui les gardons à leur place. Aliènation suprême de profit mutuel dans lequel règne l'absence totale de liberté, puisque les seules libertés qu'on nous accorde sont celles que l'on peut s'acheter, c'est-à-dire, No liberté du tout !

D'ailleurs, c'est pour cela aussi que le capitalisme fonctionne aussi bien en Chine qu'aux États-Unis, qui sont pourtant censés représenter deux oppositions, alors que dans les faits, ils sont copains comme cochons, au profit des mêmes bien sûr !

Quant à la tolérance, elle est là bien sûr pour empêcher toute rébellion et culpabiliser le consommateur, qui pour seule thérapie devra se contenter de...consommer toujours plus. Vu comme cela, on peut dire que le système est parfait dans sa perversité, au sens propre du terme.

Ce qui prouve au quotidien que ce système est fou, c'est de faire l'inventaire des biens matériels que chacun peut avoir, ou de traîner dans les vides-greniers si populaires. Pour qui a une conscience a minima, c'est un choc après un moment de se rendre compte de ce que produit comme inutilités notre monde, et l'insatisfaction grandissante qu'on en ressent parallèlement. Et ce cercle vicieux est censé ne pas connaître de fin, sinon, la fin du monde. Vertigineux! D'où le calcul si on considérait que toute la population du globe vivait comme les Américains, il faudrait 3 planètes Terre. arrivé à ce constat, il est plus que temps de faire marche arrière. Alors, quand j'entends qu'il faut relancer la consommation...Mettez à jour vos logiciels...

Mais le plus incroyable, vu de notre petit niveau politique, c'est d'avoir ce raisonnement "dit de gauche", mais d'être catalogué de droite (=libéral), voire nationaliste (small is beautiful !). Ceux qui disent que le monde change devrait déjà revoir leur système de valeurs, ou c'est que les valeurs auxquelles ces gens s'accrochent sont périmées depuis longtemps.

La question à se poser intimement, est : êtes-vous prêt (Are you ready ? pas comme le clamait - ô hasard - un slogan Microsoft), à changer vos habitudes, renoncer à la voiture, au week-end au ski, aux plages mazoutées, aux hamburgers, à moins bien sûr que vous adoptiez en toute conscience ce système. Mais dans ce cas, assumez-en toutes les conséquences (une encyclopédie ne serait pas de trop pour les énumérer, amusez-vous à çà chez vous plutôt que regardez Claire Chazal).

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Viscard a écrit:
Colonel Jul a écrit:
"Holster"? Qu'est ce?
C'est, "Hostel" (j'ai du me planter en écrivant) un film genre série B, réalisé par Eli Roth en 2006, et produit par Tarantino qui a souvent dit que c'était le film qu'il voulait réaliser sur ce sujet et exprimait ses idées sur la violence.

Au travers une vision du tourisme sexuel et des vacances de débauche, deux Américains vont se rendre en Slovaquie pour y faire un maximum de rencontres. Les filles sont effectivement faciles mais, le sexe, n'est qu'un appât pour assouvir les délires violents de rézos mafieux. Et le plus drôle, c'est que dans des couloirs de tortures, barbares et "autoritaires" des bourreaux salivent sur des sites de putes, comme on salive, en Hollande, dans ses rues "démocratiques", sur des putes en vitrine.

Il n'y a plus de raison aujourd'hui de croire qu'il y aura pas de vitrine d'enfants nus, de masochiste avec pignon sur rue, de violence sexuelle en tout genre, à partir du moment ou tout cela se monnaie universellement. Le sexe est ce qui se paie violemment sans concept.
Oui ! Et qui, en premier lieu, peut se permettre ce genre d'activités, sinon les oisifs qui ne savent pas quoi faire de leur argent? Tourisme=voyage=activité économique pour le pays d'origine + souvenirs sexuels qui font marcher l'économie locale et subsister les exclus du systèmede l'autre, avec pour vitrine publicitaire la pornographie légale et poussée des sociétés occidentales. Ce n'est pas moi qui ait trouvé çà, Soral l'a écrit, et d'autres... Si l'avenir du monde, vu du côté capitaliste, c'est d'avoir des macs culpabilisés d'un côté, des putes volontaires de l'autre, brillant avenir! Sans compter, ceux qui souhaitent la réouverture des maisons closes, souvent des gens de gauche d'ailleurs. Il n'y a pas de hasards...Autant rétablir la guillotine, c'est le patrimoine français après tout!
Et la guerre, çà fait marcher le commerce, non?
Tout cela est tellement simple et limpide pourtant. Nous sommes juste coupables de notre inertie, tout cocoonés que nous sommes. Ce qui ne veut pas dire responsables, car en démocratioe, nous avons les moyens d'être représentés, ou de nous présenter nous-mêmes. C'est le B.A. BA de la ciitoyenneté. Ou le putsch...Faut voir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Viscard
Valet apatride du Grand Capital
Valet apatride du Grand Capital
avatar

Masculin
Nombre de messages : 226
Date d'inscription : 21/11/2006

MessageSujet: Re: Le marché du désir de l'Oncle Sade   Dim 25 Fév 2007 - 22:52

filantropic a écrit:
Viscard a écrit:
Mais être cruel, sadique, c'est être démocrate et droit de l'hommiste. La démocratie n'est rien d'autre que la définition de "société de consommation" (à ce sujet voir ce même prétexte avec la guerre en Irak qui ne cherche avec le mot "démocratie" qu'à révolutionner des rapports de productions féodaux arabes trop gênants pour le libéralisme mondial), la "tolérance" étant sa normalisation. Comme je le disais dans un autre post, les pédophiles mondiaux oeuvrent pour la salubrité économique des jeunes défoncés du cul et pour la catharsis intellectuel des milieux branchés qui trouvent toujours de "bon goût" d'exprimer l'histoire de son sexe, de sa chatte, de son petit moi surtout quand ils vont tremper chez les plus défavorisés.
Les phénomènes que tu décris illustrent la dérive perverse -et ultime?- de l’idéologie du capitalisme libéral qui sort lentement mais sûrement des cadres de la civilisation dans son acceptation humaniste et positive, et s’oriente vers une forme de barbarie qui serait dans son aboutissement une sorte de norme.

Mais n’oublions pas que pour que le système fonctionne l’équilibre doit impérativement être tenu entre frustration et transgression. Le nihilisme libertaire n’y a pas sa place car l’abolition totale de normes romprait cet équilibre.

Ce que tu dénonce restent les dérives d’une élite décadente mais je pense qu'il n'est pas tenable pour la pérennité du système à commencer par le contrôle des couches inférieures de la population.

A moins d'avoir mal compris ce que tu essayes de développer, que je résumerai par :

Capitalisme libertaire/pulsion-désir = société de consommation/démocratie
donc
pulsion-sadisme-cruauté=démocratie droit de l'hommiste ?

il y a un maillon de la chaîne qui a dû m'échapper, je ne parviens pas à me satisfaire de ce genre de raisonnement.

Citation :
Capitalisme libertaire/pulsion-désir = société de consommation/démocratie
donc
pulsion-sadisme-cruauté=démocratie droit de l'hommiste ?

@ Filantropic

Tes deux sophismes conduisent à chaque fois sur la même conclusion : sur la « démocratie » si tu regardes bien. Et je n'ai pas fait cette démonstration exactement dans ces deux temps, avec autant de logique mathématique et de conclusion mono-déterministe.

Pour moi, l'opposition binaire bourgeoisie/ouvrier a explosé avec le marché du désir qui n'oppose plus directement le producteur au consommateur. Les couches moyennes sont au coeur d'une nouvelle dualité production/consommation au travers laquelle les classes subsistent, avec leur inconscient collectif, mais de manière plus complexe.

La démocratie est la pure définition du concept de "société de consommation". C'est une chose. Et le concept de "tolérance" est sa variable d'acceptation, c'est à dire de normalisation des modes de consommation et d'existence marchand( avec sa réalisation dans le communarisme identitaire-marchand).

Ce qui est plus complexe, c'est de mettre en rapport le principe de démocratie en rapport avec les courants réactionnaires. Partout où il y démocratie, du républicanisme, il y a la tension capitaliste d'un côté qui veut accomplir pleinement ses rapports de production et de surplus culturel, la tension travailliste qui cherche à gagner ses droits dans une république populaire, et le fascisme qui peut être totalement contre les communistes et les capitalistes ( Espagne de 1936 : alliance libéralo-communiste contre le fascisme) ou allié au capitalisme (Allemagne de 1933, ou Italie fasciste de 1920).

Le raisonnement dont tu me parles n'a pas de réponse unilatérale. Lorsque je dénonce la dérive de la décadence bourgeoisie, elle se fait grâce à la temporisation des couches moyennes qui ne réagissent pas à leur esclavagisme et abrutissement moderne, au contraire, elles s'en flattent. La décadence n'est pas nouvelle (lire Balzac ou T.Mann avec la décadence structurelle des familles, la fin des aînés, et la décadence ludique des cadets, futurs révolutionnaires désinhibés à chaque fois) et la théorie du surplus est une variable d'actualisation du marché qui date, au fond depuis le XIIIe siècle avec déjà les comptoirs de Bruges . Et dans un premier temps, la violence était pratiquée par la patronat, par l'oppression directe, on va dire.

Aujourd'hui, la violence est pratiquée par le jeu d'une permissivité de consommation qui contente et la classe dirigeante (surplus du désir, métier, marché, autorité, normes, mainmise du marché du désir qu’elle contrôle et amplifie) et névrose de la classe oppressée par un culte qui délite toutes les valeurs (traditionnelles et nationales) et empêche l'accès réel à tous ses produits. C'est étudier, pour jouer avec Hegel, une phénoménologie de la déception par la consommation ! D’où les réactions des mouvances contre-révolutionnaires (extrême droite depuis 1789) et les fascistes qui voient dans ce type de "démocratie" une atteinte grave aux principes dits nationaux et populaires.

Le typé de sadisme dont je parle est cruel car il est en train d'ôter toute forme d'humanité à l'homme, le considérant globalement comme un pur produit sexuel ou autres (qu’il arrive à vivre pleinement soit en payant, soit en le subissant et en se donnant, soit en ne le vivant pas du tout). Mais, comme cet état de fait est inacceptable, le concept occidental ne peut que verrouiller cette logique, en voyant dans cette opération un moyen d'élever et d'arracher l'homme à son injustice (que le système ne fait qu’amplifier et que l'Etat, bon an mal an, atténue).

La « nécessité » ( comme concept philosophique) est devenue un concept libéral à part entière dans lequel tout individu doit, pour se préserver, se donner, se livrer, du cul-du sexe-aux idées, afin d'exister seulement. Ou bien c’est la marginalité. Les couches moyennes sont devenus des putes officielles tant dans leur production (voire la production des intellectuels oppressés), dans leur consommation qui les satisfait d'un désir qui contient en lui-même la part d'exploitation de leur plaisir. Le désir, que suscite de manière très habile ce marché libéral, étant toujours proportionnel à ce qu'il contient d'équivalent-travail. Et toute la jouissance des couches moyennes est la captation de ce plaisir différé, du plaisir qui constitue le mode même de leur oppression, névrose et souffrance. C’est un masochisme inconscient de la part des couches moyennes.

Et les couches moyennes servent à effacer cette captation équivalence-travail dans le marché et ses produits libertaires dérivés. Pour faire croire au culte du désir gratuit, total accessible pour tous. Cette mécanique de filtrage et de masque, adoptée par les libéraux, revient à exploiter, deux fois l'individu, dans sa production et sa consommation. Le pire sadisme étant d'obliger les Employés-Techniens-Cadres à encadrer, à être des petits patrons des couches moyennes sans espoir d'acquisition (on ne prête qu’aux riches) comme les "vrais" bourgeois ( ou alors attendre 30ans de crédit : le budget dévolu à la jouissance étant calculé sur la durée salariale), à consommer leur propre exploitation du plaisir et ce avec plaisir, joie et bonheur ignard ! Cette variable est aussi valable à l’étranger. Ce sadisme est une forme de "terreur blanche" moderne.

Le Droit-de-l'hommisme (DDH), philosophie purement bourgeoise de la liberté, consiste à faire croire que la liberté est incarnée par la société de consommation et l’affranchissement des règles protectionnistes et "féodales". Le DDH à la différence de la "démocratie" et de la "tolérance" degenre capitaliste, qui sont des fondements politico-économiques, offre une "morale", une "bonne conscience" d'agir au nom d'un intérêt particulier bien compris. Les média (les déclassés du système) se chargent de ce sale boulot, c’est leur boulot de chef de rayon de la moral qu’ils vendent comme n’importe qu’elle yaourt : juste pour garder leur place ( moyen : « langue de bois » qui évacue le discours objectif qui les trahirait).

Et de nouveau on voit que ce Droit-de-l'hommisme sert les intérêts des rapports de productions bourgeois contre les rapports de productions féodaux arabes à l'étranger par exemple (Irak). Le DDH est sadique car il suppose que notre permissivité sera meilleure que les rites et usages nationaux, intérieurs ( problème de l'echelle nationale, comme frein au capital, par rapport à l'Europe) ou extérieurs ( guerre, impérialisme, capitalisme imposée). Et nous devons croire, lorsque nos intérêts ne sont pas ceux des bourgeois, à cette vérité-là.

Voilà des chaînons qui ne s'enfilent pas comme des perles mais offrent des explications. Je me refuse à faire le jeu du X = Y donc X' = Y'. La démonstration écrite peut laisser croire à ce genre de procéder car on ne peut pas nuancer et appréhender la totalité du discours en écrivant. Juste pour dire que la lutte des classes met désormais en scène des rapports de production et de consommation qui identifie des psychologies sadiques et masochistes communes aux rapports de classes mais dont les mécaniques d’oppressions et de permissivité, mais aussi de préservation ( capital/ouvrier) sont différents.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le marché du désir de l'Oncle Sade   Lun 10 Mar 2008 - 14:40

Viscard a écrit:
Le typé de sadisme dont je parle est cruel car il est en train d'ôter toute forme d'humanité à l'homme, le considérant globalement comme un pur produit sexuel ou autres (qu’il arrive à vivre pleinement soit en payant, soit en le subissant et en se donnant, soit en ne le vivant pas du tout). Mais, comme cet état de fait est inacceptable, le concept occidental ne peut que verrouiller cette logique, en voyant dans cette opération un moyen d'élever et d'arracher l'homme à son injustice (que le système ne fait qu’amplifier et que l'État, bon an mal an, atténue).

On sait tous qu'au sens strict (sur un plan purement psychologique), le sadisme désigne une perversion sexuelle dans laquelle le plaisir érotique est liée à la souffrance infligée à autrui. Il prend le plus souvent dans nos sociétés modernes un caractère symbolique, "cérébral". Ainsi les humiliations infligées par un petit chef à ses employés sont souvent décrites comme une forme de sadisme et c'est bien à ce propos pour désamorcer l'idéologie anti-autoritaire généralisée que le management vise à modifier la perception de l'encadrement (il n'est d'ailleurs pas surprenant que l'armée française qui avant recrutait sa base dans les milieux ruraux ait troqué son style rustique pour se calquer sur ce modèle managérial, on dit le "nouveau commandement", pour complaire des recrues issues des populations urbaines).

On voit bien qu'à travers ce thème particulier il s'agit d'interroger ce qu'il en est du rapport entre désir et social. Le "type de sadisme" dont il est question est-il vraiment dans une logique de transgression (cf. texte de Bataille ci-dessous) ou ne fait-il que s'inscrire que dans une logique de désublimation (Viscard évoque ainsi les phénomènes de déshumanisation, désexualisation, dévalorisation humaine) qui ne ferait que redoubler notre aliénation en reconduisant un rapport de forces dans les rapports humains ?

Pour Viscard qui pour servir son propos nous sort sa science, la revalorisation de l'homme privé est un leurre : l'isolement d'un individu qui serait à même de définir ses besoins est devenue impensable. Bien au contraire pour lui, la véritable liberté suppose l'abolition de la démocratie de masse, c'est-à-dire surtout de la culture de masse ultra-uniformisée dans laquelle l'immense majorité est contrainte de voir, d'entendre, de goûter ce que les autres voient, entendent, goûtent.

C'est même parce que selon lui cette société est grégarisée qu'il faut rejeter les idéaux du jour. Nos sociétés développées en effet mobilisent, structurent et contrôlent l'instinct sexuel, comme les autres instincts, de même qu'elles contrôlent tout, depuis les machines jusqu'à la politique (thème de la "gouvernance").

La "sexualité" est "permise" (et étalée dans la publicité ou le cinéma) non pour elle-même mais parce qu'elle a été reconnue comme une force socialement utilisable. Le désir rabattu sur une sexualité instrumentalisée (comptabilité d'orgasmes, etc) n'est plus à même de se projeter dans le monde, et par là de le transformer, il s'intensifie en se localisant sur telle ou telle pratique, et cette intensité est récupérée pour exciter davantage le besoin de consommer.

Dans cette perspective, les méfaits de la désublimation contrôlée sont immenses, on pourrait les comparer à la finale avec ce peuple des Lotophages que rencontre Ulysse, ceux qui perdent tout volonté de transformation grâce aux fleurs de Lotus opiumisantes. Si la sublimation allait de pair avec ce que Hegel nomme la conscience malheureuse, toujours insatisfaite, qui acceptait les interdits sociaux (mais les transgressait en même temps), la sexualité libérée et réduite au consommable fait disparaître avec le malaise la recherche d'autres modes de satisfaction que ceux que permet la société. La "conscience heureuse" ("le bonheur, si je veux" dit un slogan publicitaire), d'ailleurs superficielle, fragile et trompeuse (puisqu'elle est en fin de compte plus emprisonnée que la conscience malheureuse), est le signe que la lucidité et l'autonomie sont en train de se perdre. Rien de plus conformiste et aveugle que la permissivité (celle que les "subversifs à petite bite" prennent pour liberté de dire et d'agir). Triomphe de ce ce que Marcuse nomme "l'homme unidimensionnel" et qui masque la "ruse du guerre" de la machine néolibérale.

Mais ne peut-aussi concevoir malgré tout ce "type de sadisme" comme l'envers d'un idéal de pacification inhérent aux démocraties occidentales ? Pour Viscard qui nie la sphère privée comme autonome, cette question ne se pose pas. Pour lui, les occidentalisés sont trop liés à la société vantée comme abondante dont ils profitent ou croient profiter pour former le projet de la détruire (et par là peut-être de la reconstruire sur des bases saines). Pour lui, la "prise de conscience" au sens marxiste est impossible car elle suppose la reconnaissance du conditionnement social et de la possibilité de les dépasser. Une telle lucidité demanderait en effet que soit acquis le résultat visé (car un individu vraiment conditionné, consciemment ou inconsciemment, ne peut se rendre compte de son conditionnement).

Nous avons là ce que les Sceptiques grecs nommaient un diallèle, autrement dit un cercle vicieux qui ferme en boucle le raisonnement : se donner la prise de conscience est une condition préalable nécessaire et en même temps un élément de la pratique qui nie la société ! Il se traduit par ce questionnement, à savoir qui prendra le relais du prolétariat pour opérer le grand changement. Certains jeunes peuvent bien en comprendre la nécessité mais ils n'ont pas la puissance matérielle de le réaliser. Les "héritiers historiques" de la classe ouvrière sont bien trop intégrés au système, dont ils admettent et entretiennent la rationalité (on aurait dit autrefois qu'ils se sont "embourgeoisés") : le crédit évite de se sentir frustré des biens de consommation, les classes s'uniformisent, il ne semble plus y avoir ni exploiteurs ni exploités, l'histoire se résume à l'idolâtrie des faits.

On comprend vite alors que ne restent de ce point de vue que les ceux que cette société rejette ou n'a pas encore assimilés : l'espoir qui vient des sans-espoir. Et quand bien même se révolteraient-ils en comprenant leur douleur, auraient-ils suffisamment de recul pour orienter leur révolte vers l'établissement d'un changement qualitatif et un projet politique ? Ou ne laisseraient-ils pas autant de traces dans l'histoire que par exemple les paysans allemands révoltés rangés auprès de Thomas Müntzer ?

Il n'en reste pas moins que l'analyse dense de Viscard met en évidence un fait troublant pour nous contemporains, un certain totalitarisme actuel, c'est-à-dire la manipulation totale de l'individu par la société (peut-être est-ce aussi pour cela que l'oeuvre cinématographique qui sert de prétexte à sa réflexion n'est pas aussi comprise comme distanciation historique dans une certaine mesure ?). Son analyse, pour laquelle on a compris que tout est politique, a aussi le mérite d'envisager la réalité comme une totalité qui détermine le sens des rapports et des évènements partiels car en même temps qu'elle conçoit les conditions de l'état de fait et ses limites, elle élabore le projet de les dépasser. Elle se préoccupe de la totalité et par conséquent du changement et de l'avenir de cette totalité : la tâche de rupture y est définie comme une tâche politique.

Question Néanmoins le retour discret du politique par le biais associatif ne montre-t-il pas que les contradictions internes d'une société peuvent aussi se révéler un terreau fécond pour les contre-pouvoirs ? Le mutuellisme n'est-il pas en ce cas à réinventer ? Enfin, last but nos least, Sade ne nous montre-il pas l'exemple que peut être transcendé tout enfermement par une dimension autre (pour lui en l'occurrence celle de l'univers fictionnel) ?
Inspiration 1


---------------------------------------------------------------------------

SUPPLICE CHINOIS



Le monde lié à l'image ouverte du supplicié photographié, dans le temps du supplice, à plusieurs reprises, à Pékin, est, à ma connaissance, le plus angoissant de ceux qui nous sont accessibles par des images que fixa la lumère. Le supplice figuré est celui des Cent Morceaux, réservé aux crimes les plus lourds. Un de ces clichés fut reproduit, en 1923 dans le Traité de psychologie de Georges Dumas. Mais l'auteur bien à tort, l'attribue à une date antérieure et en parle pour donner l'exemple de l'horripilation : les cheveux dressés sur la tête ! Je me suis faire dire que pour prolonger le supplice, le condamné recevait une dose d'opium. Dumas insiste sur l'apparence extatique des traits de la victime. Il est bien entendu, je l'ajoute, qu'une indéniable apparence, sans doute, en partie du moins, liée à l'opium, ajoute à ce qu'a d'angoissant l'image photographique. Je possède depuis 1925 un de ces clichés. Il m'a été donné par le Docteur Borel, l'un des premiers psychanalystes français. Ce cliché eut un rôle décisif dans ma vie. Je n'ai pas cessé d'être obsédé par cette image de la douleur, à la fois extatique (?) et intolérable. J'imagine le parti que, sans assister au supplice réel, dont il rêva, mais qui lui fut inaccessible, le marquis de Sade aurait tiré de son image : cette image, d'une manière ou de l'autre, il l'eût incessamment devant les yeux. Mais Sade aurait voulu le voir dans la solitude, au moins dans la solitude relative, sans laquelle l'issue extatique et voluptueuse est inconcevable.

Bien plus tard, en 1938, un ami m'initia à la pratique du yoga. Ce fut à cette occasion que je discernai, dans la violence de cette image, une valeur infinie de renversement. A partir de cette violence — je ne puis, encore aujourd'hui, m'en proposer une autre plus folle, plus affreuse — je fus si renversé que j'accédai à l'extase. Mon propos est ici d'illustrer un lien fondamental : celui de l'extase religieuse et de l'érotisme — en particulier du sadisme. Du plus inavouable au plus élevé. Ce livre n'est pas donné dans l'expérience limitée qu'est celle de tous les hommes.

Je ne pouvais le mettre en doute...

Ce que soudainement je voyais et qui m'enfermait dans l'angoisse - mais qui dans le même temps m'en délivrait - était l'identité de ces parfaits contraires, opposant à l'extase divine une horreur extrême.

Telle est, selon moi, l'inévitable conclusion d'une histoire de l'érotisme. Mais je dois l'ajouter : limité à son domaine propre, l'érotisme n'aurait pu accéder à cette vérité fondamentale, donnée dans l'érotisme religieux, l'identité de l'horreur et du religieux. La religion dans son ensemble se fonda sur le sacrifice. Mais seul un détour interminable a permis d'accéder à l'instant où, visiblement, les contraires paraissent liés, où l'horreur religieuse, donnée, nous le savions, dans le sacrifice, se lie à l'abîme de l'érotisme, aux derniers sanglots que seul l'érotisme illumine.


source : Page finale des Larmes d'Eros de Georges Bataille


Dernière édition par MEDIATOR le Dim 13 Avr 2008 - 14:47, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
JOHN
Austère anachorète
Austère anachorète
avatar

Masculin
Nombre de messages : 808
Age : 43
Localisation : Un monde de (sales) cons
Date d'inscription : 09/12/2006

MessageSujet: Re: Le marché du désir de l'Oncle Sade   Mer 12 Mar 2008 - 21:14

Après lecture intégrale de ce fil :
I) Dans son premier post de ce topic :
Viscard a écrit:
L’hédonisme est le moteur primaire libéral, le plaisir-masochiste un second cycle d’aliénation par la consommation des couches moyennes, le plaisir-sadique de la violence est le troisième mouvement vers le sadisme libéral de la consommation barbarisée. Le plaisir de la violence (jeux, sélections, entretiens, exhibitions, tortures physiques gratuites ou commandées…) devient un marché sans limites comme un autre. Plus rien n’interdit de penser que des clients puissent être autant excités par des putes empaillées que par de la boucherie violente sur catalogue libéral et se livrer à des actes totalement inhumains. Le plaisir de la violence est le stade ultime de la limite humaine.

(…) Plus rien n’empêche désormais que le marché du désir s’adjoint le marché de hédo-sadisme. (…)

(…) Car après l’épuisement du désir sexuel, advient l’appétit du plaisir sadique et du cycle éternel de la coercition bestiale.
Cela m’a rappelé ce passage d’Alain Soral dans Misères du Désir (2004), au Chap. 7 « LES GAYS », p. 178-179 :
Citation :
Il y avait une issue morale à l’amour hétéro : l’enfant, nouveau venu qui sublimait le désir du conjoint dans l’amour de la famille et du gosse.
Mais sans ce but reproductif, le sexe pour le sexe au fils du temps se réduit au vice. Une drogue qui exige, comme toute drogue, qu’on augmente les doses pour en maintenir l’effet. Pipe, soixante-neuf, enculade, double pénétration, fist, triolisme… De plus en plus compliqué, de plus en plus tordu, (…).
(…) D’abord le sexe affirmation de soi, puis négation de l’autre, de sa pureté, de son innocence… dans une frénésie destructrice qui peut conduire au pire : satanisme, pédophilie
+ Serge de Beketch (1946-2007) dans Le dictionnaire de la COLÈRE (2005), à la lettre « O comme ordures » : « Comment Chirac protège la mafia du porno » (p.176-186) **, p. 181 :
** Reprise de cet article (du 28/5/2003), dispo ici : http://www.francecourtoise.info/03/294/page.php?id=03mar
Citation :
Le marché du porno fonctionne en effet selon les mêmes modes que celui de la drogue.

Les neuropsychiatres constatent que la courbe d’addiction au porno suit exactement celle de l’addiction aux neurotoxiques : il faut au consommateur des doses de plus en plus fortes de produits de plus en plus puissants pour passer la barrière physiologique de l’accoutumance.

Ainsi de même que le toxicomane passe du haschich à l’héroïne puis au crack, le pornomane passe du soft au hard, puis aux diverses spécialités (sado, zoo, scato, etc.), voire aux sinistres "snuff movies" où, pour des amateurs devenus fous d’ordure, on torture réellement des femmes ou des enfants avant de les assassiner devant la caméra.

Dans son (long) post juste ci-dessus :
Viscard a écrit:
La « nécessité » ( comme concept philosophique) est devenue un concept libéral à part entière dans lequel tout individu doit, pour se préserver, se donner, se livrer, du cul-du sexe-aux idées, afin d'exister seulement. Ou bien c’est la marginalité.

Les couches moyennes sont devenus des putes officielles tant dans leur production (voire la production des intellectuels oppressés), dans leur consommation qui les satisfait d'un désir qui contient en lui-même la part d'exploitation de leur plaisir.

Le désir, que suscite de manière très habile ce marché libéral, étant toujours proportionnel à ce qu'il contient d'équivalent-travail. Et toute la jouissance des couches moyennes est la captation de ce plaisir différé, du plaisir qui constitue le mode même de leur oppression, névrose et souffrance. C’est un masochisme inconscient de la part des couches moyennes.
Ce qu’a résumé Houellebecq dans cette phrase de La possibilité d’une île (2005), p. 85 :
« Augmentant les désirs jusqu’à l’insoutenable tout en rendant leur réalisation de plus en plus inaccessible, tel était le principe unique sur lequel reposait la société occidentale. »

II)
Hasan a écrit:
Je pense qu'il n'y a pas de quoi se prendre trop la tête. J'ai beaucoup réfléchi sur ces questions et j'en ai conclu, par ma dernière lecture philosophique qu'était un traité de Schopenhauer que le bonheur n'existe pas.

Schopenhauer (1788-1860) dans Le Monde comme Volonté et comme Représentation, Chap. « L’ordre de la grâce », p. 1407-1408 :
Citation :
Il n’y a qu’une erreur innée : c’est celle qui consiste à croire que nous existons pour être heureux. (…) Tant que nous persistons dans cette erreur innée, que nous y sommes confirmés encore par des dogmes optimistes, le monde nous paraît plein de contradictions. Car à chaque pas, dans l’ensemble comme dans le détail, nous devons éprouver par expérience que le monde et la vie ne sont nullement disposés pour comporter une existence heureuse. (…)

Chaque jour écoulé de notre vie nous a déjà enseigné que les joies et les jouissances, même une fois conquises, sont encore trompeuses, qu’elles ne tiennent pas ce qu’elles promettent, ne satisfont pas le cœur, et qu’enfin la possession en est tout au moins empoisonnée par les désagréments qui les accompagnent ou en découlent ; tandis qu’au contraire les douleurs et les souffrances se montrent bien réelles et dépassent souvent toute attente. – Ainsi donc, n’en doutons pas, tout dans la vie est disposé pour nous faire revenir de cette erreur originelle et nous convaincre que l’objet de notre existence n’est pas le bonheur. Bien plus, à qui la contemple de plus près et sans parti pris, la vie apparaît tout spécialement combinée pour que nous ne nous y sentions pas heureux.
+ au Chap. « De la vanité et des souffrances de la vie », p. 1334
Citation :
Tout dans la vie nous enseigne que le bonheur terrestre est destiné à être empêché ou reconnu pour illusoire. Et ces dispositions prennent leur racine dans l’essence intime des choses. Aussi la vie de la plupart des hommes est-elle courte et calamiteuse. Les gens comparativement heureux ne le sont presque toujours qu’en apparence, ou ce sont comme ceux qui vivent longtemps, de rares exceptions, dont la possibilité devait subsister – comme appât.
La vie se présente comme une duperie qui se poursuit dans le détail aussi bien que dans l’ensemble.
+ dans Le Monde comme Volonté et comme Représentation, p. 410, 403 :
Citation :
« Il en est de la vie comme de toutes les mauvaises marchandises ; tout le faux brillant est du côté de l’endroit ; ce qui est en piteux état est caché. » (p.410) (1)

« De toute cette suite de réflexions naît une humeur un peu mélancolique, l’air d’un homme qui vit avec un seul grand chagrin, et qui dès lors dédaigne le reste, petites douleurs et petits plaisirs ; c’est déjà un état plus noble, que cette chasse perpétuelle à des fantômes toujours changeants, qui est l’occupation de la plupart. » (p.403)
+ dans les Aphorismes sur la sagesse dans la vie, p. 89, 93, 101, 169-170 :
Citation :
« Il n’y a vraiment pas de folie plus grande que de vouloir transformer ce théâtre de misères en un lieu de plaisance, et de poursuivre des jouissances et des joies au lieu de chercher à éviter la plus grande somme possibles de douleurs. Que de gens cependant tombent dans cette folie ! L’erreur est infiniment moindre chez celui qui, d’un œil trop sombre, considère ce monde comme une espèce d’enfer et n’est occupé qu’à s’y procurer un logis à l’épreuve des flammes.

Le fou court après les plaisirs de la vie et trouve la déception ; le sage évite les maux. Et, si malgré ses efforts il n’y parvient pas, la faute en est alors au destin et non à sa folie. Mais pour peu qu’il y réussisse, il ne sera pas déçu, car les maux qu’il aura écartés sont des plus réels. Et dans le cas même où le détour fait pour leur échapper eût été trop grand et où il aurait sacrifié inutilement des plaisirs, il n’a rien perdu en réalité : car ces derniers sont chimériques, et se désoler de leur perte serait petit ou plutôt ridicule. » (p.89)

« Presque toutes choses en ce monde peuvent être dites de noisettes creuses ; le noyau est rare par lui-même, et plus rarement encore est-il logé dans la coque. Il faut le chercher tout autre part, et on ne le rencontre d’ordinaire que par hasard. » (p93) (2)

« Il n'y a pas de voie qui nous éloigne plus du bonheur que la vie en grand, la vie des noces et festins, celle que les Anglais appellent le high life, car, en cherchant à transformer notre misérable existence en une succession de joies, de plaisirs et de jouissances, l'on ne peut manquer de trouver le désenchantement, sans compter les mensonges réciproques que l'on se débite dans ce monde-là et qui en sont l’accompagnement obligé. » (p.101)

« Toutes les noix sont creuses, quelque dorées qu’elles puissent être. […]
La vie humaine, quoi qu’on fasse pour l’accoutrer et l’attifer, ne tarde pas à se montrer, dans toute sa misère, à travers ses oripeaux de foire. » (p.169-170)

Voir aussi p. 90-91 et 98-99.
(1) + Céline (1894-1961) dans Voyage au bout de la nuit (1932), p. 358 (de l'éd. folioplus) :
Citation :
Puisque nous sommes que des enclos de tripes tièdes et mal pourries nous aurons toujours du mal avec le sentiment. Amoureux ce n’est rien c’est tenir ensemble qui est difficile. L’ordure elle, ne cherche ni à durer, ni à croître. Ici, sur ce point nous sommes bien plus malheureux que la merde, cet enragement à persévérer dans notre état constitue l’incroyable torture.

(2) = Céline (1894-1961) dans Nord (1960), p. 191, 227 :
Citation :
« Y a du cœur où que ce soit, on peut pas dire que tout est crime… » (p.191)
« D’abord n’importe où et n’importe quand, paix, calme plat, guerres, convulsions, vagins, estomacs, verges, gueules, braquets, à ne savoir où les mettre ! à la pelle !... mais les cœurs ?... infiniment rares ! depuis cinq cents millions d’années, les verges, vagins, tubes gastriques, se comptent plus, mais les cœurs ?... sur les doigts !... » (p.227)

III) (Enfin) Vers le début de cette page :
Invité a écrit:
Je ne veux pas forcement tout intellectualiser mais si le BONHEUR n'est pas le moteur de ma vie la CONNAISSANCE l'est...
Schopenhauer (1788-1860), dans Aphorismes sur la sagesse dans vie, p. 95 :
Citation :
Les hommes supérieurs et nobles saisissent vite l'enseignement du destin et s'y prêtent avec soumission et reconnaissance : ils comprennent que dans ce monde on peut bien trouver l'instruction, mais non le bonheur, ils s'habituent à échanger des espérances contre des connaissances ; ils s'en contentent et disent finalement avec Pétrarque : « Altro diletto, che'mparar, non provo. »


Dernière édition par JOHN le Ven 20 Juin 2008 - 22:35, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le marché du désir de l'Oncle Sade   Sam 15 Mar 2008 - 12:52

Citation :
Ainsi de même que le toxicomane passe du haschich à l’héroïne puis au crack, le pornomane passe du soft au hard, puis aux diverses spécialités

Serge de Beketch a écrit ça? Je me permet de dire que c'est une grosse erreur: il n'y a aucun rapports entre le hasch et l'héroïne, ou, pour être plus exact, ces deux drogues ont des effets presque radicalement contraires. Sans parler des dangers qui sont sans commune mesure (on pourrait comparer le vin à l'héroïne, tant qu'on y est), on peut rappeler les paroles de l'héroine du film More, de Brabet Schroeder: ceux qui prennent du hasch veulent apprécier la vie, ceux qui prennent de l'héroïne veulent lui échapper. Donc c'est la confusion entre des pulsions antitétiques.

En revanche, on pourrait comparer, effectivement, l'addiction au porno à l'addiction à une seule drogue (l'alcool menant vers plus d'alcool, le cannabis vers plus de cannabis, etc), et arrêter là la comparaison, en se demandant si, effectivement, dans la sexualité humaine, il n'y a pas quelque chose qui mène, à partir d'un certain moment, d'une pulsion à son contraire, de la pulsion d'amour à la pulsion de mort.

Cependant, en Orient, dans les traditions spirituelles de l'Orient, il est enseigné que le secret de l'érotisme est dans l'acte érotique lui-même, indépendamment de la reproduction (ce qui ne signifie pas que ces traditions légitiment n'importe quoi).

Ensuite, même dans la sexualité, on ne voit pas que les excès conduisent à dépasser certaines limites: il ne semble pas qu'aucun débauché hétérosexuel soit devenu homosexuel pour avoir abusé de l'amour des femmes, par exemple.

Sur les puslions "sadiques" comme telles, on peut noter qu'un certain niveau de douleur, léger, mais réel, parait inhérent au plaisir, et c'est ce qu'indique le Kâmâ Sutrâ.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Le marché du désir de l'Oncle Sade   Sam 15 Mar 2008 - 17:33

Toute "addiction" est révélatrice d'un déséquilibre de la personnalité, et si je suis bien d'accord pour distinguer drogue douce (désignée par certains consommateurs comme "récréative") et dure, il n'en reste pas moins qu'il est inepte et inconséquent de dire que fumer du "H" aide à "apprécier la vie". Toute drogue, quelle qu'elle soit, vole à une jeune personne son argent, son temps et spolie son talent.

Enfin dernier point, c'est travestir l'aliénation du désir (thème introduit par Viscard) que de réduire celle-ci forcément à un passage "de la pulsion d'amour à la pulsion de mort" (le fameux tandem thanatos-eros explicité dans la métapsychologie freudienne). Vous ramenez ce qui vous est inconnu, Lutfi, à du connu par vous (par association d'idées), ce qui n'est pas le meilleur moyen de rentrer dans un échange, permettez-moi de vous le souligner. De plus, il est des hétérosexuels frustrés qui versent par déviance dans une certaine homosexualité (honteusement vécue en général), rappelons donc ici que la sexualité (je ne parle pas de l'amour mutuel) a aussi une dimension sociale (en plus de celle liée au "roman familial").
Revenir en haut Aller en bas
eninel31
Banni(e) parce que je le vaux bien
Banni(e) parce que je le vaux bien
avatar

Masculin
Nombre de messages : 39
Date d'inscription : 31/01/2009

MessageSujet: Re: Le marché du désir de l'Oncle Sade   Lun 2 Fév 2009 - 19:15

ceux qui prennent du hasch veulent apprécier la vie, ceux qui prennent de l'héroïne veulent lui échapper.

super lieu commun......respect !

le hash s'es pour les lache , l'héroine pour les suicidaire !

explique moi en quoi le hash n'annihilie pas la volonté et l'action de l'individu ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Active X
Big Boss
Big Boss
avatar

Masculin
Nombre de messages : 675
Date d'inscription : 26/09/2006

MessageSujet: Re: Le marché du désir de l'Oncle Sade   Ven 10 Fév 2012 - 8:44

Peut-être le magazine fait-il référence au discrédit des libéraux-libertaires du Jouir sans entraves, accusés de tous les maux par les relecteurs contemporains de 68 ? Ou aux philosophes qui voient dans le marquis de Sade le véritable inspirateur du libéralisme contemporain (1) ? L’affaire DSK donne certes un certain crédit à la thèse du libertinage comme manifestation culturelle et sociétale du libéralisme, avec Sade comme figure majeure d’un capitalisme pulsionnel, «libidinal», débridé, même si l’amalgame reste osé. Et avec un réflexologue plantaire villepiniste en garde à vue, le moins qu’on puisse dire c’est que les jeux ne sont pas faits. Et que plus que le libertinage, c’est la tartufferie qui reste l’apanage de nos élites.


Jean-Laurent Cassely http://www.slate.fr/story/40503/libertinage?page=0,1#toparticle

(1) par ex. La cité perverse : Libéralisme et pornographie, du philosophe Dany-Robert Dufour.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.dailymotion.com/video/xa7ef_kraftwerk-radioactivity_e
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le marché du désir de l'Oncle Sade   

Revenir en haut Aller en bas
 
Le marché du désir de l'Oncle Sade
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Sur un marché en Espagne photos de kia
» SADE (Donatien-Claude-Armand) COMTE (De) - VALLERY - YONNE -
» L'eugénisme industriel : un marché très lucratif
» Méditation marchée au Vietnam
» Au marché aux puces de Montpellier

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LE FORUM DES ÉGARÉS :: ALCHIMIE DU VERBE :: Filousophie-
Sauter vers: