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 Petit dictionnaire des mots creux

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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 0:33

Celui-ci aussi il est croquignolet :

"Confiance en soi" Sleep Sleep Sleep

Plus soporifique, tu meurs
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 1:21

Et quand vous voulez exprimer des idées recouvrant une forme de réalité, telles que "travail sur soi", "s'aimer soi-même", "confiance en soi", vous faites quoi ? Des périphrases ?

J'affine, je résume encore : si vous voulez dire par exemple "confiance en soi", serez-vous systématiquement arrêtée par votre conscience du caractère rebattu, consensuel et galvaudé de ces termes et donc vous interdirez-vous de les utiliser, ou essaierez-vous de passer par-dessus cette horreur du lieu commun qui est elle-même un lieu commun, et non des moindres, pour aller chercher le sens et la vérité où ils se trouvent, même en des lieux humbles et méprisables tels que ce fonds verbal collectif de notre temps que vous semblez tant détester ?

Ailleurs un membre de ce forum a parlé d'honnêteté spirituelle, de la nature de "vrai homme". Pour moi cela passe aussi par une ouverture qui fait fi de ce qu'il est de bon ton ou non d'accepter ou de refuser. Des diamants peuvent se trouver là où tout le monde met les pieds, oui, à côté même des crottes de chien. Et même un jour en regardant TF1, ou un psy médiatique à la télé, ou en entendant une chanson complètement idiote à la radio, vous pourriez attraper au vol une bribe infime de sagesse réelle qui éclora et prendra des proportions inattendues. Vous ne savez jamais où vous allez trouver ce que vous cherchez, voilà pourquoi je me méfie pour ma part des cartographies trop précises du rejet et de la détestation.
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 3:26

Le premier paragraphe de Nada m'a immédiatement fait penser à cette phrase de Baudelaire : "Il y a du génie dans le poncif". Cette citation est remarquable, et nombreux sont les enseignements qui en découlent. Sans rentrer dans le détail, disons que ce que Baudelaire nous dit du poncif peut s'appliquer tout aussi bien au cliché, à la tautologie, voire aux dictons populaires. Laissant au lecteur le soin de tirer lui-même les conclusions qui s'imposent, je me me contenterais donc de dire, avec elle, qu'un lieu commun est plus à vivifier qu'à bannir.

Son deuxième paragraphe est tout aussi intéressant, pourvu que l'on y fasse la restriction suivante : s'il est parfaitement exact de dire de la Vérité qu'elle se manifeste sans contrainte, et que finalement "l'Esprit souffle où il veut", il convient cependant de rappeller que "l'idiot qui dit une sagesse n'en demeure pas moins idiot," et que " le sage qui dit une idiotie n'en demeure pas moins sage"... Cela étant, et pour aller plus avant, on peut dire de toute personne qu'elle saisit la vérité, en fonction de ses moyens, partout où elle la trouve, et ce pour la bonne et simple raison que l'erreur absolue ne saurait exister. Ce texte de l'Emir AbdelKader http://kalayuga.frbb.net/fosse-de-babel-f17/perspectives-traditionnelles-t3001.htm#63606 en est l'illustration parfaite.
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 9:03

Je n'étais pas en train de parler de poncifs. ALM, restons sur le propos et surtout restons simples. Les termes que je cite au premier paragraphe ne sont pas des poncifs. Ce sont des mots simples qu'il serait bon, de la part de quelqu'un qui se pique de spiritualité, de prendre sans tentative d'imposer son autorité coûte que coûte (et bien à côté de la plaque). L'usage galvaudé ou commercial qui est fait par ailleurs de ces mots n'est pas notre problème. Une orange est un agrume avec toutes les associations gustatives, olfactives et poétiques qui s'y rattachent : un univers. C'est aussi une marque de téléphonie : circulez, y a rien à voir. C'est juste cela que je voulais dire.

Il n'y a aucune restriction à ajouter à la phrase simple "l'esprit souffle où il veut". Elle est à prendre dans sa pureté et avec humilité.
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 11:09

Bonjour,

je m'attendais à vrai dire à ce que ce soit une femme qui réagisse avec hostilité à ce que j'ai dit...comme si la psychologie étaient inattaquable, comme si je touchais là à une vache sacrée.
"Détester", "se pique de spiritualité"...pourquoi pas : c'est ce que l'on peut conclure à première lecture de ma manière un peu vive de faire du "rentre dedans".
Il ne s'agit pas tant de détestation que d'un oeil vigilant que j'entends garder sur le rabachage continuel des psys. Pour moi, la vulgate psy actuellement galvaudée fait partie de la pensée unique et peut-être de la façon la plus efficace parce qu'inattaquable et parée des alibis de l'aide et de la guérison.
Plus exactement l'interprétation psy de nos souffrances, quelle que soit l'école, nous en fait porter la quasi entière responsabilité : c'est pourquoi je pense qu'elle s'intègre bien aux normes d'une société atomisée et désymbolisée.
Ce qui me met en colère n'est pas tant le fond neutre exprimé par ces termes mais l'aura d'invulnérabilité dont on les entoure, l'usage totalitarisant qu'on en fait, la complicité de la vulgate psy avec l'économie de marché et ses idéaux d'efficacité maximum, de transparence, de rentabilité, de casse du lien social, ses exigeances adaptatives.
En effet, si tout est une question de "travail sur soi" ou de "représentations"qu'il suffirait de changer pour aller mieux ou trouver du boulot par exemple( "se changer soi et non pas le monde"), si on pousse la logique psy à son extrême, à quoi bon au fond une réflexion de citoyen et d'humain sur ce qui nous relie, sur le monde qui nous entoure, sur l'avenir que nous préparons à nos enfants, sur l'héritage de nos ancêtres, sur les nvariants de l'espèce humaine ?
Partout il est question de travail sur soi, on met le "manque de confiance en soi" à toutes les sauces. Plus qu'une panacée, c'est une injionction faite à chacun de trouver "en lui-même" le sens de sa vie, de découvrir en lui les causes du malaise dont il souffre, et donc de s'adapter à un modèle économique et social qui a intérêt à nous renvoyer chacun à nous-mêmes et à faire abstraction du lien social. Il y a dans cet envahissement par le tout-psy actuel, plus qu'un risque d'enlisement dans nos égos, un mépris évident pour toute dimension sociale, relationelle, transcendantale de l'être humain.
Ce que je critique n'est pas le métier de psy en soi noble et généreux( et plutôt éreintant), ni le courage de ceux qui se sentent appelés à effectuer un travail sur eux lorsque c'est une décision vraiment libre.
C'est la tendance actuelle à faire du travail sur soi ne obligation depuis 3 décennies, ces injonctions permanentes à nous détouner d'une responsabilité vis-à-vis de l'histoire et du monde pour aller trifouiller nos égos de manière à les adapter à une économie qui a tout intérêt à empêcher les mouvements collectifs, à culpabiliser les individus, à leur inventer à tort et à travers des vices de fabrication ou des traumatismes qu'il faudrait découvrir et "travailler".
Il y a des types de sociétés dont la nôtre qui favorisent les dépressions comme l'a montré Ehrenberg dans "La fatigue d'être soi", il se trouve que ce sont les sociétés atomisées qui évacuent les questions de sens et surtout la question de l'autre.

Alm, merci pour votre intervention. Il se peut que je fasse partie des idiots, après tout il y a des dingues et des débiles dans chaque groupe social. Je suis croyante et je pense que chaque créature a sa place, la belle comme la moche, la suradaptée comme la marginale, l'idiote finie comme la surdouée.
Je pense surtout que j'ai la liberté de penser et d'exprimer ce que je pense et exprime à propos de ce que je vois comme une complicité d'une bonne partie des psys avec les normes du néolibéralisme.
Mais cela, je ne peux le développer dans un seul post.
Je peux toutefois indiquer une lecture, celle de l'excellent essai critique de Michel Lacroix "Le développement personnel".

Je répète ceci : il y a des nuances à introduire et l'on ne peut mettre toutes les branches de la psy dans le même sac. Toutes ces distinctions feraient l'objet d'un autre post.
Ce que je critique est le côté réducteur, le caractère d'absolu, que prend actuellement la grille de lecture psy de nos souffrances. Dans les termes que j'ai voulu railler, j'ai trop souvent lu et senti un profond mépris de la personne humaine. Ces termes sont des flèches empoisonnées à l'aide desqiuelles on tire sur des gens qui vont mal en leur assurant que c'est pour leur bien. On les réenfonce dans leur sentiment d'indignité, on en remet une louche de culpabilisation tout en restant persuadé de ses bonnes intentions. Blesser, humilier en toute bonne conscience. C'est pourquoi je les fais figurer sur ma liste noire: l'emploi qu'on en fait aujourd'hui à tort et à travers le justifie amplement.
Ce n'est pas tant le poncif ou le lieu commun qui me font horreur mais le totalitarisme de la pensée, surtout quand il amène des gens biens à se suicider. Je n'ai pas trouvé à vrai dire beaucoup de diamants du côté de ceux qui manient ces termes, et Dieu sait pourtant que j'ai longuement, inlassablement essayé et reéssayé...force est de constater que je ne trouve pas ces diamants. Je suis peut-être complètement perdue à cette cause. Ou irréductiblement athée du Dieu "travail sur soi".
Et si je suis la seule à le penser, tant pis je me rappellerai le vers de Victor Hugo "Et s'il n'en reste qu'un je serai celui-là".
Victor Hugo que la misère humaine révoltait.
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 11:18

de toutes façon je n'ai fait que répondre sans hors sujet à la question de filantropic dans mon premier post. Il demandait de mettre des termes rabachés 24 heures sur 24.
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 12:10

Je récapitule :
ce n'est pas la grille de lecture des différentes écoles psys que je critique( encore que j'aurais beaucoup à dire sur la PNL et les thérapies cognitives et comportementales).
Cette interprétation de la souffrance humaine n'est pas fausse en soi.
Ce que je critique c'est la manière dont on tend aujourd'hui à en faire une vérité unique et absolue, répertoriable, quantifiable, la seule qui soit, et à exclure les autres ou à ne leur donner qu'une place secondaire. La "responsabilité personnelle" d'abord, et d'après des tableaux d'évaluations.
Et ceci parce qu'au fond ce sont bien les intérêts de la société de marché que de promouvoir cette idée de l'homme au détriment des autres.
D'où le foisonnement actuel du marché psy qui ne fait pas que répondre à une demande mais qui la devance et qui formate les esprits.
C'est ce caractère d'absolu que je critique, ce côté "religion d'état"( disons plutôt religion de marché) en plus de son caractère insistant et intrusif ( tout le monde, même les non spécialistes, vous récite le même crédo).
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 12:12

Corto,

Pour ce qui est de la vulgate psy galvaudée, je suis parfaitement d'accord avec vous sur le principe, et si vous m'aviez lue plus attentivement (et par exemple si vous n'aviez pas attribué pour vous ce qui s'adressait à ALM et non à vous), vous auriez compris que je me contentais de vous suggérer de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain, rien de plus.

Aucun mot n'est creux en soi, et même les expressions que vous citez ne sont pas creuses. Seul l'usage qu'on en fait peut être, selon le contexte, creux ou au contraire plein.

Par ailleurs je ne vois pas où vous avez pu trouver de l'hostilité dans mon message. N'est-ce pas plutôt que vous l'attendez a priori et donc réagissez au quart de tour à la lecture du moindre avis qui émet une réserve sur le vôtre ?

En outre, votre phrase "je m'attendais à vrai dire à ce que ce soit une femme qui réagisse avec hostilité" me semble symptomatique, notez que je ne la prends pas pour moi mais la vision de l'humain qu'elle laisse deviner n'est pas réjouissante. J'ai déjà remarqué qu'avec vous les femmes en prenaient régulièrement plein la figure, plus sur la foi de rumeurs et des écrits d'autrui que sur un examen réel de la question.

Alors même quand on n'a aucune tendance — c'est mon cas — à psychologiser toute conversation, c'est une envie qui me vient malgré moi avec vous ; ou plus exactement la réponse qui me vient ne manque pas de provoquer en vous une réponse hérissée, me reprochant une démarche psychologique que je n'ai pas a priori mais qui en votre présence, comme par enchantement, me vient naturellement. Et je remarque que je ne suis pas seule dans ce cas avec vous. C'est assez bizarre, comme si vous faisiez tout pour provoquer les situations que vous dites avoir en horreur.

N'êtes-vous pas plus pétrie de psychologisme que vous ne voudriez le laisser croire, puisque vous n'arrivez pas à vous en détacher ?

En tout cas, cette méfiance profonde pour la femme de la part d'une femme est toujours une chose assez triste à voir. Surtout pour une femme.

Par ailleurs des notions comme "travail sur soi", si vous les dépoussiérez de la couche "moderniste" qui vous embête (malgré son insignifiance, mais oui, je comprends que ça vous embête), n'ont rien de psychologisant et n'appartiennent pas à une vulgate, même si celle-ci s'en est emparée. Ça fait des millénaires qu'on travaille sur soi. À Eleusis on travaillait sur soi. La jihad au sens mystique est un travail sur soi. Le processus d'initiation chamanique est un travail sur soi. Mon propos visait juste à élargir le champ, et cela vaut aussi pour les autres expressions que vous avez citées. S'aimer soi-même ? C'est peut-être vulgaire comme expression mais on n'y coupe pas, tout est là.

Edit : sinon pour le reste je suis assez d'accord avec vos messages suivants. Au fond on est d'accord, mais nous exprimons vous et moi les choses de façon très différente. Et les questions de genre et de sexe ont pour moi moins d'importance que pour vous.
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Edgar
Tapette bobo du tertiaire
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 12:17

]Il y a bcp à dire sur l'évolution de la langue aujourd'hui, et dresser la liste des expressions martelées par les médias est très révélatrice (jolie liste, Corto ! Ce qui ne veut pas dire, Nada, qu'on ne puisse plus les employer avec sincérité, mais effectivement, aujourd'hui, il y a des choses qu'il est plus judicieux d'exprimer en périphrases, certains mots et expressions étant totalement vidés de leur sens, ex : "je suis déprimé"). Voilà une étude faite cette année pour un cour de français moderne, ça colle bien avec le sujet. Elle est loin d'être parfaite, mais il y a qd même des petites choses intéressantes dedans.

La langue française, une arme politique.

« Si les mots étaient des armes, est-ce qu’ils resteraient le seul moyen de conciliation comme on le dit partout ? » Arnaud Michniak

Qui se souvient encore aujourd’hui qu’il y a seulement un an, nous étions tous en train de faire « un choix historique » ? Tous les médias, et les français avec eux, avaient les yeux rivés sur les faits et gestes de quelques personnes. Après une campagne présidentielle extrêmement longue, les 2 candidats dont les journaux n’avaient cessé de répéter qu’ils s’affronteraient au 2nd tour s’étaient effectivement affrontés au 2nd tour et l’élection de N. Sarkozy était venue clore cette épopée médiatique. Pourquoi revenir sur cette élection aujourd’hui ? Il m’a semblé intéressant, dans le cadre d’une étude sur un usage contemporain de la langue française, d’observer et d’étudier des exemples significatifs de textes politiques contemporains. Les hommes politiques sont, avec les publicitaires, les personnes qui ont le plus à gagner d’un usage efficace de la langue : il en va de leur popularité et de leur carrière. Si il y a des personnes pour qui les mots sont des outils, voire des armes, ce sont eux. Au prix parfois de l’honnêteté… NS et SR ont sans aucun douté été les candidats les plus attentifs à la maîtrise de leur image et de leurs propos. Il aurait été intéressant d’étudier des documents pour chacun des candidats, mais par soucis de concision, j’ai préféré me limiter à ces 2 personnes-là, d’autant plus qu’ils sont les plus représentatifs des évolutions récentes de l’usage de la langue en politique. Cette étude porte donc sur 4 documents issus des bureaux de ces 2 personnes. Il s’agit des brochures envoyées par la poste à chaque électeur avant le 1er tour et entre les 2 tours des élections. J’ai choisi de traiter point par point les principaux éléments des brochures particularisant les textes de ces documents. Sans axe directeur précis, j’ai tenté malgré tout de rendre cohérent l’enchaînement des points étudiés en les hiérarchisant ainsi : du plus superficiel au plus profond. Nous commencerons donc par les fautes de langue.

- une syntaxe et des constructions déconcertantes : On peut en premier lieu relever dans ces documents des constructions syntaxiques hasardeuses, voire fausses : « un euro dépensé doit être un euro utile, au lieu de laisser la dette publique se creuser », nous dit SR, alors que NS affirme dans un passage mis en évidence : « L’enjeu, c’est entre répéter les recettes du passé ou faire les choix de l’avenir ». Outre un mauvais emploi du mot « enjeu », la construction est incorrecte. La défense de langue française était pourtant au programme. En 2nd lieu, certaines expressions posent des problèmes à qui veut les comprendre : selon Mme Royal, les Français ont exprimé « un profond désir d’avenir ». La formule est agréable à l’oreille mais interpelle la raison : de quel avenir s’agit-il ? Le qualifier pour donner un semblant de sens à l’expression aurait pu être utile. De le même façon, et bien qu’elles soient correctes, certaines formules de NS telles que « créer des richesses » ou « libérer les énergies » (copiée d’ailleurs sur la 1ère brochure de SR), dont l’absence de sens précis est masquée par l’aura positive qu’elles dégagent, nous conduisent à un deuxième constat : la langue est ici employée comme un voile servant à masquer soit certaines réalités sociales, soit la nature profonde de ce qui est dit. C’est cet usage, plus connu sous le nom de langue de bois, que nous allons étudier à présent.

- la langue de bois : « Je vous ai écouté pour agir juste et pour tenir parole ». Ainsi commence le premier document de Mme Royal. A elle seule, cette phrase est un condensé de politiquement correct : l’écoute, la justice, l’honnêteté, l’action, toutes les valeurs attendues y sont affichées, sans pour autant donner de piste d’interprétation sérieuse : que peut bien signifier « agir juste » ? Ses deux brochures sont jalonnées de ces formules toutes aussi agréables que floues, toutes aussi incertaines sur ce qu’elles nomment. Ainsi, nous avons la promesse d’une modernisation du dialogue social « par le compromis gagnant-gagnant ». Un compromis nécessitant nécessairement des concessions mutuelles, on peut ici parler d’oxymoron, à moins que cette formulation ne fasse que masquer la partie moins lumineuse de ce futur compromis. NS n’est cependant pas en reste et cherche de son coté à faire oublier le plus possible sa présence centrale au sein du gouvernement sortant. Nous nous retrouvons alors avec des phrases déroutantes : « Je réduirai la dette et le déficit, qui ont été creusés par l’échec des politiques antérieures, alors que nos politiques réussiront ». A la limite de la correction, cette phrase témoigne surtout du travail de dissimulation des faits opérés dans ces textes. Les « politiques antérieures » en question sont bien celles du gouvernement dont faisait partie NS. Enfin, signalons chez les 2 candidats l’omniprésence du vocabulaire et des formules qu’Eric Hazan a qualifié de « propagande du quotidien » dans son ouvrage LQR. Développement durable, sécurités nouvelles, sources de croissance et d’emploi, « quartiers (sensibles) » employé pour « banlieues », jurys-citoyens, démocratie sociale, autant d’expressions qui soit dissimulent une réalité désagréable, soit ne font que masquer leur absence de signification derrière une formule ou un mot positifs. Cet abus du vocabulaire positif se retrouve également dans l’omniprésence de certains motifs.

- les motifs de l’évènement, du changement et du progrès : Il ne s’agit plus ici de masquer la réalité, mais de la déformer pour faire de ces élections un évènement historique sans précédent. NS affirme ainsi qu’à l’issu du 1er tour, « un immense espoir s’est levé dans le pays » et conclue en faisant du vote pour sa candidature « le seul choix qui compte, celui de la France », alors que SR teinte son texte de tonalités épiques : « La France Présidente se relève avec vous. Avec nous tous et toutes. ». De tels propos laissent penser qu’une guerre vient de ravager le pays. Ce motif de l’évènement est associé de près à un autre motif récurent dans la prose politique : le diptyque crise/changement. Nous avons affaire à une « crise » et une « fracture républicaine », nous dit SR, alors que NS fait de la lutte contre la « triple crise » son cheval de bataille. Cette lutte, d’un coté comme de l’autre, semble appeller nécessairement des solutions nouvelles, rendant omniprésent les champs lexicaux du changement et du progrès. Du coté de SR, voici ce que nous trouvons : « Il est urgent d’inventer une France neuve », « Je veux que la France soit l’avant-garde … » et en grosses lettres blanches sur fond rouge, en première page de la 1ère brochure : « Le changement ». Les propositions poursuivent ce travail lexical : « moderniser », « réformer », « création », « modernisation », etc… Il est intéressant de noter que ce vocabulaire côtoie, non sans paradoxe, un vocabulaire conservateur plus discret : « réhabiliter », « garantir », « valeur travail ». NS opère le même travail et multiplie les promesses de réformes, énoncées au futur le plus affirmatif : « Je supprimerai les droits de donation et de succession », « nous créerons la sécurité sociale professionnelle »… Ses brochures sont elles aussi jalonnées de ces mots annonçant de profonds changements : « Dans un monde qui bouge à toute vitesse, notre pays doit changer », « les choix de l’avenir », « démocratie renouvelée », « vrais changements », « révolution écologique ». Notons que ce champ lexical est associé de près à celui de la croissance : récurrence de ce terme, saturation de certains passages par le mot « plus » : « plus de formation, plus de protection, plus de justice, plus d’égalité des chances », puis quelques lignes plus loin : « plus d’emploi, plus de pouvoir d’achat, plus de réussite scolaire, etc.. » et enfin le désormais fameux « travailler plus pour gagner plus ». Cette association est intéressante car elle élimine d’emblée, mais avec la discrétion qui sied à la propagande moderne, toute possibilité d’analyse des « crises » sous un autre jour. Les solutions aux « crises » sont nécessairement la croissance et le changement permanent, nous explique-t-on ici. Que la croissance et le changement permanent puissent être des symptômes, voire les causes, des « crises » du monde moderne n’est pas seulement envisagé. Le langage est ici à la fois révélateur de l’idéologie soutenant ces discours, et véhicule de ses idées, arme de propagande masquée par le ton objectif et protecteur adopté par nos candidats.

- le ton protecteur : D’un coté comme de l’autre, l’ambiance se dégageant des textes est douce et protectrice. Les candidats semblent être des envoyés chargés de nous aider à surmonter « la (triple) crise », faisant don de leur personne pour cette noble cause. « Le travail qui est devant nous est important. Mais il est faisable. Nous le ferons ensemble, sereinement… ». Cette phrase résume bien la mise en scène qui est opérée dans ces textes : le candidat se fait l’accompagnateur du peuple dans une sorte d’épreuve inévitable et délicate. L’énonciation travaille cet aspect, opérant de subtiles transitions entre le « je », le « vous » et le « nous ». Les candidats sont alternativement entité surplombante et omnisciente (« j’ai entendu vos inquiétudes et vos espoirs », formule copiée sur la première brochure de SR) et membre à part entière du peuple (« … nous resterons nous-mêmes, fidèles à nos valeurs qui ont fait notre force »). Il s’agit là encore de gommer ce qui pourrait évoquer tout conflit d’intérêt, toute barrière sociale, toute différence de classe. Il s’agit de ne désigner aucun responsable, de ne heurter la sensibilité d’aucun électeur. Les causes de « la crise » ne sont jamais exprimées, et les éventuels responsables n’apparaissent que sous la forme d’un « on » aussi flou que pratique. « Depuis 25 ans, on vous dit que contre le chômage, la crise du logement, l’exclusion, les délocalisation, on ne peut rien faire ». Mais qui est ce « on », si ce n’est l’élite politique dont font partie les candidats ? Tout le travail sur l’énonciation consiste à masquer leur appartenance à une catégorie à part de la population, et à les faire se fondre dans le peuple tout en les habillant d’une aura messianique. SR peut ainsi prétendre en appeler à tous ceux qui ne veulent plus d’une France « dominée […] par la concentration des pouvoirs entre quelques mains, toujours les mêmes », au prix d’une nouvelle hypocrisie la conduisant à reprendre à son compte un lieu commun visant initialement les personnes comme elle. L’étude de cet usage répété des lieux communs constituera notre dernière partie.

- quand lieux communs et slogans valent arguments : S’adressant au plus grand nombre, il est probablement incontournable pour les candidats d’opérer une certaine vulgarisation de leurs idées dans ces brochures. Mais vulgariser ne signifie ni déformer, ni se montrer démagogue. Mme Royal et M. Sarkozy, loin de lutter contre idées reçues et lieux communs, n’ont de cesse de les reprendre à leur compte. On retrouve au fil des textes tout un ensemble de formules stéréotypées dont la véracité du sens est présentée comme indiscutable. Du coté de SR, nous trouvons « les petites et moyennes entreprises qui créent des emplois et innovent », le « patronat le plus rétrograde », le creusement de la dette publique, le système bureaucratique, etc… De son coté, NS fait siennes les discussions de bistrot en affirmant qu’ « avec l’euro qui fait augmenter les prix, les salaires qui sont trop bas, le logement qui est trop cher, les impôts qui sont trop élevés, le pouvoir d’achat baisse dans notre pays ». Les textes sont de plus jalonnée de formules et de slogans à la profondeur douteuse : « Je sais que si nous voulons, nous pouvons », « ensemble, tout devient possible » (doc 4, slogan), « travailler plus pour gagner plus », puis chez Mme Royal, « compromis gagnant-gagnant », « règle du donnant-donnant ». Les textes de brochures sont conçus comme des discours, et obéissent donc à certaines règles rhétoriques. On pourrait donc ne pas s’inquiéter d’y trouver des topoï, des lieux communs facilitant la réception du message par les lecteurs. Mais là où cet aspect se révèle dangereux, c’est dans son absolu manque de sincérité et de profondeur. La simplification opérée dans le discours ne semble pas être pédagogique, mais semble au contraire avoir pour but de masquer les incohérences voire les mensonges que contiennent ces textes. Nous prendrons pour preuve ce double grand écart réalisé par NS dans 2 brefs paragraphes : « notre pays peut changer […] tout en restant lui-même », puis « c’est en changeant que nous resterons nous-mêmes ». Formules aussi incohérentes que péremptoires qui illustrent l’inconséquence d’une pensée qui s’abrite derrière d’élégants aphorismes pour ne pas avoir à (s’)avouer ses mensonges.

Conclusion : Cette étude m’a semblé justifier la mise en exergue d’une phrase d’A. Michniak, poète et chanteur qui a cherché, selon ses propres termes, à « percer le voile du réel » par ses textes, démarche qui l’a conduit à s’interroger sur les enjeux des usages de la langue. Ses conclusions ne sont pas optimistes : « des experts recousent les maux dans des débats […] et quand une parole juste y fait surface, ils ont toujours derrière de quoi dédramatiser ». C’est ce constat qui le conduit à douter de la force des mots et à ne plus voir en eux que des moyens de conciliation. Moyen de conciliation, les mots le sont sans aucun doute puisqu’ils permettent à nos hommes politiques de masquer la réalité et de transformer une société tourmentée, éclatée et explosive en communauté soudée face à une « crise » présentée comme une mauvaise passe sans responsable. Mais c’est une conciliation bien superficielle qui s’opère et on peut aisément comprendre que les mots se transforment en armes au service de la propagande moderne quand le réel refait surface et risque de conduire à des prises de conscience. Nous avons ici parlé de la langue en politique, mais une étude sur d’autres textes, en particulier les publicités, aurait sans doute conduit à des conclusions proches. Juger de la bonne foi des candidats est impossible, mais on peut néanmoins les condamner sans appel pour l’usage mensonger et démagogue qu’ils font de la langue. Une telle propension à masquer leur pensée, à la dissimuler derrière des formules vides de sens et des expressions consensuelles, écrites dans une langue française à peine maîtrisée, semble n’indiquer de la part de ces personnes qu’une volonté de pouvoir vide de tout réel souci des valeurs dont ils se font pourtant les défenseurs. Volonté de pouvoir ou intérêts financiers, car de nombreuses personnes n’ont aucun intérêt à voir la propagande moderne prendre fin. Entre ce qui est dit et ce qui est vrai, il y a mille milliards de dollars. (A. Michniak) Note : les citations de Michniak sont extraites du morceau de son groupe Programme, morceau intitulé « La ville disparaît », conclusion de l’album « L’enfer tiède » (2002).
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ALM
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 15:16

Votre réponse, Nada, m'a surpris. Soit vous n'avez pas compris l'occasion de ma digression, soit vous êtes malhonnête ; dans tous les cas, vous tombez dans un procès d'intention qui n'arrange pas votre affaire. D'autre part, veuillez prendre note qu'une chose, pour être simple, n'en n'est pas moins subtile et susceptible de longs développements, a fortiori quand nous parlons d'une parole d'Evangile. Vous, qui tenez le rejet passionné et les simplifications en horreur et l'humilité pour vertu, seriez donc bien inspirée, sur ces points, de rester cohérente.

J'aimerais préciser à Corto, dont je parviens pas à saisir le ton, que ma remarque n'avait rien de désobligeant à son égard et que, si nous ne pouvons qu'être d'accord sur cette réalité (décrite assez justement dans le dernier post d'Edgar), il semblait tout de même bon présenter un autre aspect de ces "mots creux" listés ici.

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Nada a écrit:
ALM, ce n'est pas de ma faute si vous répondez à côté de la plaque et en tirant la couverture à vous, cherchant à faire tomber une conversation initialement simple dans votre labyrinthe personnel, espérant ainsi assurer une espèce d'autorité spirituelle dont vous devinez ce que j'en pense. Il n'est pas question de poncifs dans ce que j'ai évoqué, or vous commencez pile sur ce terme. Quand ça commence mal, ça ne continue pas bien. C'est tout.

Votre "veuillez prendre note" annonçant un bel enfoncement de porte ouverte a été reçu cinq sur cinq, mais pas dans le sens où vous l'éspériez.
Votre réponse est, une nouvelle fois, "symptomatique" (pour reprendre un terme qui vous est cher) d'une certaine mentalité ; vos "à coté de la plaque", "labyrinthe personnel" et autres "espèce d'autorité spirituelle" sont bien révélateurs de cette étroitesse d'esprit (chose bien féminine il est vrai) et de cette suffisance, intellectuellement injustifiée, dont vous faite montre. Le jour où je verrais sortir de vos messages le moindre argument, réfutant un temps soit peu ce que j'expose (ici je parlais par exemple de digression, ne l'oubliez pas), je vous répondrais en bonne et due forme. Jusqu'ici néanmoins, vous avez préférée le silence et la mauvaise posture...

Je n'espère donc rien, surtout d'une personne comme vous.
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Corto-
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 16:51

merci Edgar, je vais lire votre post dès que j'aurais le temps.

Nada,

premièrement ce n'est pas un hasard si mes mises en doute de certaines idées reçues en psy soulèvent de facto des réactions comme les vôtres du seul côté féminin. j'ajouterai : des réactions si uniformes. C'est donc la puissance des idées dominantes qui m'inquiète.

Deuxièmement vous êtes en train de faire exactement ce que je décris d'après mes observations : non, mon message ne peut pas être hostile, c'est donc l'autre qui projette, c'est lui ou elle qui l'a provoqué inconsciemment, etc. Vous l'attendiez a priori, c'est votre schéma psychique, etc, ce qui est une bonne façon de disqualifier le contenu.
Et le chômeur, c'est sa névrose d'échec inconsciente qui a provoqué son licenciement ? Et le harcelé, il avait une mentalité de vistime ?

Je n'ai jamais vu un homme réagir de cette façon( à l'exception des psys masculins dans le cadre circonscrit de leur pratique, donc avec le consentement des patients ).

Quand au fait que j'ai du mal à me dégluer de la psy, son caractère envahissant, infiltrant tous les domaines, imposant son interprétation, pratiquée inopinément par madame tout le monde, suffirait largement à l'expliquer. Oui, je vois ce phénomène que Soral nomme la réduction psychologique. Je l'observe et le critique. Parce qu'il est omniprésent ( la Psy : "c'est vous qui la voyez omniprésent, travailez sur vous pour vous détacher de votre obsession") et surtout autojustifié. Un système clos sur lui-même.
Oui, cela me préoccupe. Oui, cela me révolte.

J'ai le droit de noterce que j'observe et pense sans qu'il faille en conclure à une idée affreuse des femmes et de la société que j'aurais en tête ni à un problème personnel que j'entretiendrais avec une discipline dont le pouvoir aujoud'hui n'a rien de neutre. Auquel cas vous ne feriez que confirmer mon idée du caractère totalitaire de la psychologie.
Je critique peut-être simplement une tendance actuelle largement relayée par les femmes qui sont majoritairement les clientes du "marché psy. Pourquoi les femmes ? Cela semble clair :

1 comme le développe Soral, les femmes sont plus intéressées tendanciellement par le monde intérieur que par les réalités objectives, par le subjectif plutôt que par le collectif. La psychologie, les soins, l'écoute sont plus leur domaine que celui des hommes qui sont, eux, plus occupés à chercher des causes socio-politiques et des solutions concrètes aux souffrances.
Ces différences se retrouvent dans l'assymétrie des réactions.

2 La "privatisation" de nos douleurs fait le jeu du néolibéralisme et accorde une large part de pouvoir aux personnes qui se penchent sur les causes psychologiques des souffrances, en entreprise en particulier mais pas seulement là, hélas. Cette tendance n'a rien de neutre.
Caricaturalement, je dirais que l'on observe en même temps que le déclin de l'intéret pour les débats politiques un intéret accru pour les problèmes de psychologie, l'apparition du marché de la psy, etc...
D'ailleurs cela me frappe maintenant, mais l'invention de la psychanalyse date des premiers temps du capitalisme. Peut-il y avoir un lien entre ceci et cela ?

Est-ce que je me méfie de "la femme" ? Sans doute me méfie-je de la version actuelle de ce terme et surtout du déséquilibre que Soral avait déjà observé, que Aldo Naouri et Jean-Pierre Lebrun notent également, et qui accorde trop de puissance symbolique au féminin et au maternel. De même je n'affirmerai pas, pour en avoir beaucoup fréquenté, que les anorexiques, par exemple, refusent "la féminité" mais "cette féminité-là", aparemment inhabitable pour un nombre croissant de jeunes filles. En fait de pathologie purement intrapsychique ou intrafamiliale, cette maladie est étroitement liée aux changements sociaux que j'évoquais et que la majorité des auteurs en ce domaine ont tendance à négliger. Ce dont je me méfie serait donc plutôt de la puissance de la symbolique féminine dans nos sociétés depuis, mettons, quarante années.

Pour ce qui est du travail sur soi au sens religieux et philosophique, je crois que j'ai au contraire un profond respect pour lui parce que justement il respecte l'être humain. C'est un travail sur soi qui n'est pas placé sous la même symbolique que celui dont je parle en termes moins élogieux.

Et je répète que je ne critique pas seulement l'acception moderne de "travail sur soi" mais le caratère d'absolu qu'il revêt en Occident, son côté inattaquable, au-dessus de tout soupçon,"vache sacrée_ comme le mot "femme" du reste ( Gabard note qu'il n'y a pas si longtemps, critiquer le féminisme vous valait d'être taxé de réac).
Il est donc moins question de l'usage qu'on en fait que de l'appareil de domination insidieuse qui se cache derrière certains termes et c'est pourquoi je ne me prive pas de les railler, pas seulement ici mais aussi dans des pièces de théâtre comiques.
Ca fait du bien, Molière ne me contredirait pas, de rire de ceux qui par leur dogmatisme et leur ignorance ont laissé mourir ceux que vous aimiez. D'où ma colère aussi. Mais je ne crois pas que la véhémence du ton ni le hasard du malheur familial suffise à disqualifier les idées.
Et quand bien même des expériences personnelles seraient à l'origine du développement de mes idées et de mes engagements, auraient orienté mes recherches dans telle ou telle direction, il n'en demeurerait pas moins vrai qu'à bien les regarder, on les trouverait tout-à-fait typiques de notre époque et illustrant on ne peut mieux les changements sociaux survenus depuis 3-4 décennies...

Ma recherche est orientée : elle vise moins à "sortir" du psy qu' à élargir le psy au social, à passer à l'échelon supérieur, à replacer les souffrances dans leur contexte. A en appeler à plus de responsabilité collective et à délester les épaules des personnes en souffrance de ce poids terrible que le "tout-psy" leur fait injustement porter. Elle passe donc par une critique de l'état de fait actuel, par une mise en cause de la scission implicite que l'on fait entre l'individu d'une part, le collectif de l'autre.
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 17:24

Eh bien, ALM, je vois que j'ai touché la corde sensible. Votre sobriquet "sheikh zewind" n'est pas usurpé. Vous apparaissez, ainsi démasqué, tel que vous êtes : brassant du vent mais doté d'un égo surdimensionné, doublé d'un manque de courtoisie indéniable.
Quant au silence dont vous semblez vous plaindre, il me semble que c'est la réponse la plus sensée qu'on puisse faire à votre orgueil aussi boursouflé que vide de tout sens et de toute intégration personnelle du savoir.

Corto - eh bien vous voyez, on y arrive. En vous cabrant contre la psychologisation abusive et en la voyant partout, vous en arrivez à faire subir à votre interlocuteur, qui n'en peut mais, précisément la même chose. Si je suis votre raisonnement, mon cas n'est pas brillant. Je ne pourrais à la grande rigueur trouver grâce à vos yeux qu'en abondant dans votre sens. Vous voyez ce que je veux dire ?

Pas la peine de pousser plus loin pour discerner les limites d'une telle discussion, donc je descends en marche avec soulagement. Parce qu'on ne va pas se renvoyer la balle indéfiniment comme ça, ce jeu n'est pas le mien, et tel que c'est parti, c'est sans issue. Rien à ajouter, bien au contraire, à ce que j'ai décrit plus haut. Tant que vous buterez sur la notion de genre, tant que les notions de féminite et de masculinité resteront pour vous de l'ordre de l'image d'Epinal, je ne crois pas que nous pourrons discuter plus avant.
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 17:38

ALM, ça va pas tarder à ce que vous dégagiez fissa de ce forum. Que vous soyez un poseur, nous sommes certains à avoir cramé votre petit jeu, mais qu'en plus vous osiez cracher votre mépris d'une femme parce qu'elle est femme, vous montrez bien par là votre appartenance à la pire race des lâches. L'homme qui ne respecte pas l'humanité de la femme sera toujours moins qu'un homme, vous allez très bientôt donc fantasmer ailleurs sodomiser des chèvres.
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 19:42

@ Nada : Je me suis trompé, vous aurez au moins fait une démonstration ici, en m'accusant de brasser du vent, celle que le ridicule ne tue pas. Vous avez bien "touchée la corde sensible", félicitations.

@ Médiator : Continuez en ce sens, vous êtes sur la bonne voie. Non content d'être inconsistant, vous tombez maintenant dans la vulgarité. Soit, je vous laisse animer ce "club" comme bon vous semble.

Mes hommages.
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 21:57

Moi j'attends que ça passe et qu'on reprenne ces sujets calmement un autre jour.
Je dis quand même que je n'adhère pas à la gender theory et qu'il ne faut pas confondre image d'Epinal et différences sexuelles. Mais bon.
Je plaide pour qu' Alm reste Pity Pity Pity Pity Pity Pity même s'il y va un peu fort.
Nada, où est-ce que je vous psychologise, bon sang ?
Je critique une tendance qui avance ses pions dans la société actuelle et qui m'inquiète. Relisez, vous verrez.
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Ven 20 Juin 2008 - 23:12

Corto a écrit:
Je critique une tendance qui avance ses pions dans la société actuelle et qui m'inquiète. Relisez, vous verrez.
Mais ça, j'avais compris depuis le début, vous avez été très claire là-dessus. C'est ce que vous mettez autour qui pose problème.
J'aurais tendance à critiquer cette tendance moi aussi mais je la sens trop loin de moi pour le faire avec une vraie conviction.
Pour reprendre les termes récents d'un de mes auteurs préférés, "Ils n'ont pas coeur à répandre le trouble qu'ils ressentent de cette époque, ils essayent juste d'y voir plus clair pour avancer." Je me reconnais assez dans cette description.
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Sam 21 Juin 2008 - 1:08

Non seulement la violence verbale avec les femmes considérées comme "sous-hommes" bonnes qu'à être soumises (et saillies) amène parfois à s'auto-justifier de la violence physique ou morale envers elles mais en plus la mauvaise foi flingue toute continuation du dialogue. Si vous prenez sa frustration pour de la sensiblerie, c'est que vous ignorez encore bien des choses Corto sur une composante non négligeable de la gent masculine, nonobstant le fait que que vous soyez mariée. Une erreur d'appréciation due à un restant de puritanisme en vous ou au fait que vous niez votre féminité ? Cela vous regarde, en tout cas les pourceaux ne sont pas acceptés sur ce forum.


Dernière édition par MEDIATOR le Sam 21 Juin 2008 - 1:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Sam 21 Juin 2008 - 1:19

Pourquoi des pourceaux ? Il ya des gens très bien parmi vos bannis.

Moi je trouvais qu'il y avait des choses intéressantes dans ses posts qui m'ont d'ailleurs incitée à relire St Augustin.

Enfin, erreur d'appréciation ou pas, je vais le regretter, ce "pourceau". Là.
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SOPHIE LEAC
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MessageSujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux   Jeu 3 Nov 2016 - 4:25

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