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 Pasolini et le fascisme

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Toto
Valet apatride du Grand Capital
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MessageSujet: Pasolini et le fascisme   Dim 7 Jan 2007 - 16:44

Bonjour,

J'ai traduit cette interview de Pier Paolo Pasolini...
L'original (et plein d'autres textes forts !) est consultable ici:
http://www.pasolini.net/saggistica_bellebandiere_fascismo.htm

45 ans avant Alain Soral ! ...

Citation :

FASCISTES : Pères et fils.

Monsieur Pasolini, pourquoi tant de jeunes esprits sont-ils attirés par le danger de l’idéologie fasciste ? Vivant dans une société de jeunes, nous nous posons cette question et nous ne savons pas y répondre.
Michele Brucculeri, Daniele Squinzani – Turin

Je vais vous raconter un cas personnel, un exemple.
Vous savez peut-être ou vous imaginerez combien ma vie peut être endeuillée par une série de devoirs inutiles. Répondre à vide à des questions posées à vide. Vivre donc en partie dans le monde de la pseudo-culture, ou comme dit plus explicitement mon amie Elsa Morante, de l’irréalité.
Je dois cela à la partie publique de ma vie. A cette part de moi qui ne m’appartient pas, et qui est devenue comme un masque de Nouveau Théâtre dell’Arte ; un monstre qui doit être ce que le public veut qu’il soit. J’essaie de lutter donquichottesquement contre cette fatalité qui m’enlève à moi-même, qui me transforme en automate de magazine, et qui finit ensuite par se réfléchir sur moi-même, comme une maladie. Mais il semble qu’il n’y ait rien à faire. Le succès est, pour une vie morale et sentimentale, quelque chose d’horrible et c’est tout.
Beaucoup, trop, de journalistes ont fini par représenter, petit à petit, ce monde ennemi qui veut que ses personnages soient comme il le désire. Et, petit à petit, j’ai fini par éprouver envers eux une espèce de rancœur, de ressentiment obscur, de pathologique irritation ; la seule vue d’un kiosque à journaux, à certains moments de la journée, peut me rendre malade.
Bien, ceci est un préambule. J’aurais pu aussi le garder pour moi c’est vrai. Mais comprenez moi.
Muni de cette prévention, de cette aversion sourde et douloureuse, je n’aurais pas voulu me faire interviewer il y a quelques semaines par un magazine très diffusé. J’ai résisté longtemps. Puis j’ai cédé, un peu par faiblesse (je ne suis pas capable de m’obstiner longtemps à refuser une faveur), un peu par ingénuité (j’ai toujours l’illusion que les choses puissent se passer mieux que ce que l’on prévoit par expérience). Et ainsi je me suis fait interviewer par une journaliste : une dame encore jeune, un peu pâle, mais aux traits durs : une typique femme qui vient de Province et qui vit seule, de son travail.
J’en ai eu une bonne impression ; et je ne pouvais pas trahir le respect que j’éprouvais pour elle en lui donnant une interview de manière calculée, froide. J’ai bavardé comme avec une amie. C’était aussi mon premier jour de vacance après le long travail de Mamma Roma : j’étais d’assez bonne humeur. Je suis allé la chercher chez elle, dans un blanc et brûlant appartement du LungoTevere, nous avez roulé festivement sur la route de la Mer, vers Ostia, nous nous sommes baignés, dans cette paix qui est presque un vacarme des jours les plus purs de l’été. Et nous avons bavardé d’un peu de tout : de cinéma, de littérature, de nous. Pour autant que me consentait mon éternelle timidité, j’essayais d’être entièrement sincère avec elle, et je l’étais sans me forcer en réalité. Peut-être parce qu’elle connaissait son métier, comme un bon médecin, un bon avocat, qui savent écouter et te faire dire, presque en silence, ce qu’il est nécessaire que tu dises. Je m’en rendais compte et je le respectais son métier. C’était un titre de mérite pour elle, par rapport à moi.
Elle aussi, du reste, elle me parlait d’elle-même, de ses problèmes : l’histoire de son mariage, l’histoire de son travail : et son fils. Voilà, son fils, un adolescent de quatorze ou quinze ans, né d’un mariage heureux-malheureux, et maintenant seul avec elle : un fils fasciste.
Pourquoi était-il fasciste ? Peut-être par protestation contre elle : l’éternelle polémique des enfants contre les parents, quand les parents, de quelque manière, font l’objet d’une élémentaire et inconsciente condamnation morale. Ou peut-être parce qu’il avait été abandonné à lui-même pendant de nombreux mois, avec une gouvernante indifférente, dans un des beaux-quartiers de la ville, avec des camarades d’école riches et stupides et , pratiquement, tous fascistes. Une série de concomitances. Pour créer ce fait absurde, douloureux : à faire serrer les poings de rage, à nouer la gorge d’exaspération.
Elle, la mère, était préoccupée, comme d’un petit drame familial et social. Elle me disait qu’elle était en train de lutter contre son fils, en essayant de ne pas abuser de son pouvoir, de ne pas faire du chantage au nom de son autorité de mère ou de l’expérience. C’était difficile , en somme. Elle l’avait emmené voir All’armi siam fascisti, et elle espérait, non sans quelque bon résultat. Le duce, au moins, était apparu au jeune garçon comme une figure un peu folle et ridicule.
Puis le discours sur son fils tomba, selon la souplesse mondaine des colloques du genre, et nous passâmes à autre chose.
Ainsi cette fille au visage nu et dur, disparut, avec la première journée des vacances d’été, de mon existence compliquée.
Quelques semaines plus tard, sortit son papier dans le magazine. C’était tout ce qu’on pouvait écrire de plus blessant à mon égard. Blessant parce qu’écrit non pas par l’habituel imbécile qui me déteste au nom de ses patrons réels ou imaginaires, mais par une personne éduquée, civile, à un bon niveau journalistique. J’étais blessé par le fait de voir renvoyés, par cette personne qui m’était parue respectable, tous les lieux communs que des personnes indignes de tout respect ont accumulés sur moi, pour en faire ce masque de Nouveau Théâtre dell’Arte dont je parlais : « les expériences violentes », « la poésie maudite », l’habileté en affaires, la gratuité de l’usage du dialecte et de l’argot. Jugements de provincial et d’ignorant, que presque par inertie, mon amie d’un jour a répétés avec l’ivresse qui fait un clin d’œil à travers le lieu commun à de sordides complices.
Voilà une opération fasciste : mais fasciste dans le fond, dans les recoins les plus secrets de l’âme. L’Italie est en train de pourrir dans un bien-être qui est égoïsme, stupidité, inculture, commérages, moralisme, coercition, conformisme. Se prêter de quelque manière que ce soit à contribuer à ce pourrissement, voilà maintenant le fascisme. Etre laïques, libéraux, ne signifie rien, quand il manque cette force morale qui réussisse à vaincre la tentation d’être partie prenante d’un monde qui apparemment fonctionne, avec ses lois attirantes et cruelles. Il n’y a pas besoin d’être fort pour affronter le fascisme dans ses formes délirantes et ridicules. Il faut être très forts pour affronter le fascisme comme normalité, comme codification, je dirais allègre, mondaine, socialement élue, du fond brutalement égoïste d’une société.
Au fond le fils est moins fasciste que la mère : ou du moins dans son fascisme il y a quelque chose de noble, dont lui même ne peut pas être certainement conscient : une protestation, une colère. Dans son honnêteté d’adolescent, il comprend que le monde dans lequel il vit est au fond atroce. Et il se jette contre, avec la force du scandale que donne à un jeune garçon son idée du fascisme. Le fascisme de la mère est au contraire abandon moral, complicité avec la manipulation artificielle des idées avec lesquelles le néocapitalisme est en train de former son nouveau pouvoir.
Je confesse que j’ai eu un moment de rage quasi poétique contre cette mère. Et je me suis pris à penser que ce fils fasciste elle se le méritait, c’était juste : c’était une fatalité qui avait un équilibre juste entre donner et recevoir. Et même m’est venue l’impulsion, aussitôt réprimée, car enfin de compte ç’aurait été méchant, d’écrire un épigramme ; un épigramme avec lequel souhaiter à mes ennemis bourgeois des enfants fascistes. Que vous ayez des fils fascistes – voilà la nouvelle malédiction – des fils fascistes, qu’ils vous détruisent avec des idées nées de vos idées, de la haine née de votre haine.

n. 36 a. XVII, 6 settembre 1962
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filantropic
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MessageSujet: Re: Pasolini et le fascisme   Dim 7 Jan 2007 - 17:20

Yeah

Texte très instructif, par lequel transparaît la sensibilité de Pasolini et son rapport à l'époque.
L'histoire ne se répète jamais,parait il, mais elle bégaye souvent...(l'expression n'est pas de moi)

en tout cas, bravo pour ton boulot
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jean baptiste
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MessageSujet: Re: Pasolini et le fascisme   Lun 8 Jan 2007 - 3:26

ajax a écrit:
Excellent texte ! J'ai un faible pour ce passage.

Citation :
L’Italie est en train de pourrir dans un bien-être qui est égoïsme,
stupidité, inculture, commérages, moralisme, coercition, conformisme.

Outre l'usage très intelligent du mot "bien être", je ne peux m'empêcher de penser à l'Italie, et surtout à la France d'aujourd'hui en le lisant.

Merci infiniment pour ce texte et bravo pour le travail de traduction,si vous ne voyez pas d'inconvéniants je vais le soumettre au forum ps et ump....

-> LO :
http://forumlo.cjb.net/index.php?act=ST&f=12&t=19626
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Toto
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MessageSujet: Re: Pasolini et le fascisme   Lun 8 Jan 2007 - 12:53

Diable ! Si j'avais su que ma traduc serait lue chez Ségolène, j'aurais soigné davantage... (en relisant il y aurait deux-trois corrections mineures à apporter...)

Pasolini est souvent cité (y compris par Soral) mais en fait il reste très peu lu ... Surtout en tant qu'essayiste polémique...
Ses interviews télé sont passionnantes... Ses textes politiques sont d'une lucidité et d'une actualité incroyables !



Sur le même sujet ("Qu'est-ce qui est vraiment fasciste à notre époque ?" ), dès que j'ai un moment je vous traduit un autre texte encore plus pertinent et précis...

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Un deuxième texte...
C'est un marxiste qui parle ! ...
Bonne lecture .
Original ici:http://www.pasolini.net/ideologia_ppp_e_fascismo.htm


Citation :
Le fascisme selon Pasolini

Aucun centralisme fasciste n’a réussi à faire ce qu’a fait le centralisme de la société de consommation. Le fascisme proposait un modèle, réactionnaire et monumental, qui cependant restait lettre morte. Les différentes cultures particulières (paysanne, sous-prolétaire, ouvrière) continuaient imperturbablement à se conformer à leurs modèles anciens. La répression se limitait à obtenir leur adhésion de parole. Aujourd’hui, au contraire, l’adhésion aux modèles imposés par le Centre, est totale et inconditionnée. Les modèles culturels réels ont été reniés. L’abjuration est accomplie. On peut donc affirmer que la « tolérance » de l’idéologie hédonistique voulue par le nouveau pouvoir est la pire des répressions de l’histoire humaine. Comment une telle répression a-t-elle pu s’exercer ? A travers deux révolutions à l’intérieur de l’organisation bourgeoise : la révolution des infrastructures et la révolution du système d’information. Les autoroutes, la motorisation, etc, ont désormais étroitement uni la périphérie au Centre, abolissant toute distance matérielle. Mais la révolution du système d’information a été encore plus radicale et décisive. Au moyen de la télévision le Centre a assimilé à lui le pays tout entier, qui était historiquement si différencié et riche de cultures originelles. Il a commencé une opération d’homologation destructrice de toute authenticité et concréteté. Il a donc imposé –comme je disais- ses modèles : Qui sont des modèles voulus par la nouvelle industrialisation, laquelle ne se contente pas d’un « homme qui consomme », mais prétend que ne soient pas concevables d’autres idéologies que celle de la consommation. Un hédonisme néo-laïc, aveuglément oublieux de toute valeur humaniste et aveuglément étranger aux sciences humaines.
L’idéologie précédente voulue et imposée par le pouvoir était, comme on sait, la religion. Et le catholicisme, en fait, était formellement le seul phénomène culturel qui « homologuait » les Italiens. Maintenant il est devenu concurrent de ce nouveau phénomène culturel « homologateur » qu’ est l’hédonisme de masse. Et comme concurrent le nouveau pouvoir depuis quelques années déjà a commencé à le liquider. Il n’y a en fait rien de religieux dans le modèle du Jeune Homme et de la Jeune Femme proposés et imposés par la télévision. Ceux-ci sont deux personnes qui donnent une valeur à la vie seulement à travers ses Biens de consommation (et, bien sûr, ils vont encore à la messe le dimanche : en voiture) . Les Italiens ont accepté avec enthousiasme ce nouveau modèle que la télévision leur impose selon les normes de la Production créatrice de bien-être (ou, plutôt, de préservation de la misère). Ils l’ont accepté ; mais sont-ils vraiment en mesure de le réaliser ?
Non. Ou bien ils le réalisent matériellement en partie seulement, en en devenant la caricature, ou bien ils n’arrivent à le réaliser que dans une mesure si infime qu’ils en deviennent victimes. Frustration et même angoisse névrotique sont désormais des états d’âme collectifs. Par exemple, les sous-prolétaires, jusqu’à il y quelques années respectaient la culture, et n’avaient pas honte de leur ignorance. Et ils étaient même fiers de leur propre modèle populaire d’analphabètes en possession toutefois du mystère de la réalité. Ils regardaient avec un certain mépris insolent les « fils à papa », les petits-bourgeois, desquels ils se dissociaient, même quand ils étaient obligés de les servir. Maintenant, au contraire, ils commencent à avoir honte de leur ignorance : ils ont abjuré leur propre modèle culturel (les très jeunes ne s’en souviennent même plus, ils l’ont complètement perdu.), et le nouveau modèle qu’ils cherchent à imiter ne prévoit pas l’analphabétisme et la grossièreté. Les jeunes sous-prolétaires – humiliés – effacent sur leur carte d’identité la mention de leur métier, pour la remplacer par la qualification d’ « étudiant ». Naturellement quand ils ont commencé à se sentir honteux de leur ignorance, ils ont commencé aussi à mépriser la culture (caractéristique petit-bourgeoise qu’ils ont tout de suite acquis par mimétisme). En même temps, le jeune petit-bourgeois, en se conformant au modèle « télévisé » - qui, étant voulu et créé par sa propre classe, lui est substantiellement naturel – devient étrangement grossier et malheureux. Si les sous-prolétaires se sont embourgeoisés, les bourgeois se sont sous-prolétarisés. La culture qu’ils produisent, étant de caractère technologique et étroitement pragmatique, empêche le vieil « homme » qui est encore en eux de se développer. De cela dérive en eux une espèce de recroquevillement des facultés intellectuelles et morales. La responsabilité de la télévision dans tout cela est énorme. Non pas en tant bien sûr que « moyen technique », mais en tant qu’instrument du pouvoir et pouvoir en elle-même. Elle n’est pas seulement un lieu à travers lequel passent les messages, mais elle est un centre élaborateur de messages. Elle est le lieu où se concrétise une mentalité, qui autrement ne saurait pas où se loger.. C’est à travers l’esprit de la télévision que se manifeste concrétement l’esprit du nouveau pouvoir. Il n’y a aucun doute (on le voit par les résultats) que la télévision soit autoritaire et répressive comme jamais aucun moyen d’information au monde. Le journal fasciste et les écrits sur les fermes de slogans mussoliniens font rire : comme (avec douleur) la charrue par rapport à un tracteur. Le fascisme , je veux le répéter, n’a été substantiellement en mesure de même pas égratigner l’âme du peuple italien. Le nouveau fascisme, à travers les nouveaux moyens de communication et d’information (surtout, justement, la télévision) l’a non seulement égratignée, mais il l’a lacérée, violée, souillée pour toujours.
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juju333diablo
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MessageSujet: Re: Pasolini et le fascisme   Lun 8 Jan 2007 - 16:47

Un grand merci à toi Toto. Amen

N'ayant pas la chance de parler l'italien (et encore moins le frioulan), je suis impatient de découvrir de nouvelles traductions.

La lecture d'"Ecrits Corsaires" a été pour moi un véritable électrochoc apportant un éclairage très actuel sur le fascisme ; j'ai vu récemment un docu sur "Salo" dans lequel l'actrice Hélène Surgéres ne parvient à identifier cette oeuvre que par le prisme du 21 avril 2002 et les marches des neo-fascistes dans les rues de Bologne dans les années 70, en reconnaissant in extremis et après coup qu'on peut aussi le regarder avec un regard beaucoup plus neuf.
Ce regard neuf qui était celui de Pasolini, je crois.

Toto a écrit:
Un deuxième texte...
Tiré d'Ecrits corsaires. Moins sûr pour le premier texte.
Qu'est-ce que c'est bon de relire ces lignes. cheers

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Gaspar Noé : tournage de "Enter the void"

Après "seul contre tous" et "irreversible", Gaspar Noe semble avoir définitivement bouclé son tour de table pour la production de son 3eme long métrage ; dont le tournage est prévu au Japon pour février 2007.

http://www.letempsdetruittout.net/gasparnoe/index.asp?v=22

santa

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Joyeux a écrit:
J'ai bien aimé ses deux films mais alors qu'est ce qu'il s'exprime mal, c'est une horreur. Il tourne un peu en rond.

+1

Joyeux a écrit:

Tu as Pasolini en avatar, " Salo " c'est tout de même autre chose que du Noé.

Tout à fait d'accord mais tu places la barre très haut. Choc
Par ailleurs, je pense qu'il y existe une réelle filiation entre ces deux artistes. D'ailleurs, Noe a participé à une émission que tu peux trouver sur son site dans laquelle il évoque son admiration pour "Salo ou les 120 jours de Sodomme".
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laurent666
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MessageSujet: Re: Pasolini et le fascisme   Mer 10 Jan 2007 - 23:18

Osiris a écrit:
laurent666 a écrit:
jean baptiste a écrit:
ILS ONT Dû penser que je les traitais de fascisTeS,il faut lire les textes quand même,ce qui m'énerve aujourd'hui est le message du modo m'affirmant que mon texte n'a pas été censuré hier j'avais 5 post sur ce forum,aujourd'hui 4 que l'on m'explique.HALTE A la langue de bois.


J'ai posté sur le forum national du FN, on verra si la réaction diffère ou pas.

http://www.forumpatriote.com/phpBB2/viewtopic.php?p=160736

EDIT : Mort de rire !

Ils ont bloqué mon login au bout de 30 minutes. Ce texte explique nettement que le fascisme latent de la sociale-démocratie est beaucoup plus pernicieux que celui d'un fasciste réel, et les mecs du FN ne s'en apercoivent pas. Et bin. C'est pas des lumières les mecs. Lisez les réponses !!! Un concentré de bétise, mattez bien les gifs animés affligeants, aussi.
C'est normal que vous vous faites jarter sur un forum FN vue la manière dont est présentée le texte. Il faut instaurer une médiation car associer le fascisme et le FN, c'est très mal vu chez les militants. Contrairement à ceux qui penseraient le contraire.

Imaginez de poster un article sur les barebackers, sur un forum gay...

Non. Le texte n'associait pas du tout le fascisme et le FN. Ces mecs ne savent pas lire.

Les mecs de l'Action Française ont immédiatemment remercié (!) Jean-Baptiste pour son texte, alors qu'ils auraient tout aussi bien pu (et même sans doute plus que le FN) se sentir "agressés".

Un peu jeunes, on dira, les forumeurs du FN ... Enfin, ceux qui ont répondu, hein.

------------------------------------------------------------------

L'heure du bilan.

Dans les forums PS & UMP, aucune réaction, sinon à coté de la plaque. L'apathie domine. Ca n'a l'air d'intéresser personne.

C'est au forum de l'Action Française que le message a été reçu positivement. Ca discute cordialement.

A la LCR, un commentaire détaillé (1 seule personne a discuté). Le texte est critiqué du point de vue politique. Pas d'animosité, ton courtois.

A LO, pareil, critique d'un point de vue politique. Nombreuses réactions. Pas d'animosité, ton courtois, avec une légère tendance parano d'un participant (on sent les reflexions "d'ou qu'il vient celui la, il essaie de nous infiltrer ?")

Dans les 2 forums FN, le message est censuré, avec carrément exclusion du posteur et même banissement (accès interdit) du forum FN national. Attitude lamentable, d'autant que ce texte n'est franchement pas une critique de l'extreme droite. Ils ont l'air un peu cons (incompréhension du texte, réduction "ad pédéraste", gifs animés débiles des posteurs) et paranos ("il nous traite de fasciste"). ceux qui ont répondu au message, tout du moins.




ps: http://forumsocialiste.free.fr/viewtopic.php?p=97604#97604

ump: http://jeunespopulaires.com/forum/viewtopic.php?t=4879

action francaise: http://www.actionfrancaise.net/forum/viewtopic.php?p=27730#27730

fn ile de france (page supprimée): http://patriotes-idf.bbfr.net/viewtopic.forum?p=3097#3097

fn national (page supprimée, j'ai une copie complète à disposition par email si certains veulent rire): http://www.forumpatriote.com/phpBB2/viewtopic.php?p=160736

LCR : http://forumtrots.agora-system.com/lcr/index.php?showtopic=10604

LO : http://forumlo.cjb.net/index.php?act=ST&f=12&t=19626
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Osiris
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MessageSujet: Re: Pasolini et le fascisme   Ven 12 Jan 2007 - 0:07

laurent666 a écrit:

A LO, pareil, critique d'un point de vue politique. Nombreuses réactions. Pas d'animosité, ton courtois, avec une légère tendance parano d'un participant (on sent les reflexions "d'ou qu'il vient celui la, il essaie de nous infiltrer ?")



LO : http://forumlo.cjb.net/index.php?act=ST&f=12&t=19626

Il y a une chose qui est sure: LO est vouée à mourir. J'ai lu leurs réactions et quand le débat a glissé sur Dieudonné/Le Pen, j'ai compris que ces mammouths de l'histoire étaient voués à disparaître tellement ils étaient dans leur idéologique mortifère: nationaliste=fasciste Dieudonné=antisémite Le Pen=négationiste! VIVE LINTERNATIONALISME MONDIALISTE ! affraid Ils ont les mêmes réflexes gauchistes qu'au PS et à la LCR. Une peine perdue.

Morceau d'antologie sincère d'un militant:
Citation :

J'ai hâte que nous soyons des millions à scander cela, "le pen, facho, le peuple aura ta peau", pour que des Sarkozy rentre dans leur trou au lieu de lorgner vers l'électorat d'extrême-droite. On pourra d'ailleurs rajouter comme slogan "Le pen, démago, tu ne défends que les gros."

Les petits gars de la LO sont de vrais petits fascistes -qui ne se soupçonnent pas- de la pensée. Ils distillent la doxa dominante, chose ambigue pour un parti trotsko-léniniste. Qu'ils crevent. 🐘
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filantropic
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MessageSujet: Re: Pasolini et le fascisme   Ven 12 Jan 2007 - 5:10

laurent666 a écrit:
jean baptiste a écrit:

Du calme j'hésite entre le vote arlette et le vote le pen,non qu'ils ne crèvent pas.

Pareil ! Je me suis fais virer du forum du FN, et va lire les derniers messages sur celui de LO : ca se gate pour ma pomme aussi là-bas ! Marrant, tout ça. Enfin façon de parler, ca montre à quelle point notre époque est dans l'impasse: aucune discussion possible, tout le monde vit replié, à droite comme à gauche. Les gens ne se comprennent pas, ne savent pas lire, n'écoutent pas les arguments, ils tournent tout en slogans.

Là, chez LO, un mec me demande ce que je pense du FN, donc je le dis, sans caricaturer, paf : on me dit que je fais de la propagande ! Ils veulent qu'on leur dise que le Pen, c'est Hitler. Point. Ils fonctionnent exactement comme Sarkozy avec ses simplifications outrancières et sa démagogie !

J'ai suivi ce fil chez LO, c'est dommage ca commençait plutôt bien .Les commentaires du texte étaient même intéressants.

Pour leur réaction, je comprend tes arguments m'enfin bon, tu rentre dans Leur chapelle. C'est un lieu de militantisme pas de débat pluraliste.

Ces forums partisans fonctionnent comme des familles, des lieux de conditionnement.. fallait pas en attendre plus.

Ceux là sont particulièrement bas du caisson quand même.
Je suivrai la suite du fil, voir si les mecs sont au moins capable de continuer le dialogue..afin de récupérer la brebis égarée.. Hé
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Toto
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MessageSujet: Re: Pasolini et le fascisme   Ven 26 Jan 2007 - 1:25

En Français :

Pierre Paul et Philippe Bouvard... Quelques jours avant sa mort


A propos de Porcherie pig

Une compile d'extraits des Contes de canterbury, Le Decameron, Salò, et Uccellaci e Uccellini Que je considère comme son plus beau film (L'acteur Totò immense...), Une réfléxion amère-comico-poétique sur l'échec du marxisme...

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Viscard
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MessageSujet: Re: Pasolini et le fascisme   Sam 27 Jan 2007 - 0:35

Invité a écrit:
Viscard a écrit:
Sympa les traductions....

A lire les deux immenses bouquins de Pasolini : "Lettres Luthériennes" et "Ecrits corsaires". Théorie de l'embourgeoisement psychologique totalisant, de la réaction, de la lutte contre le fascisme d'après guerre qui a fait paradoxalement le lit du fascisme culturel de la consommation libérale, de la "société de consommation" vendue comme "démocratie", du conformisme et du droit à la différence communautaire vendues comme "tolérance"....Vraiment deux livres énormes....

Et surtout à lire un livre redoutable d'un excellent essayiste dans la lignée de Michéa et Goldmann : Aymeric Monville. Outre ses excellentes préfaces de Clouscard et traductions de Lukacs, je conseille un livre TERRIBLE, petit, simple et tres accessible : "Misère du nietzschéisme de gauche", 2007.

Salve et bombe contre la manipulation de l'idéologie irrationnelle nietzschéenne dont la mystique et le non-système (aphorisme/sentence) servent non pas une poésie ni un lyrisme mais un inconscient politique et structurel plus pervers contre la raison, l'action collective, la décence, et le progrès fondé sur la raison. A LIRE !

Si je comprend bien, ce livre est une critique d’un gauchisme post-marxiste - revenu en quelque sorte à un type de socialisme utopique - infantile, pulsionnel, tellurique. Bref, une pensée inopérante parce que bien-pensante, donnant logiquement dans le frivole et le festif, en accord avec le règne de l’émotionnel à tout les échelons (de la psycho-pop nunuche au management nouvelâgeux en passant par l’infantilisation et l’ado érigé en modèle absolu).

J’ai bien aimé Clouscard, Métamorphose de la lutte des classes & Le capitalisme de la séduction sont des ouvrages qui m’ont beaucoup fait réfléchir.

Pour revenir au livre de Monville, j’imagine que Onfray va adorer :joker:. Onfray, le type qui a voulu être original et innovateur en reprenant l’analyse de la Nouvelle droite des « religions du désert »…
100% sur la même ligne que toi Arnaldo...

En complément des deux livres de Clouscard, je te conseille "Néofascisme et idéologie du désir" : tout est dit sur les dérives de la pensée libertaire freudo-marxiste post68. D'autres sont tres bons mais plus rudes....

C'est étonnant de voir à quel point la force, la volonté, la puissance se sont toujours accomodées du tragique et du charme de la violence libéral (cynisme de la nature) et gauchiste (révolution festive) contre l'aspect vulgaire du fascime brutal qui agit pourtant in fine avec d'autres moyens mais selon les mêmes fins.

Il est temps de recadrer les délires pusionnels et irrationnels sur le plan politique surtout quand on voit la déferlente d'Onfray depuis peu sur les étalages. Ca vire à l'indécence....

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Invité a écrit:
Viscard a écrit:

Il est temps de recadrer les délires pusionnels et irrationnels sur le plan politique surtout quand on voit la déferlente d'Onfray depuis peu sur les étalages. Ca vire à l'indécence....

Il me sort par les trous de nez cet "hédoniste" !
Il recycyle parfaitement les théories révolutionnaires et anarchistes dans le giron de la bourgeoisie. Au travers l'émiettement de son travail sur le cynisme, des écoles philosophiques et cyrénaiques anti-conformistes jusqu'à la promotion de l'hédonisme comme eschatologie humaine, on comprend mieux pourquoi la bourgeoisie culturelle lui suce les couilles.

Sa cohérence écrit un nouveau fascisme politique pour un fascisme de jeunes ordures....C'est ce qu'on appelle un anti-marxiste proudhonien, anarcho libertaire perdu dans les sphères li-li des luttes des années 70 qui s'était fixée comme monstre politique l'Etat-Nation qui empéchait de tringler à gogo. En continuant les théories de Foucault, plus lucide mais aussi dépolitisé de la structure économique, Onfray continue la contre révolution bourgeoise : en tuant l'Etat et ses fonctions normatives.

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Tatave a écrit:
Onfray est un minable petit BHL de gauche. Je l’ai rencontré l’année dernière lors d’un colloque et je peux vous dire qu’il n’en menait pas large… Sa spécialité, durant ce genre de festivités précitées : parler, parler sans rien connaître ou presque du sujet évoqué. On l’invite à droite à gauche, Monsieur nietzschéise, confond, se ridiculise, lasse son auditoire… Face à de vrais intellectuels inconnus des médias officiels, ou presque, il se révèle sans charisme ni répartie.
Ce qui est drôle c'est de voir confronter, les théories de Niezsche et gauchiste actuels, aux conditions de production et de consommation. Le surhomme : celui qui à l'ambition de consommer toujours plus, selon ses désirs et de devenir une star de la télé ? En recyclant les discours de Nietzsche et Chamfort, on voit bien que la jouissance sans entrave vire aux pires décadences : au modèle de Sollers et Onfray : Sade. Pasolini avait compris cette décadence idéologique. Et Lash l'avait parfaitement démonté dans ses essais (la culture du Narcissisme).

Une élite se sert de théories pour assoir ses déviances, sa déprave, sa dégénéréscence. Le surplus, comme l'a décrit Clouscard, permet une production mais en même temps le prétexte, l'alibi de l'exploitation par la société de consommation.

Sans doute que la question essentielle reste celle de la propriété. L'exploitation majeure passe par la détention du capital qui se recycyle dans la spéculation boursière et immobilière. Si la bourse est quasi-intouchable, des règles pourraient être fixées sur le logement. Pourquoi ne pas envisager que tout logement dont on est propriétaire ne puisse plus faire l'objet d'aucune location. Toute propriété doit être revendue, et devenir une nouvelle acquisition. Et pour ce faire, favoriser les conditions à l'achat, c'est à dire, la sécurité du logement. On sait bien qu'on flippe pour son emploi car on flippe de perdre son logement ! Mais l'hypocrisie et le mensonge sont telles qu'on prefere broder sur le travail et exploiter sur celui-ci. Le travail, rapport de production le plus culpabilisé du monde ! Mais le système se vérouille bien : et la banque des riches c'est les pauvres, les locataires. Une vraie politique de gauche devrait imposer cette règle en terme de propriété, engagerait de vraies mesures de crédits et un parc locatif d'Etat important. Ca lèverait d'un coup les spéculations et l'exploitation de la moyenne et haute bourgeoisie dans de domaine immobilier.

Mais on voit bien que les théories de l'UMPS ne voient pas plus loin qu'un capitalisme antilibéral. Une sorte d'alternative au capitalisme à la Onfray, bien ingéré, bien digéré. Juste pour préserver les capotes et les clubs parisiens. L'UMPS actualise un fascisme par le conformisme, comme l'avait annoncé Pasolini : démocratie et tolérance jouent main dans la main. Segozy et Sarkolem n'ont qu'un seul objectif : normaliser le fascisme à l'échelle européenne. Faire des consommateurs les nouveaux "maitres du monde", nouveaux guignols miséreux.

Les élites, dans ce système ne trahissent plus. Depuis 1945, la contre révolution face au CNR s'est engagé. 1968 : concrétisation du processus et de la délivrance des fils maudits, désinhibés par le cul libéral. Toute la théorie de la gauche actuelle sert donc logiquement l'impérialisme américain : voilà la fin et l'accomplissement d'un système. De Nietzsche à Goupil, en passant par Foucault, préchant la guerre en Iran et Derrida reconnaissant la deconstruction dans l'Amérique....La messe est dite....

Bravo, bravo à nos intellectuels de gauche et ses théories....

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Yamcha a écrit:
Viscard, vous avez raison, sauf sur Nietzsche (qui n'est pas de gauche, jamais à aucun moment, bien au contraire, on est bien d'accord.... ?). Et puis Onfray ou Sollers lisant Nietzsche, tout le monde sent l'arnaque. C'est comme Breton lisant Freud, ou Sade : presque toujours à l'envers Mdrrr

J'ai donc du mal à imager le surhomme de Nietzsche dans le sur-consommateur que vous décrivez. D'ailleurs ce sur-homme n'est en aucun cas une actualisation sous forme humaine, ce n'est pas la prochaine étape comme l'avaient lu les fascistes (par exemple), c'est - entre autre - une dynamique - narrative en fait - c'est un logiciel de dépassement de l'humain (rappelez-vous Zarathoustra, la thématique du passage, le choix entre la bête et le surhumain, etc.). Et puis vous savez que l'abrutissement dans la consommation (qui n'est pas un mal EN SOI) n'aboutit pas à elever l'homme, et donc ,pour faire simple, cela ne correspond pas au surhumain ! Bref, je voulais chippoter king
Qu'on soit clair : Nietzsche est avant toute chose : un anti-socialiste ! S'il ne s'est jamais définit clairement la notion (sur le sujet il était médiore), en tout cas, Nietzsche est un homme qui haissait les dialecticiens, et de ce fait se ralliait à bon compte aux hellenistes. Un homme qui ne supportait pas la logique hégellienne, le système et la totalité philosophqiue qui incluaient à la fois la dimension psycho-affective et le rapport économico-social dans la synthèse. C'était un poète réac, intuitif, styliste, moraliste qui s'illuminait sur la vision métisée d'un avenir composé d'aryens et de juifs bourrés de frics. Sympathique vision n'est ce pas ? Se foutant royalement des pauvres (juifs en autres quand ils l'étaient...), de la masse qui se plaignait naïvement d'être volé ou exploité...

Lukacs a trop écrit pour que je parle décement sur Nietzsche. Mais par exemple, la fameuse vision de l"éternel retour" n'est qu'une parade cynique à l'espoir, au progressisme, à l'attente de la "justice immanente" de l'ouvrier socialiste qui galère, et se fait cramer par le pouvoir dominant. Rien de plus nihiliste que cet aphorisme. La "transcendance" nietzschéenne signifie capitalisme, comme chez Sartre, la liberté, signifiait libéralisme. Avec cette grande idée angoissante à la Cioran, Nietzsche invoque seulement le néant, la fatalité du capitalisme, il annonce "gaiement" l'impérialisme barbare, violent et agressif à l'intérieur comme à l'extérieur. Rien de plus normal donc...La jouissance sadique du barbare libéré...

Nietzsche est le premier révolutionnaire soixante-huitard avant l'heure. Il a aggravé par ses théories le contenu révolutionnaire du capitalisme. Et la meute de chiens libertaires n'a fait que lécher l'os.

C'est étrange : ce gout formel pour l'aristocratie, pour l'impérialisme (américain), pour les juifs ( LA communauté élue), pour l'esclavagisme, pour l'aphorisme, le gout de la solitude et le dédain des actions collectives, pour l'individualisme, pour la violence, cet anti-progressisme, ce gout prononcé pour la vision apocalyptique religieuse matinée de pseudo-science, ce gout pour les moralistes réacs, me fait penser à Dantec. Même profil, même attitude, même positionnement. Si l'histoire nous empêche de comprendre comment aurait pu agir Nietzsche, suivez Dantec à la trace (c'est tout à son honneur, je l'avoue, mais d'ailleurs, je ne considère pas que Dantec soit dénué de talent...). On comprend mieux en tout cas que ces théories, ces pensées travaillent pour un seul intérêt, une seule et même structure idéologique (libérale)....

Nietzsche, Dantec, ce sont les personnages qui approuveront les réactions, les postures réactionnaires de l'avenir. Celles contenues dans le système dominant : le capitalisme. Rien d'étonnant de voir dans Dantec, un bobo-mitraillette à l'épaule farouche défenseur du clônage et de l'eugénisme. Et Nieztsche aurait pas fait mieux....

Mais lire :
"La déconstruction de la raison: Nietzsche" de Lukacs. Reédité 2006, bonne préface d'Aymeric Monville (encore lui)

Enfin, lisez ce livre. C'est clair, concis et instructif.

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Tatave a écrit:
N’est-ce pas ?... Et comme disait ce brave Frédéric : "L’être vrai commence à se trahir quand le talent baisse, quand il cesse de montrer ce qu’il sait faire." Tout n’est que dissimulation, déguisement, parure… talent ? Ou affûtiaux, comme eût dit Jean-Marie ? Regarde, Onfray, intellectuel ruminant et vain, embourbé dans sa pensée de droite qu’il dissimule à gauche. Quant à Dantec, pourquoi en parler puisque c’est une bouse, au sens propre. Mais, à tout prendre, en vrac, c’est bien aussi Lukacs, surtout quand il parle de Balzac.
Je n'ai pas bien compris le lien que tu faisais entre Ongray-Dantec-Lukacs ? Quand à Balzac, comme Thomas Mann, c'était un marxiste malgré lui, il dialectisait sa classe : par défaut.

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Toto a écrit:
Pour revenir au sujet:
Pasolini et le communisme : Les images d'actualités mêlées sont les images fortes des funérailles de Togliatti en 1964 dans Uccellaci e Uccellini...
Dans le film, le corbeau est un dialecticien marxiste à la fois insupportablement verbeux et en fin de compte touchant, qui entreprend de convertir Totò et son fils à une idéologie dont il ressent en lui-même l'échec... Il finira plumé, grillé et mangé sur le bord de la route par les deux braves protagonistes...
Le sens de l'allégorie chez Pasolini ...



Merci. Les images des funérailles sont vraiment fortes.
La pancarte "Cuba 1300 km" : drôle.
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MessageSujet: Re: Pasolini et le fascisme   Sam 27 Jan 2007 - 0:48

Viscard a écrit:
En complément des deux livres de Clouscard, je te conseille "Néofascisme et idéologie du désir" : tout est dit sur les dérives de la pensée libertaire freudo-marxiste post68. D'autres sont tres bons mais plus rudes....

Il est court ; mais je n'ai pas réussi à le comprendre. Trop ardu pour moi. Le capitalisme de la séduction par contre maintenant ca va ; après 4 relectures quand même. C'est fabuleux à en pleurer ; par contre il doit être taxé de sociologue "réactionnaire" dans les milieux universitaires je pense ...

Toto a écrit:

Pierre Paul et Philippe Bouvard... Quelques jours avant sa mort

Là où nous en sommes :

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Pasolini et le fascisme
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