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 j arrive je suis nouveau

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robocopfp
Tapette bobo du tertiaire
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Masculin
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Date d'inscription : 29/04/2017

MessageSujet: j arrive je suis nouveau   Sam 29 Avr 2017 - 17:07

Bonjour j ai passé les 65 ans, je suis arrivé sur se forum par hasard, je suis marié 1 enfants , 1 chien ,1 chat ,
l auto dérision ne me dérange pas , je suis motard depuis l age de 16 ans ,bouffer le macadam je sais se que sais , dingo
voila pour ma présentation
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Big Boss
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Masculin
Nombre de messages : 675
Date d'inscription : 26/09/2006

MessageSujet: Re: j arrive je suis nouveau   Jeu 21 Sep 2017 - 12:01

robocopfp a écrit:
je suis motard depuis l age de 16 ans ,bouffer le macadam je sais se que sais

Pourquoi réprimer sa rage contre un robinet qui coule ? Brusquement, je fis le lien avec la question primordiale de l'entretien des motocyclettes. Et la lumière jaillit. [...] Ce n'était pas un problème de robinet. Ni un problème de mécanique. C'était l'ensemble de la technologie qu'ils n'acceptaient pas. Toutes sortes de détails trouvèrent brusquement leur place et leur sens dans ma tête, l'irritation de Sylvia contre un ami qui affirmait que la programmation d'un ordinateur peut être un acte de création ; les dessins, les tableaux, les photographies, qui ornaient ses murs, et qui ne comportaient aucun élément technologique. Bien sûr qu'elle ne va pas s'énerver contre le robinet. On réprime toujours un accès passager de colère, quand il traduit une haine permanente et profonde. Bien sûr que John démissionne à chaque fois qu'on en vient à parler de mécanique même s'il est lui-même victime de son attitude. Tout s'éclaire. Si, au départ, John et Sylvia ont choisi de faire de la moto, c'est pour échapper à la technologie, en parcourant la campagne au grand air et au soleil. Quand je les replonge dans des questions techniques, à l'endroit et au moment où ils s'imaginent qu'ils s'en sont enfin libérés, je comprends que ça les paralyse, que nos conversations se figent et se bloquent sans recours.

[...] J'avais remarqué aussi, chez eux, des tics de langage significatifs. De temps à autre, ils emploient comme à regret des expressions vagues et désenchantées, du genre "tout ce truc-là". John dit, par exemple "On ne s'en sortira jamais", et si je lui demande "Mais de quoi parles-tu ?", il me répond : "Toutes ces histoires". Ou, d'une façon générale : "le système". [...] "Toi, tu arrives à t'en tirer !", m'a lancé une fois Sylvia, sur la défensive. A l'époque, le mot m'avait irrité, car je ne comprenais pas de quoi elle voulait parler. Je me disais que cela devait aller plus loin que la technologie; mais je vois, maintenant, que c'est bien cela qui est en cause. Mais ce n'est pas seulement cela : ils rejettent du même coup une force mal définie, une force de mort, inhumaine, mécanique et aveugle, qui justement donne naissance à la technologie. Un monstre hideux, qu'ils redoutent et qu'ils fuient, tout en sachant qu'ils ne lui échapperont pas. Il existe des gens qui comprennent cette force et qui la maîtrisent ce sont justement les technocrates. Quand ils décrivent leur métier, leur langage est inhumain : il n'y est question que de rouages, de rapports entre des éléments incompréhensibles et qui le resteront aussi longtemps qu'on en parlera. Et le monstre de mes amis continue à dévorer la terre, à polluer l'air et l'eau. On ne peut pas se battre contre lui et il n'y a presque aucun moyen de lui échapper.

[...] Il suffit de traverser une zone industrielle pour se trouver, en effet, confronté avec la technologie. On voit de hautes clôtures de barbelés, des grilles verrouillées, des panneaux d'INTERDICTION. Au-delà, noyées dans des vapeurs de suie, d'étranges formes de métal et de brique. Nul ne sait ce qui se trame dans la zone et l'on n'en connaît pas les maîtres. Comment ne pas se sentir étranger, perdu, exclu ? Votre présence même est indésirable en ces lieux. La technologie a fait de vous un étranger à qui l'on hurle : "Sors !" Il y a bien une explication : ces usines servent l'humanité. Mais d'une manière indirecte. Ce qui saute aux yeux, tout de suite, ce sont les panneaux d'INTERDICTION. Ce qu'on voit, ce sont de petits hommes qui, comme des fourmis, s'occupent du monstre. Même Si j 'avais une place ici, même si je n'étais pas un étranger, je ne serais qu'une de ces fourmis, et je ressentirais de l'hostilité devant un semblable univers. C'est ce même phénomène de rejet qui explique les réactions de John et Sylvia. Leur parler de valves, de roulements, de clés à molette, c'est les plonger dans un monde déshumanisé qu'ils préféreraient oublier à jamais.

[...] Ils ne sont pas les seuls. Et ils n'ont cherché à imiter personne. Mais leur recul les rapproche de milliers et de millions d'autres individus, ce qui fait que les journaux ont cru déceler un mouvement de masse anti-technologique. Ils ont vu émerger toute une gauche qui s 'insurgeait contre la technologie, la pollution, la croissance industrielle. Cette révolte est encore contenue par un sursaut de logique on sait bien que, sans usines, il n'y aurait pas d'emplois, que le niveau de vie s'effondrerait. Mais il y a, chez l'homme, des forces plus grandes que la logique (il y en a toujours eu). Et, si la haine de la technologie devient un jour assez violente, la logique sautera.

[...] On a inventé, et on continuera à inventer, des clichés et des stéréotypes, comme les "beatniks" ou les "hippies", pour désigner le mouvement de refus du système technologique. Mais il ne suffit pas, pour transformer les individus, pour faire d'eux une masse, de les désigner par un terme générique. John et Sylvia, comme la plupart de leurs semblables, refusent justement de faire partie d'une masse. C'est même contre cette idée qu'ils se révoltent. Ils ont le sentiment que la technologie est étroitement liée aux forces qui essaient de les intégrer dans un troupeau anonyme. Et cela leur déplaît. Pour l'instant, ce mouvement de résistance reste passif, il se traduit pour tous ceux qui le peuvent par la fuite à la campagne. Mais il pourrait bien évoluer, trouver d'autres formes.

[...] Si je ne suis pas d'accord avec mes amis sur l'entretien des motocyclettes, cela ne m'empêche pas de comprendre leur réaction devant la technologie. Mais je crains que leur attitude les voue à l'échec. Le divin Bouddha trouve aussi bien sa place dans les circuits d'un ordinateur, ou dans la boîte de vitesses d'une motocyclette, qu'à la cime d'une montagne ou dans les pétales d'une fleur. Ce serait rabaisser Bouddha que de penser le contraire - et se rabaisser soi-même. Voilà de quoi je veux parler dans ce Chautauqua. [...] Nous avons quitté la région des marais, mais l'air est encore si humide qu'on peut regarder en face le cercle jaune du soleil, comme s'il y avait de la fumée ou du brouillard dans le ciel. Pourtant, la campagne est verte, les fermes propres, blanches, claires. Ni fumée, ni brouillard.

"Traité du Zen et de l'Entretien des Motocyclettes" (ROBERT M. PIRSIG, 1974)
(via http://www.leconcombre.com/biblio/pirsig/zen01.html )
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