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 Le monde du travail

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ajax
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Jeu 23 Nov 2006 - 2:37

--8<----------- a écrit:
ajax a écrit:
J'attire, par ailleurs, votre attention sur un chiffre qui m'a refroidi le sang. Dans les années 70, un grand patron du CAC 40 gagnait environ 30 SMICs par mois. Aujourd'hui, le salaire moyen des gros patrons se situe aux alentours de 360 SMICs. Et on nous explique, qu'à l'instar d'un Zidane ou d'un Depardieu, ces gens là sont des perles rares et que leur salaire est amplement mérité. Il y a une grosse centaine de ces patrons richissimes et globalement, tous les ans, deux ou trois voire une dizaine sont mis au rencart pour mauvaise gestion. S'ils étaient aussi géniaux que ça, ils seraient infaillibles. Non... On sait tous que ces canailles sortent des mêmes creusets, des mêmes sales moules que nos politiques et qu'ils ont fini par constituer une caste d'affreux potaches se protégeant mutuellement lors de grand messes rappelant la rencontre entre le Capitaine Haddock et le Capitaine Chester. 360 SMICS par mois, ces mecs bouffent autant que trois cent soixante ouvriers par mois ! Quand ils ferment un site avec 150 pauvres hères, ils n'économisent pas plus que la moitié de leur salaire en masse salariale. C'est absolument fou !
Je rebondis donc sur ce message parmis d'autres du rouge et le brun pour aborder ici la question de la valeur travail, en recyclant au passage un vieux post d'un autre forum parce que bon c'est important de rentabiliser sa production.

(beat électronique sur expérience de vie, début du flow)

Car pour le coup, il me semble que l'anecdote à suivre est susceptible d'apporter un éclairage original sur la valeur travail. Enfin, mettons, au delà des poncifs habituels sur l'étymologie du tripalium...

Mais donc bon, warning, pour comprendre ce qui va suivre on ne va pas pouvoir faire l'économie d'un peu de réglementation douanière. Il faut ici évoquer l'article 147-1 §2 du règlement (CE) 2454/1993 du 2 juillet 1993, dit dispositions d'application du code des douanes communautaire (les advanced rules du dit code) :

Lors de la déclaration d'un prix relatif à une vente précédant la dernière vente sur la base de laquelle les marchandises ont été introduites dans le territoire douanier de la Communauté, il doit être démontré à la satisfaction des autorités douanières qu'une telle vente a été conclue en vue de l'exportation vers le dit territoire.

Non attendez, partez pas, j'explique. En gros, quand on importe des marchandises, elles sont taxées sur la base de leur valeur, soit la facture se rapportant à leur dernière acquisition. Ce que dit cet article, c'est qu'on peut produire, à la place de la dernière facture, n'importe quelle facture antérieure pour peut qu'il puisse être établi que cette facturation impliquait déjà l'importation des marchandises dans la communauté européenne.

Si cet article existe, c'est pour tenir compte d'une réalité économique concrète, et à la demande de ceux qui décident de cette réalité économique. Il faut en effet savoir qu'entre le moment ou un navire prend la mer à l'exportation et celui ou il arrive a destination avec sa cargaison, il arrive que celle ci change de propriétaire. Parfois même plusieurs fois de suite. C'est particulièrement vrai s'agissant de certaines matières premières dont les cours sont très volatiles.

Donc soit un minéralier de 40 000 tonnes partant de St Pétersbourg avec un chargement d'une valeur de 100, concrétisée par une facture liant une société X à une société Y (cas tout à fait imaginaire bien entendu, jamais je ne parlerai ici d'un dossier concret qui me serai passé entre les pognes, on a suspendu des inspecteurs du travail pour moins que ça). Durant la traversée de la mer du nord, une petite bouffée de fièvre spéculative secoue les marchés. Voici que les cours de mon minerai s'envolent. Un trader malin de la la société Y saute sur l'occasion pour fourguer sa cargaison à une société Z, pour un prix final de 125.

Lors de l'importation, mon minerai est soumis à un taux de 2% de droit de douane. En vertu de l'article 147-1 §2, on peut donc retenir comme assiette de la taxe aussi bien 125 que 100.

Quel rapport avec la valeur du travail me direz vous ?

Au départ de St Petersbourg, la valeur de ma cargaison était estimée à 100. 100 représentait aussi bien la valeur des matières premières que l'amortissement des infrastructures d'excavation et, résiduellement, les salaires des pauvres russkofs qui ont travaillé à l'extraire. Ainsi, bien entendu que les bénéfices attendus par la société X, qui doit rémunérer ses actionnaires. Autant dire que, dans cette optique, le travail du russkof qui s'échine au fond de la mine ne vaut pas grand chose. C'est à dire qu'il vaut, très exactement le prix qu'on consent à verser pour sa rémunération.
Maintenant, lorsque mon trader de la société Y parvient à revendre à Z la même cargaison, on a vu qu'il il réalisait une plus value de 25%. Coût logistique de l'opération : 3 appels de portable à l'international + 2 télécopies pour les contrats. Le reste est donc du travail. Dans notre système de valeurs libérales, nous dirons que cet homme est un seigneur, un titan. En effet, sans réaliser la moindre ouvraison sur la marchandise notre trader a, par son seul travail, majoré la valeur de sa cargaison de 25%. Il peut donc légitimement escompter une rémunération à la hauteur de son travail. Et si sa rémunération astronomique devait être soumise à l'impôt sur le revenu, gageons qu'il serait scandalisé contre le prélèvement inadmissible effectué sur son argent si durement gagné.

Justement, on a vu que la valeur de notre cargaison était soumise à 2% de droits de douane. Si en vertu de l'article 147-1 §2 on retient comme valeur en douane la première facture, la valeur – c'est à dire le coût - de la cargaison passera de 100 à 102 en vertu des droits qui pèse sur elle. De la même manière, en vertu du travail spéculatif de notre trader, la même valeur de marchandise passe de 100 à 125, pour un coût total de 127 acquitté par le client final.

Regardons y de plus près.

Lorsqu'une marchandise sans subir la moindre transformation, passe d'une valeur 100 à une valeur 125, par l'action de notre trader, cette modification est considérée comme un travail. Travail d'autant plus considérable qu'il est considérablement rémunéré. Ainsi est appréciée la valeur du travail dans un environnement libéral. Dire que la modification apportée à la valeur des marchandises est un travail, signifie qu'elle est légitime parce qu'elle procède de la loi de l'offre et de la demande.

Lorsque la même marchandise, sans subir la moindre transformation, passe d'une valeur 100 à une valeur 102 par l'effet d'une taxe, cette modification est considérée, en termes libéraux, non comme un travail (quand bien même des gens travaillent à la percevoir) mais comme une ponction, un prélèvement. Que cet argent serve en dernier lieu à financer des écoles, autoroutes, hopitaux... n'entre pas en ligne de compte. Ce coût est considéré comme intrinsèquement illégitime puisque non défini par la loi du marché.

Notre trader incarne l'avant garde du monde de travail dans les pays « riches », le haut du panier de l'économie des services (dont le bas serait représenté par la martiniquaise qui passe la serpillière pour éponger le champagne renversé dans le bureau du trader). Il est le modèle vers quoi le salarié doit tendre si il veut travailler. Sinon il reste la mine, mais ça c'est bon pour les métèques du tiers monde, pas question de rémunérer décemment ce genre de travail. On observera que son action, fondamentalement est aussi parasitaire que celle du douanier percevant le résidu de taxes dérisoires déterminé par l'OMC, dont la vocation était autrefois d'éviter les distorsions de concurrence sur le coût du travail salarié entre les pays. Mais dans le corpus des valeurs libérales, seule l'action du trader est considérée légitime, puisque consacrée par le Marché. Elle correspond très exactement a ce que nous sommes amenés à considérer, de manière pavlovienne, comme la valeur travail.

Je ne prétend pas que mon point de vue soit moins dépendant d'une idéologie que celui de n'importe qui, mais justement il me semble décrire, dans le phénomène ci dessus, le prisme de ce qui constitue la normalité idéologique libérale. C'est à dire, en termes totalitaires, son objectivité.

(gestes avec les doigts rappeur style)
Ton exemple est parfait.

Tout d'abord, je considère qu'un employé qui fait gagner X M$ à la société qui l'emploie, donc à la micro-collectivité à laquelle il appartient, n'a pas tant de droit de revendiquer un pourcentage astronomique de ces gains en guise de juste rétribution. Personnellement, en tant que chef de projet, si je devais sommer sur toute une année, ce que j'ai permis à mes employeurs et mes clients d'économiser ou de gagner sous forme d'avenants aux contrats et si je devais revendiquer 5 % de cette somme je serais aujourd'hui multimillionnaire en euros. Cela ne m'est pas venu à l'esprit car je considère que mon travail s'est toujours inscrit dans une logique collective. Un trader, un chef de projet, un directeur, un chef de service ont le devoir de travailler pour la collectivité. Revendiquer une rémunération indexée sur les gains individuellement réalisés est une attitude qui s'appelle clairement de l'individualisme. Que certains s'en contentent, c'est explicitement dans l'air du temps et c'est tout à fait ce que Soral conteste.

Tu sais très bien que les salaires ne sont pas indexés sur les gains que les élites font faire à leur société. Il y a une spéculation des élites. Marianne, la semaine dernière a publié un dossier explicite sur les rémunérations des traders. Je t'invite à le lire. Il fait apparaître une anecdote assez crédible d'une équipe de trader déposant leur démission immédiate au Crédit Lyonnais avec injonction à leur employeur de s'aligner sur la proposition d'un concurrent. Et le Crédit Lyonnais a acquiescé.... Voila comment se passe la négociation salariale. Voila comment, dans ce milieu, le travail est valorisé.

Dans ce dossier, il est expliqué que les revenus des stars des bourses sont constitués majoritairement de primes qui sont reversées en fin d'année. Le record mondial appartient à un iranien britannique qui a ramassé l'an dernier 40 M€ de primes sans compter ses stock options. Ces primes sont reversées en fonction du résultat, avec une grande discrétion. C'est un état dans l'Etat. Souvent les PDG ne sont même pas consultés pour valider les enveloppes de primes. Tous les traders sont unanimes : ils sont surpayés parce qu'ils le méritent.

Mais quand ils font des erreurs, est-ce que leur société leur demande de rembourser les pertes ? Non, bien sûr que non, c'est toujours la faute de l'autre.

La spéculation sous toutes ses formes est une hypothèque de l'avenir. On en arrive à une situation où l'argent est créé ex-nihilo. Certes, les cours des matières premières servent à compenser ce phénomène. Leur prix est arbitraire et fluctuant en fonction des volumes d'échanges en bourse. Leur cotation ne veut plus rien dire, elle ne correspond même plus aux vrais lois du marché dictés par l'offre et la demande. Les producteurs compensent les variations en limitant ou en augmentant les productions.

La spéculation est un jeu sournois, c'est de la poudre aux yeux des mémères californiennes. C'est un jeu dangereux. L'histoire récente nous a montré combien l'hérésie spéculative pouvait être destructrice. Sans elle, pas de 1933.

Dernier point, sur la fiscalité des gros traders. Erreur habituelle, ces gens là, pour ce que j'en ai lu, se font payer souvent sur des comptes dans des paradis fiscaux. Au mieux ils payent la TVA.

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Viscard a écrit:
Mais qu'en sera-t-il quand les services publics feront eux mêmes l'objet de spéculation ? Quand les services publics seront globalement privatisés par des assurances et autres milices financières ? Selon ta logique, on peut voir plus loin : les libéraux pourraient effectivement et en, toute honnêteté, privatiser les services publics (santé, hopital, éducation, routes), sous couvert de légitimité de la valeur travail et faire disparaître les notions de taxes, de prélèvements pour la Nation.
l'état a un rôle simple : celui d'une pompe dans un circuit fermé. Il pompe de l'argent pour le réinjecter aussitôt dans l'économie sous forme de salaires (donc de consommation) et sous forme d'investissements.

L'état pompe de plus en plus d'argent mais investit de moins en moins. L'essentiel de cette ponction est reversée sous forme de salaires et sert à rembourser les dettes. Par ailleurs, le circuit économique tourne de moins en moins bien (il est en crise) non pas à cause de la ponction de l'état mais tout simplement parce qu'il fuit trop. L'argent ne circule plus intégralement, il est ponctionné par des piquages sur le réseau qui mènent soit vers des ballons (les gros capitaux bloqués) soit se déversent dans les villages voisins.
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Viscard
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Jeu 23 Nov 2006 - 3:14

laurent666 a écrit:
Big UP à tous les frères.

Sans remettre en question le fond de l'analyse, qui parle de la différence de perception idéologique entre la rémunération d'un spéculateur et la valeur ajoutée d'une taxe de douane, je précise avant que les sales gauchistes personnes non spécialistes des marchés débarquent en disant "Ouaih quel scandale, c'est dégueulasse, à mort la finance internationale" la chose suivante :

Le fait pour le trader de gagner du fric sur ce genre de transaction se justifie car le prix de la matière première transportée peut varier à la hausse comme à la baisse. Tout le jeu du trader est d'anticiper cette hausse ou cette baisse par un travail d'analyse financière poussée, et risquée. Si le prix de la cargaison ce casse la gueule, il trinque gravement. Le trader qui achète la cargaison à St Petersbourg et la vend à Hambourg prend donc sur lui ce risque (et l'enlève donc au producteur russe, qui voulait se débarasser de ce risque en lui vendant la cargaison), et c'est pour ça qu'il est payé par sa banque. (Bien sûr, on peut discuter de la rémunération du type, tout ça, mais faut comprendre d'abord l'intérêt du truc).


Update: Un exemple parfait de baisse de prix du gaz qui a fait perdre 6 milliards de dollars en une semaine pas plus tard que le mois dernier à des gens très riches (on ne pleure pas). http://en.wikipedia.org/wiki/Amaranth_Advisors
Ta notion de risque induit celle d'assurance. Le racket constitue la forme criminelle de l'assurance qui va se généraliser, le commerce sexuel et les drogues constituent les formes criminelles de la disctraction. Attali, dans son envolée marxiste futuriste récente, voient toutes les nations s'organiser autour de deux exigences :
- protéger, donc spéculer, et assurer,
- et puis distraire,
Se protéger et se distraire des peurs du monde que certains "traders" et autres "animateurs" contrôleront parfaitement les leviers.
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ajax
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Jeu 23 Nov 2006 - 3:28

Je continue de contester et de honnir ces gens là car ils synthétisent à eux seuls toute la saleté individualiste qui met notre société à genoux.

laurent666 a écrit:
Tout le jeu du trader est d'anticiper cette hausse ou cette baisse par un travail d'analyse financière poussée, et risquée. Si le prix de la cargaison ce casse la gueule, il trinque gravement.
Il fait quoi ? Il rembourse à son patron la différence ?

Citation :
Le trader qui achète la cargaison à St Petersbourg et la vend à Hambourg prend donc sur lui ce risque (et l'enlève donc au producteur russe, qui voulait se débarasser de ce risque en lui vendant la cargaison), et c'est pour ça qu'il est payé par sa banque.
Si je comprends bien, le trader est un indépendant qui a une responsabilité judiciaire face au travail qu'il réalise. Il est à lui seul une personne morale. Son employeur sert de caution financière à ses élucubrations personnelles. Il n'a pas de compte à lui rendre d'un point de vue professionnel et éthique. S'il ramène X M$ d'argent du crime, personne ne lui en tiendra rigueur.

Citation :
Update : Un exemple parfait de baisse de prix du gaz qui a fait perdre 6 milliards de dollars en une semaine pas plus tard que le mois dernier à des gens très riches (on ne pleure pas). http://en.wikipedia.org/wiki/Amaranth_Advisors
Génial, un hedge fund, ces fonds limite mafieux qui ont inventé la roulette russe de la bourse. "J'achèterai que si ça vaut 2 fois plus l'an prochain" est leur crédo. Je ne pleure pas une larme sur ces gens là. C'est la pire des engeances pour une personne à mi chemin entre le tertiaire (les bureaux) et le secondaire (la fabrication et la construction) comme moi.

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laurent666 a écrit:
ajax a écrit:
Génial, un hedge fund, ces fonds limite mafieux qui ont inventé la roulette russe de la bourse. "J'achèterai que si ça vaut 2 fois plus l'an prochain" est leur crédo. Je ne pleure pas une larme sur ces gens là. C'est la pire des engeances pour une personne à mi chemin entre le tertiaire (les bureaux) et le secondaire (la fabrication et la construction) comme moi.
Ah je savais bien qu'on aurait des gauchistes qui n'aime pas la finance internationale. Laughing

Et bien détrompe-toi, ajax : la pire engeance de travailleurs, c'est ceux qui travaillent dans l'industrie nucléaire. Que des salauds qui oeuvrent à la destruction de la planète, alors qu'on sait tous très bien que le nucléaire c'est très dangereux. Votez Voynet, rejoignez-nous.

Voilà, c'est un petit clin d'oeil, bien sûr, mais on pourra ouvrir un topic dédié aux marchés financiers (ou aux assurances, il y a bcp de points communs) si tu y tiens.

@ Viscard: J'ai rien compris, mais d'un autre coté, si c'est du Attali, c'est sans doute très con.
je n'ai absolument rien contre la finance internationale. Je fustige ses dérives et ses excès car, à certains égards, je les juge totalement anti-démocratiques. Je fustige également l'industrialisation outrancière (nucléaire ou non) telle qu'elle a pu être pratiquée par nos voisins soviétiques dans les années 60.

La démesure n'est excusable que dans la pensée et dans l'art.
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filantropic
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Jeu 23 Nov 2006 - 3:36

a --8<------

et a ajax

Je le dis avec des mots à moi hein..
Vous évoquez finalement une des dérives de la société post industrielle ? une forme de capitalisme autofage qui s'est substitué aux lois réelle du marché et des cheminements logiques production/valeur ajoutée . offre/demande .etc..?
Je rajouterai que malgré l'aspect hautement contestable de ces pratiques, l'économie réelle a heureusement encore de beaux jours devant elle.
Au sujet de la valeur travail, je me faisais une reflexion. Celle ci a toujours été intégré a des systemes idéologiques régulateurs telles que les religions.
Catholicisme,judaisme, protestantisme.nationalisme etc..
Je ne suis pas un spécialiste. mais ces dernieres apportaient une definition (valeur) ,une ethique ainsi que des limites.
La valeur travail actuelle si tant est qu'il y en ai encore une s'attache t elle encore a un systeme de pensée collectif ?
J'avoues que je l'ignore
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laurent666
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Jeu 23 Nov 2006 - 17:09

--8<----------- a écrit:
laurent666 a écrit:
Ouaih quel scandale, c'est dégueulasse, à mort la finance internationale
toi t'es vaiment qu'un sale gauchiste

Bien sûr mon exemple est assez extrême mais le propos n'est pas tant de fustiger la mafia des trader que de poser le problème de la création de valeur au sein de l'économie dite réelle. Une forme de propos politique assez constant à gauche et à droite consiste à fustiger les affreux marchés boursiers tout en célébrant la gentille économie réelle, qui elle serait créatrice de valeur. Et au nom de laquelle les salariés doivent accepter des sacrifices. Mais au sein de cette économie, on va trouver des sociétés d'achat revente qu'il faudra également circonscrire comme abominables. Et que dire du marché de l'immobilier ? De l'action des centrales d'achat ?

Le principe même de création de valeur en économie de marché ne consiste pas nécessairement à produire quoi que ce soit d'utile mais a dégager la plus value la plus importante entre l'acquisition d'une marchandise ou d'un service, et le produit de leur revente. La valeur du travail du responsable approvisionnement d'un équipementier automobile consiste à obtenir des commandes à moindre coût. La valeur du travail du vendeur de voiture est de caser les modèles de la gamme sur lesquels est réalisée la plus forte plus value. Lorsqu'on « rationalise » le travail pour obtenir un meilleur rendement de production des salariés, on renégocie en fait le coût de leur travail. La finalité n'est pas intrinsèquement qu'ils produisent plus (il faudra toujours trouver des débouchés à cette production) mais de réduire la valeur de leur travail (car leur salaire horaire reste constant).

Tout ce système suppose que dans tous les échelons, mais plus particulièrement dans les échelons décisionnels, ce paradigme idéologique soit bien intégré. C'est à dire que les gens agissent conformément à leur sens des responsabilités. Or précisément, l'argument qui survient invariablement pour légitimer des rémunérations parfois astronomiques qui sont octroyées n'est pas celui de la pénibilité des conditions de travail mais celui des responsabilités considérables qui incombent au décideur. Chaque décideur décide, à son niveau, de faire du système ce qu'il est. Tout le conditionnement idéologique consiste à faire que sa décision soit orientée par son sens des responsabilités. C'est à dire que son libre arbitre ne doit pas être parasité par des facteurs extérieurs du type éthique individuelle ou morale religieuse. Chose assez hallucinante dont je me suis aperçu dernièrement en discutant avec un petit wonderboy de la finance : alors même qu'il n'avait que ses responsabilités à la bouche pour justifier aussi bien de sa rémunération que son égo démesuré ("je dois prendre des décisions avec des gens qui ont de l'influence"), il se déclarait totalement irresponsable d'un point de vue éthique des conséquences de son travail (« je ne suis qu'un modeste pion »).
L'alternative pour ces gens serait de vouloir refaire le monde ou de l'accepter comme il est. Mais ils n'ont pas du tout le sentiment, du fait de leur action, du fait de leur responsabilités, de contribuer à faire du monde ce qu'il est.

C'est ici me semble t il que la question de la rémunération doit jouer un rôle considérable d'un point de vue psychologique et moral. Tous les jours ces gens font des choix, consistant le plus souvent à briser des gens en dessous d'eux, au bénéfice du capital. Si le capital choisit de rémunérer considérablement des gens dont le travail est de choisir de toujours privilégier les intérêt du capital au dépend de ceux du travail, c'est que ce choix n'est pas intrinsèquement acquis. Il s'agit d'acheter des consciences. Et cet achat n'est pas bassement matériel et corrupteur. Il constitue la mesure de l'appréciation éthique définie par le système capitaliste lui même. A l'extrême, la rémunération d'un Zaccharias n'a bien évidemment aucun sens matériel. Zaccharias voit seulement passer un chiffre sous ses yeux. Le capital qui lui est accordé en rémunération de son travail reste pour l'essentiel du capital au fond d'une banque. Mais Zaccharias à besoin de cette rémunération au nom de ses « responsabilités », c'est à dire de la compensation éthique de toutes les saloperies qu'il peut couvrir tous les jours indirectement sur les chantiers de Vinci.

Citation :
Tout le conditionnement idéologique consiste à faire que sa décision soit orientée par son sens des responsabilités. C'est à dire que son libre arbitre ne doit pas être parasité par des facteurs extérieurs du type éthique individuelle ou morale religieuse.
Ca, c'est très vrai.

C'est un mécanisme qui n'est pas nouveau (conducteur de train des convois juifs pendant WWII, petit fonctionnaire qui suit la procédure sans s'occuper des conséquences, déménageurs qui font les expulsions, employé comptable de bureau rémunérant au noir les travailleurs clandestins de son patron, cabinet de consultant qui rationalise la production, ou carrément le retournement total : le grand délocalisateur d'entreprises : "oui, mais les enfants chinois qui cousent mes tapis, si ils ne faisaient pas ça ils crèveraient de faim.")

Mon exemple personnel, c'était l'informatisation d'une branche d'une société, qui allait permettre de virer quelques personnes. Ma justification morale, c'était de me dire que c'est formidable de remplacer des gens qui font un boulot nul et chiant par des machines qui travaillent toutes seules.


"Je fais mon travail, pour les conséquences voyez le grand chef."

Le grand chef, évidemment, a aussi un chef, qui en a un aussi, ... au sommet, il n'y a personne.

Ca fait une société entièrement composées de personnes qui prennent des reponsabilités irresponsables.

L'idéologie libérale individualiste n'arrange sans doute rien à ce phénomène, même si elle n'en est pas la cause première.

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Deubeule a écrit:
--8<----------- a écrit:
152 lignes en 2 messages

Vu : pour la constitution européenne, le "plan B", c'était toi !!!


Dernière édition par le Jeu 23 Nov 2006 - 22:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Jeu 23 Nov 2006 - 18:08

Un petit apport de compréhension du monde du travail et de sa réalité aujourd'hui, encore qu'on parle ici plus de bourse que de travail; même si c'est lié et que je pense qu'elle est responsable d'une grande part des problèmes actuels.. je vous conseille un petit documentaire "clearstream expliqué à un ancien salarié de Daewoo", fait par l'équipe de lundi investigation; a trouver sur la mule par exemple.
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MessageSujet: 60 Milliards de Cadeaux Publiques aux entreprises   Jeu 25 Jan 2007 - 19:55

Osiris a écrit:
Chevillette a écrit:
60 Milliards de Cadeaux Publiques aux entreprises

Aux fervents défenseurs du modéle néo-libéral et de l'aide aux PME, je dédie ces deux articles (suite aux déclarations du Figaro affraid ) concernant le montant de l'Aides Publiques allouée aux entreprises évaluée à 65 Milliards d'Euros:

http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=2454

http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/archive/2007/01/24/j-espere-au-moins-qu-apres-ca-eric-le-boucher-va-un-peu-ferm.html

P.S: Vous remarquerez que rien ici n'est de la faute ni aux immigrés, ni à une quelconque pression communautaire ! Enjoy !

J'ai écouté à la radio ce matin. Cela dit les PME-PMI-TPE françaises ne sont pas les plus grandes bénéficiaires de ces subventions (loin de là), mais ce serait plutôt les grandes multinationales. Or les petites entreprises françaises réclament moins de fiscalité et non des subventions, pour se développer et se pérenniser. Et on ne peut pas le leur reprocher quand on examine la durée de vie d'une petite société en France...
Faut-il rappeler que ce système d'aides a été mise en place par la gauche pour éviter à nos grandes multinationales de sombrer sous le poids de la fiscalité ?!!!

La théorie de la gauche, c'était de faire de gigantesques groupes maqués au pouvoir et sauvés du fisc par des aides. La taille était censée donner de la performance, erreur quand on voit que les économiques performantes sont à base de multiplication des PME.

Et si vous prenez l'ancien responsable du MEDF, il n'a jamais cessé de clamer un arrêt de ces aides contre une baisse de la fiscalité pour TOUTES les entreprises, quelles que soient leur taille.

Bref, ces aides sont la marque de l'étatisme socialiste en matière économique du passage de la gauche au pouvoir et de la lâcheté de la droite à n'y avoir jamais mis d'ordre. Certainement pas la marque d'un ordre libéral et "de patrons". A la rigeur, c'est un témoignage de l'existence d'un puissant etablishment mélant "grands patrons" et politique, rien de plus.

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Sebsebforce a écrit:
Il n'y a aucune subvention utile. Dès qu'on rentre dans ce système on crée plus de désequilibres qu'on en supprime. Laissons les gens bosser et créer dans un cadre juste. C'est con, non ?

Pour ce qui est de l'opposition droite/gauche, je rappelle qu'elle n'existe pas. Depuis 1995, l'Etat est tout aussi présent et interventioniste là où il ne faut pas, que pendant le règne socialiste. Bizarrement, on a l'impression que ce même Etat ne peut contrôler son économie. Mais cela vient sans doute de l'absence de vision et cohérence.

Pour ce qui est de l'éducation, du RMI ou de la santé, bien sûr qu'ils doivent être rentables ET efficaces. On ne dépense pas dans ces secteurs et aides pour la beauté du geste, ce serait d'une stupidité sans nom. Ce qui est le cas d'ailleurs !

Résultats de cette gabegie : des RMistes qui restent dans l'exclusion, des sur-diplômés sur des voies de garage côtoient des sous-diplômés sur des voies de garages, un système de santé qui ne satisfait ni ceux qui y travaille, ni les patients.

Dire que cela coûterait au moins 10 fois d'argent de construire des logements sociaux pour les SDF et de nourrir les gens des restos du coeur. On enlèverait les deux plus grosses épines de notre pays (sans parler du reste). Il faut croire que cette misère et cette ambiance arrangent bien.
Invité a écrit:
c'est flou quand même ces chiffres, qui en bénéficie ? grosses boites ? PME PMI ? c'est compté dans le budget de l'état ? sous quel titre ? dans le budget des localités ? c'est la même chose ? c'était combien avant ? pourquoi on avait pas les chiffres avant ? à chaud, je dirais que ça prouve une chose : la france n'est absolument pas compétitive, tout contribuable paye des impots pour ne pas perdre son job (ou celui de son voisin)...c'est hallucinant ! est-ce que les cadeaux fiscaux fait aux investissements étrangers sont compté dedant ? si oui, dire que la france est attractive, c'est cacher le fait que la france est une p**e...(et que tous ceux qui disent que c'est géniale, la france, parce que ils veulent tous y venir, sont des macs..)


Dernière édition par le Jeu 25 Jan 2007 - 20:14, édité 1 fois
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filantropic
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Jeu 25 Jan 2007 - 20:11

Ces chiffres me laissent indifférents et sceptiques. Il n'ont qu'une seule vocation : le spectacle. C'est de la pure démagogie. Balancer XX milliards de dépenses de l'Etat vis-à-vis des entreprises n'ont strictement aucun sens si on ne les intègre pas dans l'équation complète.Ils laissent entendre que ces sommes ne sont que pure perte, ce qui est ridicule a mon sens.

Déjà question simple, combien est ce que cela rapporte ? Non, parce qu'un euro investit dans l'économie, quelque que soit l'acteur qui dépense (etat, banque,..) a une rentabilité. Qu'elle soit forte ou faible , efficace ou moins, au regard de ces résultats OK, on peut juger. Autrement dit chaque dépense est a mettre en corrélation avec les investissements qu'elle a généré,aux nombres d'emplois qu'elle a créé etc...

Maintenant des abus il y en aura toujours.ils ne sont pas majoritaires, bien heureusement. Personnellement, qu'une institution publique (régions,état) donne un coup de pouce au patron de PMI qui a un besoin crucial en recherche et développement, une exonération partielle au jeune boucher du coin qui a des besoins en personnel ou une chômeuse qui souhaite ouvrir sa boutique de fleurs, Cela ne me choque pas du tout bien au contraire.

Et puis cet amalgame récurrent entre petits patrons et grands capitalistes dans cette vision gauchiste préhistorique. C'est folklorique, mais faudrait tout de même que l'on réussisse, un jour dans ce pays ,à sortir de ces clivages stéréotypés. Donc , de qui parle t on ? De quelques patrons "voyous" ? prédateurs capitalistes qui exploitent les failles du système pour s'engraisser ? ou de la grande majorité de gens qui tentent de vivre honorablement de le leur métier en faisant tourner laborieusement leur bouclard ?

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Chevillette a écrit:
Citation :
Déjà question simple, combien est ce que cela rapporte ? Non, parce qu'un euro investit dans l'économie, quelque que soit l'acteur qui dépense (etat, banque,..) a une rentabilité.
Quelle est cette vision néo-libérale et frelatée de la dépense publique ? Une école est-elle rentable ? Le RMI est-il rentable ? La solidarité Nationale versée par l'intermédiaire des prélévements obligatoires à ceux qui en ont besoin n'a pas à être rentable !

Citation :
Autrement dit chaque dépense est a mettre en corrélation avec les investissements qu'elle a généré,aux nombres d'emplois qu'elle a créé etc..
Justement, en l'absence de tout contrôle de l'Etat (notamment sous Chirac/Sarkozy), on voit ce que çà donne. 5 Millions de chomeurs, des profits record du CAC 40, des délocalisations à tour de bras et aucune redistribution ni aucune civisme de la part des entreprises.

Citation :
Maintenant des abus il y en aura toujours.ils ne sont pas majoritaires, bien heureusement.
Applique tu la même tolérance vis-à-vis des rmistes et immigrés ?

Citation :
Personnellement, qu'une institution publique (régions,état) donne un coup de pouce au patron de PMI qui a un besoin crucial en recherche et développement, une exonération partielle au jeune boucher du coin qui a des besoins en personnel ou une chômeuse qui souhaite ouvrir sa boutique de fleurs, Cela ne me choque pas du tout bien au contraire.
Personnellement, je ne vois pas pourquoi mes impôts partirait dans les poches d'un inconnu sur qui ne pése aucun contrôle et aucune obligation de civisme...

Citation :
Et puis cet amalgame récurrent entre petits patrons et grands capitalistes dans cette vision gauchiste préhistorique. C'est folklorique, mais faudrait tout de même que l'on réussisse, un jour dans ce pays ,à sortir de ces clivages stéréotypés.
Je n'arrive pas à comprendre comment vous pouvez croire à une conception économique aussi érronnée. Les PME/PMI ne sont que les fournisseurs des grands groupes et marchent cul et chemise avec eux. Elles ont seulement moins d'argent et de pouvoir. Mais dés qu'elles le peuvent, elles se comportent pareil ! D'ailleurs, dans les stade ultime du capitalisme et plus généralement dans les pays anglo-saxon, il n'y a plus de PME, elle sont toutes rachetées un jour ou l'autre, ou elles disparaissent faute de rentabilité. C'est d'ailleurs ce qui va arriver en France...

Citation :
Quelle est cette vision néo-libérale et frelatée de la dépense publique ? Une école est-elle rentable? Le RMI est-il rentable ? La solidarité Nationale versée par l'intermédiaire des prélévements obligatoires à ceux qui en ont besoin n'a pas à être rentable!
Ce genre de raccourci et de remarques t’appartiennent. En revanche tu me fais dire ce que je n’ai pas dit.

filantropic a écrit:
parce qu'un euro investit dans l'économie
Ai je évoqué le secteur de la santé ? L’éducation ? ou la redistribution sociale ? allons s’il te plait pas de mauvaise foi. Pour ta vanne sur les rmistes et les immigrés, je ne relève même pas.

chevillette a écrit:
filantropic a écrit:
Autrement dit chaque dépense est a mettre en corrélation avec les investissements qu'elle a généré,aux nombres d'emplois qu'elle a créé etc...
Justement, en l'absence de tout contrôle de l'Etat (notamment sous Chirac/Sarkozy), on voit ce que çà donne. 5 Millions de chomeurs, des profits record du CAC 40, des délocalisations à tour de bras et aucune redistribution ni aucune civisme de la part des entreprises.
Mais j’abonde dans ton sens. Ca fait parti des choses qu’il faut dénoncer et réguler. Quitte à remettre en question les choses de façon profondes comme l’évoque Murat dans le post précédent. Arretons ces aides et baissons la fiscalité de toutes les entreprises, non ? On retire la jambe de bois et on coupe l’autre ?

chevillette a écrit:
filantropic a écrit:
Personnellement, qu'une institution publique (régions,état) donne un coup de pouce au patron de PMI qui a un besoin crucial en recherche et développement, une exonération partielle au jeune boucher du coin qui a des besoins en personnel ou une chômeuse qui souhaite ouvrir sa boutique de fleurs, Cela ne me choque pas du tout bien au contraire.
Personnellement, je ne vois pas pourquoi mes impôts partirait dans les poches d'un inconnu sur qui ne pése aucun contrôle et aucune obligation de civisme...
As tu tout de même noté qu’il n’y aucune entreprise du CAC40 dans mon exemple ? On ne parle pas de la même économie. Sans posture nostalgique particulière, j’évoque les acteurs d’une économie réelle , ancrée localement, que l’on aide à avoir les moyens de sa subsistance. J’évoque une économie d’artisans, d’agriculteurs, de petits patrons qui, quoique tu en penses, fait tourner ce pays et tu rétorques CAC40 en voyant des sous traitants partout.(dont je ne minimise pas l’existence par ailleurs)

Alors oui l’état interventionniste a parfaitement sa place pour réguler et protéger cette micro économie riche et variée que je respecte et qui peut être un rempart face à la globalisation. La France n’a jamais été un grand pays industriel au regard de son voisin allemand. Alors que reste t il ? « L’art de vivre à la française » ? Une aire touristique dédiée au repos des grands guerriers capitalistes de la mondialisation ? Ca serait çà la spécialisation de la France en europe pr les décennies à venir ? Le moins possible pour moi...

chevillette a écrit:
Je n'arrive pas à comprendre comment vous pouvez croire à une conception économique aussi érronnée.
Le prolo que je suis a évidemment de grosses lacunes en économie mais je dirai plus humblement et respectueusement que nous n’avons pas la même opinion « camarade ». En tout cas pour avoir eu la chance de fréquenter assidûment les chambres de commerces et diverses organisations professionnelles et patronales, j’y ai croisé quelques cons , mais aussi énormément de gens courageux, inventifs et qui sont bien loin de certaines caricatures idéologiques qu’on tente de leur attribuer.

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Chevillette a écrit:
Citation :
Le prolo que je suis a évidemment de grosses lacunes en économie mais je dirai plus humblement et respectueusement que nous n’avons pas la même opinion « camarade ». En tout cas pour avoir eu la chance de fréquenter assidûment les chambres de commerces et diverses organisations professionnelles et patronales, j’y ai croisé quelques cons , mais aussi énormément de gens courageux, inventifs et qui sont bien loin de certaines caricatures idéologiques qu’on tente de leur attribuer.
Tu m'excuseras de ne pas avoir une vision "affective" des choses concernant les pauvres artisans ou patrons...qui me semblent quand même moins à plaindre que les SDF ou les précaires ! Et dire que le pays pourrait se recentrer et vivre des PME/PMI est un mensonge ! La loi doit être la même pour tout le monde et être appliquée. Et je ne vois pas comment tu peux faire quoi que ce soit pour les entreprises et surtout les français en baissant la fiscalité ! Il y aura encore plus de chomage et de profit pour les actionnaires. La situation actuelle est le fruit de la libéralisation massive de ces derniéres années et à la gabegie des entreprises profitant des absences de contrôles tolérés par l'Etât (Stages, CDD..etc). Et tu voudrais baisser la fiscalité.. (comme Sarko et le MEDEF ??) Soyons sérieux !

Citation :
(...) une vision "affective" (...) Soyons sérieux!
Ok, vas y encore un peu dans la condescendance j’ai le dos large. Pas de problème. Suis un populo on se refait pas. Abruti Je prends le risque d’une certaine mauvaise foi et j’espère que cela sera la dernière. Si on va au fond des choses le problème n’est pas si compliqué et tu risque de le comprendre. J’utilise ici des informations publiques et disponibles sur ce forum.
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Sujet: Sociologie du forumeux 31/12/2006, 14:12
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- rev.nets mensuels déclarés : environ 1100 €
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2 CSP différentes l'une appartenant au monde des professions culturelles et l'autre de la production. Donc si tu me dis que jamais, par le fruit de ton travail, tu n’as bénéficié directement ou même très indirectement d’investissements ou de protection publics dans un secteur d’activité comme le tien, je te répondrai tu es La perle rare (chapeau bas)… ou tu es un menteur… Or

chevillette a écrit:
Personnellement, je ne vois pas pourquoi mes impôts partirait dans les poches d'un inconnu sur qui ne pése aucun contrôle et aucune obligation de civisme...
chevillette a écrit:
La loi doit être la même pour tout le monde et être appliquée.
Alors, peux tu maintenant m’expliquer pourquoi la catégorie sociale et professionnelle a laquelle Tu appartiens, qui globalement est encore sous l’impulsion d’un volontarisme d’état , refuserai de ce même état qu’il vienne en aide à une autre catégorie sociale et professionnelle (artisans,agriculteurs, chomeurs...) qui souhaite simplement s’émanciper économiquement ?? La sacro sainte « exception culturelle française » ??? Ou de façon plus imagée... En quoi tu peux ici affirmer que les mecs qui bossent a préparer des petits fours et du champagne aux membres de ta catégorie sociale dans des restaurants branchés de la capitale ou d’ailleurs se verrait refuser des aides et subventions au même titre que n'importe quel secteur de la production culturelle ?

En conclusion.Je suis ouvert au débat et à toutes les idées tant qu'elles apportent de l'eau au moulin du redressement de l'économie nationale. Tu nous vends un discours progressiste de gauche, c’est tout à ton honneur. Mais tu nous vends aussi en sous main une société sociale libérale à deux vitesses qui protège objectivement tes intérêts de classe.va au fond des choses chevillette,assume toi comme bourgeois et vote ségolène si çà te te branche...

Alors oui je suis de mauvaise foi,j'assume. Je ne prétend détenir aucune vérité sur quoique ce soit.Je peux avoir même souvent tort. Mais par pitié arrête cette condescendance scienpotarde et fait honneur à un débat ouvert sans chercher à assener du haut de ta tour d'ivoire. C'est dit. La parenthèse est close pour moi. Navré par avance de t'avoir heurté.
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Sam 3 Fév 2007 - 4:07

Chevillette a écrit:
Le chômage est voulu et planifié : le NAIRU

Au cours des 30 dernières années, le chômage de masse est devenu une constante de notre société. Toutes les explications ont été données, les discours les plus divers se sont succédés. Aujourd'hui, le chômage est toujours là, massif, quasi-constant. Si par ailleurs on ne se limite pas aux chiffres officiels sur lesquels l'attention se focalise car largement martelés dans les médias, mais que l'on y ajoute le "halo" autour du chômage (sous-emploi et mal-emploi subis, emplois artificiels et sous rémunérés, travailleurs pauvres et précaires, baisse artificielle des chiffres par affectation à des catégories annexes -formations, pré-retraites, dispensés de recherche d'emplois, etc. ), on peut atteindre des chiffres de l'ordre de 7 millions de personnes, pour reprendre le chiffre du rapport Guaino de 1997 (Chômage, le cas français). A l'époque, le congédiement immédiat de son auteur et la mise sous embargo de ce rapport montrèrent à quel point le sujet était politiquement sensible. Trop de chômage visible pouvant faire perdre les élections. Mais trop peu risquant aussi de poser problème, car...

> ...toutes les explications disais-je? Pourtant, il en est une qui n'est jamais parvenue jusqu'aux oreilles du grand public: le NAIRU.

> Le Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment (NAIRU) est le taux de chômage minimum qui n'accélère pas l'inflation. C'est un concept très présent dans les travaux des économistes. Ses traductions françaises sont bien moins parlantes que sa version anglo-saxonne: taux de chômage d'équilibre (rare) ou taux de chômage structurel (plus courant, bein que rarement explicité)

> Le concept est issu des travaux d'un économiste: en 1958, William Phillips montre qu'historiquement, on observe une relation inverse entre augmentations salariales et chômage. Quand l'emploi se fait rare, les salariés sont sous pression et modèrent leurs vélléités. La menace du chômage rend plus docile... C'est ce que semble montrer la Courbe de Phillips

> La découverte fait florès, les travaux se succèdent. En 1968, Milton Friedman, économiste monétariste (libéral), introduit le Taux de Chômage Naturel. Il y aurait dans la société un taux de chômage en dessous duquel les gouvernements ne devraient pas essayer de descendre, car alors, leurs efforts seraient vains et ne conduiraient qu'à relancer l'inflation. Trop peu de chômage serait mauvais pour la lutte contre l'inflation...

> Le NAIRU est introduit en 1975 par Lucas Papademos et Franco Modigliani. Il vise à priori à nuancer la brutalité du "mur de Friedman". A un niveau élevé, on pourrait lutter contre le chômage, mais en se rapprochant du NAIRU, les risques augmenteraient de voir l'inflation se relancer. Problème: où se situe le NAIRU? Les économistes sont bien incapables de le calculer avec précision! Pourtant, ils ne se privent pas de l'utiliser régulièrement...

> Dans les années 60 et surtout 70, les profits des entreprises sont érodés par une inflation qui augmente et un rapport de force en leur défaveur (encore accru après les mouvements sociaux posts 68). Les détenteurs de patrimoines et les prêteurs de capitaux sont pénalisés par une inflation à deux chiffres. L'offensive du courant économiste libéral (à partir de la fin des années 60) va arriver à point nommé pour renverser la vapeur.

> Le NAIRU et le chômage qui l'accompagnent vont devenir une variable d'ajustement permettant de faire pression sur les conditions du marché du travail. Celui-ci redevient globalement défavorable aux salariés en même temps que le chômage augmente, en particulier au cours des années 80 et 90. En 20 ans, la part de la richesse nationale qui revient aux salariés recule en France de 10% par rapport à celle allant aux détenteur de capitaux. Les conflits du travail (grèves principalement) diminuent de 86% en 20 ans. Le chômage et la précarité créent de la peur et modifient les termes de la négociation employeurs-salariés. Sur la même période, l'inflation officielle a chuté considérablement... pendant que le chômage augmentait non moins considérablement!

> Le NAIRU est aujourd'hui extrêmement utilisé. Sur Google, tapez NAIRU et vous obtiendrez plus de 170 000 pages. Allez sur le site du Sénat, et vous y trouverez en effectuant une recherche plusieurs dizaines de documents utilisant ce concept. L'Organisme de Coopération et de Développement Economique (OCDE) qui est une institution éminemment influente de par ses recommandations économiques, réalise de nombreuses estimations du NAIRU. Sur le site de la Banque Centrale Européenne (BCE), gardienne de l'Euro, pas moins de 200 documents avec ce terme vous seront servis. Normal car la BCE a pour UNIQUE OBJECTIF la lutte contre l'inflation (c'est défini dans ses statuts). Selon l'OCDE et et BCE, le taux de chômage qui stabilise l'inflation en Europe serait aujourd'hui de l'ordre de 10%... En 1997, les NAIRU estimés pour chaque pays pouvaient être considérables (jusque 19% de la population active en Espagne!)

>> ET POURTANT, EN AVEZ VOUS DEJA ENTENDU PARLER?

> L'essor au cours de la dernière décennie de la sphère financière a renforcé l'obsession de la lutte contre l'inflation. Les profits financiers sont allergiques à l'inflation, car celle-ci érode la valeur de l'argent... de ceux qui en détiennent beaucoup!

> Ceci explique notamment que le NAIRU soit un concept aussi présent dans les travaux et les recommandations des économistes, surtout lorsque ceux-ci exercent des fonctions importantes au sein d'établissements financiers privés...

> Le chômage est toujours présenté comme un "Fléau", un "Cancer", contre lequel tous jurent de mener combat. L'emploi est la priorité du gouvernement, cela fait des décennies que nous entendons cela. Mais un phénomène aussi durable et massif dans le temps ne peut exister sans un choix délibéré. L'explication selon laquelle le problème serait un manque de croissance est fallacieuse. Celle qui vise actuellement à stigmatiser les chômeurs en les rendant en quelque sorte responsable de leur sort est cynique... En laissant supposer que le chômeur est un fraudeur et un profiteur, on renverse la charge de la preuve et on fait diversion en dédouanant le système de toute responsabilité, et encore plus de toute intentionalité.

> La régulation de l'économie par l'inflation a été remplacée par une régulation par raréfaction de l'emploi. La croissance potentielle visée par la BCE inclut dès le départ l'hypothèse d'un taux de chômage supérieur au NAIRU. Le volant statistique de chômeurs correspondant au NAIRU est dès le départ exclu, il est considéré comme "non mobilisable" puisque priorité va à la lutte contre l'inflation.

> Le chômage un Fléau? Sans doute pour ceux qui le vivent ainsi que pour les salariés qui en ressentent la pression. Mais cette enquête sur le NAIRU montre que le chômage est avant tout un outil de pression sur le marché du travail. Un chômeur travaille pour ainsi dire, et à son insu, à tirer l'inflation vers le bas. L'utilisation opérationnelle du NAIRU lui attibue au moins ce rôle, sans le lui reconnaître officiellement bien sûr. Car le NAIRU n'est pas vraiment politiquement correct. Ce qui explique sans doute son absence du débat public qui contraste singulièrement avec son omniprésence dans les travaux des économistes.

> Affirmer que le chômage est voulu et planifié est sans doute "hérétique". Pourtant, les indices réunis ici constituent un faisceau de preuves très dense et cohérent. Par ailleurs, quand c'est un des créateurs du concept de NAIRU, prix Nobel d'Economie, qui le déclare et le dénonce, c'est qu'il y a sans doute quelque vérité dans cette hérésie. Ceci implique certainement un changement radical de nos représentations et l'impératif de demander des comptes à nos dirigeants et représentants ainsi qu'à ceux qui les conseillent et orientent leurs politiques.

En savoir plus :

- http://lenairu.blogspot.com
- http://lenairu.free.fr
- http://linflation.free.fr
Merci pour ces informations. N'empêche qu'on le savait plus ou moins consciemment, sans pouvoir le nommer. Bien sûr que le chômage est une donnée artificielle et négligeable pour l'économie, une autre invention moderne quoi.

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Tatave a écrit:
Incontinent et dyarréique. Seb c’est aussi l’éléphant dans le magasin de porcelaine. Chevillette se casse le troufignon et l’autre lourdingue qui la ramène sur quatre lignes…
Bienvenue au club des parasites ! (euh, je n'ose pas te demander ton avis puisque tu t'es auto-proclamé flic du forum)

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ajax a écrit:
Dans la vie, on apprend que tout est affaire de compromis. En politique économique on voit que rien n'est affaire de compromis, il faut tirer soit tout à gauche soit tout à droite..... Etrange pour des gens qui sont censés être nos élites.....
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Dim 4 Fév 2007 - 7:39

Il faut voir les choses de facon realiste , enfin du moins d essayer, pour les 1 pourcents de gens les plus riches qui controlent l economie , le chomage , tant qu il reste dans une fourchette qui ne menace pas l ordre social , est plus une donnee negligeable qu autre chose. Maintenant si on regarde au niveau des employeurs un peu moins riche , c est quasiment une aubaine , cela leur permet de mettre la pression sur les salaires et de gagner plus d argent .

Quant a l inflation , ca emmerde tout le monde de toute maniere , sauf peut etre les 1 pourcents de gens assez riches pour se permettre de profiter de toutes les situations imaginables .

Pour ce qui est des employes et des chomeurs , oui , le chomage est une vraie saloperie , personne n a reellement envie de se retrouver a rien faire , mais souvent entre rien faire et se ruiner la sante pour un salaire de misere , le choix est vite fait . Bref , augmenter les salaires , cela permettrait sans doute de lutter contre le chomage , mais cela creerait sans doute beaucoup d inflation , ce qui apres une courte echeance , ramenerait sans doute la situation au meme point , des salaires de miseres pour des jobs qui vous ruinent la sante .

Je ne vois pour ainsi dire aucune solution au chomage dans un libre marche du travail . Et encore , je partais de l hypothese qu il y a assez de jobs merdiques pour tout le monde , mais c est sans doute faux . Ma conviction est que la soi disante crise est structurelle , on a de toute facon pas besoin de tous les prolos pour produire encore et toujours plus , grace aux miracles de la robotique , de l informatique et autres derives psychiatriques .

La seule solution pour le prolo comme moi, c est de se resigner , ou bien a trouver un meilleur boulot que les autres vous envieront et maintenir l espoir que je pourrai leguer un patrimoine correct a ma descendance .
Ou bien a trouver un boulot de merde qui reduira mon esperance de vie considerablement , et noyer mon chagrin dans l alcool et autres psychotropes en esperant que mes enfants ne viendront pas cracher sur ma tombe .
Voir a sacrifier mes aspirations a une vie confortable et tranquille sur l autel de la lutte contre l economie liberale via le terrorisme ou le militantisme radical .
Ou encore , aller pointer a mon agence de chomage et ne pas me preoccuper de cette foutue economie debridee qui detruit l environnement , jusqu au jour ou mes droits a survivre seront menaces et ou je serai oblige de reccourir a la manifestation pour faire valoir mon droit lol!

Donc en gros , je partages ton point de vue , mais je n ai pas l impression qu un homme politique qui veut lutter contre le chomage ou du moins pretendre le faire soit autre chose qu un demagogue ou un naif , tant qu il ne s oppose pas a l economie liberale .

Enfin je dis tout ca , mais pour moi l ideal ca serait d octroyer un salaire public a tous les citoyens , pour le simple fait que tous les citoyens devraient etre libre de faire des choix en dehors de ce que l economie leur impose , y compris le choix de ne rien foutre , ou d attendre de trouver un job valorisant , ou encore de mener toute autre activite non lucrative ( comme mener une reflexion sur les moyens a mettre en oeuvre pour lutter contre le rechauffement climatique , ou sur les meilleures facon de rendre une societe democratique , par exemple, ou pourquoi pas de reparer le mobylette a momo gratos contre deux canettes de bieres ) .

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filantropic a écrit:
Sujet très intéressant. Le NAIRU représente donc le prolongement moderne,la variable "technique" de ce que Marx expliquait au sujet de l'armée industrielle de réserve au XIXème siècle, comme composante nécessaire au fonctionnement du capitalisme.

En complément de ce sujet :

A propos de l'armée de réserve...
Pourtant un employeur europeen vous fera remarquer que dans un pays ultra liberal comme les Etats-Unis ou le Royaume-unis , il n y a que 5% de chomeurs. Alors que faut il en penser ? Y a-t-il vraiment autant de jobs merdiques disponibles la-bas ? Est-ce vraiment necessaire pour la collectivite de pousser les masses vers ce genre de jobs ? Ou est ce que ca ne sert pas plutot ceux qui controlent le systeme (enfin ca serait plus correct de dire , ceux qui essayent de le controler , parceque le socialisme n est pas encore mort a ce que je saches ).

Le liberalisme economique est tellement intriquement lie a la notion meme de democratie, dans l esprit de beaucoup de gens j ai l impression.
( via ce genre de film http://www.sonypictures.com/movies/thepursuitofhappyness/ , l histoire vrai d un clodo qui devient millionaire , bon ok tant mieux pour lui mais si un clodo sur un million devient millionaire , ca ne change pas bcp la condition de ceux qui restent dans la merde). La ou je veux en venir , c est qu on ne fait pas assez le lien dans les debats politiques , entre misere et precarite et liberalisme economique.

Ha oui , j oubliais , c est la faute aux socialistes en fait si les gens sont des assistes , et qu ils ne veulent pas travailler plus pour gagner plus, et les pauvres multimillionaires qui ne demandent qu a leur donner de meilleures salaires , mais qu on les taxes tellement qu ils en sont deprime de voir les riches americains gagner beaucoup plus que eux et qu ils ne sont meme plus d humeur a engager des gens ici Violons

Bon , parlons en serieusementdu systeme economique , je crois que le NAIRU est un bon point de depart. Quel est votre positionnement a vous , vis a vis de tout cela ? Et si on essayait de sortir des stereotypes du genre FN-LCR sont les seules solutions ?( moi je suis belge et j emerges au parti socialiste).
Parceque apres tout, on est tous concernes.

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Murat a écrit:
Deux points à retenir sur le thème :

- Comme le dit Chevillette, mais pas assez clairement, la BCE, globalement l'Union Européenne derrière, favorise une stabilité monétaire et une forte monnaie en vue de privilégier le capital sur le travail. Ils bâtissent une Europe de rentiers coupée de ses identités, les deux vont ensembles.

- Un point que tout le monde omet, l'immigration est pour beaucoup dans la hausse des écarts riches/pauves, elle importe en France, des écarts que l'on constate à l'échelle de la planète et joue son rôle de dumping social sur les ouvriers (non sur les autres classes).
Chômage & immigration... je fais le rapport car je hiérarchise la valeur des habitants sur des critères ethniques (bah oui, l'égalité très peu pour moi).
Murat tu dis : "Un point que tout le monde omet, l'immigration est pour beaucoup dans la hausse des écarts riches/pauves, elle importe en France, des écarts que l'on constate à l'échelle de la planète et joue son rôle de dumping social sur les ouvriers (non sur les autres classes)."

C est sans doute indeniable que chaque vague de travailleur bon marche qui arrive dans un pays , poussent les salaires par le bas .
Mais je ne suis pas sur que de fermer les frontieres comme le souhaite l extreme-droite , aurait une impacte positive sur l economie et la repartition des richesses.

Enormement de pays d Afrique du nord et de pays europeens emergents ont des taux de chomage bien plus importants que ceux qu ont trouve en France ou en Allemagne .

Il faudrait peut-etre donc apporter des solutions qui depassent le cadre europeen et qui amene a une meilleure repartition des richesses , entre le "centre" et la "peripherie" .

Je ne vois pas tres bien comment on pourrait se permettre un repli sur nous meme , en stoppant toute immigration et toute cooperation au devellopement , sans contribuer a un accroissement encore plus grand des disparites .

Je suis certain qu il y ait moyen d apporter des solutions aux problemes de la precarite et de l inegalite, mais je n ai sans doute pas les competences pour les formuler ou les appliquer tout seul .

C est sans doute la le probleme , l individu a plus facile a profiter du systeme et favoriser une inegalite de la repartition des richesses , dans sa vie quotidienne ( en acceptant de travailler pour un salaire minable ou en emplyant des gens pour un salaire minable par exemple ) que d apporter par lui meme des solutions concretes qui depassent le cadre des archetypes ideologiques .

Bref , comme le dit Ajax , la politique est affaire de compromis , et si on continue a se satisfaire du spectacle politique comme se satisfont les supporters d un match de foot , il y a beaucoup a craindre que cela se termine mal .
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Chevillette
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Lun 5 Fév 2007 - 1:45

Osiris a écrit:
Chevillette a écrit:
Je crois qu'avant toute chose, il faut cesser le dogme de la stabilité et de l'inflation zéro proné par la BCE! Il faudrait prévoir un encadrement des décisions de la BCE pour orienter ces actions vers du social, des projets. Par ailleurs, je suis favorable à un protectionnisme européen:

http://www.protectionnisme.eu/

Gaffe tu deviens de plus en plus patriote, çà pourrait être dangereux pour ta santé mentale. Wink
Suspect
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Citation :
Foutu regionaliste francais , tu vois pas qu on parle entre gens serieux ici
Oui d'autant qu'être patriote, vouloir des solutions pour son pays est un peu plus complexe que "La France aux français"...

Citation :
Tout a fait Chevillette , la Bce n a pas enormement d utilite tant qu elle se borne a maintenir la stabilite economique a tout prix. Mais bon , la Bce n a que les pouvoirs qu on lui donne.
La BCE n'a de compte à rendre à personne et c'est bien là le problême. Elle n'est pas responsable devant la commission, le parlement, et encore moins le pouvoir politique national de chaque pays. Cette institution devrait faire l'objet d'un contrôle démocratique (les membres sont d'ailleurs "nommés" de maniére opaque..), et avoir des objectifs économiques et sociaux plus bénéfiques que la stabilité de l'inflation qui sert les interêts d'une poignée de capitalistes... Il faut réfléchir à un controle démocratique plus important pour la prospérité économique européenne et le social !
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Frederic Velours
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MessageSujet: Quand il ne restera plus que McDo et Disney...   Sam 2 Juin 2007 - 8:03

Après Arena, le fabricant de maillots de bain à Libourne (Gironde), voici le tour de Jallatte, dans le Gard, à délocaliser vers ces "paradis "à la main d'oeuvre "bon marché" qu'ils disent. Il ne resterait plus que nos bons macdos importés pour nous consoler en regardant la Une? Pour l'instant il y a Roland Garros, les "vacances" qui arrivent, la fête des mères, des pères, bientôt des frères et des soeurs. Mais cela ne dure qu'un temps...

Paru dans un quotidien du soir: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-917731@51-880212,0.html

La délocalisation de Jallatte provoque des débordements

SAINT-HIPPOLYTE-DU-FORT (Gard)

"On s'est fait voler la Coupe du monde par eux. On va nous enlever le peu qui nous reste !", lâche Thierry Boniel, ouvrier de 51 ans chez Jallatte, le leader européen de la chaussure de sécurité. "Eux" ? C'est évidemment les Italiens. En particulier, Giovanni Falco, le PDG du groupe JAL, propriétaire de la marque, qui a annoncé, mercredi 30 mai, aux salariés de Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard) la délocalisation de leur usine et celle d'Alès (Gard) vers la Tunisie, entraînant la suppression de 285 emplois, soit 85 % des effectifs du groupe en France.


A cette annonce, les salariés ont séquestré pendant quatre heures M. Falco ainsi que trois autres dirigeants de Jallatte. Geste de furie pour tenter de les faire reculer, de leur arracher quelques emplois. Le jeudi matin, à l'usine, il n'y a pas que l'odeur rance de la colle qui irrite. Les ouvriers sont écoeurés et se résignent. M. Boniel, trente-sept ans de maison, se demande ce qu'il va devenir. Son épouse travaille dans l'entreprise, son frère aussi. Un cousin également. Ici, la plupart des 150 salariés sont dans la chaussure depuis près de trente ans, dévoués à cette belle usine, un fort construit par Vauban, faite de pierres blanches. Moyenne d'âge : 52 ans. Salaire : 980 euros net par mois, sans les primes de productions.

Colère mais aussi incompréhension. Car les salariés se demandent pourquoi une telle délocalisation. L'usine a augmenté sa productivité, passant de 2 250 à 2 700 paires fabriquées par jour en trois ans. Selon Jean-François Anton, délégué syndical CGT, quarante et un ans de maison, les ventes ont augmenté de 12 % en 2006. En 2003, Jallatte se fait racheter par le fonds d'investissement anglo-saxon CVC Capital Partners qui a acquis, au même moment, son principal concurrent italien, Almar. Deux ans plus tard, JAL (181 millions d'euros de chiffre d'affaires) est revendu à des banques américaines : Bank of America et Goldman Sachs. "Le groupe veut plus de rentabilité", affirme M. Anton. "Non !, rétorque M. Falco. Si on délocalise en Tunisie, c'est pour sauver la marque. Ce n'est pas une blague." Le groupe a en effet affiché une perte de 7 millions d'euros en 2006 et, selon nos informations, Jallatte (34 millions de chiffres d'affaires) affiche une perte de 1 million d'euros.

"DÉPARTEMENT SINISTRÉ"

Un des sous-préfets du Gard, Alain Mancini, a demandé la suspension du plan social. Réponse négative de la direction. Mais il a obtenu une table ronde entre salariés, élus, dirigeants et services de l'Etat avec en tête le préfet du Gard, Dominique Bellion. Elle s'est tenue jeudi. JAL s'est engagé à communiquer l'ensemble de ses comptes et un audit précis de l'entreprise doit être réalisé par un cabinet privé et par l'Etat.

Le 25 juin, le plan social devrait commencer. "On a trois semaines pour trouver des solutions, explique Damien Alary, président du conseil général (PS). C'est scandaleux ce qu'il se passe." Car dans ce coin de France, autour du Vigan, l'industrie est quasi morte. Well est en train de supprimer 300 emplois, les pianos Pleyel une cinquantaine de postes. "On est un département sinistré", ajoute M. Alary. Le taux de chômage y est le plus élevé de France (12,3 %), et le département est le deuxième en nombre d'allocataires au RMI (26 000)... Et "Saint-Hippo" (3 604 habitants) perd son plus gros employeur et sa taxe professionnelle à 200 000 euros.

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Lono a écrit:
Frederic Velours a écrit:
"Le groupe veut plus de rentabilité", affirme M. Anton. "Non !, rétorque M. Falco. Si on délocalise en Tunisie, c'est pour sauver la marque. Ce n'est pas une blague." Le groupe a en effet affiché une perte de 7 millions d'euros en 2006 et, selon nos informations, Jallatte (34 millions de chiffres d'affaires) affiche une perte de 1 million d'euros.
Tout est là, si c'est effectivement le cas, il n'y a rien de choquant la dedans.
De toute façon la faillite de l'entreprise mettrait tout le monde dehors.

Si c'est faux et que l'entreprise a enregistré des bénéfices, qu'on les brulent vifs! warning
Si on délocalise en Tunisie, c'est pour sauver la marque, dit M. FALCO. On a affaire à un capitalisme humain, à n'en pas douter, qui ne pratique que les saines mesures qui s'imposent. Je crois que c'est ce genre de discours qui cache l'essentiel des mécanismes qui ont conduit aux chiffres annoncés qui fait que le système tient encore, et, je dirais, si bien... Jusqu'à quand ?

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Le père peinard a écrit:
Citation :
Je crois que c'est ce genre de discours qui cache l'essentiel des mécanismes qui ont conduit aux chiffres annoncés qui fait que le système tient encore, et, je dirais, si bien... Jusqu'à quand ?
Parfaitement, il ne s'agit plus trop de savoir si la mesure était vraiment inévitable ou pas. C'est de faire comprendre qu'il ne faut plus accepter le mécanisme libéral qui permet aux entreprises de délocaliser. De faire comprendre que maintenant, la vie des travailleurs n'est plus prise comme une manipulation de pion sur un échiquier économique.
Quand on pense à tous les savoirs-faire que notre pays a mis au point depuis des lustres et qui sont PIQUES par l'étranger, avec la bénédiction du patronat français, c'est indécent. Maintenant c'est les Chinois qui fabriqueront les pianos Pleyel, la marque sur laquelle jouait CHOPIN (1810-1849). Tout le monde sait que la Chine a une très grande tradition dans le domaine du piano ! L'autre jour c'était une usine High Tech, Alcatel-Lucent, en Bretagne, qui annonçait des licenciements chez les cadres: eh, dame, des ingénieurs chinois avaient été formés dans l'usine et, une fois repartis chez eux, ils avaient été capables de refaire ce qu'ils avaient appris en France, avec la bénédiction de l'entreprise d'accueil. Alors on n'a qu'à tout brader. C'est pour quand le retour des friches sur l'ensemble du territoire "national" ?

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Colonel Jul a écrit:
Des friches qui permetteront la construction de lotissements de villas et de résidences secondaires pour bobos et autres riches à vomir, voyons! Fred, tu ne comprends vraiment rien à l'économie!
Eh oui ! France à deux ? Que dis-je, deux ? France à x vitesses ! Et moi qui habite le Var, notre journal local "Var matin", qui pourtant est surtout spécialisé dans le suivi de Cécilia à Saint-Trop incognito, ou dans les potins mooondains sur les projets de Cécilia pour une piscine à Brégançon, Var matin disais-je, avait publié, pour une fois, un "bon" article : comment se logent les jeunes travailleurs "pauvres" (genre employés à Super U, ou employés de boulangerie....) dans l'arrière-pays tropézien (triangle Saint-Trop-Fréjus-Fayence). Où l'on y découvrait que beaucoup vivaient dans des mobil-homes, été COMME hiver (fait "bon" sur la Côte en hiver!), et que d'autres pratiquaient la...colocation. Bref, tu imagines chez toi un couple qui débarque: ah, çà, on partage les frais! Mais ça se termine en bagarre, et on partage les coûts et...les coups! Immanquablement! Voir l'excellentissime film culte "Petits meurtres entre amis". Et encore ce film ne posait pas la question sociale. J'ai entendu parler de manifestations de jeunes Bretons pauvres où, là-bas aussi, l'effet Côte d'Azur se fait ressentir. Bon, on vote pour qui dimanche déjà ?
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Frederic Velours
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MessageSujet: Promesses à gogo, promesses pour gogos: parachutes dorés.   Mer 20 Juin 2007 - 20:56

Chers tous,
Pour se convaincre à quel point le gouvernement actuel ne va pas changer quoi que ce soit dans la vie politique et sociale de ce pays, je crois que le mieux est encore de reprendre cet édito d'un quotidien du soir, qui, hier, vendait la mèche, en petits caractères, mais qui concerne des espèces bien sonnantes et trébuchantes, à savoir les parachutes dorés des PDG des grosses entreprises.
Je crois que des fois le mieux est juste de laisser la parole aux laudateurs du système tellement ça montre la coupure entre eux et nous.
En substance, vous allez le voir, le Président renonce finalement à supprimer les parachutes dorés. Ils vont juste être "moralisés". Etonnant non?
Frédéric Velours, alias Péguy.



Parachutes encore dorés.


Le projet de loi "travail, emploi et pouvoir d'achat", qui doit être présenté mercredi 20 juin en conseil des ministres, comporte deux types de mesures : certaines concernent la politique sociale et fiscale, d'autres la gouvernance des entreprises. Parmi les premières, les exonérations des heures supplémentaires, le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier, la suppression des droits de succession pour les conjoints, le bouclier fiscal ramené à 50 %, les réductions d'ISF en cas d'investissement dans les PME, l'extension du revenu de solidarité active. Un patchwork de mesures destiné à provoquer un "choc" dans l'opinion.


Le deuxième type de mesures n'a, lui, pas grand-chose à voir avec le sujet. Il s'agit d'encadrer les stock-options et de moraliser les parachutes dorés que perçoivent certains dirigeants d'entreprise. Une pratique qui a provoqué une polémique dans plusieurs pays et qui a rebondi en France avec les récents départs, particulièrement lucratifs, de Noël Forgeard (EADS), Laurence Danon (Le Printemps) et Antoine Zacharias (Vinci).

La tâche du gouvernement n'était pas facile. Nicolas Sarkozy, qui voulait interdire les parachutes dorés, a dû renoncer. Il se serait toujours trouvé une filiale, placée sous des cieux plus cléments, pour accorder à un cadre dirigeant ce que sa maison mère française se voyait interdire. Le nouveau texte instaure trois nouveautés : le conseil d'administration doit lier l'attribution des rémunérations différées à des critères de performance ; ces dispositions doivent être soumises de manière distincte à l'assemblée générale des actionnaires, alors qu'elles étaient jusqu'à présent noyées au milieu d'autres résolutions ; lors du départ du dirigeant, le conseil devra justifier le versement des primes au regard des dispositions arrêtées auparavant.

C'est une avancée. En donnant plus de poids aux actionnaires et en obligeant les administrateurs à justifier les décisions, ce texte devrait permettre d'éviter les recours judiciaires a posteriori. Il en va ainsi en Grande-Bretagne, où les actionnaires sont davantage associés aux politiques de rémunération des dirigeants.

Mais il ne faut pas se faire d'illusion : les parachutes dorés ne vont pas disparaître. Pourtant, même dans les milieux patronaux, des voix s'élèvent pour condamner cette pratique. Un PDG, mandataire social, est par définition révocable à tout moment. Sa rémunération, extrêmement élevée, s'explique en partie par cette précarité supposée. Il est difficile de défendre en plus une forme d'assurance tous risques supplémentaire.

Pour sa part, le gouvernement, qui a peu de prise sur les groupes privés, pourrait au moins donner l'exemple en n'accordant pas de parachutes dorés aux dirigeants d'entreprise dont il détient une part significative du capital.
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Le Bon Docteur
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MessageSujet: Le déclassement des anciens notables   Jeu 28 Juin 2007 - 23:12

Bibi Clemenceau a écrit:
Gustave Flourens a écrit:
Il n'y a pas que dans les cités où les agents de police sont insultés. Il y a aussi les étudiants qui contestent systématiquement la note de leurs enseignants contraints de négocier. Il y a encore les patients qui discutent les diagnostics des médecins obligés non plus seulement d'expliquer, mais de justifier, voire de débattre avec ces consommateurs qui ont vu sur internet ou à la télévision les traitements qu'il leur faut...

Professeurs, Médecins... les notables d'hier souffrent aujourd'hui d'un manque de reconnaissance et de confiance. Voilà où mènent le refus de la hiérarchie, l'égalitarisme, le relativisme qui nient que l'éthique du délinquant ne soit pas la même que celle du gendarme, que les connaissances du professeur ne soient pas les mêmes que celles de leurs élèves, qu'un tableau de la Renaissance n'ait pas la même valeur artistique qu'un clip de rap, que l'avis du médecin ne soit pas égal à celle du patient.

Peut être que ces anciennes élites se sont elles-mêmes dévalorisées par leur propre médiocrité, mais que valent les nouvelles élites ? Que valent les acteurs fils à papas, les chanteurs de rap qui « baisent la France », les joueurs de foot et tous ces courageux artistes engagés qui militent contre... le SIDA ?
Si toutes les professions dont tu parles n'etaient pas rempli de minables, ce que tous le monde peut constater jour apres jour, peut etre que les gens auraient plus de respect.

" Ethique " voila quelques choses que tes chers professeurs, flicailles, juge et autres Dr Benichou devraient reapprendre effectivement, parce que sinon effectivement on a tout de suite envie d'egalitarisme et de relativisme si tu vois ce que je veux dire.
Ben les nouvelles élites sont forcément pires que les anciennes. C'est une sorte de mouvement "naturel", de marche du cycle cosmique, pour ceux que ça intéresse.

Plus sérieusement, ce qui est dommage, c'est que ça discrédite l'élitisme quand on te présente à chaque fois des pseudos élites, en dessous de tout. Ce qui fait qu'à chaque fois, on jettera le bébé avec l'eau du bain. Ca marche à tous les coups. Il n'y a qu'à voir la démocratisation de la musique qui est une calamité et qui fait passer les musiciens classiques, excellents, cultivés, très riches artistiquement pour des blaireaux. Alors que le drogué de base qui fait beaucoup de bruit insupportable avec sa guitare désaccordée, en y mêlant un peu de bien-pensance révolutionnaire de gôche sera le nouveau Mozart. C'est insupportable.

Les étudiants, c'est un peu autre chose. Ils sont jeunes, donc (un peu) cons et depuis Dany le rouge, on leur a dit qu'ils avaient raison de crier haut et fort leur inconsistance. Il leur faut des repères à ces petits cons, ça les rassurera. (Je signale à l'assistance que moi aussi, je fus jeune...)

Autre chose : faire la révolution pour virer les pourris et mettre des plus pourris qu'eux à la place, à la longue, c'est un peu déprimant...

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Tatave a écrit:
Gustave Flourens a écrit:
Il y a aussi les étudiants qui contestent systématiquement la note de leurs enseignants contraints de négocier.
Tout à fait d'accord avec le camarade Gustave. C'est encore, là, le reflet de toute bonne république bananière qui se respecte. Il n'y a plus qu'à graisser la patte auxdits enseignants...
scratch

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Le Major a écrit:
et c'est là que je persiste et signe tout ne pourra changer que par une prise de conscience radicale de l'éducation, avec une vision à long terme. Transformer nos enfants rois consommateurs en enfants curieux et cadrés dans une autorité bienveillante.
Exactement ! Deux trois baffes dans la gueule avec le bon discours qui va bien et la France repart. A la Bayrou les gars! On va pas se laisser emmerder par des petits cons! Laughing

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Le Major a écrit:
Sauver la France par la baffe et la baffe sauvera la France !
on tient le bon bout....je veux bien me proposer pour donner les cours de baffes, si certains sont intéressés....je pratique le fouet et la cravache en prime !

Citation :
je pratique le fouet et la cravache en prime !
Là tu vas un peu loin. Je parlais de la baffe citoyenne, fraternelle, égalitaire ! geek

----------------------------------------
Le Major a écrit:
OK alors je retire ma cravache et mon fouet que je réserverai à mes moments éperdus, gardons la bonne baffe citoyenne...
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MessageSujet: Dérapage syndical   Mer 19 Sep 2007 - 20:21

Extrait d'un tract Cgt trouvé sur mon lieu de travail:

"...les nons syndiqués profitent des luttes des syndiqués, de quel droit, en somme ils sont les parasites du monde du travail..."

Phrase, parait il tiré d'un discours de Jaurés, qui sert définitivement de caution à toutes les laideurs de notre époque (Sarkozy, Torreton etc...)

Est ce ainsi que la Cgt compte retrouvé un poil d'impact, est ce ainsi qu'elle tente de reformer une conscience ouvrieriste?
Inutile de vous dire que le tract en question deplait a quasiment tout le monde, Fo et la Cfdt se sont immediatement désolidarisés du propos, surtout que la Cgt n'a pas craché sur les nons syndiqués (ses parasites) lors d'une gréve trés importante qui avait eu lieu il y'a 2 ans (quand le Pdg de Carrefour s'etait barré avec la caisse)
Je n'insiste meme pas sur le mepris absolu avec lequel les Cegetistes considerent les interimaires (mepris que l'on ne retrouve pas chez les autres syndicats)

Ce sujet se veut une exploration des délegations syndicales au taf(surtout dans le privé), à quoi servent elles concretement? Sont elles dans le "réel"? Est ce une habitude que les cegetistes se comportent comme des fils de chien?
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Mer 3 Oct 2007 - 22:37

Tiens ! cette histoire de NAIRU est ressorti par JMLP a propos de DSK cette semaine (cf site du FN)
Citation :
mardi 02 octobre 2007
Une « réforme » du FMI ? Le dissoudre !

Communiqué de presse de Jean-Marie LE PEN

Le FMI, institution obsolète et moribonde, a choisi comme directeur Dominique Strauss-Kahn. Celui-ci s’est dit « déterminé à engager sans tarder les réformes dont le FMI a besoin pour mettre la stabilité financière au service des peuples en favorisant la croissance et l'emploi ». On mesure le cynisme du propos lorsqu’on sait que ce politicien a enseigné au contraire, à Sciences Po, les vertus du concept monétariste scélérat du NAIRU (le taux de « chômage minimum », éventuellement très élevé, qui stabilise l’inflation), que la BCE applique aussi, méthodiquement, dans sa politique monétaire.
Je ne cite pas la suite, on se doute bien que le FN est hostile au FMI.
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Ven 2 Nov 2007 - 22:32

Invité a écrit:
louisbx a écrit:
Molodoi a écrit:
La dernière livraison de la revue Eléments ( disponible en kiosque) est des plus intéréssantes. Le dossier est consacré à l'histoire du mouvement socialiste avec des articles sur la Commune, l'Abarchie, Passolini. Un trés bon texte d'Alain de Benoist sur les élections présidentielles offre une analyse trés juste des enjeux de notre époque.
Et selon vous, depuis quand la gauche ne défend plus le peuple ?
C'est quoi la gauche ? Rolling Eyes
Blah blah

Molodoi a écrit:
La dernière livraison de la revue Eléments ( disponible en kiosque) est des plus intéréssantes. Le dossier est consacré à l'histoire du mouvement socialiste avec des articles sur la Commune, l'Anarchie, Passolini. Un trés bon texte d'Alain de Benoist sur les élections présidentielles offre une analyse trés juste des enjeux de notre époque.

Excellent numéro en effet ! S'agissant des articles sur la Commune, il y a surtout _ mais l'ami Molodoï est trop modeste pour le dire ! Laughing _ un bel et fraternel hommage rendu aux communards, dont l'histoire est restituée dans ses grands traits, par deux rédacteurs de Rébellion, dont Louis Alexandre qui, on s'en souvient, clôtura les travaux de l'UDT d'ER !

Je retiens aussi le superbe portrait de Pasolini, tout en nuances et en sensibilté, que dresse François Bousquet. L'occasion de découvrir ce cinéaste, mais aussi ce poète italien, homosexuel décadent à mille lieues des petits marquis gays, qui, devant le consumérisme triomphant, devint, de gauchiste antifasciste qu'il était, un exigeant défenseur du peuple italien, dont l'âme était plus que jamais entamée par la marchandisation généralisée (seul "fascisme" véritablement efficace)...

Hors dossier, il y a un intéressant entretien avec le mystérieux écrivain (et géopoliticien, ou plutôt "géopoète") Jean Parvulesco. Il porte sur son étrange parcours, et sur son dernier ouvrage, non moins étrange, dont voici le résumé.

---------------------------------
Simplicius a écrit:
NeoN a écrit:
Effectivement, ce numéro est véritablement passionnant. Le texte sur la Commune de Paris m'a ouvert les yeux sur le versant "patriotique" de ce moment de l'Histoire. Pris en otage et récupéré par une frange de la gauche ; celle-ci s'est bien gardée de dévoiler l'amour que les Communards avaient de la Patrie.
L'analyse de de Benoist et tout simplement magistrale. Il est à noter qu'elle reprend en partie, avec des mots plus choisis ainsi qu'une grille conceptuelle plus dense, l'analyse critique qu'en fait aussi Alain Soral.

A lire et à relire donc...
Pour le prix d'un paquet de clopes tu repars avec plein de cartouches... rabbit
>Pour trouver Eléments près de chez vous
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MessageSujet: La prostitution et le salariat...   Mar 6 Nov 2007 - 11:34

Je me suis souvent posé la question suivante : est-ce que être salarié équivaut, dans certains cas à une forme de prostitution ?

Je dirais que oui. En effet travailler comme manoeuvre, par exemple, c'est faire commerce de son corps, il n'y a que l'aspect sexuel qui diffère finalement. Certains diront que ça fait toute la différence. Je ne le crois pas car il n'y pas de différence entre le sexe et le corps les deux ne font qu'un.

Pourquoi je me suis posé cette question? A l'heure où le racolage est interdit sur la voie publique, les prostitués sont mises à l'index, obligées pour certaines d'aller TRAVAILLER à l'étranger, comme en Belgique par exemple. J'ai trouvé là une injustice flagrante. Si nous mettions les prostitués sur le même rang que les autres travailleurs nous ne pourrions accepter cet état de fait. Sommes nous plusieurs à avoir le même avis ?

----------------------------------------------------------

MAGGLE a écrit:
Plutôt que de faire la comparaison avec la prostitution, on pourrait déjà la faire avec l'esclavage.

Et je ne suis pas loin de penser que du salariat à l'esclavage et d'un salariat à l'autre, au final, seul la longueur de la chaine diverge.

Ce qui ne veut pas dire pour autant que les combats pour augmenter la longueur de la chaine soient inutiles. Mais on peut aussi se poser la question de ce qu'on fait de la longueur de chaine gagnée.

Question subsidiaire : La longueur de la chaine de la prostituée se rapproche-t'elle plus de de celle de l'esclave ou de celle du travailleur ? Et dans quelle mesure ? En tenant compte bien sur de ce qui a amené la prostituée à se prostituer.
Vraiment bien la métaphore. Je ne peux qu'être d'accord avec toi ! Concernant la réponse à la question subsidiaire je n'ai pas de réponse. Je pense que ça doit dépendre des individus.
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MessageSujet: Pute et soumise?   Mar 6 Nov 2007 - 11:59

Voici un article qui apportera (j'espère) l'eau au moulin de ton thread:
Citation :

Le "libre choix" en Allemagne : accepter de se prostituer ou perdre son allocation de chômage ?

En septembre 2002, j’écrivais ceci dans le texte « Bientôt des proxénètes et des bordels subventionnés ? »

« Dans quelques années, le gouvernement du Canada émettra-t-il des permis autorisant à vendre le corps et la sexualité humaine sous certaines conditions ? Créera-t-il un programme de subventions pour soutenir les bordels et le proxénétisme, maillon de l’économie qui lui échappe ?

« Et verrons-nous ce genre de petite annonce dans tous les journaux : " Proxénète offre emploi à jeunes et jolies filles. Âge maximum : 21 ans. Fonction : dispenser des services sexuels. Bonnes conditions : horaire de travail souple, taux horaire intéressant, protection, assurance, fonds de pension, etc... " ?

« Et des fonctionnaires de l’assurance emploi ou de la sécurité du revenu refuseront-ils des prestations à des jeunes femmes en chômage en invoquant des « débouchés » dans les bordels de la région, de la province, du pays, et même du monde, mobilité oblige ?

« Et la Cour suprême du Canada donnera-t-elle raison à un "employeur" qui veut obliger une femme ou un homme à se prostituer en alléguant que le client a le droit d’avoir des services ? »

Il s’en est trouvé, chez les chantres de la prostitution-métier-comme-un-autre, pour dire que j’étais démagogue, que j’exagérais, que cela ne se passait pas ainsi dans les pays qui avaient légalisé la prostitution, que je voulais "faire peur au monde" afin de servir ma cause ( la prostitution n’est pas un métier, mais un système d’exploitation et une institution patriarcale qui broie les femmes et est contraire aux droits humains). Bref, je fabulais et je manquais de mesure, selon certaines.

Eh bien, si la situation rapportée par The Telegraph est fidèle, ce serait déjà le cas en Allemagne.

Ce sera peut-être un jour le cas pour les femmes canadiennes si la prostitution est décriminalisée au Canada. Il serait peut-être temps de faire savoir qu’on ne veut pas cela ici. Après tout, c’est toute la société qui est concernée par la modification des lois dans ce domaine. Micheline Carrier

*****

"Si vous n’acceptez pas de vous prostituer, nous supprimerons vos allocations", par Clare Chapman

Une serveuse de 25 ans ayant refusé un emploi qui consistait à fournir des "services sexuels" dans un bordel de Berlin pourrait se voir refuser le versement de ses allocations de chômage à cause de lois votées cette année.

La prostitution a été légalisée en Allemagne, il y a un peu plus de deux ans, et les propriétaires de bordels - qui doivent payer des impôts et l’assurance santé à leurs employées - ont été autorisés à consulter les bases de données officielles de demandeurs d’emplois.

La serveuse, une professionnelle des technologies de l’information sans emploi, avait mentionné qu’elle était prête à travailler dans un bar de nuit et qu’elle avait déjà travaillé dans un café.

Elle a reçu une lettre de l’agence pour l’emploi lui disant qu’un employeur potentiel était intéressé par son "profil" et qu’elle devrait le contacter. Ce n’est que lorsque cette femme - dont l’identité n’a pas été révélée pour des raisons légales - a appelé l’employeur en question qu’elle a constaté qu’elle avait un directeur de bordel au bout du fil.

Depuis les réformes sociales en Allemagne, une femme de moins de 55 ans qui a été sans emploi depuis plus d’un an peut être forcée à prendre un poste vacant - y compris dans l’industrie du sexe - sous peine de perdre ses allocations de chômage. Le taux de chômage dans ce pays est en augmentation depuis onze mois et a atteint la barre des 4,5 millions le mois dernier, amenant le nombre de chômeuses et de chômeurs à son apogée, depuis la réunification en 1990.

Le gouvernement avait envisagé de placer les bordels en dehors des employeurs potentiels sur la base de considérations morales, mais il a finalement décidé qu’il serait trop difficile de les distinguer des bars. En conséquence, les agences pour l’emploi doivent traiter les employeurs à la recherche d’une prostituée de la même manière que ceux cherchant une infirmière dentaire.

Quand la serveuse a entamé une procédure judiciaire à l’encontre de l’agence pour l’emploi, elle s’est rendue compte que celle-ci n’avait pas enfreint la loi. Une agence qui ne pénalise pas les personnes qui refusent un emploi en leur supprimant leurs allocations peut faire face à des procès de la part de l’employeur potentiel.

"Il n’y a rien dans la loi qui empêche les femmes d’être envoyées dans l’industrie du sexe", nous dit Merchthild Garweg, une avocate de Hambourg spécialisée dans de telles affaires. "Le nouveau règlement établit que, désormais, il n’est plus immoral de travailler dans l’industrie du sexe, et en conséquence on ne peut plus refuser aucune offre sans prendre le risque de se voir supprimer ses allocations".

Mme Garweg explique que des femmes ayant travaillé auparavant dans des centres d’appels se sont vues proposer des postes pour des téléphones "roses". Dans une agence de la ville de Gotha, on a dit à une femme de 23 ans qu’elle devait se présenter à un entretien d’embauche pour "poser nue" et devrait ensuite revenir à l’agence pour faire un compte rendu de cet entretien. Les employeurs de l’industrie du sexe peuvent aussi poser leurs propres annonces dans les agences, une nouveauté entrée en vigueur ce mois-ci. Une agence qui refuse d’accepter l’annonce peut être poursuivie.

Tatiana Ulyanova, qui possède un bordel dans le centre de Berlin, a consulté la base de données de son agence locale afin de trouver de nouvelles recrues.

"Pourquoi ne pourrais-je pas chercher de nouvelles employées dans une agence pour l’emploi alors que je paie des impôts comme tout le monde ?" demande Mme Ulyanova.

Ulrich Kueperkoch voulait ouvrir un bordel à Goerlitz, dans l’ex-Allemagne de l’Est, mais l’agence locale retira son annonce demandant douze prostituées en affirmant qu’il lui serait impossible de les trouver.

M. Kueperkoch répondit alors qu’il était sûr de la demande pour un tel établissement dans la région, et qu’il envisageait de demander compensation auprès des plus hautes autorités. La prostitution a été légalisée en Allemagne, en 2002, par le gouvernement qui pensait ainsi mieux combattre le trafic de femmes et couper les liens avec les organisations criminelles.

Mme Garweg estime que les pressions sur les agences pour l’emploi afin qu’elles fournissent des "employées" auront bientôt pour effet de les pousser à supprimer les allocations de celles qui refuseront de se prostituer.

"Elles sont déjé préparées à orienter des femmes vers des emplois liés aux services sexuels, mais qui ne sont pas considérés comme de la prostitution", nous dit Mme Garweg.

"Maintenant que la prostitution n’est plus considérée par la loi comme immorale, il n’y a plus que la bonne volonté des agences qui peut les empêcher d’orienter les femmes vers des emplois qu’elles ne veulent pas prendre".



La source de l'article au complet: http://sisyphe.org/article.php3?id_article=1571
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JOHN
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Mar 6 Nov 2007 - 13:07

Dans un sens voisin au sujet de ce fil, Cioran (1911-1995) dit dans Entretiens, p50 (Entretien 1979) :

« Il y a sans doute quelque chose d'indécent à s'exhiber, mais au moment où vous écrivez, vous ne vous exhibez pas. Vous êtes seul avec vous-même. Et vous ne pensez pas que ce sera publié un jour. Au moment où vous écrivez, il n'y a que vous avec vous-même, ou vous avec Dieu, même si vous êtes incroyant. C'est ça, à mon avis, vraiment, l'acte d'écrire, un acte d'immense solitude. L'écrivain n'a de sens que dans ces conditions-là. Ce que vous faites par la suite, c'est de la prostitution. Mais à partir du moment où vous avez accepté d'exister, vous devez accepter la prostitution. Pour moi, tout type qui ne se suicide pas, il est prostitué, dans un certain sens. Il y a des degrés de prostitution. Mais il est évident que tout acte participe du trottoir. »
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Mar 6 Nov 2007 - 14:51

John Nada a écrit:
Le Major a écrit:
et comment appelle-t-on une pute qui ne se fait pas payer ?
Une copine cauchoise (les Cauchois ont le verbe direct) me disait : "La vraie pute, c'est pas celle qui fait payer, c'est celle qui paie." (Ce qui ne répond pas à ta question, Major. La réponse c'est "épouse", non ?)

En ce qui me concerne, l'esclavage, c'est de ne pas être salarié.
Que tu sois salariée, c'est-à-dire employée, ou pas, ne t'empêche pas d'être quand même une travailleuse...

-----------------------------------------------------

John Nada a écrit:
MAGGLE a écrit:
Que tu sois salariée, c'est à dire employée ou pas ne t'empêche pas d'être quand même une travailleuse...
Certainement, mais en quoi le fait de travailler me protège-t-il de l'esclavage ?
(Relatif, hein, je ne suis pas en train de me comparer aux esclaves de l'Antiquité ou aux serfs indiens à Dubai, faut pas déconner tout de même.)
Cela dit il y a dans le travail précaire une dimension servile indéniable.
Ca ne t'en protège pas, ça t'allonge la chaine. Ca peut te permettre de partir en vacances par exemple. Mais si tu décides d'y rester plus longtemps que prévu, tu perds en même temps le travail qui te permettait de partir en vacances. T'as beau être toujours en vacances, tes chaines se sont raccourcies de nouveau et tu finis tôt ou tard par le sentir.

---------------------------------------------------------------

John Nada a écrit:
MAGGLE a écrit:
Ca ne t'en protège pas, ça t'allonge la chaine. Ca peut te permettre de partir en vacances par exemple. Mais si tu décides d'y rester plus longtemps que prévu, tu perds en même temps le travail qui te permettait de partir en vacances. T'as beau être toujours en vacances, tes chaines se sont raccourcies de nouveau et tu finis tôt ou tard par le sentir.
C'est pas faux, mais dans la réalité je suis très rarement partie en vacances depuis que j'ai commencé ce type de boulot (bientôt vingt ans). Quand je pars j'emporte toujours du travail. Je suis en fait tout le temps au travail et tout le temps en vacances, comme tu dis. Ça se gère, ce n'est pas ce qu'il y a de plus difficile.

Ce qui est difficile, c'est l'angoisse économique inhérente à ce genre de vie. Et la façon dont certains commanditaires du travail profitent de la situation. Ça peut aller très loin, c'est surtout dans cette perspective que je parle d'esclavage, plus précisément d'enchaînement.
parano

-----------------------------------------------------

Lestat a écrit:
Colonel Jul a écrit:
Le Major a écrit:
et comment appelle-t-on une pute qui ne se fait pas payer ?
Une gourde!
Tu rigoles ? On l'appelle une sainte !
Z'y êtes pas les gars, on l'appelle Le Major... Hé
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Mer 7 Nov 2007 - 3:00

Bebert a écrit:
Gérard Miller a écrit:
laurent666 a écrit:
KERGO a écrit:
Je me suis souvent posé la question suivante : est-ce que être salarié équivaut, dans certains cas à une forme de prostitution ?
J'irais plus loin : le salariat, c'est l'équivalent du nazisme. L'entreprise est un camp de travail, si tu t'y comportes mal, t'es viré : c'est la mort sociale, le gazage économique. Les patrons sont donc les successeurs du Troisième Reich. C'est vraiment affreux.

(Et la SNCF, c'est les successeurs des conducteurs de convois de la mort qui t'amènent au camp de travail. Heureusement des fois ils font grève, mais Sarko-le-Hitler-en-chef va remettre un peu d'ordre fasciste et de discipline pour que ça gaze tous les jours. D'ailleurs Sarko a été élu comme Hitler, c'est un signe qui ne trompe pas).
C'est la thématique foireuse et même pas inédite du film "la question humaine" avec Mathieu Amalric. Au passage, j'ai rarement vu un film aussi chiant et aussi prétentieux. Amalric mérite des claques.
Ce film était casse-couilles ennuyeux ; Amalric, avec ses yeux de veau, était soporiphique ; surtout, à part quelques moments, le sujet (parallèle langage désincarné de l'entreprise/langage désincarné de la mise en oeuvre du judéocide) n'est pas traité.

Citation :
le sujet (parallèle langage désincarné de l'entreprise/langage désincarné de la mise en oeuvre du judéocide) n'est pas traité.
Il semble exister un parallèle lointain entre ce film et le bouquin "souffrance en france" de christophe dejours. L'ouvrage vise à répondre à la question : "pourquoi certains consentent-ils à subir une souffrance que d’autres consentent à infliger?". Il compare, entre autres et sur la base des travaux d'arendt, la position du cadre chargé de préparer une charrette de licenciements à l’exercice du travail au sein du système nazi. L'idée c'est que dans ces deux situations il y a une souffrance consciemment occasionnée à autrui, que la virilité est un levier indispensable pour accepter de participer au système et consentir à infliger une souffrance sans perdre la raison et que face à la peur, les stratégies collectives de défense concrétisées dans le "cynisme viril" présentent les mêmes caractéristiques structurelles dans la Légion Etrangère, chez les ouvriers du bâtiment ou chez les cadres des entreprises...
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Mer 7 Nov 2007 - 15:52

laurent666 a écrit:
L'entreprise est un camp de travail, si tu t'y comportes mal, t'es viré : c'est la mort sociale, le gazage économique.
Ouais ! Sauf que dans un vrai « camp de travail », on te « vire » pas…

D’où l’attrait de la fonction publique… (selon tous les derniers sondages, près de 90 % des jeunes voudraient devenir fonctionnaire…)

laurent666 a écrit:
L'entreprise est un camp de travail, si tu t'y comportes mal, t'es viré : c'est la mort sociale, le gazage économique.
Pour paraphraser, on pourrait donc ajouter (qu’en comparaison à « l’entreprise », ou du secteur privé) :
La fonction publique est un camp de repos… (même) si tu t’y comportes « mal », t’es (quasiment) invirable… c’est la (bonne) planque sociale, avec pas mal daventages ("acquis")… la sécurité économique…

laurent666 a écrit:
J'irais plus loin : le salariat, c'est l'équivalent du nazisme.

L'entreprise est un camp de travail, si tu t'y comportes mal, t'es viré : c'est la mort sociale, le gazage économique.

Les patrons sont donc les successeurs du Troisième Reich.
Ouais !... Mais y a quand même quelques différences… (à cette comparaison.)

La comparaison (entre le monde de « l’entreprise » avec une société comme celle du très vilain Troisième Reich) me semblerait un peu plus appropriée comme suit :

Dans les systèmes totalitaires, les opposants (ou autres « inadaptés » « sociaux ») sont envoyés dans des camps… (pour des séjours plus ou moins longs ou définitifs…)

Dans un système (plus ou moins) "démocratique" (ou plus ou moins « ultra-libéral »), les inadaptés sociaux économiques sont envoyés (crever) à la rue… **

Est-ce que ce dernier système (celui dans lequel nous « vivons ») est le mieux placé pour s'ériger en donneur de leçons de morale (à longueur de temps) envers le nazisme National socialisme ?… (un peu moins envers le communisme, mais ça commence à venir aussi.)

Bah ! c’est bien connu… au moins l’avantage de s’ériger en perpétuel donneur de leçons de moral, c’est de pouvoir se donner bonne conscience à bon compte… (et surtout d’interdire d’éviter toute auto-critique sérieuse... ou de faire oublier ses propres tares…) Mettre constamment en avant les crimes de tel ou tel régime, ça offre l'aventage de se laisser une bonne marge...

** Mais, c’est bien connu, dans la propagande à l’école (et à la télé) on t’la déjà assez pavlo-conditionné répété comme ça : on a quand même fait des progrès !… On est (quand même) en "démocratie" !... oui ou merde !?... Et puis, comme tous les autres (sales) cons de (gôchos de) ton genre, de tous ceux qui sont (de plus en plus) à la rue, toi tu t’en fou !... puisque t’y es pas !… (du moins pas encore.)

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Dernière édition par le Mer 7 Nov 2007 - 19:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Mer 7 Nov 2007 - 23:37

laurent666 a écrit:
KERGO a écrit:
laurent666 a écrit:
KERGO a écrit:
Je me suis souvent posé la question suivante : est-ce que être salarié équivaut, dans certains cas à une forme de prostitution?
J'irais plus loin : le salariat, c'est l'équivalent du nazisme. (...)
lol! J'adore ce genre de comparaisons ! Le pire c'est que je trouve que tu as raison !
Je crois que tu n'as pas saisi toute l'ironie de mon message ...
y a pas que lui d'ailleurs, même JOHN est tombé dedans et t'a gratifié (chose rare) d'un post sans citation et référence à un de ses super posts géniaux qu'il a fait sur le topic "et votre sionisme, vous le prenez avec ou sans sucre ?"
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MessageSujet: Re: Le monde du travail   Mar 13 Nov 2007 - 16:06

« Dans la glorification du "travail", dans les infatigables discours sur la "bénédiction du travail", je vois la même arrière-pensée que dans les louanges des actes impersonnels et conformes à l'intérêt général : la crainte de tout ce qui est individuel.

On se rend maintenant très bien compte, à l'aspect du travail — c'est-à-dire de ce dur labeur du matin au soir — que c'est là la meilleure police, qu'elle tient chacun en bride et qu'elle s'entend vigoureusement à entraver le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance.

Car le travail use la force nerveuse dans des proportions extraordinaires, et la soustrait à la réflexion, à la méditation, aux rêves, aux soucis, à l'amour et à la haine, il place toujours devant les yeux un but minime et accorde des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société, où l'on travaille sans cesse durement, jouira d'une plus grande sécurité : et c'est la sécurité que l'on adore maintenant comme divinité suprême. »

Friedrich NIETZSCHE : Aurore


voici l'extrait d'une interview donnée par Guy TOURNAYE, auteur de "radiation" au site actuchomage.org:

Actuchomage : Quel est votre sentiment sur le concept de "la valeur travail" ?

Guy TOURNAYE : La référence incantatoire à la valeur travail est très révélatrice de l´incapacité des politiques à penser la mutation en cours. Avec la mondialisation, la financiarisation de l´économie et l´avènement de la société post-industrielle, le rapport au travail a considérablement évolué au cours des vingt dernières années. Faute d´appréhender cette nouvelle donne, les responsables politiques s´en tiennent à des postures strictement moralisatrices. Le travail n´est plus un enjeu à penser, c´est une vertu à célébrer. Ce laborieux catéchisme relève du reste de la pure mystification. Que signifie "réhabiliter la valeur travail" dans un monde où des entreprises profitables licencient à tour de bras, où l´on compte plusieurs millions de travailleurs pauvres, et où la bourse atteint chaque jour de nouveaux sommets (150% de hausse en quatre ans) ?
Le comble de la tartufferie est atteint avec Sarkozy, qui prétend réhabiliter le travail et le mérite tout en préconisant la suppression des droits de successions - ce qui favorisera de fait les rentiers.


Actuchomage : Dans votre livre, vous préconisez de "renoncer à la position centrale du travail dans la conscience et l'imaginaire de tous" : que proposez-vous ?

Guy TOURNAYE : Le travail aujourd´hui est au coeur d´un double processus de décentrement. Décentrement dans la sphère économique, où la maximisation des profits est de moins en moins corrélée à la création d´emplois. Décentrement dans la sphère privée, où le travail occupe une place relative de plus en plus faible, à la fois en terme de temps (du fait de l´allongement de l´espérance de vie), de ressources (du fait de l´importance croissante des revenus du capital et des prestations sociales ) et d´investissement personnel. Le défi politique consiste à imaginer de nouveaux outils susceptibles d´articuler ce double mouvement. Cela passe à mes yeux par une approche non pas quantitative («travailler moins pour travailler tous») mais qualitative de façon à permettre à chacun de «travailler autrement». Certains, tel André Gorz - à qui j´ai emprunté la formule "renoncer à la position centrale du travail dans la conscience et l'imaginaire de tous" - préconisent l´instauration d´un revenu minimum d´existence - idée généreuse et séduisante dans son principe, mais qui me semble poser davantage de problèmes qu´elle n´en résoud. Comme je le développe dans "Radiation", la piste la plus intéressante selon moi est celle des «droits de tirage sociaux» défendue par Alain Supiot dans "Au-delà de l´emploi" et précisée par Bernard Gazier dans "Tous «Sublimes», Vers un nouveau plein emploi".

source: http://www.actuchomage.org/index.php

toute l'interview http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=PagEd&file=index&page_id=247
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