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 Pédo-criminalité : une politique de la peur ?

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MessageSujet: Pédo-criminalité : une politique de la peur ?   Mer 12 Nov 2008 - 3:11



Démesure : Voici un fil que je propose sur un sujet dont il est toujours malaisé de débattre sans la frayeur qui s'attache aux sujets "tabous" et sans l'excès d'émotions fréquemment rencontré : la pédophilie. Elle suscite souvent deux réactions qui semblent s'opposer.

D'une part l'hystérie sécuritaire. Les affaires belges ont suscité un raz de marée dans l'opinion qui a donné lieu à une sorte de chasse aux pédophiles avec des témoignages, récits de victimes et autres marches blanches. De nombreuses publications venues pour une partie d'Outre-Atlantique nous livrent des récits impudiques de traumatisme ou des méthodes très schématiques pour les surmonter. Chaque adulte est vu comme un malfaiteur potentiel. Les enseignants en particulier. Il y a un climat de suspicion et de surveillance.

De l'autre subsiste dans le milieu psychanalytique l'idée que les suspects sont d'innocentes victimes et que les accusateurs/trices seraient des personnes "projetant" leurs propres fantasmes sur des figures d'autorité pour en tirer vengeance (c'est le thème de la femme de Putiphar dans la Bible ou de la Phèdre de Racine accusant ceux qui ont refusé leurs avances d'être à l'origine de ces avances) ou pour trouver une explication, un "coupable" à leurs problèmes, relayés en cela par l'hypersensibilité de l'opinion publique aux affaires de pédophilie. Cette hypersensibilité suscite donc à son tour une critique véhémente.

Loin de vouloir retracer un historique du phénomène, je voudrais signaler un essai de Jean-Claude Guillebaud,"La tyrannie du plaisir"(Seuil), qui nous rappelle la grande permissivité dont jouissait la pédophilie dans les années 70 avec le concours d'écrivains tels que René Schérer,Tony Duvert (qui fit de la pratique pédophile l'enjeu d'une sorte de prosélytisme), ou Gabriel Matzneff (qui vantait l'amour avec de très jeunes filles). "Le souffle au coeur" de Louis Malle évoquant un inceste mère-fils avait été bien accueilli à Cannes en 1971.

Guillebaud évoque le changement brutal de point de vue survenu dans l'opinion publique à partir des années 90 : "A la molle insouciance succédait, presque sans transition, la brutalité unanimiste du lynchage". S'agissait-il d'un retour de l'interdit ? la question se pose dans une société qui croyait s'en être libérée.

En effet, les sociétés occidentales avaient perdu de vue depuis une trentaine d'années ce que Freud appelle le rôle "structurant" de la Loi. Il semble que la prise de conscience brutale des années 90 ne nous aient pas permis pour autant de nous réaccoutumer au principe fondateur de l'interdit de manière sereine si l'on en croit les affolement qui ont couru dans la presse et dans l'opinion en général.

"Sur les ruines du progressisme égalitaire (Guillebaud fait allusion à la chute du communisme) prolifèrent déjà l'iniquité de la jungle et la raison du plus fort. Exactement comme le puritanisme disciplinaire se substitue peu à peu à l'hédonisme trop naif d'avant-hier". L'interdit, observe Guillebaud, fait retour mais sous la forme d'une injonction disciplinaire.

Pour notre sujet en particulier il convient de s'interroger sur le statut de l'enfant dans nos sociétés et sur les changements survenu dans notre rapport à l'enfant avec l'apparition de la pilule ou de l'IVG. Les enfants ont cessé d'être donnés par le hasard ou la nature. ils sont devenus le projet maitrisé des parents. Les examens prénataux et le développement des biotechniques vont dans le même sens : l'enfant est de plus en plus l'enfant "désiré" par ses parents, celui qui correspond à leur souhaits. Conséquences : on ne les éduque plus, on les séduit. on ne les accueille plus au monde tels qu'ils sont (éventuellement malformés) avec un sentiment de devoir envers eux. On n'apprend plus à composer avec leur réalité, à introduire de la limite dans son propre désir mais on les crée selon son idéal narcissique. Aujourd'hui ce sont les parents qui sont en quête de l'amour de leurs enfants. On assiste à une inversion des places que je qualifierais, reprenant l'expression de l'écrivain Michel Tournier, d'inversion maligne.

Le psychiatre Jean-Pierre Lebrun ("Les perversions ordinaires") montre l'apparitions de nouvelles pathologies en lien avec cette évolution. Ces enfants sont en quelque sorte prisonniers d'un désir parental auquel la notion d'impossibilité ne vient plus poser de limites et ceci dans un contexte général de confusion entre les générations, de rejet de l'autorité et de promotion de l'individu au détriment du projet de société.

On a les enfants que l'on veut au lieu de s'en remettre à la volonté divine ou naturelle. Le rejet de l'autorité entraine une confusion des places dont la pédophilie est l'un des aspects les plus dramatiques : l'adulte se laisse aller à un sentiment de toute-puissance et confond les places respectives de l'adulte et de l'enfant. Autrement dit l'adulte n'a pas ou pas assez rencontré l'interdit qui lui ferait renoncer à cette toute-puissance.

Rejeter ce qui vous dépasse ou limite vos désirs, être son propre fondateur, tout tirer de son propre fond revient à nous passer peu ou prou d'interdit fondateur et de renvoyer nos enfants à eux-mêmes au lieu de nous positionner en adultes chargés de les éduquer. On assiste donc à une confusion entre les générations du fait du déclin de l'autorité et des progrès conjoints de la science qui favorisent un climat d'infantolâtrie où l'enfant est pris comme objet d'adoration et les adultes invités à rester des gamins. La pointe extrême et criminelle de cette "évolution" étant la pédophilie qui procède d'une logique voisine.

On peut se demander pourquoi un nombre croissant d'adultes ont des pratiques pédophiles (développement du tourisme, réseaux, etc) dans un climat social qui rend l'intégration de l'interdit structurant de plus en plus problématique. Pourquoi les réponses sont majoritairement d'ordre juridiques ou thérapeutiques avec ces deux dangers que sont l'erreur judiciaire (et livrer un innocent à la vindicte des médias ) et la stigmatisation comme "monstre" pour les coupables ou comme "victime démolie" pour les victimes souvent assignées lorsqu'elles en parlent, à une identité de "survivante"(quand on ne la prend pas pour des affabulatrices frustrées).

Du côté des victimes, la prise de conscience des années 90 après les affaires belges a pu déclencher une prise de conscience simultanée dans le milieu thérapeutique : on a nuancé par exemple l'idée communément admise en psychanalyse que les récits d'agression pédophiles que faisaient les patients n'avaient aucune réalité objectives et que ces patients n'exprimaient que des fantasmes vis-à-vis de certains adultes.

Le pédiatre Aldo Naouri fait état dans ses ouvrages des mille et unes formes de pédophilie "ligth" dans des familles "normales"qui ne laissent pas de traces et que les parents de ses petits patients lui racontent sans penser qu'il ne s'agit pas de "jeux" ou de mesures "hygiéniques" mais de mises à mal de l'ordre générationnel qui vont handicaper les enfants dans le développement de leur vie d'adulte.

D'autres branches thérapeutiques se sont emparé de la pédophilie pour proposer des méthodes simplistes afin de surmonter ce qui n'était envisagé alors que comme un traumatisme en faisant abstraction des aspects sociaux, symboliques et anthropologiques. C'était ramener le phénomène à une dimension subjective, le plus important étant que la victime fasse un "travail sur soi" pour correspondre aux normes modernes de l'individu épanoui.

On peut donc se demander si l'augmentation de cas de pédophilie n'est pas l'indicateur de tendances sociales plus générales qui ont un rapport avec le rejet de l'autorité et de la symbolique paternelle dont le retour de bâton sécuritaire actuel ne serait que la caricature.

PS : En rapport avec le sujet de ce fil j'aimerais signaler un autre essai cosigné par Françoise Héritier, Boris Cyrulnik et Aldo Naouri , "De l'inceste" chez Odile Jacob.

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Addenda par M. : Recension de Nicola20san le 7 janvier 2004 (Ancienne source).

Jean-Claude Guillebaud, La Tyrannie du Plaisir, Points Seuil, 1998, 486 p.



Cet essai examine la question de la morale sexuelle, c'est-à-dire de la place de l'interdit, dans une société moderne. L'auteur refuse la seule alternative entre permissivité et moralisme nostalgique et éclaire la question à la lumière des sciences humaines. Prix Renaudot de l'essai 1998.


Paru il y a six ans, cet essai, dont le dessein est de nous proposer un véritable état des lieux de la sexualité ici et maintenant, n’en demeure pas moins d’actualité, et même plus que jamais, JC Guillebaud y évoquant notamment le retour en force d’une certaine forme de moralisme à l’ancienne, qui n’en a pas fini de se mesurer à cette permissivité post-soixante-huitarde désormais menacée mais toujours en vigueur en qualité de référence incontournable, ces deux tendances totalement opposées cohabitant tout de même, comme si nous n’avions pas d’autres choix possibles qu’entre un nostalgique puritanisme et un effréné libertinage.

Afin de mieux comprendre cette paradoxale situation, Guillebaud nous convie à un voyage dans le temps. D’abord en revisitant l’histoire la plus récente, c’est-à-dire depuis l’émergence factuelle de la libéralisation des moeurs. Ensuite en ré-explorant l’histoire la plus reculée, à partir de ses données les plus significatives, étude des us et coutumes, influence de la religion, interaction éventuelle entre la vie privée et les différents pouvoirs. L’auteur s’explique à propos de cette tournure qu’il emploie pour mener à bien ses investigations : constatant que si, en matière de sexualité, toutes les disciplines se rapportant aux sciences humaines et sociales s’y intéressent de très près, en contrepartie elles ne s’autorisent guère à échanger entre elles les informations glanées au cours de leurs respectives recherches ; et de ce manque de communication en résulte un regrettable flou artistique. Ainsi, pour appréhender davantage la problématique de la sexualité, Guillebaud se donne les moyens de convoquer historiens et philosophes, sociologues et sexologues, et par là même, dénonce un sérieux dysfonctionnement dans notre système, l’hégémonie catégorielle empêchant la transmission des savoirs, donc l’approche, au plus près et tant que faire se peut, de la vérité.

Cette longue enquête chronologique, érudite et passionnante, a le mérite de nous permettre de revoir et de corriger certains poncifs. Non la sexualité dans la Rome antique n’était pas si débridée que cela ; les homosexuels y étaient torturés, les adultérins mutilés, et des dispositions drastiques furent prises à l’encontre de la population pour mieux régenter les intimes agissements, seul un noyau dur de nantis s’octroyant le droit à quelques ébats orgiaques. Non le Moyen-Age n’était pas si austère que cela ; les clercs croyant dur comme fer que le plaisir de la femme encourageait l’enfantement, ils conseillaient vivement à leurs ouailles masculines de s’appliquer dans l’alcôve pour que leurs conjointes puissent atteindre le septième ciel.

Ce qui ressort de cette démonstration, c’est une constante rencontrée dans toutes les civilisations et à toutes les époques, en ce sens que, dès qu’un certain seuil de tolérance au niveau de l’attitude sexuelle a été atteint, se vérifie l’instauration d’une réglementation intervenant carrément dans les pratiques érotiques et reproductrices de tout un chacun. De ce fait et l’air de ne pas y toucher, Guillebaud nous donne une petite leçon d’humilité. Nous les modernes qui pensons être les détenteurs de la clé de l’énigme de la vie, et qui nous gaussons de nos ancêtres, ce que nous vivons aujourd’hui n’est jamais que la répétition d’un processus élémentaire, les débordements de tout acabit finissant toujours par s’acheminer vers une perspective absolument contraire. La preuve en est qu’à notre relative liberté sexuelle se juxtaposent de vieux principes plutôt intransigeants. "Alors même que nous pensons agir en toute autonomie, nous continuons d’obéir aux nouvelles valeurs du groupe avec la même docilité que nos ancêtres respectaient les leurs".

Comme toutes les "illusions aveuglantes" (pléonasme), la croyance en notre supériorité sur les générations antérieures nous empêche d’entrevoir nos contradictions et d’évaluer nos limites. Par exemple cette idée de mortification corporelle que nous nous faisons à propos des bourgeois d’antan, s’astreignant dans l’assouvissement de leurs pulsions naturelles... S’il est vrai que la remise en cause des interdits participe d’une évolution saine et logique, elle ne doit pas non plus nous éloigner de notre propre ascèse :"les obsessions diététiques, la tyrannie de la "ligne", l’inlassable injonction concernant le look, la médicalisation de la moindre activité, l’obligation de performance sportive ou de conformité professionnelle, la cruelle prévalence de la jeunesse contre toute idée de maturité ou de sagesse".

Autre valeur raillée et discréditée : la fidélité dans le couple, qui serait synonyme d’emprisonnement, le célibataire se présentant d’ailleurs comme étant "libre". Si beaucoup résistent à l’engagement sentimental (Roland Barthes :"Par un renversement des valeurs, c’est donc la sentimentalité qui fait aujourd’hui l’obscène de l’Amour"), cela ne les empêche pas de s’impliquer dans d’autres formes d’asservissement : dévouement pieds et poings liés à un travail, à une tribu, et surtout, primauté de l’individu oblige, fidélité à soi-même, et pire encore, à ses propres penchants.

La conséquence de l’individualisme à outrance, que Guillebaud qualifie en terme de holisme, se retrouve dans la sexualité et la priorité donnée à l’épanchement de son propre plaisir au détriment de l’autre, et bien sûr de l’échange qui devrait résulter du rapport sexuel. L’emploi fréquent du mot "partenaire" nous le rappelle, chacun des deux acteurs instrumentalisant l’autre afin de parvenir à l’autosatisfaction, faisant ainsi abstraction de l’altérité puisque motivé par l’acte surtout en tant que fonction, et non plus en tant que moyen de communication privilégié. "Le plaisir devient pure affaire anatomique, marchande et sportive (en attendant d’être cybernétique !) Il est prestation, rassasiement ou performance".

Si Guillebaud ne lésine pas sur la critiquedu libéralisme et de son exacerbation, causes premières de solitudes, d’existences précaires et de désaffiliation par rapport à la famille, à la vie de l’entreprise, et finalement à tout ce qui est représentatif des institutions, c’est un peu pour nous avertir d’un danger plus ou moins imminent de dislocation sociale, et c’est essentiellement dans le but de nous remettre en mains propres, avec ce livre, un outil de réflexion et de débat susceptible de clarifier un contexte encore trouble, d’autant plus que son essai est fort bien documenté et que sa lecture est aisée.
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MessageSujet: Re: Pédo-criminalité : une politique de la peur ?   Mer 12 Nov 2008 - 11:20

L'administration du forum tient à préciser que l'écrivain dandy de grands chemins M. Gabriel Matzneff est un mauvais exemple donné, à la limite de la diffamation Non , car cette personne n'a jamais été condamnée devant un tribunal pour pédophilie avérée quand bien même elle a affiché sans complexe dans ses écrits ou ses déclarations radio-TV (comme à Pivot) son inclination pour de jeunes personnes en fin d'adolescence (ce qui, en cas de plainte si la personne a au-dessus de 15 ans mais moins de 18 ans, serait possiblement qualifiable de "détournement de mineurs"). Je conseille par ailleurs à chacun par avance d'éviter sur ce fil les propos infondés sur ce sujet grave (du type les curés/les homos comme pédophiles en puissance). Cette rectification faite (conformément aux exigences légales de tout espace public de débat), le topic reste bien sûr ouvert à vos réflexions argumentées.

Quant à la pédophilie (appelée aussi "pédo-criminalité"), elle est certes très médiatisée, des fois non sans un sensationnalisme gênant (fausse accusation de 21 personnes dans le Nord montrant un des effets pervers de la vigilance sur ce sujet tournant à la psychose), mais cela ne laisse préjuger en rien que ce phénomène ait augmenté ou diminué : comme souvent, la médiatisation est souvent prise comme un jugement de réalité voire comme la vérité alors qu'elle n'a jamais été qu'une manière de présenter certains évènements. Toutefois concernant la prévention ou la prise en compte des victimes (la prescriptibilité du crime a été rallongée), il est utile que le sujet ne soit plus aussi tabou qu'avant et qu'on en parle ouvertement.

Mentionnons aussi, puisque nous sommes sur un medium exposé, la nécessité pour les parents d'être vigilant quant à la fréquentation par des pré-adolescents des "chats" (salons sur internet de discussion en instantané) où sévissent parfois des "prédateurs calculateurs" (cas du pédophile abuseur-manipulateur) qui essayent de prendre rdv en catimini avec leurs "proies" très influençables en cas de détresse morale. (Cf. cette affiche de campagne de sensibilisation)

Fin du petit avertissement. Soupir

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Corto a écrit:
Je ne suis pas trop d'accord avec l'image rajoutée à mon premier post ( la fillette "cassée") car elle illustre mal mon propos et plus mal encore ma façon d'aborder ce sujet. Mais passons.
> Réponse : comme déjà dit ailleurs, Corto, l'ajout d'images est faite pour soigner la présentation (type "presse"), et non pour détourner/déformer vos propos, et ce afin de rendre plus attractive la lecture, d'accrocher l'attention comme on dit, surtout que vos posts sont longs et que les sujets abordés pas des plus légers. Le plus important n'est-il pas qu'on vous répondît ?


Dernière édition par MEDIATOR le Ven 14 Nov 2008 - 16:15, édité 2 fois
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Jul le Marteau
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MessageSujet: Re: Pédo-criminalité : une politique de la peur ?   Mer 12 Nov 2008 - 16:48

J'ai été abusé-manipulé par Maggle via ce forum.

Comme l'écrivait l'auteur de Vivre et penser comme des porcs, à chaque époque sa chasse aux sorcières.
Avant c'était la chasse aux communistes. Maintenant, la chasse aux pédophiles.
Un excellent moyen d'attiser les passions et de tourner le regard du peuple vers ce qui relève du fait divers et ainsi le détourner à peu de frais des enjeux économico-politiques.
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MessageSujet: Re: Pédo-criminalité : une politique de la peur ?   Mer 12 Nov 2008 - 18:52

Jul,
je suis d'accord avec vous jusqu'à un certain point : en effet, la manière dont sont traitées les affaires de pédophilie relève de la sensation médiatique. Les média en parlent d'une façon qui précisément ne fait pas le lien avec le "dénominateur commun" de nos sociétés qui est la dérégulation. On montre ces affaires de manière à tourner les passions vers un but préhensible, le bouc émissaire.
Toutefois je ne séparerais pas complètement la pédocriminalité des enjeux politiques ou économiques pour la ranger dans la catégorie faits divers sensationnels (et qui font gagner beaucoup de sous). L'évolution générale de nos sociétés vers moins d'autorité (moins d'interdits) a des répercussions dans tous les domaines, l'économie, la politique, l'éducation, le statut de l'enfant, la famille, nos identités, nos places.
Du côté des victimes, on évite soigneusement tout élargissement de la réflexion à des considérations anthropologiques. On a tendance à rester dans le psychologisme : thérapies pour se "réparer" ou témoignages mélodramatiques censés "faire du bien" aux victimes. Tout est fait pour empêcher les personnes les plus prédestinées à essayer de comprendre ce phénomène de l'interroger au delà de "mon égo-mon équilibre-ma réussite -mon épanouissement".

Médiator, je ne faisais que citer Guillebaud en évoquant l'écrivain Gabriel Matzneff qui effectivement n'a pas été condamné mais qui a participé à la permissivité de cette époque au plan littéraire.
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Le Bordelleur
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MessageSujet: Re: Pédo-criminalité : une politique de la peur ?   Mer 12 Nov 2008 - 20:06

Petit travail de synthèse :

Il y a un double effet kiss cool.

Si l'on peut dire que la société infantilise l'adulte et que cela a pour effet de générer ces épiphénomènes que sont les crimes pédo sexuels, on peut aussi dire que cette infantilisation arrange bien du monde.

On s'identifiera d'autant plus à la petite Maddy si l'on est infantilisé. Le reportage aura donc d'autant plus d'effets que l'on a peur d'être violé soi-même. Un reportage tv sur une affaire de ce genre aura donc un effet négatif sur notre perception du monde.Cette souffrance et cette compassion électromagnétique complètement virtuelle, sera contrebalancé naturellement.

Ainsi une supportera d'autant mieux le navet du dimanche soir après avoir souffert devant le journal TV. Aussi ce navet fera gagner les gentils, on acceptera donc touts les gadgets technologiques qui ont permi à ces gentils de gagner. La justification ultra sécuritaire se fera d'elle même, et on se retrouve dans alors dans un monde d'images et de caméras.

Ce phénomène rend d'autant plus complexe le turn over des élites, car les niches pour éviter le système sont alors de plus en plus réduites. Cela augmente la dépendance au système et donc l'intérêt de le défendre à l'instar de la prostitué qui défend son proxénète.

Or cette dépendance au système passe par la soumission, soumission qui poussé dans ses extrèmes devient infantilisation. Infantilisation qui en touchant une grosse partie de la population génère statistiquement des cas extrèmes qui alimentent le processus ! On appelle ça un cercle hyper vicelard, qui fait passer le curé de campagne, aux phantasmes débridés, pour un enfant de choeur... Smile

---------------------------------------------

Corto a écrit:
Tout à fait d'accord avec vous, le Bordelleur. On pourrait presque ajouter que les "remèdes"proposés actuellement s'inscrivent eux-mêmes dans la logique du système qui génère les maux.
Oui...
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MessageSujet: Re: Pédo-criminalité : une politique de la peur ?   Ven 30 Jan 2009 - 14:56

Article agoravox :

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50780


Les chiffres sont délirants.
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Jul le Marteau
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MessageSujet: Re: Pédo-criminalité : une politique de la peur ?   Ven 30 Jan 2009 - 18:54

Bon, on va faire simple: qui sur ce forum a été victime d'abus sexuels durant son enfance ou son adolescence?


PS: les pédophiles sont nos amis, il faut les aimer aussi.
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MessageSujet: Re: Pédo-criminalité : une politique de la peur ?   Ven 30 Jan 2009 - 19:14

Jul a dit

Citation :
Bon, on va faire simple: qui sur ce forum a été victime d'abus sexuels durant son enfance ou son adolescence?

Vu les stats, on aurait grosso modo un membre sur six...
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MessageSujet: Re: Pédo-criminalité : une politique de la peur ?   Ven 30 Jan 2009 - 20:19

Allez! On lève bien haut les paluches!
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MessageSujet: Re: Pédo-criminalité : une politique de la peur ?   Ven 30 Jan 2009 - 22:29

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50829

A mettre en parallèle...

Combien de mythos dans ce type d'affaires ?
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MessageSujet: Re: Pédo-criminalité : une politique de la peur ?   

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