LE FORUM DES ÉGARÉS




Post mortem nihil est
 
AccueilAccueil  GalerieGalerie  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?

Aller en bas 
AuteurMessage
laurent666
Idiot utile
Idiot utile
avatar

Masculin
Nombre de messages : 952
Localisation : nissa
Date d'inscription : 15/10/2006

MessageSujet: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Mar 19 Déc 2006 - 22:09

C'est un philosophe marxiste au poil et poilant.

Je vous conseille le documentaire Zizek! et un autre documentaire dont j'ai oublié le nom, mais qui sont sans doute disponible sur Internet.

Le type est vraiment bien, c'est le Soral slovène.

Il y a des liens vers des textes et des documents sur la page Wikipédia.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Slavoj_%C5%BDi%C5%BEek


Quelques toutes petites videos en anglais :





----------------------------------------------------------------

--8<----------- a écrit:
marxiste slavoj ?

tendance lacano zinovieviste alors
Ah ? Bon bin je l'avais entendu une fois sur une interview, où il était très "fétichisme de la marchandise". Mais bon, avec ou sans marx, il est intéressant quand même.


Dernière édition par le Mar 19 Déc 2006 - 22:35, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Mar 19 Déc 2006 - 22:26

Très très bon philosophe d'autant que son marxime est pas totalement hystérique...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Mar 19 Déc 2006 - 22:55

Marxiste dans son analyse du systeme capitaliste........mais il faut l'entendre au sens premier du marxisme pas comme les facteurs beaufs de la LCR ou les banquières moches de LO.....

Le capitalisme se mange la queue est ca va aller droit dans le mur, en gros..... Chez Marx ca fait : "Le capitalisme pour assurer sa survie doit dégager des plus-value, or avec le temps, le profit est foncierement décroissant. On entre dans une spirale de chute du capitalisme"......

Zizeck reprend ce principe pour l'envisager sous sa forme moderne en y integrant les grands fondamentaux inspirés de Baudrillard sur l'appareance ou quelques brides de Deuleuze...........
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Mar 19 Déc 2006 - 23:18

En fait il a des théories sur la marchandises qui ne sont pas nouvelles mais très bien formulés comme l'un de ses plus célébres: l'oeuf Kinder....

Ce qui interessent ce n'est pas l'objet en lui même mais son intérieur: le jouet... La forme n'est là que dans un but marketing.... Appliqué cela à l'économie vous avez le reste de sa pensée........

En gros bien sûr...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Mer 20 Déc 2006 - 23:17

Slavoj Zizek donne un exemple de comportements existant jadis au PC de RDA : vous ne pouviez pas être à la fois intelligent, honnête et convaincu. Si vous combiniez deux qualité, elle excluait de facto la troisième.

Exemple :
1) si vous étiez convaincu et honnête, alors vous n'étiez pas intelligent ;
2) si vous étiez intelligent et honnête, alors vous n'étiez pas convaincu ;
3) si vous étiez convaincu et intelligent, alors vous n'étiez pas honnête.

CQFD.

Ce genre de raisonnement, appliqué à l'ancien PC de RDA, peut maintenant s'appliquer à toutes personnes en relation avec l'actuel système (UMPS en France), les idiots utiles (1), les esprits critiques (2), et les manipulateurs du système (3).

Zizek vient de Slovénie, comme le groupe Laibach, autre phénomène intellectuel. Je conseille à tous les Français la reprise et le "recomposition" de la Marseillaise sur le dernier album "Volk" qui reprend 14 hymnes nationaux de pays réels et imaginaire.
La plus belle et la plus pertinente version pour le présent.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Mer 20 Déc 2006 - 23:46

Citation :
Zizek vient de Slovénie, comme le groupe Laibach, autre phénomène intellectuel. Je conseille à tous les Français la reprise et le "recomposition" de la Marseillaise sur le dernier album "Volk" qui reprend 14 hymnes nationaux de pays réels et imaginaire.
La plus belle et la plus pertinente version pour le présent.

Oh yeah...d'ailleurs on peut devenir citoyen de leur pays imaginaire........sur leur site internet... Violons

Zizek est pas un philosophe qui revolutionnera l'histoire de la philosophie mais il a cette simplicité du pédagogue qui fait parfois grandement defaut aux intellectuels.......

Si je comprends bien tout le monde sur le forum est 'intelligent et honnête' puisque personne n'est convaincu par le systeme....
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Jeu 21 Déc 2006 - 0:07

Citation :
Si je comprends bien tout le monde sur le forum est 'intelligent et honnête' puisque personne n'est convaincu par le systeme

Ce serait trop simple.... Twisted Evil

Certains (je ne vise personne sur le forum, je parle en général) n'ont qu'une voire aucune des qualités. Mais cela reste une modélisation qui vaut ce qu'elle vaut.

Pour Zizek, c'est vrai qu'il brille surtout par son côté pédagogue.

Finalement, heureusement que des pays comme la Slovénie présente des penseurs et artistes excitants. Pays passionnants plus occidental qu'il ny parait puisque faisant partie de l'empire de Charlemagne et de l'Autriche-Hongrie et surtout ce n'est pas un pays de Balkans)

Tous à Ljubjana (ville qui pullullent de filles superbes et sympas, entre nous)

----------------------------------------------
Citation :
Quelquechose contre les Balkans ?
Absolument rien mais la Slovénie ne fait pas partie des Balkans (n'a jamis fait partie des territoires ottomans en Europe), comme certains beaucoup l'affirment.

Et puis, cela suppose une mentalité plus occidentale que les Balkans. C'est également un cosntat, pas un jugement de valeur.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Jeu 21 Déc 2006 - 4:43



Présentation de l'éditeur
A l'heure où les spiritualités exotiques prospèrent et où l'on vante les vertus des croyances " vécues de l'intérieur ", voici un livre politiquement tout à fait incorrect qui s'appuie sur Jésus, Hegel, Steven Spielberg, Job, Nietzsche, Harry Potter, Staline,
saint Paul, Bill Clinton, Heidegger et quelques autres. Soumettant les diverses formes du religieux aujourd'hui au crible d'un regard lacanien, Slavoj Zizek procède ce faisant à une relecture iconoclaste du christianisme. Au terme d'une analyse délibérément politique, s'il n'hésite pas à dénoncer les tendances perverses du christianisme, il en affirme aussi et surtout le caractère proprement révolutionnaire en mettant au jour son noyau " matérialiste ".


Le premier Zizek que j'ai lu...Et j'avoue que l'éclectisme des références surprend au début mais finalement en bon pédagogue la pensée suit toute seule...
Revenir en haut Aller en bas
Molodoi
Marxiste tendance Groucho
Marxiste tendance Groucho
avatar

Masculin
Nombre de messages : 90
Localisation : TOULOUSE
Date d'inscription : 28/09/2006

MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Lun 25 Déc 2006 - 14:03

J'ai pas franchement trouvé Zizek aussi bon "pédagogue" que vous.
Il est certain qu'il écrit des choses trés justes ( sur la virtualité du monde moderne, l'impérialisme américain et la situation des institutions européennes) mais avec un style trés confus à mon gout.
Je préfére des auteurs comme Debord ou même Michéa (le premier à avoir parler du travail de Lasch et de Zizek au public français) qui vont directement à l'essentiel.

Pour la Slovènie, trés beau pays en effet. Mais il faut vraiment aimait les forets de sapins :)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rebellion.hautetfort.com/
laurent666
Idiot utile
Idiot utile
avatar

Masculin
Nombre de messages : 952
Localisation : nissa
Date d'inscription : 15/10/2006

MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Jeu 10 Mai 2007 - 1:22

Enorme article de Zizek ! Genial ! Tout à la fois : chute des anti-totalitaires, cosmopolitisme, identité, sionisme, sarlozy.


http://www.liberation.fr/culture/livre/242580.FR.php


Il est des livres qu'on a peur d'ouvrir en raison même de la proximité de questionnement que le lecteur leur suppose. Ce fut le cas pour moi avec Logiques des mondes d'Alain Badiou. J'ai enfin eu le courage de le lire : c'est un classique absolu qui surpasse de loin tout ce qui s'est publié en France ces dernières décennies.
Il en est qui sont obligés de reconnaître la force incomparable de la pensée de Badiou tout en restant sceptiques à l'égard de sa position politique «radicale» et de sa fidélité au maoïsme. Ils aiment opposer la beauté classique de sa construction métaphysique et son engagement politique ouvertement révolutionnaire. Le problème, comme l'indique l'axe conceptuel du livre («Défense de la dialectique matérialiste contre l'hégémonie du matérialisme démocratique»), est que les deux positions sont indissociables. Pour paraphraser Robespierre, ces faux admirateurs voudraient «une philosophie de Badiou sans philosophie».
Commentant l'écho grandissant que rencontre la pensée de Badiou, Alain Finkielkraut a récemment décrit cette philosophie comme «la plus violente qui soit», «un symptôme du retour de la radicalité et de l'effondrement de l'antitotalitarisme», ce qui est une façon surprenante de reconnaître honnêtement l'échec du travail long et difficile des «antitotalitaires», des «défenseurs des droits de l'homme», des adversaires des «vieux paradigmes gauchistes», des «nouveaux philosophes français» jusqu'aux partisans de la «deuxième modernité». Ce qui devrait être mort, ce dont on se serait débarrassé et qui aurait été discrédité, fait retour et se venge. On peut comprendre leur désespoir : comment se fait-il qu'après des décennies passées à expliquer académiquement et médiatiquement, à qui voulait bien l'entendre (et même à ceux qui ne voulaient pas l'entendre), les dangers que représentent ces Maîtres-penseurs totalitaires, ce genre de philosophie revienne sous sa forme la plus violente ? Les gens n'ont-ils pas compris que l'époque n'était plus à de telles utopies dangereuses ? Cette tendance à succomber à la tentation totalitaire relèverait-elle du pur aveuglement, voire d'une étrange constante anthropologique ?
Ma modeste proposition consiste à changer de perspective. Comme Badiou le dirait lui-même, de manière typiquement platonicienne, les vraies idées sont éternelles et indestructibles : proclamez leur mort, elles reviennent toujours. Il suffit à Badiou d'articuler une fois encore ces idées clairement pour que la pensée antitotalitaire apparaisse pour ce qu'elle est réellement, à savoir un exercice sophistique insignifiant, une pseudo-théorisation des peurs et des instincts de survie les plus opportunistes qui soient. Triste signe en vérité de la provincialisation grandissante de la pensée française depuis des dizaines d'années.
Nous assistons ces derniers temps à un conflit intéressant en France (et ailleurs) qui déchire les lacaniens (et d'autres). Il a pour objet le statut de l'Un en tant que nom de la subjectivité politique. Ce conflit a provoqué de nombreuses ruptures amicales et personnelles. L'ironie étant que ce conflit ait lieu au sein même du milieu ex-maoïste (Badiou, Milner, Lévy, Miller, Regnault, Finkielkraut), et le partage en deux camps : les «sionistes» et les «non-sionistes». La question est celle-ci : le nom de l'Un est-il le résultat d'une lutte politique contingente, ou bien est-il en quelque sorte enraciné dans une identité plus singulière et substantielle ? La position «sioniste» tient que le nom «juif» représente en tant que tel une résistance à la tendance mondiale contemporaine dont le but est de venir à bout de toutes les limites ­ y compris celle de la finitude de la condition humaine (dans le cadre de la «déterritorialisation» et de la «fluidification» capitaliste radicale). C'est cette tendance qui atteint son apothéose dans le rêve digitalo-gnostique d'une autotransformation de l'homme, assimilé à un logiciel virtuel ayant la possibilité de se recharger, de lui-même, à partir de n'importe quel ordinateur. Le nom «juif» représente ainsi la fidélité la plus élémentaire à l'être qu'est chacun. François Regnault, dans cette perspective, prétend que l'exigence actuelle de la gauche vis-à-vis des juifs (et ce plus que vis-à-vis d'aucun autre groupe ethnique) est qu'ils «cèdent sur leur nom» (en référence bien sûr à la maxime éthique de Lacan : «Ne cède pas sur ton désir» ).
Badiou et d'autres, en revanche, insistent sur la fidélité à l'Un en tant qu'il s'autoconstitue dans le processus même de nomination qu'est la lutte politique. Cette lutte, en elle-même, ne peut donc se fonder sur quelque contenu déterminé et particulier que ce soit (racines religieuses ou ethniques, etc.). De ce point de vue, la fidélité au nom «juif» est le revers (la reconnaissance muette) de l'échec des luttes émancipatrices authentiques. Il n'est donc pas étonnant que ceux qui exigent la fidélité au nom «juif» soient ceux qui nous mettent en garde contre les dangers «totalitaires» de tout mouvement émancipateur radical. De leur point de vue, toute tentative de dépassement de la Loi par l'Amour universel (du christianisme, en passant par le jacobinisme français, jusqu'au stalinisme) aboutit nécessairement à la terreur totalitaire.
Mais ceux qui dans l'histoire de l'Europe moderne ont représenté la lutte pour l'universel n'ont-ils pas précisément été des juifs athées (de Spinoza à Marx et Freud) ? L'ironie supplémentaire est que, dans l'histoire de l'antisémitisme, les juifs ont représenté alternativement les deux pôles : incarnant parfois l'attachement obstiné à leur mode de vie singulier, les excluant de l'accession à la pleine citoyenneté au sein de l'état dans lequel ils vivaient ; représentant à d'autres moments les «sans-abri», l'errance, et le cosmopolitisme universel, indifférent à toute forme ethnique particulière. Cette lutte est interne à l'identité juive elle-même.
Peut-être cette lutte est-elle d'ailleurs plus actuelle que jamais ? Elle met en jeu, d'un côté, la fidélité à l'impulsion messianique en faveur de l'émancipation universelle, de l'autre, la «politique de la peur» réactive (réactive au sens nietzschéen du terme) qui s'attache à conserver telle ou telle identité particulière. L'administration experte et la coordination dépolitisée des intérêts constituent aujourd'hui le niveau zéro de la politique. La peur apparaît ainsi comme la seule manière d'introduire un peu de passion dans ce champ, de mobiliser activement les gens : peur de l'immigration, des races, des religions, peur du crime, peur de la dépravation sexuelle sans dieu, peur de l'Etat (en raison d'impôts ou de prélèvements trop élevés), peur des catastrophes écologiques, peur du harcèlement (et c'est la raison pour laquelle le politiquement correct est la forme libérale exemplaire de la politique de la peur). Cette (post) politique s'appuie toujours sur le ralliement effrayant d'hommes effrayés. Il n'est pas étonnant dans ces conditions que la majorité des «antitotalitaires» français s'empresse de rallier Sarkozy.
C'est ainsi que je voudrais saluer non seulement le génie philosophique de Badiou, mais également l'audace politique qui lui est indissociable.
(Traduit de l'anglais par François Théron)




Merci au site paris4philo.org Wink
http://www.paris4philo.org/article-6392722.html
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ritoyenne
Le niveau à son plus haut, t'entends ?!
avatar

Masculin
Nombre de messages : 798
Age : 35
Date d'inscription : 25/02/2007

MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Jeu 10 Mai 2007 - 1:49

(J'avoue que j'ai pas le temps de lire tous les commentaires, mais j'indique juste l'adresse ICI, j'y ai regroupé des vidéos sur Zizek.

Citation :

Merci au site paris4philo.org Wink
http://www.paris4philo.org/article-6392722.html


De rien, c'est fait pour !


Zizek est un personnage haut en couleur, un gros troller (rien que faire l'apologie de Badiou est polémique en france), il est très confus, quand il parle en tout cas il s'envole à gauche à droite, mais c'est signe d'un cerveau qui marche bien.

J'avoue que je ne l'ai jamais lu, ça viendra.


Edit : desolé j'avais pas vu que le lien était déjà cité au dessus. Je me suis précipité. Dsl :p
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Jeu 10 Mai 2007 - 2:38

Emile a écrit:
J'avais lu "Que veut l'Europe ?" et "Vous avez dit totalitarisme ?". J'ai eu du mal à les lire et ai noté des passages identiques dans les deux livres, mais des idées intéressantes y sont développées.
lu 3 bouquins de zizek

au début séduit, le mélange lacan (prérequis conseillés) - culture pop - politique
au final une grande lassitude : l'art de dire des choses simples de manière complexe, non structurée, inutilité pédagogique (à moins de vouloir faire des discussions inter-minables avec des lacaniens si vous en trouvez; non efficacité "psychanalitique" cf lacan )

depuis, je ne plus le blairer, sentiment d'une grosse arnaque, une perte de temps en branlette intellectuelle (malgré quelques bonnes analyses ici et là, mais trouvables ailleurs de meilleur manière ), ce type m'apparait comme un gros bouffon qui en fait des tonnes pour vendre, un vieux prof philo-psy qui a trouvé le créneau dans le champ médiatique (la façon dont il est célébré de manière hésitante (jamais sur le fond, tout comme derrida ) pare quelques autres tocards médiatiques confirme ma pensée : tout ce qui est célébré par les médias "autorisés" sans que l'on saisisse jamais le fond est une arnaque )


les vrais subversifs sont invisibles (Lash, Michéa, Muray.. )


NB : le dernier article est bon exemple : illisible sur un sujet pourtant clair et sérieux : l'identité juive et sa forme paranoiaque (ménacée de dissolution, d'extermination), en comparaison à la peur qui s'étend à toutes les identités à cause de la mondialsation (abolition des différences )

la contradiction antisémite entre :

-le juif accusé de "s'introduire" dans les peuples alors que
-le juif reste identifiable parce qu'il ne s'intègre pas

la peur (et la haine) symbolique du juif est une peur (projection) de la perte d'identité ; à l'heure de la mondialisation, tout le monde ressend cette peur, et on ne demande plus au politique une "gestion" économique et pragmatique, mais une protection des identités

Orawell faisait cette analyse dès les années 50

a-t-on de besoin de passer par lacan et des phrases du genre :

"C'est cette tendance qui atteint son apothéose dans le rêve digitalo-gnostique d'une autotransformation de l'homme, assimilé à un logiciel virtuel ayant la possibilité de se recharger, de lui-même, à partir de n'importe quel ordinateur"

ce qu'il dit est juste, mais est illisible et a 50 ans de retard
Zizek c'est du remix intello
Revenir en haut Aller en bas
filantropic
Adepte de la cabale
Adepte de la cabale
avatar

Masculin
Nombre de messages : 431
Age : 44
Date d'inscription : 19/11/2006

MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Jeu 10 Mai 2007 - 11:05

Ritoyenne a écrit:
Citation :
les vrais subversifs sont invisibles (Lash, Michéa, Muray.. )

(Hors-sujet : Qui est Lash ?)

Un intellectuel inclassable et indispensable ayant produit des essais critiques et incroyablement lucides de nos sociétés contemporaines (américaine surtout) ,de l'idéologie du progrès, de la culture etc..
jean claude Michéa s'en est inspiré , il a grandement participé à la diffusion de ses essais en france et a préfacé la plupart des rééditions. Tu peux y aller , c'est du -très- bon et du lourd.

Un résumé intéressant de son oeuvre

Image Hosted by ImageShack.us Image Hosted by ImageShack.us
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Pertinax
Valet apatride du Grand Capital
Valet apatride du Grand Capital
avatar

Masculin
Nombre de messages : 248
Localisation : Oulan-Bator
Date d'inscription : 11/05/2007

MessageSujet: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Mar 30 Oct 2007 - 1:21

Ritoyenne a écrit:
Slavoj ZIZEK
[Directeur de recherche à l’Institut de Sociologie de l’université de Ljubljana (Slovénie)]
État d’urgence et dictature révolutionnaire


Les infos nécessaires (lieu, programme, etc.) se trouvent ici.
Pertinax a écrit:
J'y étais. Il y avait beaucoup de monde. Zizek difficile à suivre en effet. On pourra trouver le texte de son intervention sur le site: http://semimarx.free.fr
Comptes-tu venir aux prochaines séances ? Elles consisteront surement bien moins à une fuite en avant dans le monde des concepts, les prochains intervenants seront certainement moins abstraits que Zizek, qui est certes un intellectuel difficilement contournable, tellement il part dans tous les sens, mais qui a tendance à bien trop s'éparpiller à mon goût.

De plus, comme je ne connais que très très très peu Badiou, j'ai du mal à suivre les reprises Zizekiennes des problématiques de Badiou - son grand amoureux. De même je pense qu'il y aura moins de monde, Zizek est tout de même une célébrité, dans bcp de pays d'Europe.

De Badiou, je n’ai lu que « Circonstances 3, portées du mot "juif" ». J'en ai gardé une impression mitigée. Mais on pourra reparler de Badiou. Quant à Zizek, je n’ai rien lu. Donc, je me garderai bien du moindre commentaire.

Zizek a dit qu’il ne voulait faire aucune compromission avec les "antisémites" sur la question palestinienne. Pour quelle raison ? Parce que, selon lui, les sionistes en sont maintenant à traiter les juifs antisionistes d’antisémites. Que donc l'anti-antisémitisme produisait lui-même son antisémitisme.

J’ai bien aimé le moment où il a parlé de la « croyance objectivée ». Nous ne croyons plus en la démocratie, mais nous faisons comme si. Nous savons que la démocratie est un leurre, mais la démocratie le sait-elle ? Et ne risque-t-elle pas de nous punir (comme une déesse bafouée) si nous choisissons ouvertement la dictature (du prolétariat, par exemple) ? Autrement dit, nous ne sommes plus capables de croire (ni en la démocratie ni en la dictature), mais comme nous ne pouvons vivre sans croyance, nous la mettons à distance. C’est bien notre croyance, mais posée devant nous pour que nous puissions en disposer comme d'un jouet. Quels grands enfants nous sommes ! Et quel passage de l'être à l'avoir !

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------
Ritoyenne a écrit:

Vidéo de la conférence de S. Zizek du 27 octobre 2007


Dernière édition par MEDIATOR le Mer 20 Fév 2008 - 23:17, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Molodoi
Marxiste tendance Groucho
Marxiste tendance Groucho
avatar

Masculin
Nombre de messages : 90
Localisation : TOULOUSE
Date d'inscription : 28/09/2006

MessageSujet: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Mar 19 Fév 2008 - 23:28

Samedi dernier, Libération avait un titre des plus vendeurs : "Ces intellos qui rejettent la démocratie" ( le sommaire ici : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/310423.FR.php) . Le dossier était assez maigre et prépare surement une pseudo campagne médiatique, mais l'entretien avec Slavoj Žižek est intéressant.

Le philosophe publie et préface deux anthologies «rouges» : "Robespierre : entre vertu et terreur", (éd. Stock) et "Au bord de la révolution. Lénine commenté par Žižek" (éd. Aden).

Quelle critique faites-vous à la démocratie ?

Peut-être la même que les conservateurs… Les conservateurs ont le courage d’admettre que la démocratie est dans une impasse. On s’est beaucoup moqué de Francis Fukuyama lorsqu’il a annoncé la fin de l’histoire, mais aujourd’hui, tout le monde accepte l’idée que le cadre démocratico-libéral est là pour toujours.

On se contente de réclamer un capitalisme à visage humain, comme on parlait hier d’un communisme à visage humain. Regardez la science-fiction : visiblement, il est plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme.

Le capitalisme, c’est la cible, derrière la critique de la démocratie ?

Soyons clair : l’Europe de l’après-guerre a connu un niveau moyen de bonheur jamais vu. Mais quatre problèmes majeurs viennent déséquilibrer le modèle démocratico-libéral.

  • 1) Les «sans-part», les sans-papiers, sans-abri, sans-emploi, ceux qui ne participent pas à la vie de la communauté, dont l’Etat ne s’occupe plus.
  • 2) La propriété intellectuelle, que le marché ne parvient plus à réguler, comme le montre le destin délirant de Bill Gates, fondateur de Microsoft.
  • 3) L’environnement, dont la régulation peut assurer le marché lorsque la pollution est mesurable, mais pas quand le risque devient incalculable - Tchernobyl, les tempêtes…
  • 4) La biogénétique : est-ce au marché de dire où commence l’humain ?

Dans ces quatre domaines, ni la démocratie libérale, ni le capitalisme global n’apportent les bonnes réponses.

Quelle alternative ?

Je ne suis pas crétin, je ne rêve pas à un nouveau parti communiste. Ma position est plus tragique. Comme tout marxiste, j’admire la productivité incroyable du capitalisme et je ne sous-estime pas l’utilité des droits de l’homme. L’arrestation de Pinochet a joué un rôle psychologique très important au Chili. Mais regardez le vénézuélien Chávez. On dit qu’il est populiste, démagogique, qu’il ne fait rien pour l’économie, que cela va mal finir. C’est peut-être vrai… Mais il est le seul à avoir inclu les pauvres des favelas dans un processus politique. Voilà pourquoi je le soutiens. Quand on critique sa tentation dictatoriale, on fait comme si, avant lui, il y avait une démocratie équilibrée. Or, c’est lui, et lui seul, qui a été le vecteur de la mobilisation populaire. Pour défendre ça, je pense qu’il a le droit d’utiliser l’appareil d’Etat - appelez cela la Terreur, si vous voulez.

Pour les penseurs libéraux, capitalisme et démocratie restent inséparables.

On l’a beaucoup dit, mais en Chine est en train de naître un capitalisme autoritaire. Modèle américain ou modèle chinois : je ne veux pas vivre dans ce choix. C’est pourquoi nous allons devoir redevenir utopiques. Le réchauffement climatique va nous amener à réhabiliter les grandes décisions collectives, celles dont les penseurs antitotalitaires disent qu’elles mènent forcément au goulag. Walter Lippmann a montré qu’en temps normal, la condition de la démocratie, c’est que la population ait confiance dans une élite qui décide. Le peuple est comme un roi : il signe passivement, sans regarder. Or, en temps de crise, cette confiance s’évapore. Ma thèse est de dire : il y a des situations où la démocratie ne fonctionne pas, où elle perd sa substance, où il faut réinventer des modalités de mobilisation populaire.

D’où votre éloge de Robespierre.

La Terreur ne se résume pas à Robespierre. Il y avait alors une agitation populaire, incarnée par des figures encore plus radicales, comme Babœuf ou Hébert. Il faut rappeler qu’on a coupé plus de têtes après la mort de Robespierre qu’avant - mais lui avait coupé des têtes de riches… En fait, il est resté très légaliste. La preuve, il a été arrêté. Ce qui m’intéresse chez lui, c’est ce que Walter Benjamin appelle «la violence divine», celle qui accompagne les explosions populaires. Je n’aime pas la violence physique, j’en ai peur, mais je ne suis pas prêt à renoncer à cette tradition de la violence populaire. Cela ne veut pas toujours dire violence sur les personnes. Gandhi, par exemple, ne s’est pas contenté d’organiser des manifestations, il a lancé le boycott, établi un rapport de force. Défendre les exclus, protéger l’environnement passera par de nouvelles formes de pression, de violence. Faire peur au capitalisme, non pour tuer, mais pour changer quelque chose. Car sinon, on risque d’aller vers une violence plus grande, une violence fondamentaliste, un nouvel autoritarisme.

Dans la perspective d’une «violence populaire», un intellectuel sert-il à quelque chose ?

A en prévenir les formes catastrophiques. A faire voir les choses autrement. Deleuze disait que s’il y a de fausses réponses, il y a aussi les fausses questions. Un conseil de philosophes ne peut pas établir un projet pour mobiliser les masses. Mais on peut jeter les idées et peut-être quelque chose sera récupéré. Les émeutes des banlieues en France sont nées d’un mécontentement non-articulé à une pensée, même de façon utopique. C’est ça, la tragédie.

Vos amis à gauche pensent-ils comme vous ?

Ce qui domine, surtout aux Etats-Unis, c’est un gauchisme libéral, tolérant, pour lequel la moindre allusion à la notion de vérité est déjà totalitaire, où il faut respecter l’histoire de chacun. Pour le philosophe Richard Rorty, ce qui définit l’homme, c’est sa souffrance et sa capacité de la raconter. Je trouve assez triste cette gauche de ressentiment et d’impuissance.

--------------------------------------------------------------------

Edgar a écrit:
Je suis assez surpris de surpris et déçu des motifs qu'il donne pour justifier son opposition au libéralisme et à la démocratie. Et ce qu'il semble proposer est finalement complètement flou, une éventuelle "mobilisation populaire", mais pour quoi, dans quel sens ? Je ne vois pas en quoi régler le problème des exclus et de l'environnement changerait quoi que ce soit à la situation actuelle.

Le "niveau moyen de bonheur"... A lire cette interview, j'ai l'impression qu'il pense que la majorité est heureuse et bénéficie du libéralisme dans la joie et la bonne humeur, mais qu'il reste la douloureuse question des exclus. Si son analyse s'arrette là, c'est franchement décevant...

Vous avez lu ses livres ?
Zizek est un auteur un peu brouillon, mais qui soulève des sujets intéréssants ( sans vraiment de réponses claires).

P.S. : Zizek est maintenant sur la 3 dans l"émission de Taddei.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://rebellion.hautetfort.com/
Citoyen
Adepte de la cabale
Adepte de la cabale
avatar

Masculin
Nombre de messages : 380
Age : 32
Localisation : Montpellier
Date d'inscription : 09/10/2006

MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Jeu 6 Mar 2008 - 2:07

Un article de notre "féministe apparenté communiste" préférée, Clémentine Autain : http://clementineautain.fr/2008/03/03/zizek-or-not-zizek-les-matins-de-france-culture/

En gros vu que Monsieur d'abonde pas de compliments à l'égard des mouvements "alternatifs" pour ne parler que de "marxisme" elle le range avec les totalitaires du XXe siècle, tout comme Polack disait de Clouscard qu'il était le dernier philosophe stalinien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Mar 21 Oct 2008 - 2:53

Point de vue

Lutte des classes à Wall Street



par Slavoj Zizek, Le Monde du 09.10.08 (tr. de l'anglais par C. Vivier).


La première chose qui saute aux yeux lorsqu'on observe les réactions actuelles à l'effondrement financier, c'est que... personne ne sait vraiment ce qu'il faut faire. Cela provient du fait que l'incertitude fait partie du jeu ; la manière dont le marché va réagir dépend non seulement de la confiance que les acteurs accorderont aux interventions gouvernementales, mais aussi, et plus encore, du degré de confiance qu'ils pensent pouvoir prêter aux autres acteurs : on ne peut prendre en compte les effets de ses propres interventions. Nous sommes ainsi contraints de faire des choix sans disposer du savoir qui nous permettrait de faire un choix éclairé, ou, comme le dit John Gray : "Nous sommes contraints de vivre comme si nous étions libres".

Mais puisqu'on ne cesse de nous répéter que la confiance et la croyance sont déterminantes, nous devrions aussi nous demander dans quelle mesure le fait que l'administration américaine ait, dans la panique, rehaussé les enjeux, n'a pas aggravé le danger qu'elle tente de conjurer. Il est aisé de remarquer la similarité du langage utilisé par le président Bush dans son allocution au peuple américain après le 11-Septembre et dans celle qui a suivi l'effondrement financier : on dirait deux versions du même discours.

En ces deux occasions, il a évoqué la menace qui pesait sur l'"American way of life" lui-même et la nécessité de réagir de manière rapide et décisive afin d'y faire face. A deux reprises, il en a appelé à l'abandon provisoire des valeurs américaines (les garanties concernant les libertés individuelles, le capitalisme de marché) pour sauver ces mêmes valeurs. Ce paradoxe est-il inévitable ?

La pression visant "à faire quelque chose" s'apparente ici à la compulsion superstitieuse à faire un geste lorsque nous observons un processus sur lequel nous n'avons aucune influence véritable. Il arrive aussi parfois que nous agissions pour ne pas avoir à parler et à penser à ce que nous faisons. Par exemple, pour répondre rapidement à un problème, en débloquant 700 milliards de dollars au lieu de se demander comment il est apparu.

Revenons au 15 juillet dernier, quand le sénateur républicain Jim Bunning attaquait le président de la Réserve fédérale des États-Unis, Ben Bernanke, en affirmant que sa proposition prouvait que "le socialisme est bel et bien vivant en Amérique" : "La Fed veut désormais être le régulateur de risque systémique. Mais la Fed est le risque systémique. Accroître le pouvoir de la Fed revient à donner au gamin qui a brisé votre fenêtre en jouant au base-ball dans la rue une batte plus grande, et à considérer que cela résoudra le problème."

Bunning a été le premier à exposer publiquement les grandes lignes du raisonnement justifiant la révolte du Parti républicain contre le plan de sauvetage fédéral. Ce raisonnement mérite que nous y regardions de plus près. Nous pouvons ainsi remarquer que la résistance au plan de sauvetage a été formulée en termes de "lutte des classes" : la Bourse, Wall Street, contre la rue, Main Street. Pourquoi devrions-nous aider les responsables de la crise ("Wall Street"), et laisser les simples emprunteurs (dans "Main Street") payer le prix fort ?

N'est-ce pas là un parfait exemple de ce que la théorie économique appelle le "risque moral" ? Ce dernier se définit comme "le risque que quelqu'un agisse de manière immorale parce qu'il se sait protégé par les assurances, les lois ou d'autres institutions contre les préjudices que son comportement pourrait sinon engendrer". Autrement dit, si je suis assuré contre les incendies, je prendrai moins de précautions contre le feu (ou, à l'extrême, je mettrai même le feu aux bâtiments que j'ai assurés mais qui génèrent des pertes).

La même chose vaut pour les grandes banques : ne sont-elles pas protégées contre les grosses pertes tout en étant capables de conserver leurs profits ? Nous ne serons pas surpris d'apprendre que Michael Moore a déjà écrit une lettre publique dans laquelle il dénonce le plan de sauvetage comme le pillage du siècle. Ce chevauchement inattendu de la gauche et des républicains conservateurs devrait nous donner matière à penser.

Ils ont en commun leur mépris pour les grands spéculateurs et PDG qui tirent profit des décisions hasardeuses mais sont protégés des faillites par les parachutes dorés. N'en va-t-il pas de même pour la faillite d'Enron en janvier 2002, que l'on peut interpréter comme une sorte de commentaire ironique sur l'idée de société du risque ? Les milliers de salariés qui ont perdu leur emploi et leurs économies ont été assurément exposés à un risque, mais sans avoir vraiment d'autre choix. Ceux qui, au contraire, avaient non seulement une réelle connaissance des risques, mais aussi la possibilité d'intervenir dans la situation (les dirigeants), ont minimisé leurs risques en encaissant leurs actions et leurs options avant la faillite. S'il est donc vrai que nous vivons dans une société de choix risqués, certains (les patrons de Wall Street) opèrent les choix, tandis que les autres (les gens ordinaires payant des hypothèques) assument les risques...

Donc le plan de sauvetage est-il réellement une mesure "socialiste", l'aube du socialisme d'État aux États-Unis ? Si tel est le cas, c'est en un sens bien singulier : une mesure "socialiste" dont le but premier n'est pas de venir en aide aux pauvres, mais aux riches, non pas à ceux qui empruntent, mais à ceux qui prêtent. L'ironie suprême réside ainsi dans le fait que la "socialisation" du système bancaire est acceptable lorsqu'elle sert à sauver le capitalisme : le socialisme est néfaste - sauf lorsqu'il permet de stabiliser le capitalisme.

Et si, cependant, un "risque moral" était inscrit dans la structure fondamentale même du capitalisme ? Autrement dit, le problème résulte du fait qu'il est impossible de les séparer : dans le système capitaliste, le bien-être dans Main Street est subordonné à la prospérité de Wall Street. Ainsi, alors que les populistes républicains qui s'opposent au plan de sauvetage agissent mal pour de bonnes raisons, les partisans du renflouement agissent bien pour de mauvaises raisons. Pour le dire dans les termes plus raffinés de la logique propositionnelle, leur relation est non transitive : bien que ce qui est bon pour Wall Street ne le soit pas nécessairement pour Main Street, Main Street ne peut prospérer si Wall Street va mal. Et cette asymétrie donne un avantage a priori à Wall Street.

Tout cela montre clairement qu'il n'existe pas de marché neutre : dans chaque situation particulière, les coordonnées de l'interaction marchande sont toujours régulées par les décisions politiques. Le vrai dilemme n'est donc pas de savoir si l'État doit intervenir ou pas, mais sous quelle forme il doit le faire. Et nous sommes ici confrontés à la politique véritable : la lutte pour définir les coordonnées "apolitiques" fondamentales de nos vies. Tous les problèmes politiques sont en un sens non partisans, ils se rapportent à la question : "Quelle est la nature de notre pays ?"

Ainsi, c'est précisément le débat sur le plan de sauvetage qui constitue un vrai problème politique concernant les décisions à prendre sur les éléments fondamentaux de notre vie sociale et économique, allant même jusqu'à mobiliser le fantôme de la lutte des classes (Wall Street ou les créanciers hypothécaires ? Intervention de l'État ou pas ?) Nous ne trouverons aucune position éclairée "objective" qu'il nous suffirait simplement d'appliquer ici ; nous devons prendre parti politiquement.

Quelle est la solution ? Le grand philosophe idéaliste allemand Emmanuel Kant répondit à la devise conservatrice : "Ne pensez pas, obéissez !", non pas par "N'obéissez pas, pensez !", mais par "Obéissez, mais pensez !" Lorsque nous sommes soumis à un chantage tel que le plan de sauvetage, nous devons garder à l'esprit qu'il s'agit d'un chantage, et nous efforcer alors de résister à la tentation populiste de donner expression à notre colère et ainsi de nous asséner des coups. Au lieu de céder à une telle expression impuissante, nous devrions maîtriser notre colère pour la transformer en une ferme résolution de penser, de réfléchir d'une manière réellement radicale, de se demander quelle est cette société que nous sommes en train de quitter qui rend possible ce genre de chantage.

Revenir en haut Aller en bas
Jul le Marteau
Duelliste chevaleresque
Duelliste chevaleresque
avatar

Masculin
Nombre de messages : 2335
Age : 110
Localisation : Lorraine, 54 M&M.
Date d'inscription : 10/02/2007

MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Mar 21 Oct 2008 - 8:54

Ça résume avec un beaucoup de brio et plus clairement que je le peux, ma pensée sur le sujet.
On est capitalistes! Vive la liberté! La libre concurence! Mais bouh! Aidez-nous, on s'est planté!
Bande de lopettes ricaines.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
eninel31
Banni(e) parce que je le vaux bien
Banni(e) parce que je le vaux bien
avatar

Masculin
Nombre de messages : 39
Date d'inscription : 31/01/2009

MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   Mer 4 Fév 2009 - 2:34

Le type est vraiment bien, c'est le Soral slovène.

ah !!!!!! affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid

wahou !!!!!!!!!!!!!!cool mon gars.....ne mélange pas les torchons et les serviettes

jusqu'a preuve du contraire, SORAL est trés proche de la mouvance néo nationaliste qui pourris comme toujours l'extreme gauche alors que ZIZEK à clairement dit dans un de ces livres que la grande victoire du capitalisme est d'avoir fait gober à la planète que la seule alternative à lui même et le nationalisme et la religion.

Amicalement................
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?   

Revenir en haut Aller en bas
 
Slavoj Žižek, un intello contre la Démocratie ?
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le Primat de Belgique contre la démocratie !
» un répulsif contre les fourmi??
» Recette contre les cochenilles
» pub Peta fabuleuse contre la fourrure 2
» Coup de gueule contre mon chat!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LE FORUM DES ÉGARÉS :: RES PUBLICA :: Chroniques marxiennes-
Sauter vers: