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 Heurs et malheurs du néolibéralisme

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Kiki
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Mar 6 Nov 2007 - 19:16

laurent666 a écrit:
Si la France a une balance nette positive, ça veut dire que la France EXPORTE PLUS qu'elle n'importe.

Oui, d'ailleurs comment cela pourrait-il en être autrement lorsque les pays
leur exportent des produits de haute techonologie et à fortes marges salariales alors que nous importons de leur part des produits plus classiques et à faibles marges salariales ???

Et cela est sans prendre les conditions sociales en considération.

Je ne nie pas qu'actuellement les échanges commerciaux sont favorables aux Français et aux Européens. Je ne fais que remarquer que sur les nombres d'heures de travail la France, et l'Europe, sont défficitaires.

Un Chinois, par exemple, gagne 40 fois qu'un Français. C'est à dire que le chinois pour un échange commercial de même valeur devra travailler 40 fois plus. Ou qu'un Français devra travailler 40 fois moins. Et, dès lors, pour 1 heure de travail pour un produit exporté en Chine par un Français, on détruit 39 heures de travail en France. Mais c'est aussi dire que pour 1 maison qui exporte des biens en Chine, c'est 39 autres firmes de même grandeur que l'on devra fermer en France et en Europe.

Bon, allez, 38 autres firmes si l'on considére que la France bénéficie quelque peu de ces mêmes échanges.

Ne nous étonnons donc pas non plus que les socialistes aient voulu diminuer le nombre d'heures de travail à 35 heures. Mais, ici, c'est notre propre indépendance économique qui est fragilisée. Et ce n'est pas quand il n'y aura plus d'entreprises françaises qu'il faudra enfin s'en rendre compte, mais bien avant.

Citation :
On ne comprend pas très bien pourquoi on ne considère que les importations hors UE. Il n'y a pas de raison de penser que la concurrence allemande (je pense aux voitures, notamment) ne "detruit" pas les emplois alors que le concurrence indienne ou chinoise, si. Une importation est une importation.

Certes...

Citation :
Enfin, on ne sait pas trop ce qu'est ce coefficient 3,4.


Pour trouver combien d'heures de travail la France perd, il faut bien baser les échanges commerciaux sur des salaires identiques.

Citation :
Et surtout, il faudait l'appliquer à la totalité des importations et en soustraire les exportations, et non pas l'appliquer au solde net de la balance commerciale (en se trompant dans son signe, qui plus est).

Je ne faisais que de comparer deux ratios.

Remarque ces chiffres étaient certainement valables pour 1998. Ils ne le sont plus maintenant: La situation étant devenue pire ... lol!
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Kiki
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Mer 7 Nov 2007 - 19:40

ajax a écrit:
je ne sais pas si tu as travaillé à l'export. De mon côté, mon expérience m'a montré que c'est pas parce que tu payes des ingénieurs russes ou togolais 10 € de l'heure qu'à la fin le travail fini t'aura coûté moins cher. J'ai même l'expérience contraire.
Disons que dans ce cas là, je parlerais d'importation. Et disons que je sais pour quelles raisons je préfére passer certaines de mes commandes plutôt à Hong-Kong, en Chine, en Inde, au Pakistan, voire même au Japon plutôt qu'en France ou en Europe. Bien que j'étais résolu à travailler le moins possible avec ces pays.

Mais comme le disait je ne sais plus quelle publicité: " Faudrait être fou pour payer plus", pour une qualité plus ou moins égale. Cela d'autant plus que même avec les dèlais de livraisons, je n'ai quasiment jamais eu de problème. En tous cas pas plus qu'avec l' Europe. pale

Et qu'en plus, avec certaines maisons de transports (Je ne pense pas qu'il soit utile de mentionner lesquelles) ça ne met pas plus de temps de recevevoir quelque chose de l'autre du monde que d' Europe, voire de France. C'est décidément tout bénéf.

D'autant plus que mes fournisseurs pakistanais sont même allés jusqu'à me proposer de mettre l'inscription "Made in Europe" sur les produits fabriqués par leurs propres soins. Qu'est-ce qui sont zentils, hein... Mdrrr

Arf, j'oubliais un truc... Bien sûr, je trouve très dommage que des Français n'aient pas travail et que certains vivent dans les conditions qu'ils vivent, toussa.... Forcément. Mais bon, ils sont euro-mondialistes alors on va tout de même pas me reprocher de m'en mettre légérement plus dans la poche, hein !!! Surtout que depuis des années, et des années, je leur explique, qu'un jour, les articles risquent d'être tellement bons marchés que l'on aura même plus les moyens de se les procurer.

Allez, chacun sa vie, chacun son destin... lol!
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ajax
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Mer 7 Nov 2007 - 23:34

Kiki a écrit:

D'autant plus que mes fournisseurs pakistanais sont même allés jusqu'à me proposer de mettre l'inscription "Made in Europe" sur les produits fabriqués par leurs propres soins. Qu'est-ce qui sont zentils, hein... Mdrrr

Sur les fringues, le simple fait de coudre les boutons (en machine) suffit à apposer la marque "made in Europe" alors que le reste du travail (le tissage, la coupe, l'assemblage) peut être fait en papouasie nouvelle pinée.
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MessageSujet: refonte du code du travail   Jeu 22 Nov 2007 - 13:16

Le saviez-vous? Le code du travail a subi un sérieux lifting. Cette réécriture devait se faire à « droit constant », une sorte de codification plus rationnelle, une écriture plus moderne... Et vous l'imaginez ce ne fut pas le cas. Peu de retentissement dans les médias, pas de débat démocratique (car y a quand même des thèmes qui dans une démocratie-marché doivent rester du ressort de zélés spécialistes)... mais au final, une véritable casse du code du travail qui nous ramène par de nombreux aspects au début du XXe siècle.

Entre autres :

- évolution dans le sens de la mise en avant progressive de la responsabilité des salariés concomitamment avec la baisse de celle des employeurs dans les domaines de la santé et de la sécurité (accidents du travail, substances toxiques, etc.)

- dépénalisation des infractions patronales au droit du travail : notamment suppression quasi systématique des peines de récidive

- division des travailleurs par la multiplication de code du travail spécifiques à chaque catégorie socio-professionnelle (code rural pour les salariés agricoles, code de l'énergie pour edf, gdf et consorts, code de la fonction publique, code des transports, code de l'action sociale et des familles...)

- Le travail du dimanche pour tous, c’est pour bientôt : les établissements qui actuellement bénéficient de droit d’une dérogation au repos hebdomadaire (donné par roulement) en vertu d’un décret étaient ceux où étaient mises en oeuvre des « matières susceptibles d’altération très rapide » ou dans lesquels « toute interruption du travail entraînerait la perte ou la dépréciation du produit en cours de fabrication » ; désormais sont concernés les établissements « dont le fonctionnement ou l’ouverture est rendu nécessaire par les contraintes de la production, de l’activité ou les besoins du public ». Suffisamment explicite?

- Ah vous vouliez l'égalité hommes/femmes? On ne vous a pas oublié! Désormais, même pour le pire, une femme égale un homme. L’avant propos de l’ordonnance l’explique, on a appliqué les directives européennes qui ne laissent subsister qu’une protection pour les seules femmes enceintes. En conséquence, ce qui est mauvais pour les hommes doit l’être aussi pour les femmes et les rares dispositions qui n’avaient pas été rayées, sur la base de ce principe le sont. Ainsi certains travaux dangereux, autrefois interdits aux femmes, sont autorisés : ceux « présentant des causes de danger ou excédant les forces » (les femmes pourront donc désormais légalement porter de façon régulière des charges supérieures à 25 Kg) , et ceux effectués dans des locaux « qui sont insalubres ou dangereux et où l’ouvrier est exposé à des manipulations ou à des émanations préjudiciables à sa santé », travaux actuellement déterminés par décret.

Et plus encore. Tout est décortiqué dans ce document.

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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Jeu 22 Nov 2007 - 14:48

Ça me rappelle un dessin de L'Assiette au beurre de 1905. Un gros parlementaire en haut de forme visite une usine et serre la main d'un très vieil ouvrier, tout courbé et émacié par une vie de boulot enchaîné à sa machine.
Légende : (le parlementaire) Ah combien ça vous fait ? Quatre-vingt-dix ans ? Quelle santé ! Vous verrez peut-être les retraites ouvrières, mon brave !

Super le nouveau code du travail, mais je le trouve tiède, il manque des trucs. Le travail des enfants par exemple.
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Underachiever
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Jeu 22 Nov 2007 - 14:59

John Nada a écrit:
Super le nouveau code du travail, mais je le trouve tiède, il manque des trucs. Le travail des enfants par exemple.

Prudence! nous ne connaissons pas encore la teneur des décrets! des surprises sont encore possibles.
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Le Bordelleur
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Jeu 22 Nov 2007 - 16:57

C'est beau le futur...
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grib
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MessageSujet: amplitude   Mer 19 Déc 2007 - 10:34

ici un article assez lisible et une info "discrète" mais intéressante à deux points de vue

1. meilleur crédit au "témoignage" directe et à l'observation quotidienne

2. nouvelle interprétation possible de la lois des marchés et des variations "en bourse"

lien


Dernière édition par MEDIATOR le Mer 20 Fév 2008 - 5:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Crise des subprimes et justice immanente   Dim 3 Fév 2008 - 3:53

La crise des subprimes a pour origine des crédits accordés par les banques américaines, à des familles pauvres, à des taux variables. Le risque (de non remboursement) encouru par ces banques, elles s'en sont séparées en vendant des produits financiers reposant sur ces crédits et donc risquant le non remboursement.
La claque qu'ont prise les plus grands groupes bancaires mondiaux l'année dernière (cf chiffre ci-dessous) n'est donc qu'une manifestation de ce qu'un auteur subversif aime à appeler la justice immanente.


* Goldman Sachs : dépréciation de 1,5 milliard de dollars.
* Bear Stearns : 0,7 milliard de dollars.
* Lehman Brothers : 0,7 milliard de dollars.
* Morgan Stanley : 1,5 milliard de dollars.
* Merrill Lynch : 8,4 milliards de dollars.
* Citigroup : 5,9 milliards de dollars[33].
* UBS : 11 milliards de francs suisses[34].
* Crédit Suisse : 2,5 milliards de francs suisses.
* Deutsche Bank : 2,2 milliards d'euros.

Wikipédia : Crise des subprimes
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el spirito
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Dim 3 Fév 2008 - 15:31

Faut pas trop s'inquièter de ces puissants financiers....ils arriveront toujours à se rattrapper autre part!
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Mar 5 Fév 2008 - 1:50

Patrick122 a écrit:
Monsieur gin_kas, tu sous-entendrais pas que les pertes de la SocGen ne sont rien que des incidences de routine par hasard ?

Non, non. Je sous-entend rien, juste que ces quelques pertes (qui ne leurs feront pas fermer boutique) sont la manifestation flagrante d'une sorte de justice immanente. Hélas, les conséquences des subprimes ne seront pas assez importantes en comparaison de toutes ces familles ruinées et à la rue. Mais c'est peut-être pas fini.

D'ailleurs la Northern Rock est sur le point d'être rachetée après le coup de bambou essuyé l'année dernière.
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Ven 21 Mar 2008 - 20:26

Les 15 risques qui menacent la croissance mondiale




La crise financière s'était presque faite oublier. Il aura suffi d'un week-end et d'une faillite retentissante, celle de la banque Bear Stearns, 5ème banque d'investissement mondiale rachetée pour une bouchée de pain, pour qu'elle se rappelle au bon souvenir de l'économie mondiale. Aujourd'hui, les risques d'une récession pèsent toujours, la plupart aux États-Unis. Les voici.

Sommaire

* Les banques
* Les réhausseurs de crédits
* Les villes US
* L'immobilier résidentiel américain
* L'immobilier commercial américain
* Les prêteurs immobiliers
* Les fonds d'investissements
* Les prêts aux entreprises US
* Le moral des ménages américains
* La consommation
* Les cartes de crédit aux États-Unis
* Le chômage US
* L'industrie automobile américaine
* Les services aux États-Unis
* L'inflation


>>> LIRE >>>
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zatopek
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Dim 23 Mar 2008 - 18:23

...camarades prolétaires...l'heure est enfin venue de montrer que nous ne sommes pas que des grévistes invétérés...des privilégiés...des preneurs d'otages...de chroniques manifestants...des éternels insatisfaits...

...toi !...oui !...toi !...tu vas pouvoir participer à une extraordinaire opération humanitaire ! :

...Sauver le système capitaliste...


"L'option d'un sauvetage des banques sur les deniers publics gagne du terrain

Il y a 4 heures

PARIS (AFP) — L'hypothèse d'un sauvetage des banques par les Etats pour résoudre une crise qui menace l'ensemble du système financier gagne du terrain, même si cette solution revient à faire assumer aux contribuables les dérives de certains investisseurs.

Cette option pourrait s'avérer extrêmement coûteuse mais permettre d'éviter des conséquences économiques graves et durables.

"La collectivité" va peut-être être amenée à "prendre en charge" la lutte contre une faillite du système bancaire, a averti Dominique Strauss-Kahn, directeur du Fonds monétaire international.

"Il faut donner le signal que les autorités sont prêtes à faire ce qui est nécessaire" pour éviter un effondrement du système financier planétaire, a renchéri Angel Gurria, secrétaire général de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).

L'administration Bush se dit pour l'instant opposée à tout sauvetage fédéral des banques, mais certains membres du Congrès plaident déjà en ce sens.

Pour l'économiste Michel Aglietta, une telle option risque de "devenir nécessaire": on en est à la "phase pénultième avant une socialisation complète des pertes des banques".

En Allemagne, la banque IKB a déjà reçu trois fois l'aide massive de l'Etat, et le patron de Deutsche Bank Josef Ackermann a demandé une action commune de l'Etat, des banques et Banques centrales pour venir à la rescousse des établissements financiers.

La Grande-Bretagne a nationalisé la banque Northern Rock pour lui éviter la faillite mais l'addition pour les contribuables pourrait s'élever à 55 milliards de livres (plus de 70 milliards d'euros).

Au début des années 90, le gouvernement suédois avait secouru le système bancaire en offrant sa garantie à la dette des banques commerciales, la banque centrale donnant un accès illimité au crédit.

A la même époque, le gouvernement américain avait réglé la crise des "Savings and Loans", les caisses d'épargne américaines, en créant un fonds fédéral (Resolution Trust Corporation, RTC) qui a repris leurs mauvaises créances.

En France, le sauvetage du Crédit Lyonnais, qui a coûté des centaines de millions d'euros, reste dans les mémoires.

Recourir à l'argent public pour empêcher la faillite de banques dont les gestionnaires ont pris des risques inconsidérés présente le danger d'encourager la poursuite de telles pratiques.

Mais le "coût social d'une faillite bancaire qui en entraîne d'autres serait bien plus important", selon M. Aglietta.

Un avis partagé par Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, pour qui les acteurs de la finance (ministres, banquiers centraux, régulateurs) doivent offrir un "soutien massif (aux) acteurs les plus en danger".

Cela pourrait aller "jusqu'à la nationalisation" de banques ou de réhausseurs de crédit, qui ont assuré des titres adossés sur de mauvaises créances.

M. Lorenzi propose la création de fonds publics destinés à "reprendre dans leur bilan les titres les plus problématiques détenus par les établissements financiers, et dont les pertes finales seraient garanties par les Etats".

Aux Etats-Unis, on peut envisager aussi une modification législative pour "éviter le problème des saisies et ventes forcées" de logements, qui accentuent le retournement du marché immobilier et les pertes des banques, souligne M. Aglietta.

D'après lui, le sauvetage d'une grande banque paneuropéenne serait plus difficile à gérer qu'aux Etats-Unis, car il existe des autorités de supervision dans chaque pays dont les positions divergent".

"S'il faut mettre à contribution des budgets nationaux, il va y avoir des batailles pour définir les pays qui doivent payer: ceux où se trouvent les filiales ou seulement la maison mère?", argumente-t-il."


pssssst : vous aimez le pain dans la soupe ?
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Mer 26 Mar 2008 - 15:44

De l'art de tourner les chiffres et d'occulter et l'emprise du néo-libéralisme sur le juridique et la financiarisation de l'économie... La Pravda du MEDEF... Choc

Le capitalisme : « sans foi ni loi » ?


Jacques Marseille, source

Du général de Gaulle fustigeant à Lille, le 1er octobre 1944, « les concentrations d’intérêts qu’on appelle dans l’univers les trusts » à Nicolas Sarkozy dénonçant à Noyelles-Godault, le 21 février 2008, sur le site de l’ancienne fonderie de Metaleurop, « le capitalisme sans foi ni loi », s’est dessinée une « exception » française qui n’a pas peu contribué à l’affaiblissement du moral des Français. Opposant la puissance publique supposée incarner la « vertu » au capitalisme porteur de tous les « vices », elle a contribué et contribue toujours à nourrir un climat anxiogène peu propice à la compréhension des mutations en cours et de leurs spécificités.

Certes, l’actualité récente n’en finit pas d’alimenter cette caricature. Arcelor-Mittal, Kodak, Arc international, Miko, Michelin-Kleber, Salomon, Smoby, autant de groupes industriels dont les fermetures d’usines annoncées menacent la Lorraine, l’Ain ou la Haute-Savoie. Au moment même où les entreprises du CAC 40 affichent des chiffres d’affaires en hausse et des bénéfices généreux. Pourquoi Gandrange alors qu’Arcelor-Mittal annonce un résultat net de 7,5 milliards d’euros ? Pourquoi Toul alors que Michelin affiche un résultat net en hausse de 35 % par rapport à 2006 ? Autant de contrastes qui semblent défier la « morale » et justifier l’intervention de l’Etat pour contraindre les entreprises à sauvegarder les emplois menacés.

Sans reprendre ici la grille de lecture d’André Comte-Sponville (« Le capitalisme est-il moral ? »), qui écrit : « Si l’éthique était source de profit, ce serait formidable : on n’aurait plus besoin de travailler, plus besoins d’entreprises, plus besoin du capitalisme-les bons sentiments suffiraient », force est de rappeler que :

1. 80 % des bénéfices réalisés par les entreprises du CAC 40 se font à l’étranger, notamment dans les pays émergents qui ont adopté sans réserves dans les années 80 le « capitalisme » et qui, depuis cette date, enregistrent des taux de croissance exceptionnels. Un capitalisme qui a fait reculer de manière spectaculaire la misère et l’analphabétisme et a contribué à l’émergence d’une classe moyenne dont l’effectif est aujourd’hui comparable à la population totale de l’Europe.

2. Si près de la moitié des bénéfices réalisés par les entreprises du CAC 40 est versée à des résidents étrangers, c’est bien parce que l’Etat n’a guère eu le courage d’expliquer aux Français que le placement de leur épargne dans les sociétés « capitalistes » est, en longue durée, le meilleur des placements et le plus « patriote » dans la mesure où il assure le contrôle de ces entreprises par des ressortissants français. Ainsi, selon une étude de l’Insee (« Revenus et patrimoine des ménages », éd. 2002/2003), un particulier qui aurait, en 1980, acheté l’équivalent de 1 000 euros en or aurait récupéré, en 2000, en pouvoir d’achat (soit inflation déduite), 330 euros. Celui qui aurait acheté des obligations à revenu fixe aurait obtenu (intérêts réinvestis) 4 380 euros et celui qui, sans « morale », aurait acheté 1 000 euros d’actions aurait gagné 17 200 euros. Lorsqu’on sait que les ménages français détiennent aujourd’hui 990 milliards d’euros en numéraire et en dépôts, soit plus que la capitalisation boursière des entreprises du CAC 40, on mesure le gâchis que représente cette orientation anxiogène de l’épargne nationale, dont l’Etat est en partie responsable.

3. Contrairement à l’idée reçue, la désindustrialisation est sans doute moins forte qu’on ne l’imagine. Si la part de l’industrie recule dans le PIB, c’est surtout parce que l’industrie génère des gains de productivité importants qui font baisser ses prix et que l’externalisation d’activités autrefois assurées en interne dans les usines (nettoyage, par exemple) s’est traduite par une baisse d’emplois qui n’avaient rien d’industriels.

4. En dépit des images trop souvent véhiculées, les délocalisations ne seraient responsables que de la suppression de 13 500 emplois par an depuis 1995, à comparer aux 37 000 emplois créés ou maintenus par les entreprises étrangères ayant investi en France en 2007. Mais comme ces suppressions d’emplois affectent en priorité les emplois les moins qualifiés et les régions les plus périphériques, elles sont plus douloureuses alors qu’à terme les emplois créés sont plus valorisants que les emplois perdus. A Anvers, par exemple, si 4 000 emplois industriels dans l’industrie du diamant ont été supprimés depuis 1980 sur les 12 000 salariés qui y étaient occupés, le secteur emploie désormais 15 000 personnes, essentiellement dans les activités de distribution, de marketing, de certification et de recherche qui ont permis de nouveaux avantages comparatifs.

5. Enfin, et surtout, si certaines entreprises sont tentées de délocaliser leurs activités hors de France, c’est parce que le poids des prélèvements obligatoires y est sensiblement plus important que dans tous les autres pays. Ainsi, en 2003, le poids de l’impôt et des cotisations sociales à la charge des employeurs et des salariés s’élevait à 37,8 % en France, à 29,5 % dans les pays de l’Union européenne (à 15 membres), à 18,8 % au Royaume-Uni et à 17,8 % en Suisse.

Des questions autrement plus stratégiques que de savoir où se nichent la foi et la loi.
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zatopek
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Mer 9 Avr 2008 - 19:32

...comme il est bien connu...l'épicentre de la lutte des classes est au Tibet...

...sérieusement...pendant que les mondains s'excitent sur les JO et nous font leur petit revival 68...je tenais juste à signaler à travers l'article çi-dessous qu'il y a aussi une autre actualité...

Citation :
Monde : les émeutes de la faim

La vie chère est un problème qui ne préoccupe pas uniquement les Français. Dans d'autres pays, les plus pauvres notamment, elle provoque même des émeutes. Les manifestations contre la faim se multiplient au quatre coins du monde. Au Salvador, par exemple, les femmes sont descendues dans la rue pour protester contre la hausse des prix.
"Ici, on est en train de mourir de faim parce que nos salaires sont vraiment ridicules. Et le prix des produits de base, comme la farine ou le maïs, augmente de jour en jour", explique une manifestante.
L'équation est parfaitement résumée : la farine et le maïs en Amérique centrale, le riz en Haïti, et partout le carburant... Les prix ne cessent d'augmenter, et prennent à la gorge ces populations des pays en développement. En Haïti, mardi, les émeutiers ont tenté de pénétrer dans le palais présidentiel, forçant les casques bleus de l'ONU à intervenir avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Des affrontements qui ont fait 14 blessés dans les rues de Port-au-Prince. Depuis jeudi dernier, 5 personnes ont trouvé la mort en Haïti. Là aussi, en cause : le pouvoir d'achat. Le slogan le plus entendu étant : "à bas la faim, à bas le gouvernement".
"On proteste contre le coût très élevé de la vie. On ne veut plus des Nations Unies ici, ils ne nous servent à rien", lance un Haïtien.
Ces manifestations contre la faim concernent en fait toutes les zones dites "en développement". En Asie, l'Indonésie qui a connu les troubles les plus importants, mais c'est le continent africain qui est le plus touché. Mozambique, Mauritanie, Côte d'Ivoire, Sénégal, Cameroun où les émeutes ont fait 40 morts en février, et puis dernièrement le Burkina-Faso, en grève générale depuis 2 jours, et enfin l'Egypte, fortement perturbée depuis le week-end dernier. A 100 kilomètres au nord du Caire, deux manifestants sont morts, dont un garçon de 15 ans. La flambée des prix se conjugue dans cette région à une pénurie de pain.
Partout, les gouvernants n'ont que peu de réponses à apporter à leurs citoyens...
Source : http://www.m6info.fr/m6info/monde/monde--les-emeutes-de-la-faim/article.jsp?id=ri2_823441&cid=awl_787239
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Mar 15 Avr 2008 - 12:01

el spirito a écrit:
Faut pas trop s'inquièter de ces puissants financiers....ils arriveront toujours à se rattrapper autre part!


bravo! ils semblent s'orienter sur le grain à moudre...une bonne spéculation sur les denrées, pour préssurer un peu les ventres en ce moment, la bile des pauvres y a bon ça! Pity
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Mer 16 Avr 2008 - 16:51

Citation :
Emeutes de la faim :
qui sont les responsables ?
Quelles sont les solutions ?


(N° 841 - Semaine du 17 au 23 avril 2008


On sait qu’aux Etats-Unis politique et religion font bon ménage. Les présidents y prêtent serment sur la Bible. Et les guerres les plus monstrueuses — du Vietnam hier à l’Irak aujourd’hui — trouvent toujours des cohortes de frères prêcheurs pour les justifier au nom de Dieu.


« Notre » ministre de l’Economie, Mme Lagarde, ne manque aucune occasion de rappeler qu’elle a fait toute sa car­rière professionnelle aux Etats-Unis.


On ne s’étonnera donc pas que, recevant à dîner les plus importants banquiers du monde en marge du G 7 (1), elle ait déclaré : « La dizaine de professionnels, en particulier des banques d’investissement, ont reconnu leur responsabilité collective. Ils ont pour ainsi dire fait acte de repentance, admettant les excès de cupidité qui ont poussé certains opérateurs à prendre des risques excessifs » (2).


Repentance ?! Excusez-nous pour notre « excès de cupidité », auraient donc dit les patrons, s’engageant : c’est promis, on ne le fera plus… ou pas de manière aussi « excessive ».


De qui se moque-t-on ?


Ces « professionnels » avec lesquels Mme Lagarde a dîné, ce sont les dirigeants qui campent aux sommets du système capitaliste mondial.


C’est leur système fondé sur l’exploitation forcenée de la classe ouvrière qui accumule des montagnes de capitaux à un pôle de la société et la misère à l’autre pôle. « Le monde croule sous les liquidités », et c’est cela qui provoque les « fièvres spéculatives », reconnaît le spécialiste Patrick Artus, économiste à Natixis (3).


La spéculation sur les subprimes a débouché sur une véritable récession dont nul ne peut prédire la fin.


Des millions de ménages ouvriers américains chassés de leur maison, des millions d’ouvriers chassés de leur emploi dans le monde entier !


Des crédits immobiliers s’effondrant, les montagnes de capitaux spéculatifs — 600 000 milliards de dollars ! — se sont déplacés vers le pétrole, le gaz et les produits agricoles.


Haïti, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Yémen… : les émeutes de la faim ont déjà soulevé les peuples de trente pays ces derniers mois. Qui est responsable ? Les Chinois et les Indiens qui consomment trop, comme d’aucuns osent le prétendre ?


Mensonge !


Responsables, la classe capitaliste, les grandes banques, les multinationales qui, par cette spéculation effrénée, ont provoqué une flambée des prix des aliments à l’échelle mondiale : + 85 % en 26 mois (4) ! Flambée des prix qui plonge dans la misère absolue un nombre grandissant d’êtres hu­mains en Afrique et en Asie d’abord, mais aussi en Europe et en France (5) !


Responsables, le FMI, la Banque mondiale, l’OMC qui multiplient les rapports pour contraindre les pays à l’équilibre budgétaire et à l’abandon des cultures vivrières au profit des cultures industrielles pour l’export.


Responsable, l’Union européenne, qui, par sa politique de quotas et de mise en jachère, a scientifiquement organisé la pénurie alimentaire, transformant des pays exportateurs en pays souffrant d’un déficit constant en blé, en lait, etc. !


Responsable, la Banque centrale européenne, qui, au nom des traités de Maastricht et Lisbonne et de la sacro-sainte « concurrence libre et non faussée », s’oppose à la fois à toute augmentation des salaires et des revenus, et à tout blocage des prix.


A tous ceux qui prétendent que la solution viendrait d’une « réorientation» du FMI, de l’Union européenne ou de la Banque centrale européenne (6), les événements dramatiques des dernières semaines devraient rappeler cette loi de l’histoire : on ne précipite pas impunément les peuples dans la misère !


La révolte gronde, qui soulève le couvercle de la marmite.


Le premier pas vers une politique conforme aux besoins des peuples, c’est le respect et la restauration de la souveraineté des nations, condition de la souveraineté alimentaire.


L’encouragement et le subventionnement des produits agricoles, le blocage des prix des produits alimentaires, l’augmentation générale des salaires et des revenus, et le financement de ces mesures de sauvegarde par la confiscation de profits spéculatifs et la (re)nationalisation des grandes ban­ques et des secteurs clés de l’industrie : ces mesures en France comme dans le monde entier sont possibles, nécessaires, urgentes.


On n’y parviendra certainement pas par le miracle de la « repentance » hypocrite de quelques responsables, mais par la rupture avec les institutions qui imposent le talon de fer capitaliste et la misère qu’il répand sur tout le globe ; par la rupture, donc, avec le FMI, l’OMC et l’Union européenne (7) !


Daniel Gluckstein



(1) Sommet des représentants des gouvernements des sept pays les plus industria­lisés.
(2) Le Figaro, 14 avril 2008.
(3) France-Inter, 11 avril 2008.
(4) Chiffres de l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, cités par le Financial Times, 14 avril 2008.
(5) Selon le Fonds international de développement agricole (FIDA), agence de l’ONU, chaque augmentation de 1 % du prix des denrées alimentaires de base plonge 16 millions d’êtres humains supplémentaires dans « l’insécurité alimentaire », d’où la prévision de « 1,2 milliard d’êtres humains (qui) pourraient avoir chroniquement faim d’ici à 2025 » (Le Monde, 13 avril 2008). Concernant la France, lire pages 2 et 3.?
(6) Comme Jean-Christophe Cambadélis saluant « Strauss-Kahn en train de réussir son pari » à la tête du FMI, ou encore L’Humanité (14 avril) appelant de ses vœux un « FMI rénové » et une « Union européenne réorientée ».
(7) On lira pages 12 et 13 l’appel à une conférence mondiale ouverte sur cet axe.



http://www.parti-des-travailleurs.org/index.php
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Dim 25 Mai 2008 - 8:16


Crise sociale et économique : le scénario noir






Par Olivier RIMMEL Agoravox - Vendredi 23 mai

Personne ne peut l’affirmer, mais il est désormais plus que probable que le monde entier a entamé la fameuse phase de décroissance annoncée par les spécialistes depuis des années.

Malheureusement, toute l’organisation humaine, à la fois économique et sociale, est aujourd’hui “indexée” sur les produits énergétiques primaires et dérivés, notamment le pétrole. L’augmentation du prix du baril (qui a pratiquement quadruplé en l’espace de quelques années) et la faible valeur du dollar américain face aux autres monnaies conduisent à une situation jamais vue dont les conséquences immédiates, différées et latentes amènent à une criticité extrême.

Depuis des années, des centaines de scientifiques, économistes, spécialistes et autres chercheurs alarment les gouvernements partout sur la planète en expliquant qu’il est urgent d’agir, que le pétrole n’est pas éternel et que les menaces qui pèsent sur l’humanité sont immenses à partir du “peak oil” (que certains analystes considèrent comme étant déjà atteint).

Hélas, aucun pouvoir politique, nulle part sur la planète, n’a jamais cru bon devoir prendre suffisamment au sérieux les études alarmistes, pire : les déclinologues sont même décriés et critiqués. C’est ainsi que nous nous retrouvons, en 2008, au début de la plus sérieuse “crise systémique globale” de l’histoire humaine récente, qui selon moi, conduira à un changement de civilisation dramatique et brutal dans les cinq à vingt ans à venir.

Au risque de paraître “catastrophiste”, et je le dis froidement en mesurant tout ce que ça implique : il n’existe aucun “plan B”, aucune énergie alternative, et aucun moyen de maintenir l’humanité et son système économique dans un état stationnaire viable à moyen terme. Par conséquent, puisque c’est déjà trop tard, quoi qu’on fasse aujourd’hui, d’immenses drames vont se produire inévitablement, les contrées les plus pauvres seront bien entendu les premières à en subir les conséquences, mais nul ne sait à partir de quel seuil les contrées les plus riches seront préservées, notamment dans le monde occidental ou dans les pays dits “émergents” ou “riches”.

Je suis objectif et pragmatique. Nous connaîtrons, y compris en Europe, une période sombre et très difficile à négocier où se dérouleront des drames qui vont plonger des millions de nos concitoyens les plus fragiles dans un état de grande pauvreté matérielle, physique et psychologique, entraînant avec eux toute la société moderne et développée dans une sorte de lente décroissance chaotique.

Depuis des années, j’évalue et j’analyse des risques et leurs conséquences et je modélise et vulgarise des scénarios pour les expliquer, je concentre l’expérience et l’information tirés d’études diverses faites par tant d’autres spécialistes. La synthèse de cet ensemble permet de produire un scénario noir qui me semble le plus réaliste et qui, aujourd’hui, est connu de tous les chefs de gouvernements occidentaux.

J’évoque ci-dessous, de manière succincte et non exhaustive, ce qui pourrait se produire dans les mois et années à venir.
  • Recrudescence de troubles sociaux violents, qui par ailleurs s’installeront dans la durée (manifestations violentes prolongées, grèves récurrentes, mouvements sociaux inattendus pouvant éclater à tout moment n’importe ou pour des motifs plus ou moins sérieux nécessitant toujours plus de moyens humains et matériels coûteux pour assurer la sécurité publique).
  • Populations de moins en moins hostiles aux actions de protestation et de blocage économique et politique au niveau du pays.
  • Criminalité en hausse globalement, confrontations intercommunautaires et intra-communautaires, irritations et jalousies exacerbées entre les individus conduisant à une multiplication de situations conflictuelles, de plus en plus violentes.
  • Augmentation du nombre d’initiatives criminelles personnelles et isolées (ou menées par des petits groupes) de type “actions terroristes” (non religieuses et indépendantes) ou de “sabotages” d’infrastructures, revendiqués ou non, visant à déstabiliser ou à critiquer les actions politiques sociales ou économiques qui nuisent aux intérêts des individus.
  • Défaillance des gouvernements et débâcle politique (impossibilité de faire face aux problèmes par des mesures politiques), accentuation de la perte de confiance dans le pouvoir politique, décrédibilisation des gouvernements qui perdent en représentativité.
  • Apparition du pouvoir centralisé et concentré, conduisant “mécaniquement” à des dérives vers la “dictature démocratique” puis vers le “totalitarisme démocratique” portant l’habit d’un gouvernement républicain.
  • Contrôle accru des médias (l’internet en particulier), avec le risque qu’un fossé se creuse entre le pouvoir politique et le “cinquième pouvoir”.
  • Apparition de la “censure informelle”, dite de “convenance politique”, défavorable aux journalistes indépendants et libres, qui créeront leurs propres canaux d’informations parallèles et indépendants.
  • Accentuation du risque d’atteinte à l’intégrité physique des personnalités politiques ou publiques exposées, de quelque tendance que ce soit.
  • Fragilisation du système bancaire par la recrudescence des faillites et des créances irrécouvrables, défaillances des remboursements des crédits à la consommation et défaillances des remboursements des crédits immobiliers.
  • Amplification de la crise financière internationale, perte de lisibilité sur les principales places de marché, mouvements spéculatifs incontrôlés et trop dynamiques pour être maîtrisés, installation dans une tendance baissière lourde.
  • Émergence du phénomène de “stagflation” mélange de stagnation (économie molle, faible croissance ou croissance nulle) et d’inflation, conduisant au pire scénario économique limitant toutes les marges de manœuvres, aux conséquences incalculables.
  • Création de “bulles urbaines sécurisées” (zones commerciales, autour de grandes entreprises et d’institutions, infrastructures stratégiques, agglomérations privilégiées, quartiers résidentiels protégés, villes sous contrôles d’accès) et émergence de “zones de non-droit” délaissées et hors de contrôle, ruinées, notamment les petites zones urbaines ou rurales, faute de moyens financiers et humain pour en assurer la sécurité et le développement.
  • Impossibilité d’assurer la sécurité de manifestations publiques massives (événements sportifs, culturels, etc.), qui deviennent progressivement proscrites.
  • Risque important de vandalisme dans les grandes surfaces et les grands commerces mal sécurisés et fortement fréquentés, où les gens excédés viendront se servir sans payer, lors de mouvements sociaux hostiles et localisés, qu’il sera par ailleurs très difficile de combattre ou d’empêcher.
  • Stations-services et dépôts de carburants dévalisés, puis vandalisés et saccagés, vols de matériaux énergétiques (recrudescence des vols de carburants depuis les réservoirs des véhicules privés et professionnels).
  • Transports routiers et même trains complets de marchandises ciblés, piratés et vandalisés (vols en bandes organisées par des actions violentes de type paramilitaires).
  • Apparition du marché noir et du troc, puis rapidement de la désobéissance civile, conduisant à l’impossibilité d’encaisser les taxes gouvernementales et d’assumer les budgets des États, et pour ceux qui le peuvent, fuite des capitaux vers les zones sécurisées (pays défiscalisés ou à fiscalité avantageuse).
  • Difficultés pour les pays et les institutions publiques à payer les salaires des fonctionnaires, les indemnités de chômage ainsi que les retraites.
  • Montée progressive du contrôle militaire dans la gestion quotidienne des crises, d’abord par l’utilisation de la gendarmerie, puis par les forces militaires conventionnelles, qui seront de plus en plus présentes et sollicitées.
  • Émergence de nouveaux leaders et groupuscules “autonomes” difficiles à contrôler.

Le tableau est noir. J’en suis conscient. La liste des conséquences dans nos vies de tous les jours est encore longue. Quoi qu’il en soit, il vaut mieux être préparé au pire, en espérant que le pire n’arrive jamais.

Apprêtons-nous donc à traverser une période douloureuse en se disant qu’il y a toujours pire ailleurs, et profitons de chaque jour qui passe. Pensons également à prendre les bonnes décisions et à faire les bons choix. Voyons loin.

Après tout, le catastrophisme, c’est aussi un principe de précaution.
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Dim 25 Mai 2008 - 8:39

Les nouveaux vagabonds



Dans La Route, Jack London évoquait avec force détails et descriptions, ces années de sa vie qu’il passa à vagabonder, en resquilleur professionnel des chemins de fer. Dans son récit, il dressait un portrait presque anthropologique, mais avant tout honnête et sans fioriture de ses “collègues” hobos, tramps et autres vagabonds du rail, pour la plupart des jeunes hommes qui avaient choisi de vivre sans entrave, sans loi, sans travail, sans toit, sans famille.

Sur le site Ridin’ Dirty Faces, on trouve une galerie de photos, d’un certain “Polaroid Kidd” (Mike Brodie), des portraits des vagabonds du rail de l’ère moderne, des hommes et femmes paumés, qui trimballent leur vie dans des sacs plastique, vivent dans la crasse et les détritus de wagons de marchandises, de gares abandonnées et dorment sur des gravats, le long des voies ferrées, dans la poussière de fer du ballast. Misère choisie ou misère subie, impossible de connaître leur passé, le parcours tortueux qui les a conduits là. Les chiens sont leurs seuls compagnons de route. A leur immense liberté qu’on croirait pouvoir leur envier répond seule l’immense tristesse de leur regard.


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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Dim 25 Mai 2008 - 19:22

KRAKEN

L'île surgie on laboura
on y sema on récolta
les femmes eurent des enfants
et les enfants des grands-parents
puis un beau jour tout retourna
dans l'abîme indifférent

La terre sur laquelle j'écris
de qui est-elle le dos ?
de qui ?



Raymond Queneau, in Fendre les flots, Gallimard, 1969.
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MessageSujet: Re: Heurs et malheurs du néolibéralisme   Mar 3 Juin 2008 - 18:11

"La faim" n'est pas que le titre d'un roman halluciné de Knut Hamsun, c'est aussi un facteur logiquement négligeable pour les marchés boursiers.


Spéculer sur la crise alimentaire, un suicide économique ?



Spéculez sur la famine, qu'ils disent...

par O. Mignot, 03/06/2008 - 16:00

"Voulez-vous récolter les fruits d'une possible augmentation des prix des produits agricoles ? (...) Profitez du potentiel de hausse des prix !" La banque d’investissement internationale Deutsche Bank, poids-lourd du marché spéculatif mondial, n'en fait aucun ombrage : la crise alimentaire mondiale est avant tout une sacrée opportunité de profit.

Hier matin, alors que les prix des matières premières agricoles flambent, que ce que l'on appelle à présent les "émeutes de la faim" déchirent et affament des pays entiers, que la hausse du prix des denrées pousse 30 millions d'Africains vers la pauvreté selon la Banque Mondiale et que l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) tient conférence le lendemain, le site internet belge de la banque publiait ce communiqué vantant l'intérêt (et le profit) de deux de ses packs d'investissement spéculatif qu'elle distribue, et souscriptibles en France.



Et spéculer sur la crise alimentaire est rentable, à l'image des résultats de Parworld Agriculture, premier fonds sur indices de matières premières agricoles et qui propose l'un des deux packs concernés, dont le fonds a progressé de 7,17 % entre le 1er janvier et le 3 avril 2008, et a enregistré une croissance record de 38,6 % en un an. Et son gérant, Jean-Philippe Olivier, de dire dans une interview au site Internet financier Newsmanagers.com que "les matières premières sont encore sous-évaluées".

Blé, soja, maïs, riz, et bientôt le lait... les prix, selon la plupart des experts, devraient en effet continuer à flamber, tant à cause du différentiel croissant entre une production limitée et une demande de matières premières agricoles qui explose que du fait que cette "niche" spéculative reste, selon les acteurs du secteur, encore peu exploitée.

Enfin, et c'est tout le problème de la spéculation financière selon les organisations alter-mondialistes, les prix de ces matières premières agricoles ne sont pas forcément calés sur l'état du marché au jour le jour : la plupart des investisseurs et spéculateurs, en effet, font des "paris" sur l'avenir en achetant un stock de matières premières agricoles avant-même que celui-ci ne soit récolté : acheté 6 mois plus tôt à un prix donné, ceux-ci le revendront le jour J au prix du marché. Quitte à attendre le bon jour J, où le prix de revente sera le plus élevé possible.

Des perspectives qui devraient faire les beaux jours des investisseurs, alors qu'un rapport rendu il y a 3 jours par l'OCDE et la FAO annonce dix ans de prix agricoles élevés. De quoi faire beaucoup de blé sur le manque de blé.

source
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