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 Cinéma fantastique et de science-fiction

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Vindex
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MessageSujet: Cinéma fantastique et de science-fiction   Mer 13 Fév 2008 - 12:50

Avec ce nouveau sujet, je vous propose de fantasmer le système économique planétaire, de déceler dans la structure narrative des films - chefs d’œuvre ou navets peu importe -, les réseaux de la démocratie totalitaire. Ou comment, dans la fiction, fournir une explication du terrorisme, le vrai. Pas celui des barbus vus à la télé, mais du terrorisme occidental à la botte de l’ennemi du genre humain.

L’ennemi est invisible et innommable parce que nous ne pouvons le représenter qu’au niveau du fantasme collectif ; en le désignant (par défaut) comme le monde moderne ou le « système », c’est aussi un aveu d’impuissance devant le capitalisme contemporain qui serait inconcevable sans la technologie qui abolit l’espace, cette simultanéité inouïe, cet empire de l’information qui constitue peut-être à la fois le problème et sa solution.

Le cinéma fantastique et de science-fiction offre, dans la paralysie générale de la pensée politique (à quelques exceptions près), un effort d’enchantement du monde, un nouveau réalisme magique où les objets de la technologie moderne (ordinateur, magnétoscope, etc.) figurent l’ensemble irreprésentable du réseau mondial décentré. L’espace crucial du générique oriente aussi nos habitudes perceptuelles.

Qui dit media dit transports. Quels films pourraient donc nous transporter vers cette « autre scène » du capitalisme ? Capitalisme qui ne se réduit pas à un réseau toujours plus dense d’institutions supranationales, mais vient aussi - sous la forme d’images – entraver l’effort d’allégorisation (problématisation) de notre nouveau monde et l’expérience critique que nous en avons.

MEDIATOR a écrit:
Ne nous donnez pas seulement des titres de film, partagez votre avis sur lui quant à la problématique soulevée par Vindex. Merci. Jap
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Le Bordelleur
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MessageSujet: Re: Cinéma fantastique et de science-fiction   Mer 13 Fév 2008 - 15:04

Trilogie Star Wars avec la fédération du commerce, le techno syndicat et le clan banquaire, ui se font tous niqués par un ennemi plus méchant et totalitaire, le sénateur Palapatine...

A voir si le capitalisme ou le libéralisme n'est pas entrain de se faire remplacer progressivement par des instituions supranationales déconnectées de la base populaire et démocratique...

Question idiote : l'UE est-elle plus forte que le libéralisme mondialisé, le modéle chinois maîtrise-t-il le libéralisme de sa côte est, l'ONU deviendra-t-elle une organisation plus autoritaire que les USA ? Ces questions ne sont pas assez d'actualité, je me demande simplement si l'on ne tend pas vers ce genre de choses, à savoir un corporatisme supranational, ou personne n'est réellement maître du système. A l'inverse le système s'infiltrant partout via des zélateurs poussés idéologiquement à faire le "bien"* !(le bien du système évidemment)

Autres titres à noter : Total Recall, Robocop, Terminator, Matrix, Absolom 2022, Le souffle du futur (avec Mark hamill et Bill Paxton, un ovni !).
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filantropic
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MessageSujet: Re: Cinéma fantastique et de science-fiction   Mer 13 Fév 2008 - 17:56

Jul le Marteau a écrit:
ajax a écrit:
- l'âge de crisyal
- blade runner
- soleil vert
et pour les connoisseurs !!!!!! ZARDOZZZZZZZZZZZZZZZ !!!!
Gattaca ? Starship Trooper ? Soupir
J'ai bon ? scenic

Citation :
Gattaca ?
merveilleux film "bienvenu à Gattaca"

Des thèses assez ardues dans un monde froid et sécuritaire tel qu'un néo-eugénisme pleinement assumé ainsi que la réapparition de castes. A partir de là, toutes les combinaisons sociales possibles ou non en fonction du potentiel génétique de chacun préétabli par les géniteurs en fonction de leur ressources et gouts personnels. L'aboutissement du concept de corps/capital.

La force du film, de son scénario est précisément qu'il ne montre pas explicitement l'arbitraire mais se moule parfaitement dans le prolongement d'une société social démocrate, avec ses rues propres, ses maisons confortables. Dictature soft.

Une dérive hypothétique sur un futur peut être pas si lointain.
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Sfogliatello
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MessageSujet: Re: Cinéma fantastique et de science-fiction   Jeu 28 Fév 2008 - 18:54

NeoN a écrit:
Invasion de Los Angeles ! Par Carpenter : belle critique du Capitalisme Super

Invasion Los Angeles, oui !

Autres commentaires d'intervenants :
grib a écrit:
là, je suis stupéfait, car cet extrait de film est génial! pas une erreur! vraiment excellent ce carpenteur, faut regarder cet extrait! génial !
elenfoiro a écrit:
Carpenter était un bon.

Puis vint Ghosts of mars....

---------------------------------------------------------------------------------------------------------
L'armée des 12 singes et La jetée (Chris Maker 1963)
Les fils de l'homme - Projection à court terme probablement très réaliste, wait and see...

L'effet papillon - La théorie du chaos.
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Thomas Demada
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MessageSujet: Re: Cinéma fantastique et de science-fiction   Jeu 28 Fév 2008 - 22:15

Citation :
Quels films pourraient donc nous transporter vers cette « autre scène » du capitalisme ?

C'était pourtant évident, il illustre ce forum... Incontestablement c'est Rollerball qui esquisse le mieux notre futur: un monde sans nation, dominé par les corporations, avec le sport spectacle pour tenir le prolo...
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Lutfi
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MessageSujet: Re: Cinéma fantastique et de science-fiction   Ven 29 Fév 2008 - 15:55

Vindex a écrit:
L’ennemi est invisible et innommable parce que nous ne pouvons le représenter qu’au niveau du fantasme collectif ; en le désignant (par défaut) comme le monde moderne ou le « système », c’est aussi un aveu d’impuissance devant le capitalisme contemporain qui serait inconcevable sans la technologie qui abolit l’espace, cette simultanéité inouïe, cet empire de l’information qui constitue peut-être à la fois le problème et sa solution. Le cinéma fantastique et de science-fiction offre, dans la paralysie générale de la pensée politique (à quelques exceptions près), un effort d’enchantement du monde, un nouveau réalisme magique où les objets de la technologie moderne (ordinateur, magnétoscope, etc.) figurent l’ensemble irreprésentable du réseau mondial décentré.
Beaucoup de sujets dans ces quelques mots. Un point crucial, à mon avis, c'est le fait que la technologie contemporaine "abolit l'espace". On pourrait dire qu'elle le modifie plus qu'elle ne l'abolit, mais malgré tout on peut parler d'abolition, donc en un sens de meurtre, et on peut rappeler qu'un des sens du rapport entre Caïn et Abel, c'est que Caïn représente le temps, et Abel l'espace (voir Le Règne de la quantité et les signes des temps, mais aussi Fabre d'Olivet). On peut aussi rappeler que Caïn est le prototype du sédentaire et que ce sont ses descendants qui construisent les premières villes. Donc, dans cette abolition de l'espace, on peut voir l'achèvement du meurtre d'Abel par Caïn.

Et c'est vrai que dans cet univers où l'espace est aboli, la SF ou les genres apparentés sont peut-être les films qui parlent de la façon la plus réaliste des problèmes réels de l'époque. En ce sens, ce sont peut-être les films les plus réalistes.

Quels sont les films les plus marquants ? Je ne sais pas. Répondre à cette question, c'est dire ce que l'on croit être le plus important. Je pense que l'un des films essentiels, c'est Zombi de Romero qui nous montre notre propre monde envahi littéralement par des corps sans âme, des corps sans âmes qui se regroupent quand même dans les supermarchés, parce que c'était un lieu qui tenait une place importante dans leur vie.

J'ai déjà parlé de King Kong qui nous montre en somme des capitalistes qui vont chercher des résidus psychiques de civilisations disparues dans un but purement financier, et qui sont dépassés par des forces qu'ils ne maîtrisent plus. C'est aussi le thème d'Alien, et ce monstre est un symbole assez net de certains aspects du subonscient.

J'aurais tendance à souligner ces deux films: Zombi et Alien. Et malgré bien des critiques, Fahrenheit 451. Il y aurait bien des critiques, et d'abord le fait que dans le film, la plupart des livres préservés sont des livres mineurs, alors qu'il ne s'en trouve aucun de majeur : personne pour sauver la Bible, ou l'Iliade et l'Odyssée, ou encore Hamlet, c'est curieux. Ensuite, là où ce film parait vraiment dépassé, c'est dans le fait qu'il décrit une société totalitaire de type fasciste ou soviétique, et ne prévoit pas du tout que le vrai et principal danger pourrait bien venir du libéralisme (ce que les 2 films que j'ai cités avant montrent bien). Mais Fahrenheit 451 montre tout de même la société moderne pour ce qu'elle est essentiellement, une société ouvertement en guerre contre l'intelligence et la réflexion.
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Jul le Marteau
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MessageSujet: Re: Cinéma fantastique et de science-fiction   Ven 29 Fév 2008 - 16:45

Le Bordelleur a écrit:
J'ai vu un film parodique de zombies, qui suit tous les codes au départ. Au tout début le héros ne semble pas se rendre compte de l'invasion des zombies. Il passe à côté de celle-ci. Au bout d'un moment on entre dans le film de zombies classiques, ou le groupe de héros est poursuivi par des hordes de zombies.

Mais c'est la fin qui est hallucinante, les médias retorunre leur veste, après avoir prêché la mort des zombies, il regrette leur erreur. Les zombies sont intégrés dans la société et serve de main d'ouevre pas chère. La scène finale, c'est le héros, qui a enchaîné son copain contaminé dans une cabane et qui joue à la console avec lui.

Ce film ne se limite pas à une parodie, il y a vraiment un message sociale MDR...

Si quelqu'un connait le titre !
Shaun of the Dead.

Dans un autre genre de film de zombie parodique: Fido. Avec message politique à l'intérieur.
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Lutfi
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MessageSujet: Re: Cinéma fantastique et de science-fiction   Dim 2 Mar 2008 - 23:21

Gérard a écrit:
Puisque Farenheit 451 a été abordé même s'il est un livre avant d'être un film est intéressant non pas par l'autodafé des ouvrages mais par le remplacement de la structure familiale par la télévision (voir la femme de Montag).

Sinon comme film pourquoi ne pas mettre Mad Max : Désocialisation sur fond de pénurie ? Brazil est exemplaire pour illustrer la judiciarisation comme source de profit et l'utilisation de l'épouvantail terroriste comme moyen de contrôle de la population. Le rêve étant soutenu par l'lllusion publicitaire dans un monde dévasté comme il se doit. Le dernier plan fait écho au film 99F d'après Beigbeder.
Concernant Farenheit, c'est une remarque intéressante, mais est-ce que tu ne crois pas qu'il y a un lien entre l'un et l'autre ? C'est vrai que la substitution de la télévision à la cellule familiale, on l'observe bien, alors que les auto-dafés de livres semblent plutôt révolus. Pourtant, à Paris, par exemple, les librairies ne cessent de disparaître au profit de magasin de fringues, et c'est vrai que les gens lisent de moins en moins. Dans les pays traditionnels, c'est plus simple en un sens, car la culture était essentiellement orale, donc la venue de la télévision, c'est vraiment la disparition des bibliothèques.

Quant à Brazil, c'est tellement notre monde...

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Jul le Marteau a écrit:
Lutfi a écrit:
et c'est vrai que les gens lisent de moins en moins.
Par rapport à qui ? A quand ? Sur quoi repose cette affirmation ?
Sur quoi repose mon affirmation ? Ben sur le feeling. Non sérieux, les librairies disparaissent. De temps en temps on nous dit que les Français lisent moins. Et il m'arrive de revenir à Paris, de discuter. Manque de pot,mes statistiques que je lis de loin en loin vont dans le même sens. Et les librairies disparaissent toujours. Alors si je me plante ? Si je me plante je suis heureux.

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Gérard a écrit:
Lutfi a écrit:
C'est une remarque intéressante, mais est-ce que tu ne crois pas qu'il y a un lien entre l'un et l'autre ? C'est vrai que la substitution de la télévision à la cellule familiale, on l'observe bien, alors que les auto-dafés de livres semblent plutôt révolus. Pourtant, à Paris, par exemple, les librairies ne cessent de disparaître au profit de magasin de fringues, et c'est vrai que les gens lisent de moins en moins.

Dans les pays traditionnels, c'est plus simple en un sens, car la culture était essentiellement orale, donc la venue de la télévision, c'est vraiment la disparition des bibliothèques.
Je ne pense pas que la "disparition" contemporaine des livres soit le fait d'une censure telle que l'on peut la voir dans farenheit 451 ou même dans 1984 . Il s'agirait plutôt d'une érosion qualitative plus que quantitative, et encore... Je vois plus un problème de blockbusterisation de l'édition (livres qui partent au pilon à peine sortis) mais c'est un autre problème. Parlons plutôt du cinéma.

Revenons dans la problématique du sujet proposé par Vindex : la colonisation de notre imaginaire par le capitalisme grâce au cinéma fantastique ou de science-fiction.

A propos de Farenheit 451 justement, notre différence de lecture peut éclairer un phénomène (involontaire à l'origine) quasi systématique : la récupération et l'instrumentalisation , Baudrillard récupéré par Sarkozy en somme.

Farenheit 451, tout le monde connaît : le fascisme cherchant à détruire l'esprit critique en incinérant les livres. 2° niveau de lecture : ce sont les pompiers qui s'y collent. Bien , le salut ne peut venir que d'une "Résistance" aussi fragile que mystérieuse, incomprise des foules. Que peut-on reprocher à un tel exposé ? Pas grand chose en fait.

Voici donc la critique que j'en produis : Ce film est une bannière voire une icône de la contestation, ce film cristallise sur son titre un fantasme improbable dans nos contrées. Quiconque utiliserait la force publique pour détruire un livre s'aliènerait la population immédiatement. Ainsi l'agitation d'un tel spectre verrouille intellectuellement et émotionnellement la contestation. La répression spectaculaire (relatif au spectacle ) focalise la dénonciation et occulte l'allégorisation nécessaire du livre. Le livre traduit la disparition de la culture orale telle que l'a énoncé Lufti.

Or le livre critique n'est nullement menacé par la censure mais par la succession accélérée des publication, l'accumulation des nouveaux titres, la bibliorhée à laquelle on assiste. Tout discours sur les livres est menacé non pas par la censure mais par l'incommunicabilité de la lecture décrite par Pierre Bayard dans Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? . Les gens parlent de livres qu'ils n'ont pas lus. Bien, mais alors, lire est un acte à réintégrer d'urgence dans la culture orale, et c'est celle-ci qui disparait, non pas sous les coups de boutoir d'un fascisme fantasmé, ne pouvant plus advenir, mais sous les coups d'une certaine modernité.

Pour énoncer clairement ma thèse, Farenheit 451 est un instrument de sidération divertissant de la vraie menace pour l'esprit critique : la disparition de la culture de l'échange oral.

Je généralise : nombre de films de science-fiction de par la nature spectaculaire de leur réalisation sont des trompe l'oeil, captant l'attention du spectateur sur un danger illusoire par faute d'allégorisation suffisante. Les aliens, les virus, les catastrophes en tout genre mettent en scène des personnages/héros vecteurs de valeurs sociétales et marchandes condamnables.

La science/solution systématiquement mise en oeuvre dans la structure narrative est totalement dévoyée d'un point de vue épistémologique et renvoie à une iconographie de magie avec ses chamanes. Cette représentation distord totalement la perception du (condamnable) fonctionnement de la technoscience auprès du spectateur : de problème, elle devient solution. Les personnages, de fonctionnaires méprisables du capitalisme sont mis en scène comme des héros.

L'investissement émotionnel dans les films (à gros budget) de science-fiction, soigneusement calculé par l'industrie du spectacle, nous imprime des représentations colonies de notre futur et/ou de la société et ainsi monopolise l'espace nécessaire à la construction d'autres représentations critiques.
Gérard, je peux être d'accord avec pas mal de tes affirmations, mais il faut préciser certaines choses. D'abord, il ne me semble pas que Vindex a proposé la problématique de "la colonisation de notre imaginaire par le capitalisme grâce au cinéma fantastique ou de science-fiction". Il me semble que Vindex a écrit le contraire :
Citation :
Le cinéma fantastique et de science-fiction offre, dans la paralysie générale de la pensée politique (à quelques exceptions près), un effort d’enchantement du monde, un nouveau réalisme magique où les objets de la technologie moderne (ordinateur, magnétoscope, etc.) figurent l’ensemble irreprésentable du réseau mondial décentré.
Ce qui ferait plutôt de ce cinéma un moyen de résistance. Alors on peut discuter de ces deux problématiques qui ne s'excluent pas forcémént, car le cinéma fantastique et de science-fiction peut être l'un et l'autre à la fois.

Je suis d'accord avec toi sur le fait que "Farenheit 451 est un instrument de sidération divertissant de la vraie menace". Mais je ne vois pas la menace exactement de la même manière, et ceci, peut-être parce que je ne crois pas que ce soit l'esprit critique qui soit principalement menacé.

Sur la censure à notre époque, il est exact qu'elle n'a en rien un caractère fasciste, surtout dans le sens que l'on peut percevoir dans Fahrenheit 451. Elle n'est pas moins efficace pour autant, car c'est bien le pouvoir qui décide des livres dont il pourra être parlé, et de la manière dont il pourra en être parlé, ce qui est effectivement plus subtile que la censure brutale car cela permet à une telle censure de passer inaperçue. Les moyens de cette censure sont divers, et il est intéressant d'en signaler certains :

1) d'abord, il y a des livres dont on ne parle pas. Ou très peu, ce qui, au point de vue du pouvoir, revient à peu près au même.
2) quant on en parle, il est toujours possible d'en falsifier le contenu par une présentation appropriée. Je regrette de ne pas avoir dans mes archives des articles très significatifs dans Le Monde des livres
3) ceci ne concerne que le monde de l'enseignement, et surtout l'Université, mais il y a effectivement des livres auxquels il est interdit de se référer, sauf dans les contextes favorables à la falsification.

Je suis prêt à développer, mais cela serait le sujet d'un autre fil. Pour revenir au sujet, je pense au contraire que le cinéma dont il est ici question peut permettre des ouvertures sur des questions qui sont justement celles que le pouvoir officiel veut occulter. Pour prendre un exemple vraiment très simple, il est difficile de dire, dans les cadres de la philosophie, ou de ce que l'on appelle les prises de positions intellectuelles, que nous vivons dans un monde monstrueux, et qui sous le rapport de l'oppression, ne se distingue pas forcément du nazisme ou du stalinisme. Au fond, c'est l'idée d'un film comme Brazil. Ici, un film permet de faire passer ce qui ne passerait pas ailleurs. Sur un plateau TV, une telle pensée serait immédiatement soumise à la censure d'un BHL, et si un BHL était manifestement insuffisant, celui qui veut s'exprimer ne passerait pas.

Dire que la société de consommation a transformé la majorité des gens en zombis, en corps sans âmes, cela ne se fait pas. Mais le film de George Romero ne fait que le montrer. Et l'on pourrait donner bien d'autres exemples, et chacun pourrait faire l'objet d'une véritable analyse.

Tu as parlé de fantastique, et c'est bien le genre auquel appartient le film Devil's advocate. Je signale ce film qui a l'avantage d'avoir été conçu par des gens qui connaissent bien la théologie: lorsque le diable dit "who, in their right mind, could possibly deny that the XXth century was entirely mine?" Cela peut se contester, mais cela peut aussi faire réfléchir ceux qui se posent la question de guy Debord: "qui diable dirige la démocratie?"
Et ce film a bien d'autres aspects qui peuvent faire réfléchir ceux qui en sont capables.

Et on peut ajouter que tout film est peut-être ambigu, à la différence d'un discours rationnel. Ainsi, on peut voir dans Fahrenheit 451 un film qui nous endort, qui occulte les vrais problèmes. Mais on peut aussi, en corrigeant certains aspects du film, poser les vraies questions qu'il pose. Oui, ce film nous montre la disparition de la famille et de la culture orale au profit de la télévision. Mais il peut nous conduire à nous demander si notre société diffère fondamantalement des systèmes totalitaires, et nous demander si un totalitarisme soft, que Guy Debord devait appeler le "spectaculaire intégré" n'est pas au fond plus pernicieux, et simplement plus efficace que ses ancêtres hard.

Sous ce rapport, est-ce que ce cinéma n'est pas en réalité, et malgré ses défauts, un espace de liberté ? Et on peut aussi se demander si le caractère essentiel du pouvoir mondial est vraiment d'être capitaliste, si le capitalisme explique vraiment toute la nature du pouvoir actuel, ou si il n'en constitue pas seulement une des structures.
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MessageSujet: Re: Cinéma fantastique et de science-fiction   Lun 24 Mar 2008 - 14:04

Videodrome (David Cronenberg, Canada, 1983) a toutes les apparences d’un film classique sur le monde moderne. Le scénario brasse un certain nombre de thèmes bien identifiables : le caractère socialement pernicieux de la télévision et de la culture de masse en général, les mutations perceptuelles impliquées par une exposition prolongée au nouveau medium (et que dire alors de l’Internet et des fora ?), et même par-dessus le marché quelques bonnes vieilles questions philosophiques sur le Bien et le Mal. Nous voilà donc en apparence en terrain balisé, solide.

Mais, en y réfléchissant bien, cette première approche n’est pas satisfaisante. Bien que Videodrome, à la différence des films de David Lynch, ne donne pas du tout une représentation dévoyée (branchée, esthétisante) des thèmes qu’il parait aborder et peut satisfaire un spectateur aimant les « bonnes histoires », la nouvelle dimensionnalité de l’espace culturel qu’il induit met en réseau sur la toile (l’écran de cinéma) les idées ressortissant de l’ancien type conceptuel. Perdant leur autonomie, elles deviennent des sortes d’images rémanentes projetées en retour sur l’écran de l’esprit par la culturalisation de la vie quotidienne. Cet écran de l’esprit est moins celui du seul spectateur que la production sociale elle-même (englobant le film comme processus complet) qui met en scène et fait écran. Révélation, manipulation, occultation sont les enjeux au-delà des thèmes convenus abordés. Une certaine dissolution de la philosophie reflète cette modification du statut des idées ; un bon nombre de concepts traditionnels ou thèmes cinématographiques de l’ « âge d’or » relève maintenant d’une culture pré-médiatique dont les résidus se doivent – discrètement ou non - d’être recyclés au terme d’une gigantesque mutation historique, entreprise pour le cinéma à partir de 1960. En rendant la (sous) culture omniprésente par les gadgets et la technologie, la modernité (les nouvelles vagues successives) chercherait à détruire la vocation des œuvres et des textes.

Sans autonomie, les « idées » repérées dans Videodrome sont les simples outils d’une cartographie cognitive dont la fonction fondamentale n’est pas de mouvoir la pensée mais de représenter son propre système médiatique. Mais la crise mise ainsi en évidence de l’ancienne thématique (remettant en cause la notion de « film de genre ») présente aussi des avantages formels pour ce film qui a pris soin de brouiller les pistes en se présentant comme un film fantastique ou d’horreur.

Que nous raconte vraiment Videodrome ?

Dans Videodrome, le propriétaire de la petite chaîne indépendante Channel 83 (James Woods) est presque suborné par la gigantesque entreprise optique qui se cache derrière Videodrome, et s’empare de lui pour l’incorporer en son sein. S’agit-il de l’histoire classique de la lutte opposant un petit homme d’affaires à une multinationale sans visage ? Ce récit traite en effet de la tendance à la monopolisation des médias et des industries culturelles locales, y compris des maisons d’éditions. C’est la lecture économique. Des lectures politiques sont possibles, puisque dans les premières émissions de Videodrome qui semblent provenir de quelque part en Malaisie, on ne sait pas si on a affaire à des exécutions politiques ou à de la pornographie SM. La confusion de la torture et du sexe confirme les analyses de Viscard sur le fil dédié à Sade. Mais si l’interprétation ne cesse d’être politique (une fois la source de transmission identifiée, Pittsburgh aux USA), les implications changent de terrain comme si nous étions invités, discrètement, à voir un autre film, quasi-invisible. Quels sont les indices de ce glissement herméneutique ?

Le thème de la marginalisation économique et culturelle demeure présent dans le choix d’une zone urbaine états-unienne non centrale, semi-périphérique et auparavant industrielle. Stagnation économique, « centre-ville » introuvable ravagé par les peep-shows et les bordels, réseaux paramilitaires de surveillance.

Ainsi, arrive la révélation du fait que Videodrome est un complot fomenté par la « majorité morale » qui, révoltée par la permissivité des médias, a lancé un programme d’extermination pour le moins inhabituel : un signal subliminal émis par le poste lors de la transmission des émissions porno ultra-violentes engendre une tumeur incurable chez les téléspectateurs, accompagnée d’hallucinations. Les riches comme les pauvres sont touchés indistinctement et, par conséquent, le mouvement politique auquel on a ici affaire traverse les barrières de classes. On est amené à penser que ce mouvement est répandu partout dans le monde et qu’il attend son heure, tapi dans le tissu social. Mais sommes-nous encore dans le registre de l’économique ou du politique ? La suite du film apporte la réponse, avec l’apparition d’une nouvelle religion : La Nouvelle Chair Vidéo.

La Nouvelle Chair Vidéo combat Videodrome, ce mouvement militaire entrepreneurial. Organisée autour des doctrines d’un disciple de Mac Luhan, elle offre une thérapie vidéo aux vagabonds désocialisés et aux délinquants urbains, en leur promettant une sorte de bond dans l’espèce humaine, une mutation de l’esprit fondée sur cette prothèse perceptuelle qu’est le rayon cathodique. La Nouvelle Chair Vidéo considère avec optimisme que la tumeur produite par Videodrome n’est qu’un stade du développement d’un nouvel organisme de perception, aux fonctions encore inimaginables. Ici, les anticipations d’une transfiguration prennent les figures jumelles d’une transformation technologique de la culture (nouveau médium) et d’un réveil du religieux. Le plus intéressant dans cette lutte politique titanesque opposant deux complots sans visage, c’est que ces derniers sont finalement identiques ; configurations en miroir au terme des inévitables mutations que nous réserve l’Histoire. La peur et l’espoir, la peur des êtres nouveaux (des hommes ?) que nous sommes voués à devenir, une fois effectuée cette mue qui nous dépouillera de nos anciennes valeurs. Tout cela étant intimement lié – sorte d’ADN du fantasme collectif – à une aspiration para-religieuse, à une transsubstantiation sociale qui nous ferait passer à une autre chair, à une autre réalité. Mais ces complots sont aussi identiques sur le plan du changement des valences du mécanisme narratif. La ferveur morale du contre-comploteur (lui-même comploteur) engendre une paranoïa et un fanatisme inquiétants. Les destructeurs des médias high-tech, qui se veulent les représentants du Vrai, du Bon et du Bien au sens traditionnel – calquent leurs méthodes sur celles de leurs ennemis dont rien ne les distingue fondamentalement.

Tandis que les angoisses physiologiques sont exploitées par les images grotesques de cauchemar sexuel où les mâles se voient féminisés par l’insertion de cassettes organiques dans une fente ouverte au-dessous du thorax, les figures féminines représentent la structure fantasmatique masculine de la triple déesse (mère/femme/fille), déclinée d’une organisation (Videodrome) à l’autre (Chapelle du Rayon cathodique). La clôture est l’une des questions formelles que pose ce type de représentation de complot. Toutes les dimensions et coordonnées d’une totalité sociale mondialisée ont été touchées. Mais comme cette totalité n’est pas représentable en elle-même, le film privilégie les effets de clôture, comme on parle de cartographier ou trianguler une réalité, c’est-à-dire aussi la déréaliser. L’intrigue de complot est un prétexte formel à un essai cinématographique qui parvient à rendre l’invisible tangible. A la fois abstrait et réaliste, Videodrome nous laisse percevoir le grain de la vie urbaine post-moderne et la nécessité structurale du complot pour que le macrocosme (qui se substitue à l’ancien cosmos) devienne une réalité que le regard devine comme dans un film d’Hitchcock (North by Northwest). Le complot est souvent inintelligible, mais sans complot, plus d’intelligibilité possible.

La structure post-moderne du film n’efface pas la catégorie narrative de personnage individuel comme semblaient vouloir le faire les formes modernistes. De même, la théorisation de la mort du sujet (au sens d’intrigue) n’est plus à l’ordre du jour (comme dans la Nouvelle vague). Au contraire, ces catégories sont dépassées par un assujettissement à une dynamique de déplacements, rotations et échanges des rôles ou des fonctions actancielles. Les acteurs restent « les mêmes » en apparence mais leur corps devient une partie du nouvel objet-monde de la reproduction technologique : biosynthèse de l’anatomie et de la machine, magnétoscope abdominal, nouvelle chair programmée, victime initiale devenant comploteur criminel dans un maillage d’objets médiatiques autonomes.

L’expansibilité des « boucles » narratives clôture indéfiniment le récit. Dans la science-fiction de Robert Heinlein ou Philip K.Dick, les paradoxes des voyages dans le temps engendraient des boucles dans lesquelles le personnage principal devenait son propre fils et son propre père : la génération et la transmission devenant impossible à celui qui - par son pouvoir de réécrire le passé ou le futur - se retrouvait prisonnier d’une monade privée, dans la solitude glacée d’un dieu dérisoire et sans descendance. Dans Videodrome, les complots nouveaux naissent des anciens et menacent de devenir un processus indéfini pour un monde alternatif, le nôtre, celui des guerres économiques, informatiques, écologiques, médiatiques, etc.
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MessageSujet: Re: Cinéma fantastique et de science-fiction   Dim 10 Mai 2009 - 11:56

eninel31 a écrit:
mr vaughn a écrit:
the matrix : des programmeurs, vivant dans une réalité écrite par d'autres programmeurs, eux mêmes ecrits par le programmeur universel, aka DIEU... comment toute réalité peut être réduite a une somme d'inputs et d'outputs... Confus
LA TRILOGIE MATRIX est le film le plus extraordinaire ! Par sa métaphore du systeme néo libérale en tant que systeme culturel, économique et politique. Où les machines ont réalisé le grand fantasme du libéralisme, produire des esclaves consommateurs/producteurs à la chaine.

Les mondes virtuels, nouveaux paradis artificiels



L’ordinateur personnel est, on l’a vu, une machine polymorphe : machine à écrire, labo photo, studio de création musicale, bibliothèque personnelle, machine à copier, livre interactif, etc. Il pourrait bien être simultanément drogue électronique, sur le modèle des produits encensés par le mouvement psychédélique - mescaline, LSD, etc. -, du fait qu’il est un moyen de fuite vers ces paradis artificiels particulièrement séduisants que se révèlent déjà être les mondes virtuels. Séduisants, ils le seront de plus en plus au fur et à mesure que les technologies à la disposition des pratiquants de l’informatique personnelle rendront l’expérience de l’immersion dans un environnement logiciel plus convaincante et déréalisante.

Pour l’instant, les mondes virtuels sont accessibles à la grande majorité des utilisateurs par l’intermédiaire d’une machine avec clavier et écran plat. Il est possible de simuler le déplacement dans un monde imaginaire, d’y « naviguer » comme on dit, mais l’image affichée à l’écran a encore un cadre, comme celles auxquelles est habituée la culture occidentale avec les tableaux, les miroirs, le cinéma et la télévision. Le désir de passer de l’autre côté du miroir se heurte à 4 segments de lignes droites qui forment le rectangle fort contraignant dont nous avons l’habitude. Or cette limite, que notre culture a toujours connue, disparaît avec la nouvelle génération de matériel, bien peu répandue encore pour des raisons de coût, mais déjà inventée et mise au point : le casque de réalité virtuelle.

Ce casque intègre un écran par œil, dont l’utilisateur ne voit normalement pas les limites inférieure, supérieure et latérales. Les 2 écrans sont synchronisés de manière à afficher des images stéréoscopiques : ce que voit l’œil droit est légèrement décalé par rapport à ce que voit l’œil gauche et chaque œil ne voit que ce qui est censé se trouver dans sa partie du champ visuel. L’image affichée dépend de la position et de l’orientation du casque. Le casque comporte également un haut-parleur par oreille et isole celui qui le porte des lumières et sons provenant du milieu ambiant.

Avec la « navigation » dans les mondes imaginaires et la disparition du cadre, ce sont 2 limites fondamentales imposées jusqu’à présent à l’expérience humaine qui tombent : il devient possible dans une certaine mesure de se croire de l’autre côté du miroir. Ce qui fait vaciller le mécanisme de dénégation qui est selon Freud la réaction de l’homme face à la fiction. Le célèbre « je sais bien que ce n’est pas vrai, mais quand même »* s’écrirait plutôt : « je sais bien que ce n’est pas vrai, MAIS QUAND MÊME !! ». Suivant le sujet, le moment, la qualité du logiciel et d’autres facteurs divers, la première partie de la formule freudienne pourrait aller jusqu’à disparaître dans l’illisible. [* : Pour une discussion de cette phrase, en réf. à l’article de Freud sur la dénégation daté de 1927, cf. l’essai d’O. Mannoni : « Je sais bien, mais quand même », dans son livre Clefs pour l’Imaginaire ou l’Autre Scène, Seuil - Champ freudien, 1969]

Ce type de casques est ce qu’on sait faire de mieux actuellement pour proposer une immersion réaliste. Il est déjà possible de l’utiliser en revêtissant également un ou 2 gants à retour d’effort, afin de pouvoir ressentir par ex. la résistance au déplacement que sont censés offrir certains objets représentés à l’image. Néanmoins, le réalisme absolu dont rêvent les techniciens est encore un objectif bien lointain, car si ce matériel fait disparaître des limites, il a lui aussi les siennes. Son poids n’est en effet jamais négligeable, ce qui porte atteinte à l’impression de réalisme, et, chez de nombreux utilisateurs, le conflit entre les informations amenées au cerveau par les yeux et celles qui sont amenées par l’oreille interne provoque des nausées.

On annonce parfois pour un avenir relativement proche (début du XXIe siècle) une combinaison à retour d’effort, qui envelopperait tout le corps et transmettrait à la peau, en plus d’une force de résistance au mouvement permettant de simuler l’apparence tactile des objets, diverses sensations comme le chaud ou le froid. Le fait que cette combinaison soit censée envelopper tout le corps fait beaucoup rêver certains milieux d’avant-garde à la possibilité d’avoir des relations sexuelles à distance avec des personnes équipées de matériels compatibles, ou même avec des personnages de fiction aux mouvements et paroles gérées par l’ordinateur [Cf. Mark Dery, Escape Velocity, Cyberculture at the End of the Century, Grove Press, NY, 1996, ch. 5. Tr. fr. : Vitesse virtuelle, la cyberculture aujourd’hui, éd. Abbeville, 1997]. Mais dans l’état actuel des connaissances, les obstacles techniques à la fabrication de tels matériels et expériences semblent insurmontables.

Et donc scientifiques et écrivains de science-fiction imaginent déjà d’autres voies pour accommoder l’homme aux mondes virtuels. Pat Cadigan, par ex., dans Synners [Bantam Books, NY, 1991. Tr. fr. : Les Synthérétiques, Denoël, coll. Présence du futur, 1993], et William Gibson, dans Neuromancer [Ace Books, NY, 1984. Tr. fr. : Neuromancien, La Découverte, 1985], envisagent la réalisation de « prises biologiques », sur le modèle des actuelles prises de courant, positionnées sur la tête du sujet et destinées à court-circuiter les sens en établissant un échange d’influx nerveux directement entre le cerveau et l’ordinateur. Hans Moravec, scientifique de renom, roboticien au MIT, envisage pour 2030 environ le téléchargement de l’esprit du sujet dans l’ordinateur par le biais d’une copie logicielle de son cerveau [Mind Children, the Future of Robot and Human Intelligence, Harvard Univ. Press, 1988. Tr. fr. : Une Vie après la vie : les robots, avenir de l’intelligence, Odile Jacob, 1992].

On a bien sûr beau jeu de démontrer que cette quête du réalisme absolu est un fantasme « New-Age » qui se heurte presque certainement à des difficultés scientifiques et techniques insurmontables. C’est ce que fait en particulier Mark Dery dans Escape Velocity [op. cit., pp. 325-332 de la trad., conclusion de l’ouvrage]. Mais il n’est pas question ici d’entrer dans ce débat, qui n’est que l’équivalent contemporain d’une querelle d’artilleurs du XIXe siècle réagissant à l’œuvre de Jules Verne en glosant sur le diamètre du canon et le type d’explosifs à utiliser pour envoyer un homme sur la Lune. Ce ne sont pas là en effet des considérations propres à intéresser le critique littéraire. Ce qui compte d’un point de vue culturel, ce n’est pas la faisabilité technique de tel ou tel projet, mais ce qui s’y révèle sur le désir humain.

D’autant plus qu’atteindre au moyen d’une solution technique un niveau de réalisme tel qu’on ne saurait distinguer entre réalité vraie et réalité virtuelle n’a aucune espèce d’importance. Car simuler n’est pas copier [c’est l’argument principal de Gödel, Escher, Bach de Douglas Hofstadter, tour de force intellectuel remarqué bien au delà des milieux informatiques l’année de sa publication, 1980].

L’ordinateur est bien loin de l’objectif qu’on lui donne souvent, qui est de penser comme un cerveau humain [cf. John Casti, mathématicien américain, auteur de Paradigmes perdus, InterÉditions, 1991, cité par P. Barthélémy in « Les ordinateurs ont du mal à apprendre à penser », Le Monde, 3 sept. 1997, p. 21 : « Des programmes peuvent produire des résultats d’apparence intelligente dans un domaine très limité, mais hors de celui-ci, un abîme les sépare de ce qu’on pourrait même charitablement appeler la pensée »]. Il est même probable qu’il n’atteindra jamais cet objectif. Et pourtant ce cerveau électronique primitif bat aux échecs le champion du monde de la spécialité, qui croit à un trucage car il pense reconnaître dans son jeu une stratégie humaine, et pourtant des programmes à la structure fort peu évoluée arrivent déjà à satisfaire sous certaines conditions aux critères du test de Turing et à se faire passer pour des personnes [cf. P. Barthélémy, « Le QI des machines parlantes s’améliore », Le Monde, 3 sept. 1997, p. 21. Cf. aussi M. Dery, op. cit., pp 226-227 de la trad., au sujet du programme LULU].

C’est cela qui doit nous interpeller : quelle est la logique qui fait que l’esprit humain ne demande qu’à se laisser tromper et entraîner par une fiction ? L’hypothèse posée ici est qu’il s’agit d’une logique basée sur un désir de fuite et une recherche de satisfactions, autrement dit d’une logique de drogue. On est dans cette logique de drogue simplement quand on répond au désir subjectif de l’utilisateur : à partir du moment où les satisfactions offertes par le virtuel deviennent plus gratifiantes que les satisfactions offertes par le réel. Pour certaines personnes, le monde imaginaire des romans fonctionne de cette manière, car l’agencement des mots et des phrases suffit à créer un effet de réel. Pour les cinéphiles, les mondes imaginaires des films sont des paradis artificiels où il est satisfaisant de fuir lors des projections. L’ordinateur tel qu’il existe maintenant amplifie ce type de phénomènes.

Sans attendre l’hypothétique perfection technique dans l’imitation du réel qu’on nous annonce pour le milieu du XXIe siècle, ses mondes virtuels sont dès maintenant un formidable défi lancé à la face des sociétés contemporaines, qui dans les années 60 et 70 ont combattu avec succès le mouvement psychédélique non parce que les drogues dont celui-ci se faisait l’avocat étaient dangereuses pour le corps, mais précisément parce qu’il leur était reproché de séduire la jeunesse avec une logique similaire [Historique précis in A. Escohotado, Histoire élémentaire des drogues, éd. du Lézard, 1995, ch.15, pp. 155-169]. À l’époque, on a jugé intolérable les conséquences du fait que, pour une portion significative de la population, les satisfactions offertes par le LSD étaient (ou semblaient ? - mais lorsqu’il est question de satisfactions c’est la même chose !) plus gratifiantes que les satisfactions offertes par le réel.

C’est ce que se rappelle Jerry Garcia, guitariste du groupe de rock psychédélique The Grateful Dead, c’est-à-dire membre d’un milieu où la consommation de LSD était chose courante, lorsqu’il se demande à propos de la réalité virtuelle, dans la remarque citée en épigraphe, « ce qu’ils vont faire avec ce truc-là ». Timothy Leary, figure de proue du mouvement psychédélique, a lui aussi fait le rapprochement, lorsqu’il a déclaré : « Le PC [PC = Personal Computer = ordinateur personnel] est le LSD des années 90 » [Chaos & Cyberculture, Ronin Publishing, 1994, tr. fr. : Chaos et cyberculture, éd. du Lézard, 1996]. Les adversaires les plus perceptifs de la cyberculture ont eux aussi remarqué des similitudes entre mondes virtuels et drogues. Comme M. Dery, pourtant issu de ses rangs, qui écrit : « Si la religion est l’opium du peuple, et le marxisme l’opium des intellectuels, alors le cyberspace [c’est-à-dire le virtuel. Sur ce mot, cf. infra. pp. 22-23] est l’opium de l’homme schizoïde du XXIe siècle, écartelé qu’il est entre son corps et son esprit » [Cf. M. Dery, op. cit., p. 265] (noter le changement de drogue : quand on veut tuer son chien...).

Ou comme le journaliste québécois Bernard Schütze, qui écrit à propos d’Osmose, monde virtuel de l'artiste canadienne Char Davies [présenté par son auteur comme une œuvre d’art itinérante. Il nécessite un matériel informatique bien plus puissant qu’un simple ordinateur personnel de la fin des années 90 pour fonctionner et a été présenté, en 1995, 1996 et 1997, lors de plusieurs manifestations artistiques liées à l’informatique, en Amérique du Nord et en Europe] : « Un retour au paradis perdu en prenant la fuite en avant de la réalité virtuelle, c’est finalement cela qui est proposé dans le monde d’Osmose. (...) Cette pensée techno-mystique ouvre la porte à un dangereux abandon du réel par une élite qui se retire définitivement dans un ailleurs dont les contours sont encore difficiles à cerner. Il faut faire appel à une autre géographie du virtuel » [« La Tentation de la techno-mystique », in INTER ART ACTUEL n° 64, fév. 1996].

Logique de drogue, mais sans drogue chimique à interdire : c’est peut-être bien un triomphe de la culture psychédélique qui s’annonce avec les mondes virtuels, qui seront les paradis artificiels du siècle à venir par la grâce de la machine et de la littérature. Et de la littérature, car plus que la puissance de calcul des ordinateurs et la définition des écrans, c’est le langage qui construit ces mondes, ce sont les métaphores qui les structurent qui les rendent convaincants, intéressants, séduisants. S’ils nous viennent surtout des États-Unis, c’est plus pour des raisons culturelles qu’à cause d’une supériorité technique sur le vieux continent en matière d’informatique.

Il est possible de comprendre pourquoi en comparant la télématique française (le Minitel) et la télématique internationale d’inspiration américaine (l’Internet) sur un point de vocabulaire particulièrement révélateur. Dans l’optique française, on se connecte à un serveur ou à un service Minitel. Dans l’optique américaine, on va sur un site Internet, on navigue ou on surfe sur le réseau d’un endroit à l’autre. La référence au lieu, à l’espace, agit au moins aussi efficacement sur l’esprit que la capacité technique à afficher une partie de cet espace de manière réaliste sur des écrans en couleurs. Les métaphores spatiales sont venues naturellement aux Américains, et pas aux Français, car dans la culture américaine la frontière est une notion centrale.
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Dernière édition par Referent le Dim 10 Mai 2009 - 16:23, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Cinéma fantastique et de science-fiction   Dim 10 Mai 2009 - 11:56

Le mythe de la conquête de territoires nouveaux à l’Ouest a forgé le pays, puis, quand il n’est plus resté que les territoires inhospitaliers de l’Alaska à conquérir, le président Kennedy a lancé dans son discours d’investiture de janvier 1960 l’idée de la « nouvelle frontière » : l’ambition de l’Amérique et des Américains devait être à partir de ce moment-là de conquérir des territoires sur la maladie, sur la pauvreté et de se lancer dans la conquête de l’espace intersidéral (avec une arrière-pensée, bien sûr : arriver sur la Lune avant les Russes, mais celle-ci n’est finalement qu’anecdotique). L’espace que par métaphore on dit exister dans les ordinateurs, le « cyberspace », est maintenant devenu le nouveau territoire à conquérir, et c’est tout à fait logiquement que la plus importante organisation qui fédère les pratiquants de l’informatique personnelle en réseau, co-fondée par John Perry Barlow, autre membre du Grateful Dead, et qui a pour projet principal la défense des droits de l’homme sur ce nouveau territoire, s’appelle l’Electronic Frontier Foundation (EFF), c’est-à-dire si on doit traduire la Fondation de la Frontière Électronique [ce mot Fondation, en anglais américain, particulièrement dans les milieux de l’informatique, évoque immanquablement la trilogie du même nom écrite dans les années 50 par Isaac Asimov, trilogie qui est elle même une réécriture science-fictive et messianique du mythe de la frontière].

Dans cette perspective, inventer le mot « cyberspace », c’est faire œuvre d’ingénieur, car ce mot est aussi indispensable qu’un plastique nouveau ou un microprocesseur performant à la mise au point de machines telles que le casque de réalité virtuelle. Or, le mot « cyberspace » n’est pas l’invention d’un ingénieur, mais d’un écrivain. Il n’est pas apparu pour la première fois dans un congrès scientifique, une publicité ou un rapport parlementaire mais dans une œuvre de fiction : Neuromancer, de William Gibson [Si on veut être très précis, il faut signaler que Gibson a utilisé pour la 1ère fois ce mot dans une nouvelle écrite et publiée peu de temps avant la parution de Neuromancer : il s’agit de « Burning Chrome » (« Gravé sur Chrome »), nouvelle-titre de son recueil de 1986. Mais dans cette nouvelle, « Cyberspace » est un nom propre, le nom commercial d’un modèle d’ordinateur. Ce n’est que dans Neuromancer que le mot devient nom commun et est défini].

Bien entendu, l’apparition de ce mot est tellement logique dans la culture américaine que si W. Gibson n’avait pas forgé ce néologisme, on l’aurait vu peu de temps après dans un autre texte. Mais cela se serait peut-être fait de manière moins percutante. En effet, le cyberspace est dans ce roman un outil de rébellion*, nanti d’une définition psychédélique (« hallucination consensuelle » à laquelle on a accès par l’intermédiaire d’un équipement électronique qui sépare la conscience du corps [W. Gibson, op. cit., p. 8 de la trad. fr.]. [* : cf. résumé de l’intrigue, infra, 4ème partie, pp. 48-51. La maîtrise du cyberspace sert à cette transgression essentielle qu’est l’émancipation de l’intelligence artificielle Wintermute].

W. Gibson a donc droit à notre gratitude, car les mots changent autant la vie que les progrès technologiques et scientifiques bruts. Sans le mot « cyberspace », il n’y aurait pas de mondes virtuels, rien que des services télématiques, et sans la définition du 1er chapitre de Neuromancer, les mondes virtuels n’apparaîtraient pas aussi clairement qu’ils ne le font maintenant comme des paradis artificiels.

On voit bien à travers cet exemple que la littérature est au centre du progrès technologique. Il y a en effet un continuel mouvement de va-et-vient entre textes littéraires et progrès des objets mis au point par la science et la technologie. Les scientifiques lisent beaucoup de science-fiction, ainsi que le confirme par ex. Laure Garcia dans un numéro récent du Nouvel Observateur [n°1707, 24-30 juil. 1997, p. 72] : « Aujourd’hui, qui sont les familiers de ces mondes futuristes ? Traditionnellement les lecteurs - et auteurs - de cet imaginaire prospectif sont des scientifiques. Maintenant souvent informaticiens, ils gravitent dans le multimédia. Plutôt masculin, le lecteur type est jeune, majoritairement trentenaire, (...) [fréquemment] bilingue. »

Les auteurs de SF, pour leur part, connaissent sur le bout des doigts l’actualité scientifique et technique : Bruce Sterling, autre auteur de SF à la réputation internationale, écrit de W. Gibson : « [Il] est un fervent lecteur de ce que J. G. Ballard a pertinemment baptisé la “littérature invisible” : ce flot envahissant de rapports scientifiques, documents officiels et publicités spécialisées qui modèle notre culture en dessous du niveau de perception consciente » [préf. à Burning Chrome, Ace Books, NY, 1986, tr. fr. : Gravé sur Chrome, J’ai Lu, 1987, p. 10].

Les métaphores utilisées dans le discours scientifique et les textes littéraires sont du progrès technologique, et les objets portent la trace des histoires qui leur ont donné naissance. W. Gibson est en ce sens un immense ingénieur. Marginalisation de la littérature, mort de la lecture, combat perdu d’avance, déclin, décadence, dit-on souvent. Mais les écrivains sont encore aux avant-postes de la société ; à l’aube du XXIe siècle, le roman est encore susceptible d’infléchir le cours des progrès techniques et humains.

Or cette littérature contemporaine, qui change le monde, bénéficie de très peu d’attention de la part de la plupart des critiques littéraires, qui considèrent encore que des romans publiés sous l’étiquette science-fiction, par des éditeurs spécialisés en SF, appartiennent à un sous-genre qui ne saurait prétendre au sérieux. On n’accepte de traiter de science-fiction que quand on n’a pas le choix, lorsqu’un auteur dûment étiqueté « écrivain de littérature générale », un Huxley ou un Orwell, se sert des conventions du genre pour écrire une utopie négative.

Y a-t-il des raisons intellectuelles valables à cette exclusion de fait de la science fiction du champ des études littéraires ? Ou faudrait-il plutôt y voir l’effet d’un conformisme social, dû au fait que la science-fiction est à l’origine une littérature populaire ? Tout se passe comme si les critiques se comportaient un peu comme les membres de la bonne société argentine, qui n’écoutent du tango que lorsqu’il est aseptisé par une interprétation classique : piano seul ou orchestre symphonique, cherchant sans cesse à oublier que cette musique vient des bordels et qu’elle se joue en formation hybride avec bandonéon et guitare.

Pourtant, la science-fiction est maintenant une littérature sophistiquée, tout comme la musique des quartiers chauds de Buenos-Aires a été profondément renouvelée et propulsée à l’avant-garde par des musiciens de génie comme Astor Piazzolla ou Jorge Cardoso. Elle offre un point de vue irremplaçable sur la version contemporaine de problèmes qui se posent sans cesse à l’être humain. Elle sait en particulier mettre en scène les enjeux culturels, politiques et éthiques liés aux nouvelles technologies. En outre, personne mieux que les écrivains ne parle de l’écriture.

C’est pourquoi, si on se rappelle que les mondes virtuels sont aussi une forme nouvelle de littérature, il va être intéressant de voir ce que les écrivains, aussi bien ceux « de science-fiction » que ceux de « littérature générale » qui font une excursion dans le genre, ont à dire des mondes virtuels dans leurs œuvres. En tant qu’écrivains aussi bien qu’en tant que connaisseurs de la science et de ses effets sur l’homme, ils sont a priori les plus qualifiés à l’heure actuelle pour en parler.


Gérard Dahan
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MessageSujet: Yzonpasorti Goldorak le film !   Mar 19 Mai 2009 - 0:49

La preuve !





Spoiler:
 


Tiens voilà le vrai générique du cultissime dessin animé !



Accours vers nous, Prince de l'espace Prince de l'humour
Viens vite, viens nous aider
Viens défendre notre terre
Elle est en danger

L'ennemi héréditaire sioniste
Veut nous écraser
l'avenir du genre humain français
Tu l'as dans tes mains

Viens défendre notre Terre
De justice et d'amour
Toi le chevalier solitaire
Nous t'appelons au secours
Nous voulons sauver la liberté
De notre planète pays
C'est la seule vérité

Accours vers nous, prince des étoiles prince de la main d'or
Viens vite, viens nous protéger
Dans ton merveilleux robot parti
Tu te bats encore

Repousse tous les assauts
Deviens le plus fort
La Terre France a besoin de toi
Pour battre Vega

Viens défendre notre Terre
De justice et d'amour
Toi le chevalier solitaire
Nous t'appelons au secours
Nous voulons sauver la liberté
De notre planète
C'est la seule vérité

Viens défendre notre Terre
De justice et d'amour
Toi le chevalier solitaire
Nous t'appelons au secours
Nous voulons sauver la liberté
De notre planète Pays
C'est la seule vérité

Dieudonné Go !

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MessageSujet: Re: Cinéma fantastique et de science-fiction   Lun 15 Avr 2013 - 17:16

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