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 Nanars

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Dogman
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MessageSujet: Re: Nanars   Lun 18 Fév 2008 - 20:24

Jul le Marteau a écrit:
Ce serait bien que t'explique en quoi ce film est un nanard.
Matrix et Asterix, rien de nanardesque ...

Ce qui est drôle, c'est que tout le monde n'a pas la sensibilité du nanar ... c'est tout un art et certains considèrent ces films uniquement comme de la merde, du sous-cinéma ... Non
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MessageSujet: Re: Nanars   Lun 18 Fév 2008 - 21:06

Si certains nanars sont effectivement mauvais, tous les nanars ne le sont pas ; nanar n'est pas synonyme de mauvais film.

Ed Wood qu'on a surnommé "le plus mauvais cinéaste du monde" n'était pas réellement mauvais. Il était bizarre, fauché, expéditif, mais il avait un style. Glen or Glenda ne ressemble à rien d'autre, il frôle le fond du ridicule de temps à autre mais il s'en échappe souvent à force de culot, de sincérité et d'innocence. Je ne crois même pas qu'on puisse l'appeler un nanar.

Lestat a écrit:
Ça, ce n'est pas un nanar, c'est une merde.
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Jul le Marteau
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MessageSujet: Re: Nanars   Lun 18 Fév 2008 - 21:19

Allez vous finir par expliquer pourquoi Asterix, dernier en date, est une merde?
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Le Bordelleur
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MessageSujet: Re: Nanars   Mar 19 Fév 2008 - 0:29

Il faudrait peut-être que l'on s'entende sur la définition du nanar...
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pimpam
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MessageSujet: Re: Nanars   Mar 19 Fév 2008 - 14:56

MEDIATOR a écrit:
Sans rentrer dans une querelle sous-jacente d'avatars, le film "simpsons" venant de sortir en dvd est bien gratiné dans le genre... Siffle

Quoi ? Tu iras en enfer pour avoir écrit cette phrase !!! Twisted Evil

Bon, ça traine un peu en longueur, je n'aurais pas payé 9 € pour aller voir ce film en salle. Mais on y retrouve tout l'esprit Simpsons, avec un flot de gags tuant qu'on aurait peine à retrouver dans les 3 Astérix réunis ! Very Happy

Citation :

Il faudrait peut-être que l'on s'entende sur la définition du nanar...

Effectivement, il ne faut pas confondre films ratés, "navets" et "nanars"... Mais les frontières sont quand même assez floues !
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cricri
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MessageSujet: Re: Nanars   Sam 5 Avr 2008 - 1:15

MAGGLE a écrit:
pimpam a écrit:
Effectivement, il ne faut pas confondre films ratés, "navets" et "nanars"... Mais les frontières sont quand même assez floues !

Au fait, ça vient d'où le mot "nanar" ?

Tiens! Voilà un site sur les nanars ça s'appelle Nanarland

http://www.nanarland.com/
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Oshun
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MessageSujet: Festival international du film à la con, 11 et 12 septembre   Mar 1 Sep 2009 - 21:44

La petite ville de Thônes, en Haute-Savoie, organise les 11 et 12 septembre 2009 la cinquième édition du Festival international du film à la con.

33 films, réalisés spécialement pour le festival avant juin 2009, ont été sélectionnés. Toutes les infos sont sur le site, ainsi que la bande annonce. Que vous dire, sinon que ça a vraiment l'air de correspondre au thème et que j'espère que ce festival rencontrera un public nombreux. J'espère aussi que nos critiques les plus intelligents daigneront y assister, s'ils osent.

Longue vie au Festival international du film à la con.
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MessageSujet: Re: Nanars   Lun 11 Jan 2010 - 5:49

Jean-Claude Brisseau, ancien prof de français de français en banlieue, s'est mis à la réa après la rencontre avec Rohmer qui l'a même soutenu à ses débuts. Comme son inspirateur mais à mon avis moins finement, il prétend fusionner film métaphysique et narrativité libidino-égotiste. Son film le plus connu est Noce blanche avec Bruno Cremer et Vanessa Paradis. Son ambition démiurgique est en soi fréquente dans son métier, il n'en reste pas moins qu'elle reste rivée à une sorte de jeu d'adolescence chez lui, maîtrisant mal qui plus est le langage cinématographique. Néanmoins des relents d'esthétisme rococo lui donne une place à part dans l'univers des nanars. Ah s'il avait fait son éducation au petit cinéma de Mocky plutôt qu'avec les vhs de René Château de son cher Éric...

Voilà une de ses dernières "œuvres" (tournée en 25 jours), captivante si on aime les émois régressifs de ses 17 ans, et qui se voulait une réponse sur un scandale mettant en cause sa démarche d'artiste (incompris comme de bien entendu). Qu'il est dur de ne pas être (encore) reconnu comme le post-hitchkokien Lynch français... Patience, Jean-Claude...





POUR


La Loi et le désir

Jeudi 14 septembre 2006

Les anges exterminateurs (2006) de Jean-Claude Brisseau avec Frédéric Van Den Driessche, Maroussia Dubreuil, Lise Bellynck, Marie Allan

Ca m’a démangé plus d’une fois mais je n’ai pas parlé, au moment opportun, de « l’affaire Brisseau ». En faisant exception de mon admiration pour l’œuvre d’un cinéaste que je voulais défendre, il me semblait pourtant que ce fait divers sordide appellait un certain nombre de considérations dépassant le constat d’un simple retour à l’ordre moral hargneux (tellement flagrant qu’il est inutile d’insister) et le flot d’inepties bien-pensantes déversé par une horde de journalistes se piquant alors de jouer les juges et les flics1. Plus qu’une histoire de « harcèlement sexuel », la condamnation du cinéaste me semblait l’aboutissement d’une logique de monétarisation de l’image des acteurs qui avait commencé avec le recours de l’infâme instit du film Etre ou avoir. Car au fond, qu’est-ce qui dans cette histoire a le plus gêné les apprentis-starlettes : d’avoir été contraintes à se masturber devant une caméra ou de n’avoir pas obtenu le rôle ? Je ne pense pas que Brisseau ait usé d’une arme pour les obliger à faire ces essais. Et lorsqu’on parle d’abus, cela me fait doucement rigoler puisque les scènes incriminées sont dans Choses secrètes, qu’elles sont même la charpente du film et qu’elles tirent leur force de la durée. Au nom de quel putain d’ordre moral interdirait-on à un cinéaste de faire des essais pour les scènes les plus importantes de son film ? Que ce genre de scènes puisse choquer la pudeur de certains, je l’admets ; mais ces jeunes filles n’ont pas été prises en traître et savaient à quoi s’en tenir. Fallait alors ne pas postuler pour le rôle et faire les castings de Delannoy !

Je suis persuadé que c’est moins la teneur des scènes qui les a révoltées que le fait de les avoir tournées pour rien. Dans une société pseudo-permissive, tout est permis à condition de payer et le seul domaine intolérable, c’est la gratuité. Et la bonne affaire du Spectacle (dans le sens que lui donne Debord, pas celui de la « star ac ») , c’est qu’il a finit par réifier totalement les corps. De la pub à la mode en passant par les magasines, tout pousse les individus à mettre en valeur le « capital » de leur corps. L’exhibition ne gêne plus personne à condition qu’elle rapporte. Brisseau a filmé la jouissance des donzelles sans leur offrir la gloire et le pognon sur lesquels elles bavaient. C’est sans doute ça son plus grand crime. 2

Je ne voulais donc pas parler de cette affaire parce qu’elle m’agaçait énormément et surtout parce que je n’avais pas tous les éléments en main. Si je me permets aujourd’hui d’écrire quelques lignes maladroites pour exprimer mon sentiment, c’est à cause de la sortie des Anges exterminateurs, film fascinant qui offre le point de vue de Brisseau sur ses démêlées judiciaires et fait le point sur les thèmes qui obsèdent le cinéaste.

François est un réalisateur qui connaît une certaine renommée et qui décide de tourner un film presque expérimental sur le plaisir féminin à partir des expériences que lui racontent ses comédiennes. Pour cela, il fait passer de nombreuses auditions où un bon nombre de jeunes filles déclinent l’invitation. Quant à celles qui acceptent, il les place en situation de transgression et filme des essais érotiques assez poussés…

A première vue, Brisseau semble avoir tourné ce film comme un avocat écrit sa plaidoirie pour la défense de son client. Même s’il donne le sentiment de vouloir se justifier, le cinéaste dépasse néanmoins cette dimension pour tourner une véritable fiction qui interroge et prolonge les recherches de ses films précédents (en particulier Les savates du bon Dieu et Choses secrètes). De ce point de vue, la scène inaugurale est splendide. Brisseau joue une fois de plus la carte du fantastique discret avec ce couple qui dort tandis que la chambre est envahie de spectres plus ou moins menaçants. Le cadre et la lumière, le jeu sur la profondeur de champ et les éclairages : tout est superbe et renvoie aux œuvres précédentes du cinéaste, montrant ainsi que nous ne sommes pas dans le registre du règlement de compte mais d’une véritable œuvre d’art. .

La suite est passionnante mais plus théorique. J’allais dire qu’on peut voir le film sans rien connaître du fait divers mais qu’il est souhaitable d’avoir vu Choses secrètes pour l’apprécier pleinement puisqu’il s’agit presque d’une analyse de ce film dont on retrouve certaines scènes (les fameuses scènes de masturbation mais également les frissons procurés par la transgression sur des lieux publics –ici dans un restaurant qui renvoie à la scène de métro de Choses secrètes). La démarche du cinéaste, c’est de traquer le mystère du plaisir féminin. Filmer le long cheminement vers l’orgasme, ce moment si mystérieux où le corps et l’esprit s’abandonnent totalement. D’où ces essais que tournent François, cinéaste se nourrissant du suc de la vie réelle pour ensuite le retranscrire de manière stylisée à l’écran.

Dans les anges exterminateurs, on sent d’emblée cette tension érotique qui navigue entre le désir de repousser les limites (chez les actrices comme chez le cinéaste) et ne pas perdre le contrôle de la situation.

C’est là, à mon sens, que Brisseau n’est pas François. François est un naïf qui ne pense pas en d’autres termes que celui de l’art. Brisseau possède évidemment ce côté mais il n’a pas cette naïveté et sait parfaitement que parler de sexe, c’est parler de pouvoir (Cf. Toujours Choses secrètes). Les anges exterminateurs apparaît alors comme un thriller où la quête d’un homme pour la « vérité » (du plaisir) met en branle une série de mécanismes où se mêlent la manipulation, le mensonge, la séduction, la simulation et l’orgueil de la réussite et du pouvoir. Qu’est-ce qui meut ses jeunes comédiennes ? L’éclat illusoire d’une certaine gloire ? L’idée de transgression qui semble insécable de l’idée de plaisir selon Brisseau ? La volonté d’offrir au cinéaste ce qu’il s’imagine du plaisir féminin pour en obtenir un profit à leur compte ? Car dans une scène qui fera sûrement couler beaucoup d’encre (je n’ai lu encore aucune critique de ce film), une sauterie entre trois filles, on n’est jamais loin du cliché et du fantasme masculin contemplant son gynécée. La scène est pourtant très belle car Brisseau ne la découpe pas, restant à une distance qui permet aux corps de s’exprimer librement. Mais est-ce que ces corps disent la vérité ? Une fois encore, la question de la simulation se double de celle de la représentation. Comment l’art peut-il représenter ce domaine où la vérité est si douteuse ?

François fait finalement, à ses dépends, l’expérience malheureuse de l’arme que peut représenter le sexe. Jusqu’aux années 70, le sexe a surtout été utilisé comme facteur d’émancipation et de transgression par rapport à une société rigide (ö Sade !). Avec la fin des utopies libertaires laissant place au règne sans partage du marché et du libéralisme économique ; le sexe est devenu un instrument de pouvoir. Le corps ne s’offre plus mais se vend. En voulant jouer avec cette dynamite, François se l’est fait sauter dans les mains.

La réflexion de Brisseau est passionnante et dépasse son propre cas. Dans une société où rien ne semble plus échapper à ce « trop de réalité » que dénonce superbement Annie Le Brun, quelle place pour la véritable transgression, pour ce que Brisseau appelle la « mystique du sexe » (ô Bataille !) et pour toute cette dimension obscure de l’Art qui prend vraiment le parti de l’humain ?

Ce sont toutes ces questions qui font le prix des Anges exterminateurs.

1 Dernier avatar de ces immondices politiquement correct, le compte-rendu de l’affaire dans le Télérama de cette semaine où l’on constate avec stupeur que ce crétin de Tavernier vient lui aussi jouer les redresseurs de tort avec une fatuité sans égale.

2 Par association d’idée, je pense à Sue perdue dans Manhattan, à ce moment où l’héroïne montre gracieusement ses seins à un clochard qui n’avait pas du jouir d’une si belle vision depuis des lustres. Geste purement gratuit qui me bouleverse tant il semble appartenir à des temps lointains !


CONTRE

« Les anges exterminateurs » mis en ligne le 16/09/2006, par Christèle

Plaidoyer pro - domo d’un délinquant sexuel Boycottons ce film !

Le 15 décembre 2005, le Tribunal correctionnel de Paris a condamné Jean-Claude Brisseau à un an de prison avec sursis et 15 000€ d’amende pour harcèlement sexuel à l’encontre de deux comédiennes. Le cinéaste n’a pas fait appel.

Dans leur plainte, ces deux comédiennes dénoncent les manipulations, les mensonges et les agressions de JC Brisseau, qui leur imposait de passer des « essais », en leur demandant de se masturber, de simuler un orgasme, ou d’avoir des relations sexuelles entre elles.

Le thème du film « Les anges exterminateurs », une soit - disant recherche sur le désir féminin et sur le plaisir sexuel que procure la transgression des interdits lui sert d’alibi pour satisfaire ses désirs sexuels. En effet, au cours de ces « séances » qui se multiplient et durent parfois des années, le cinéaste ordonne des attouchements, se masturbe, se comporte en voyeuriste. Puis, lorsqu’il est lassé, que la comédienne ne se soumet pas totalement à ses demandes ou se révolte, il l’humilie, la casse psychologiquement, dénigre son travail et la congédie pour recommencer avec une autre proie, tout en recommandant le silence sur ce qu’il s’est passé.

L’instruction et l’audience ont permis de mettre à nu ce système d’agression. JC Brisseau, lui, en fait un film.

« Les anges exterminateurs » lui sert aujourd’hui de tribune pour justifier son comportement. Il est représentatif du discours habituellement tenu par les agresseurs sexuels, consistant en un déni des violences et une inversion des responsabilités. JC Brisseau s’exprime à travers l’acteur qui joue le rôle du réalisateur et directement par une voix ‘off’. Il se présente comme une victime et un bouc émissaire.

- Bouc émissaire d’une société puritaine qui n’accepterait pas ses « recherches » sur le sexe et le désir féminin. Il paierait pour sa liberté de pensée et non pour avoir commis des délits de nature sexuelle. Mauvais argument : son film n’est pas subversif. Il colporte les habituelles idées reçues sur les femmes et leur sexualité.

- Victime d’un complot d’actrices, vexées de n’avoir pas été retenues pour le film. C’est la théorie de la vengeance, doublée de celle du complot (qui va de la juge d’instruction aux gendarmes en passant par les victimes et leurs conjoints), qui est ici invoquée pour délégitimer les plaintes de femmes. Il serait condamné en raison de cette conspiration, et non pour avoir gravement atteint aux droits fondamentaux des actrices : droit à l’intégrité physique et psychique, droit à la liberté sexuelle.
- Victime de la manipulation et de la perversité des femmes. Parmi les propos entendus dans le film, les femmes sont « toutes un peu bizarres, un peu salopes », « entre femmes, on ment, on se vante », « les comédiens, on est toutes des putes pour décrocher un rôle ».

Pour renforcer le message, ce ne sont que des femmes qui dans le film véhiculent les stéréotypes les plus éculés à l’encontre des femmes : vénalité, femmes n’assumant pas leurs désirs, femmes incapables de solidarité, garces entre elles... donc femmes peu crédibles.

- Victime de sa naïveté. Ce sont les actrices qui l’auraient provoqué.

Le cinéma est ainsi instrumentalisé pour véhiculer le discours d’un agresseur. Pour les victimes directes de JC Brisseau qui n’ont pas les moyens de répondre, c’est ignoble. Pour nous toutes et tous qui refusons cette vision caricaturalement sexiste des femmes, c’est insupportable.

Nous appelons au boycott de ce film financé par la Sorcière rouge et TS productions, avec la participation du Centre National de la Cinématographie, de CineCinéma et distribué par Rezo films.

Appel à diffuser largement ou/et à distribuer devant les cinémas qui programment ce film, dont la sortie est prévue le 13 septembre 2006.

Contact : AVFT-Libres et Egales
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MessageSujet: Re: Nanars   Lun 11 Jan 2010 - 11:51



Moi, j'aime beaucoup Jean-Claude Brisseau. C'est un vrai créateur et Choses secrètes un film magnifique.
J'ajoute que Brisseau comprend parfaitement, comme de l'intérieur, la psyché féminine (ainsi que l'avait fait Jules Romains en son temps dans un tout autre mode d'expression), et que ça ne lui est évidemment pas pardonné.

Citation :
La réflexion de Brisseau est passionnante et dépasse son propre cas. Dans une société où rien ne semble plus échapper à ce « trop de réalité » que dénonce superbement Annie Le Brun, quelle place pour la véritable transgression, pour ce que Brisseau appelle la « mystique du sexe » (ô Bataille !) et pour toute cette dimension obscure de l’Art qui prend vraiment le parti de l’humain ?

Qui est l'auteur de la plaidoirie "pour", s'il vous plaît ?

NDM : cliquer sur le titre du texte (lien mis en rouge foncé).
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MessageSujet: Re: Nanars   Lun 11 Jan 2010 - 19:17

Je n'ai pas dit qu'il ne faisait que des nanars comme Emile Couzinet le bordelais en son temps (afin d'alimenter louablement son petit réseau de salles). Je proposais juste de rajouter ce film à la liste des nanars : ce n'est pas un navet intégral type film érotique M6 parce que sa création est singulière, mais c'est un nanar parce qu'elle est clairement ratée, disons maladroite et inégale si vous préférez.

Ayant, de par le hasard de mes pérégrinations, rencontré quelques aspirants-réas parigots, je dois avouer que leur envie d'exorciser un certain narcissisme à la Woody Allen dans leurs projets me semble bien mal placé pour saisir l'insaisissable que vous nommez "psyché féminine" * (inséparable selon moi pour être approchée de la psychologie amoureuse dont le cinéaste Bergmann tente de "montrer" la dimension anthropologique), même si ici Brisseau cause juste de filmer le "désir féminin" (fantasme du désir lesbien considéré comme désir féminin universel, c'est quand même très "masculin" comme approche). Ce qui m'a surpris à leur rencontre, c'est outre leur complaisance pour un certain cinéma français ou plutôt parisianiste qui ramène trop souvent les projets filmiques soutenables à un miroir tendu aux tourments de la classe bourgeoise, c'est la découverte de ce milieu, évoqué dans ce film justement, des actrices en éternelle attente que leur agence et leurs books portent ses fruits et pour cela, comment dire, un peu "barrées" des fois (à l'ombre des jeunes filles en fleur de narcisse...). En outre, intellectualiser/théoriser (voire cérébraliser) la question du plaisir (à ne pas confondre avec le désir qui ne se réduit pas au désir "charnel") m'a toujours paru une fausse revanche sur le corps de par trop refoulé : à trop "désomatiser" l'âme (notion passée de "mode" de nos jours paraît-il), on a de par trop "désanimé" le corps.



A la limite, quitte à défendre le "droit au plaisir" des femmes (trop souvent se subordonnant au désir masculin paraît-il, faudra que j'essaye) voire verser dans "l'épicurisme" (par ex. au sens de sexualité ludique comme dans des clubs-hammams type "moon city" à Pigalle), autant retourner le discours "moralisateur" comme le situationniste Raoul Vaneigem (même si l'inversion de discours n'implique pas forcément transvaluation) :

Citation :
L'amour est l'affinement du désir

L'amour n'est pas la transcendance du besoin sexuel, la farce boulevardière de l'ange et de la bête. Il est l'unité du corps ordonnant le chaos de ses désirs, affinant leur brutalité originelle, s'identifiant au seul principe évolutif de l'espèce humaine : que toute jouissance tend à se parfaire.

L'amour rendu à sa majesté sensuelle, à ce torrent de sang où tous les sens aiguisés donnent à chaque être particulier son sens spécifique, abolit la vieille et dégoûtante obédience au ciel, à l'esprit, à la fonction intellectuelle, à la séparation des hommes et des choses, des hommes entre eux et en eux-mêmes.

La transmutation va remplacer la transcendance.

L'amour prend conscience d'une symbiose à créer entre la nature et les êtres de désirs.

Extrait de : Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

* : Si j'avais voulu me montrer d'une ironie mordante sur votre propos, présenterais-je cette scène d'Abel Ferrara (Bad lieutenant, 1992) comme exprimant la "psyché masculine" ?



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Oshun
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MessageSujet: Re: Nanars   Lun 11 Jan 2010 - 21:22

Active X a écrit:
Je n'ai pas dit qu'il ne faisait que des nanars comme Emile Couzinet le bordelais en son temps (afin d'alimenter louablement son petit réseau de salles). Je proposais juste de rajouter ce film à la liste des nanars : ce n'est pas un navet intégral type film érotique M6 parce que sa création est singulière, mais c'est un nanar parce qu'elle est clairement ratée, disons maladroite et inégale si vous préférez.
Vous avez sans doute raison. Je n'ai pas vu Les Anges exterminateurs et bien entendu à aucun moment je ne m'y suis référée. J'ai simplement réagi à l'association du nom de Jean-Claude Brisseau à la notion de "nanar".

Citation :
Ayant, de par le hasard de mes pérégrinations, rencontré quelques aspirants-réas parigots, je dois avouer que leur envie d'exorciser un certain narcissisme à la Woody Allen dans leurs projets me semble bien mal placé pour saisir l'insaisissable que vous nommez "psyché féminine" * (inséparable selon moi pour être approchée de la psychologie amoureuse dont le cinéaste Bergmann tente de "montrer" la dimension anthropologique),
C'est tout à fait vrai, mais là nous ne parlons plus de Brisseau. Nous parlons de ces apprentis-réas parigots que vous avez rencontrés, ce qui est vraiment tout autre chose. Il n'y a pas moins narcissique que le cinéma de Brisseau. Et si je parle à son propos de compréhension profonde de la psyché féminine, ce n'est pas pour dire une banalité ou par effet de style. C'est justement parce qu'il réussit naturellement là où tant d'autres ambitionnent de le faire et n'y réussissent jamais.
Bergman n'a pas filmé la psyché féminine "de l'intérieur" comme Brisseau. Son propos n'était pas là. Il a consisté à filmer ses interrogations sur cette psyché féminine, amoureusement et avec délicatesse, mais sans nous donner l'impression d'y pénétrer. Dimension anthropologique, comme vous dites justement.

Citation :
même si ici Brisseau cause juste de filmer le "désir féminin" (fantasme du désir lesbien considéré comme désir féminin universel, c'est quand même très "masculin" comme approche).
C'est peut-être le cas dans le présent film que je n'ai pas vu. Ce n'est absolument pas le cas dans Choses secrètes, qui contient en effet des scènes de lesbianisme entre amies, mais avec une notion d'initiation, d'entrée dans un apprentissage du plaisir qui destine l'"initiée" à aborder la vie amoureuse de façon plus engagée et plus sérieuse. Une leçon de choses, en quelque sorte. Aucune complaisance dans ces scènes, vous pouvez m'en croire. Moi qui me suis toujours doucement moquée du fantasme lesbien comme objet de fascination masculin au sens de prétendu "désir féminin universel", je vous assure que je n'ai rien vu de pareil chez Brisseau et c'est pour cela que j'admire son travail. C'est quelqu'un qui prend de vrais risques créatifs, qui a laissé tomber une fois pour toutes le souci de "ce qu'on va penser de lui". Il côtoie en permanence des précipices sans jamais y tomber, alors que tous les autres soit les évitent pudiquement, soit sont déjà au fond et n'en remontent jamais.

Citation :
Ce qui m'a surpris à leur rencontre, c'est outre leur complaisance pour un certain cinéma français ou plutôt parisianiste qui ramène trop souvent les projets filmiques soutenables à un miroir tendu aux tourments de la classe bourgeoise,
C'est vrai pour vos aspirants-réas, ceux qui une fois en état de produire font toujours le même film, ce qu'on appelle gentiment dans le milieu "sortie de Femis"... Le miroir tendu aux tourments de la classe bourgeoise, les drames sous huit mètres de hauteur de plafond, les démons de midi ou de dix heures trente, les rots psychanalytiques, le se-regarder-filmer, de préférence avec un peu de chant baroque... Mais Brisseau n'est pas de ce monde-là ni de cette dimension. Moins engoncé que lui dans la problématique bourgeoise, je n'en vois pas en France, à part peut-être Mocky et Resnais*.

(*) J'ajouterai peut-être Christophe Honoré, contre qui j'avais un préjugé défavorable avant de voir Les Chansons d'amour, qui m'a bouleversée.

Citation :
c'est la découverte de ce milieu, évoqué dans ce film justement, des actrices en éternelle attente que leur agence et leurs books portent ses fruits et pour cela, comment dire, un peu "barrées" des fois (à l'ombre des jeunes filles en fleur de narcisse...).
Cela est un élément à ne pas négliger : l'attente et l'ambition. Mais l'auteur du blog qui défend Brisseau plus haut a mieux résumé la situation que je ne saurais le faire. Un peu barrées peut-être, mais sachant forcément, en allant faire des essais chez Brisseau, qu'elles vont avoir affaire à plus barré qu'elles. C'est tout de même écrit dessus. Elles savent qu'elles ne vont pas tourner une pub pour Danette. Alors, est-ce qu'elles sont prêtes à se donner jusqu'au bout ou non ? La violence verbale, l'humiliation, le "cassage" ? La belle affaire ! Des centaines de réalisateurs se comportent de façon sadique, et ça nous a parfois donné les plus beaux films du monde, c'est un phénomène bien connu dans l'histoire du cinéma. Là nous abordons la problématique de l'acteur, ce qu'il est prêt à faire 1) pour de l'argent, 2) pour pratiquer son métier dans la passion, dans l'initiation permanente, dans le don de soi, pas seulement à un réalisateur mais surtout à soi-même, à sa vocation. 1 et 2 ne représentent pas du tout la même démarche.

Citation :
En outre, intellectualiser/théoriser (voire cérébraliser) la question du plaisir (à ne pas confondre avec le désir qui ne se réduit pas au désir "charnel") m'a toujours paru une fausse revanche sur le corps de par trop refoulé : à trop "désomatiser" l'âme (notion passée de "mode" de nos jours paraît-il), on a de par trop "désanimé" le corps.
Je suis d'accord avec vous, mais l'exemple de Brisseau est là encore mal choisi pour évoquer ce phénomène. Si vous vouliez parler d'intellectualisation, de cérébralisation, et donc de dévitalisation du désir (ce qui est une forme de puritanisme), vous auriez pu évoquer la calamiteuse Catherine Breillat, par exemple.

Brisseau n'intellectualise, ne cérébralise jamais (donc ne trahit jamais) le désir, il lui rend sa dimension d'accapareur de l'être entier. C'est ce qui me fascine dans ses films : il est le seul à savoir montrer comment le désir n'est pas seulement un élan qui mobilise le corps mais une espèce d'ouragan qui implique l'être entier, précipite immédiatement aux tréfonds, nous lance tête la première au cœur de notre condition d'humains. Il montre ça très bien et avec peu de moyens. Ni désanimation ni désomatisation, puisque ce qu'il montre en permanence, c'est le lien, la concordance, la lutte douloureuse que mènent l'âme et le corps pour s'accomplir ensemble.

Et il ne s'agit pas de "droit au plaisir", loin de moi cette problématique galvaudée. Il ne s'agit que d'âme. Je n'ai parlé que de "psyché" féminine, et de rien d'autre.

Et en me citant Vaneigem, vous me le révélez, en fait, en harmonie totale avec ce que Brisseau cherche à exprimer à travers certains de ses films (à ce détail près que Brisseau ne met pas en opposition la "transmutation" et la transcendance, le désir et le sacré — pour lui le désir s'inscrit dans la transcendance. En apparence il parle de sexe, en réalité il parle d'incarnation) :

Citation :
L'amour rendu à sa majesté sensuelle, à ce torrent de sang où tous les sens aiguisés donnent à chaque être particulier son sens spécifique, abolit la vieille et dégoûtante obédience au ciel, à l'esprit, à la fonction intellectuelle, à la séparation des hommes et des choses, des hommes entre eux et en eux-mêmes.

Citation :
* : Si j'avais voulu me montrer d'une ironie mordante sur votre propos, présenterais-je cette scène d'Abel Ferrara (Bad lieutenant, 1992) comme exprimant la "psyché masculine"
Je vous avoue ne pas voir le rapport entre mes propos et cet extrait, ni en quoi cela exprimerait quoi que ce soit sur la "psyché masculine".
Je ne comprends pas non plus votre besoin d'exprimer cette "ironie mordante" (très mordante, en effet, et effective malgré votre usage du conditionnel) sur ce que j'ai écrit plus haut. J'espère que vous m'expliquerez.

La seule chose qu'il faudrait voir, en vérité, celle qui permet de comprendre tout le reste, c'est le film qui est à l'origine de celui qui a été posté initialement ici, c'est-à-dire Choses secrètes. L'avez-vous vu ? C'est la pièce qui manque à notre puzzle, et c'est une très grosse pièce.

PS : je ne prétends pas connaître la "psyché masculine". Je n'ai pas cette ambition. Quand j'ai parlé de "psyché féminine" je voulais simplement dire que lorsqu'un réalisateur me semble porteur d'un propos honnête et réaliste sur le ressenti féminin, ce qui n'arrive pas tous les jours croyez-moi (et paradoxalement les réalisatrices n'y sont pas forcément plus douées que leurs confrères), je ne peux que le reconnaître.
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MessageSujet: Re: Nanars   Mar 12 Jan 2010 - 8:38

Brisseau est parti d'une bonne intention pour ce film-réponse rapide à son verdict : Montrer la dimension humaine de l'affaire, non par esprit de vengeance envers les plaignantes mais comme s'il y avait une "fatalité" à aborder ce sujet du sexe (à notre époque loin d'être victorienne, cela paraît un peu "surjoué" comme questionnement). L'ennui c'est qu'il s'est méchamment fourvoyé dans son scénario conçu comme une justification plaidant les mésaventures d'un Candide attaché en bon pro' à la pureté de l'art (toute l'histoire du début jusqu'à la fin tourne autour de son bel avatar). D'où le rôle gratuit des scènes "hot" dans ce film qui montrent le réa comme un voyeur à l'insu de son plein gré (raison de ma fin de réponse sur ce point précis par l'allusion filmique, avec toutes mes sincères excuses si elle vous a paru railleuse à votre égard). Enfin oui, Choses secrètes recèle une indéniable poésie, si je brocarde à l'excès JCB, ce n'est pas pour ce film-ci.

L'extase mystico-amoureuse, outre qu'elle soit selon moi infilmable (en tout cas certainement pas par une femme se masturbant ou sollicitant l'entrejambe d'une autre femme), semble sa vraie recherche. Or elle n'est pas hors-société comme l'entend par ex. - cette fois dans un sens très réprobateur - Denis de Rougemont dans L'Amour & l'Occident qui voit dans l'amour courtois né au XIIe siècle, emblématisé par le mythe de Tristan & Yseult, annonciateur du mythe du couple unique absolu, un levain d'anarchisme (au sens de désordre social). Or elle n'est en rien un repli narcissique mais bien au contraire une expérience purificatrice réinvestissant l'ordre du monde et où femme et homme ont leurs places et peuvent échanger en réciprocité (en ce temps-là les dames de cour entendaient participer à la construction du royaume tout comme elles attendaient que les seigneurs-guerriers soient moins rustauds à leur égard). Déplacer cet enjeu sur l'opposition romantique entre l'artiste/le moi & la société, c'est le manquer par erreur de perspective, pire, c'est manquer ce qu'un artiste peut y apporter. L'élément fantastico-cocteau-eschylien des Furies vengeresses dont une en fin de film lui donne l'absolution paraît à ce titre un schéma plaqué (la justice comme vertu transcendant comme chez Antigone la justice comme système). Brisseau à trop allégoriser perd toute cohérence filmique ici, il brode dans le vide, preuve à sa charge que l'artiste "dégagé" (l'art pour l'art) est un masque dont même Flaubert n'était pas dupe.
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MessageSujet: Re: Nanars   Jeu 3 Nov 2011 - 14:59

RIP Robert Lamoureux (père de la 7ème compagnie)




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