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 Crise d'adolescence ?

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Protea
Valet apatride du Grand Capital
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MessageSujet: Re: Crise d'adolescence ?   Sam 19 Jan 2008 - 2:23

L’adolescent ne fera pas forcément la différence entre science et scientisme, de même que, sur le forum, beaucoup d’ados prolongés (dont je suis sous certain rapport) vont considérer à tort les religions, surtout monothéistes, comme un système d’oppression et d’aliénation, au même titre que les sectes judéo-protestantes américaines par exemple. Je ne chercherai certainement pas à invalider l’hypothèse de l’inconscient, mais préfère l’envisager dans un perspective jungienne plutôt que freudienne. Je laisse le divan aux nostalgiques inconscients du confessionnal.

L’indifférence aux déterminismes n’est pas ignorance. Pour l’ado ignorant (qui a « beaucoup à apprendre »), c’est sans doute une limitation et aussi un pied de nez facile au « système ». Mais pour l’adulte, c’est autre chose. L’indifférence implique certes un droit à l’erreur, mais pas uniquement, puisque c’est aussi la réduction herméneutique qui peut induire en erreur. Plus qu’un droit à l’erreur, la liberté réclame un droit à l’errance. Errer, avancer sans repère (entre la gauche sociale et la droite sociétale, par exemple) revient à la liberté parce qu’elle ne se décide que par elle-même. Si devant le tribunal de la puissance idéologique et technicienne, je perds ma liberté, du moins me demeure la liberté de me décider comme si j’étais libre de me décider. La liberté impossible au premier degré (à cause de Marx, Freud, Guénon, etc.) reste imprescriptible au second degré : je peux décider, contre toute raison, que c’est bien moi qui décide, à la fin, de moi. Dommage que Ravachol se soit fait hara-kiri sur ce forum. Sa liberté n’était peut-être pas aussi illusoire qu’elle semblait l’être.
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JOHN
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MessageSujet: Re: Crise d'adolescence ?   Dim 20 Jan 2008 - 1:17

Donotherase a écrit:
Soral en parle dans une de ces vidéos, l'important, c'est que parmi toute cette jeunesse damnée, les quelques individus isolées qui sont réellement destinées à autre chose qu'à bouffer du foin, arrivent à se regrouper et à se rendre compte que ce ne sont pas eux qui ont un problème, mais les autres.
A ce sujet, il y a ce passage de Rober Dun (1920-2002) dans son incroyable roman LE GRAND SUICIDE, 1914 - 1939 – 19.. ? (1984) au (premier) chap. « Les années trente », p.65 :
Citation :
« [De retour chez lui, après sa nuit torride chez Simone – fille « chassée » la veille dans la rue)] Il se disait qu’après tout les filles étaient peut-être plus importantes que la révolution, mais en même temps il restait incrédule vis-à-vis de lui-même. Il se sentait comme dans une demi-ivresse. Il pensa soudain à un proverbe chinois que [son ami anarchiste] Gaetano citait souvent : « Les poissons morts nagent avec le courant. » Et d’un seul coup il fut de nouveau lui-même. La superficialité, l’indifférence, le conformisme, la servilité, c’était bon pour les montons, les demi-portions et les couilles molles imbéciles. Il n’était pas un imbécile et ne réussirait jamais à le devenir, quoi qu’il fasse pour se mettre au diapason des autres. Il lui faudrait organiser sa vie en tenant compte de sa personnalité. De toute façon on ne se refait pas, et il n’avait nulle envie de se refaire. »

Donotherase a écrit:
Il ne faut pas se leurrer, on le sait les masses sont bêtes, faites pour être diriger par un Etat "totalitaire", et dans se sens on peu dire que n'importe quel type de système est forcément "totalitaire", puisque le peuple ne peut pas être dirigé autrement.
Je ne sais pas si le peuple ne peut « être diriger autrement » mais entre le système « totalitaire » et la dictature cachée des puissances financières de la « démocratie » il existe peut-être un système intermédiaire – que dis-je, il a toujours existé un système (plus ou moins) intermédiaire, à savoir la monarchie/l’aristocratie (plus ou moins) représentative… :
http://kalayuga.frbb.net/mondo-2008-f5/la-laicite-c-est-de-la-merde-t593-40.htm#55468

+ (re)voir la 1ère citation de Julius Evola (1898-1974) dans l’ANNEXE ici :
http://kalayuga.frbb.net/hybride-f6/le-pen-le-roi-et-limpasse-de-la-republique-t234.htm#4002

Sinon, également par rapport à ta remarque pessimiste (sur la masse), toujours à la même page précitée dans LE GRAND SUICIDE, 1914 - 1939 – 19.. ? (1984) au (premier) chap. « Les années trente », p.65 :
Citation :
« [selon ces quelques pages d’une revue politique citées de Krishnamurti] Les idées qui mènent le monde ??? Jusqu’à maintenant il avait gagné son pain en travaillant pour des patrons abrutis aussi aptes à comprendre les grandes idées qu’une limace. Il pensait aussi à des bourgeoises chez qui il avait fait des travaux avec des copains du groupe [anarchiste]. Moins de cervelle qu’un moineau, mais du fric à jeter par la fenêtre, des transformations d’appartement inutiles et d’un complet mauvais goût.

Non les idées ne menaient pas le monde. La sottise, la lâcheté et la vanité en étaient les vrais moteurs. (1) Et les capitalistes le savaient bien, eux qui avaient fait de la démocratie la plus subtile, donc la plus immuable des dictatures. Leur suprême habilité consistait à laisser croire au peuple qu’il élisait librement ses dirigeants, alors que la domination de la presse et de la radio leur permettait de paralyser l’élite révolutionnaire en manipulant à leur gré les votes de la masse abrutie. »
(1) dans un sens voisin, Cioran (1911-1995) dans Cahiers, p. 214, 359, 473 :
Citation :
« L'injustice, – assise de ce monde. L'injustice est le fondement de ce monde. Sans elle, on se demande ce qu'il y aurait de solide et de durable ici-bas. » (p.214)

« L’iniquité n’est pas un mystère mais l'essence visible de ce monde. » (p.359)

« L'iniquité n'est pas un « mystère », mais une évidence, une évidence universelle. C'est ce qu'il y a de plus visible ici-bas. » (p.473)

+ dans Le Mauvais Démiurge (1969), Chap. « Rencontres avec le suicide » :
« Les horreurs dont l’univers regorge font partie intégrante de sa substance ; sans elles, il cesserait physiquement d’exister. »
+ = Schopenhauer (1788-1860) dans Le Monde comme Volonté et comme Représentation (Chap. 58, p. 409) :
Citation :
Le monde humain est le royaume du hasard et de l’erreur, qui y gouvernent tout sans pitié, les grandes choses et les petites ; à côté d’eux, le fouet en main, marchent la sottise et la malice ; aussi voit-on que toute bonne chose a peine à se faire voir un jour, que rien de noble ni de sage n’arrive que bien rarement à se manifester, à se réaliser ou à se faire connaître ; qu’au contraire l’inepte et l’absurde en fait de pensée, le plat, le sous-goût en fait d’art, le mal et la perfidie en matière de conduite, dominent, sans être dépossédés, sauf par instants.

En tout genre, l’excellent est réduit à l’état d’exception, de cas isolé, perdu dans des millions d’autres ; et si parfois il arrive à se révéler dans quelque œuvre de durée, plus tard quand cette œuvre a survécu aux rancunes des contemporains, elle reste solitaire, pareille à un aérolithe, que l’on conserve à part, comme un fragment détaché d’un monde soumis à un ordre différent du nôtre.


Dernière édition par JOHN le Mar 11 Mar 2008 - 1:41, édité 3 fois
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JOHN
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MessageSujet: Re: Crise d'adolescence ?   Dim 20 Jan 2008 - 1:43

Simplicius a écrit:
Se retrancher, non sans humour, derrière ce que tu nommes la liberté d'indifférence (celle dont Cioran rusé sceptique épris de mystique sait non sans malice jouer et déjouer, Jojo te l'expliquerait sans nul doute mieux que moi), c'est oublier qu'elle n'est jamais que le plus bas degré de la liberté.

Je ne sais pas si la « liberté d’indifférence » est « le plus bas degré de la liberté », mais selon Cioran (1911-1995) – qui semblait nourrir une certaine nostalgie d’un état préconscient, en réponse à (l’impasse d’)une lucidité trop pesante – elle-même est un idéal utopique n’est pas à la portée de tout le monde…
Ainsi dans Cahiers, p. 592, 692, 923 :
Citation :
« L'indifférence consciente – la plus haute attitude qu'on puisse adopter ici-bas.
Utopie : être aussi indifférent qu'un idiot et se comporter comme lui mais par réflexion, par délibération.

Rivaliser d'indifférence avec les idiots, s'efforcer par la lucidité d'atteindre à une perfection qu'ils possèdent, eux, de naissance !

J'ai toujours payé pour toutes mes erreurs – le plus assurément pour celle de vivre. » (p.592)

« Mon malheur est d'être incapable d'états neutres autrement que par la réflexion et l'effort. Ce qu'un idiot obtient de naissance, il faut que je me démène jour et nuit pour y atteindre par à-coups. » (p.692)

« Pour supporter la vie, il faut être cynique ou niais.
Quand on n'a pas l'avantage d'être cynique ou niais, la vie est une épreuve de chaque instant, une blessure inguérissable. » (p.923)
+ dans Exercices d’admirations (1986), chap. « En relisant » :
Citation :
« On existe grâce aux moments où on oublie certaines vérités, et cela parce que durant ces intervalles on accumule de l'énergie, laquelle vous permet d'affronter les dites vérités. »

Protea a écrit:
Si devant le tribunal de la puissance idéologique et technicienne, je perds ma liberté, du moins me demeure la liberté de me décider comme si j’étais libre de me décider. La liberté impossible au premier degré (à cause de Marx, Freud, Guénon, etc.) reste imprescriptible au second degré : je peux décider, contre toute raison, que c’est bien moi qui décide, à la fin, de moi. Dommage que Ravachol se soit fait hara-kiri sur ce forum. Sa liberté n’était peut-être pas aussi illusoire qu’elle semblait l’être.
Dans ce débat (qui a pris une tournure) philosophique sur la question de la liberté (et sur notre marge de liberté réelle ou illusoire), peut-être que ces quelques citations pourront vous réconcilier :
Cioran (1911-1995) dans Cahiers, p. 256, 789, 848 :
Citation :
« Plus je vais, plus je m'aperçois que personne ne peut échapper à ce qu'il est : c'est là une loi absolue. » (p.256)

« Feindre de croire, d'espérer, d'exister, c'est le maximum de réalité qu'on puisse atteindre. » (p.787) *

* dans De l’inconvénient d’être né (1973), chap. VII :
« Exister serait une entreprise totalement impraticable si on cessait d’accorder de l’importance à ce qui n’en a pas. »

« 30 sept. [1970] – J'ai beau croire à la liberté, il m'est néanmoins difficile d'admettre qu'elle ait plus de réalité que la nécessité. Nous sommes libres superficiellement mais nous ne le sommes pas en profondeur. Normalement tout se passe comme si j'étais le maître absolu de mes actes et même de mon « destin » ; dès que je m'examine un peu plus sérieusement, je m'aperçois qu'il n'en est rien. » (p.848) *

* + dans De l’inconvénient d’être né (1973), chap. VI :
« Je sens que je suis libre mais je sais que je ne le suis pas. »

+ dans De l’inconvénient d’être né (1973), chap. X :
« Un imposteur, un « fumiste », conscient de l’être, donc spectateur de soi-même, est nécessairement plus avancé dans la connaissance qu’un esprit posé, plein de mérites, et tout d’une pièce. »
+ = Schopenhauer (1788-1860) dans la « Conclusion » de son essai sur « La Liberté de la Volonté » (1837)** – réédité en français sous le titre Essai sur le libre arbitre (éd. Rivage poche, 1992) :
Citation :
Tout dépend de ce qu'est un homme ; ce qu'il fait en découle naturellement, comme le corollaire de son caractère. […]

En résumé, l'homme ne fait jamais que ce qu'il veut, et pourtant, il agit toujours nécessairement. La raison en est qu'il est déjà ce qu'il veut : car de ce qu'il est découle naturellement tout ce qu'il fait.

Si l'on considère ses actions objectivement, c'est-à-dire par le dehors, on reconnaît avec évidence que, comme celles de tous les êtres de la nature, elles sont soumises à la loi de la causalité dans toute sa rigueur ;

subjectivement, par contre, chacun sent qu'il ne fait jamais que ce qu'il veut. Mais cela prouve seulement que ses actions sont l'expression pure de son essence individuelle.
** Récompensé à l’époque par la « Société Royale de Norvège ».


Dernière édition par JOHN le Mar 11 Mar 2008 - 1:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Crise d'adolescence ?   Dim 20 Jan 2008 - 3:00

Subversivio a écrit:
JOHN tu fais chier avec tes citations ... Soupir
Pardon Embarassed , en l’occurrence c’était uniquement spécialement à cause de Simplicius et Protea... et pour répondre à leur digression débat philosophique sur la liberté... alors que certains y ont déjà (plus ou moins) répondu…
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Simplicius
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MessageSujet: Re: Crise d'adolescence ?   Dim 20 Jan 2008 - 3:42

Mea culpa, je tends la perche à jojo, il va pas laisser passer ça, il ne fait que renvoyer la balle, je m'attendais même à ce qu'il cite Cioran dans ses attaques envers Sartre (proclamé intellectuel de son temps) qui défend une liberté individuelle absolutisée, histoire de relancer subtilement ce qu'il estime à juste titre une gentille joute oratoire.

Nous sommes en plus en vol de nuit, moment propice pour méditer ces salves citationnelles, surtout après le tintouin d'aujourd'hui. Relax sub, la nuit toutes les pages du forum sont grises... Je nage en plein pink floyd en ce moment, c'est ma bande-son du fil... clown
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Leshrac
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MessageSujet: Re: Crise d'adolescence ?   Dim 20 Jan 2008 - 7:18

L'adolescence est la meilleure période de conditionnement social.

Le 'jeune' à l'impression de se rebeller mais il reste tout pile ou à la limite de ce qu'on lui laisse faire.

Comme ca quelques années plus tard il devient un bon petit numéro insignifiant/fonctionnaire juste bon à payer des impots.
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Simplicius
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MessageSujet: Re: Crise d'adolescence ?   Dim 20 Jan 2008 - 8:11

Leshrac, tu fais dans le général, mais le général est mort il y a un bail, on ne te l'a pas dit ? Quel adolescent éternel tu fais ! geek
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Jul le Marteau
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MessageSujet: Re: Crise d'adolescence ?   Mar 12 Fév 2008 - 9:31

Je fais remonter ce sujet, débarassé des vidéos parasites de grib.
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MessageSujet: Re: Crise d'adolescence ?   

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