LE FORUM DES ÉGARÉS




Post mortem nihil est
 
AccueilAccueil  GalerieGalerie  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Abel Bonnard

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
laurent666
Idiot utile
Idiot utile
avatar

Masculin
Nombre de messages : 952
Localisation : nissa
Date d'inscription : 15/10/2006

MessageSujet: Abel Bonnard   Ven 4 Jan 2008 - 0:53

DES POLITICIENS



Un politicien, c’est un homme qui pense à ses intérêts, dans une place où il devrait penser aux nôtres. - C’est quelqu’un qui se sent envers son parti tous les devoirs qu’il devrait se sentir envers sa patrie. - C’est un homme public qui vit de son métier, au lieu de vivre pour sa fonction. - C’est quelqu’un qui divise ceux qu’il devrait unir. - C’est un homme qui ne parle pas toujours mal, mais qui n’agit presque jamais bien. - C’est un esclave déguisé en chef, qui prend des ordres avant d’en donner. - C’est quelqu’un qui n’a pas le courage de braver la foule pour servir le peuple. - C’est un ambitieux qui n’a que de petites ambitions. - C’est quelqu’un à qui la possession d’une grande place ne donne jamais la tentation d’être grand. Car il ne faut pas oublier que la politique est en principe, et devrait redevenir en fait, un art haut et austère qui demande à ceux qui s’y vouent autant d’âme que de talents. Et si l’on se rappelle cela, on conçoit qu’un politicien, en somme, c’est quelqu’un qui n’est pas digne de faire vraiment de la politique.

La recette est simple : obtenir tous les privilèges qu’une société est capable de fournir, en faisant mine de les dénoncer ; avoir l’argent en dénonçant les riches, les honneurs en prêchant l’égalité, le pouvoir en attaquant le gouvernement.


Parfois on espère qu’il croit en ce qu’il dit, cela sauve l’honneur de son caractère mais aussi parfois on espère qu’il n’en croit pas un mot, cela sauve l’honneur de son esprit.


Ils désespèrent de leur pays parce qu’ils savent ce qu’ils en ont fait.

Attendre des politiciens qu’ils sauvent l’État, c’est demander aux rats de sauver le navire.



DES TYPES IDÉOLOGIQUES



L’internationaliste n’est pas un homme qui aime tous les pays, c’est un homme qui n’aime plus le sien.

Le socialisme n’est en France que la continuation de la démagogie bourgeoise.

L’extension illimitée du capitalisme dénonce une société qui ne se trouve pas assez existante pour lui résister. Ce n’est pas qu’elle n’ait ni esprit ni âme, mais elle n’a qu’une âme de survivance et qu’un esprit de raccroc. C’est la société libérale. La société libérale semble tout permettre à l’homme mais, en fait, ruine toutes les conditions par quoi il peut être. Elle ouvre des perspectives immenses à un homme abstrait et tranche les racines de l’homme réel. Elle ne vit pas sur ses principes, mais sur le fonds que lui a laissé la société précédente (religion, vertus militaires et professionnel­les, chevalerie).




DE LA FINANCE



Le scandale n’est pas dans l’existence de la richesse mais dans sa stérilité.

La richesse est une supériorité de hasard, la seule supériorité sociale qui n’engage à rien, pas même à être bien élevé.


Il y a de la grosse finance, il n’y a pas de haute finance.

Les financiers suivent les événements comme les requins suivent les navires.




Tiré de : Ce monde et moi -Aphorismes et fragments
recueillis par Luc Gendrillon - Dismas, 1991



(la suite demain)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
el spirito
Sophiste d'estaminet
Sophiste d'estaminet
avatar

Masculin
Nombre de messages : 710
Age : 52
Localisation : république bananière!
Date d'inscription : 10/10/2006

MessageSujet: Re: Abel Bonnard   Dim 6 Jan 2008 - 5:11

Jul le Marteau a écrit:
J'attends la suite avec impatience.
On croirait une anthologie de vérités.
Quasiment chaque phrase peut devenir une citation célèbre.
Abel Bonnard fût avec Maurras un maître à penser avant d'être éjecté par les médiocres propulsés au sommet par la libératon !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jul le Marteau
Duelliste chevaleresque
Duelliste chevaleresque
avatar

Masculin
Nombre de messages : 2335
Age : 109
Localisation : Lorraine, 54 M&M.
Date d'inscription : 10/02/2007

MessageSujet: Re: Abel Bonnard   Dim 6 Jan 2008 - 14:54

Sylvain a écrit:
Jean a écrit:
Dites, les patriotes : il a pas couché avec les Allemands, votre copain, là ?
C'est pas pour rien qu'on l'apellait la Gestapette.

Citation :
Dites, les patriotes : il a pas couché avec les Allemands, votre copain, là ?
Je ne sais pas.
Moi, j'ai couché avec une allemande... Dois je être tondu ?

Et puis qu'il ait collaboré ou non, ça n'empêche que le texte produit ici est formidable.

Citation :
C'est pas pour rien qu'on l'apellait la Gestapette.
Ptdr2
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patrick122
Courtisan du Néant
Courtisan du Néant
avatar

Masculin
Nombre de messages : 523
Localisation : Paris XXIème
Date d'inscription : 18/06/2007

MessageSujet: Re: Abel Bonnard   Lun 14 Jan 2008 - 22:35

el spirito a écrit:
Jean a écrit:
laurent666 a écrit:
Jean a écrit:
Dites, les patriotes : il a pas couché avec les Allemands, votre copain, là ?
Vous vous arrêtez toujours sur des détails insignifiants ...
Ouf ! J'ai cru que tu allais encore dire du bien de la Révolution Nationale et de Pétain...
C'est un fait pénible à constater qu'aujourd'hui en France à chaque fois que l'on parle de culture, il se trouve toujours quelqu'un pour sortir son revolver !!! Stupid
Je voulais juste rebondir là-dessus, ça m'amuse pas mal vu que c'est une citation que j'ai coutume de ressortir abondamment (quand quelqu'un commence à parler de culture, je m'écrie : "attention, je vais sortir mon Lüger !", à tel point que la section "Arts et Culture" de mon forum s'intitule... "Je sors mon Lüger" :))
Saviez-vous que cette citation est fausse ? Enfin, presque... la petite histoire ici : http://www.tatoufaux.com/spip.php?article398

Mais revenons à nos moutons :

Pour ce qui est d'Abel Bonnard, il y a une (paraît-il excellente) biographie exclusive disponible sur le bonhomme, écrite par le grand enfant et poète tourmenté Olivier Mathieu (vous savez, le type qu'a foutu le bordel [organisé] chez Dechavanne en 1990).

Un grand penseur indéniablement, même si pour l'homme lucide il a un faux-air de La Palice (mais ce n'est pas péjoratif : ce qui se conçoit bien s'énonce clairement...)

Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
laurent666
Idiot utile
Idiot utile
avatar

Masculin
Nombre de messages : 952
Localisation : nissa
Date d'inscription : 15/10/2006

MessageSujet: Re: Abel Bonnard   Lun 14 Jan 2008 - 22:43

Colonel Jul a écrit:
J'attends la suite avec impatience.
On croirait une anthologie de vérités.
Quasiment chaque phrase peut devenir une citation célèbre.

Voilà la suite, pour Colonel Jul et Patrick122 qui trouve que c'est un grand penseur :


"Les Noirs ont toujours eu beaucoup d’action sur les Blancs, là où les deux races se sont rencontrées. La chose nouvelle, c’est l’abdication de la race blanche ; c’est de la voir aujourd’hui tout entière s’éprendre des Noirs, chercher en eux des professeurs et des guides, les appeler où ils ne sont point, et donner ce coeur d’onyx au diamant des capitales modernes. Cet engouement s’explique par plus d’une raison. D’abord, au moment où une sinistre uniformité s’étend sur le monde, la dernière variété qui subsiste, quand toutes celles des costumes se sont évanouies, c’est la couleur de leurs peaux. Le Noir nous plaît parce que lui seul est encore, ostensiblement, autre que nous-­mêmes. Mais l’attrait qu’il exerce a des causes plus profondes. Las d’un verbiage incessant, excédés de vie sociale, acca­blés, alors même qu’ils sont personnelle­ment incultes, du poids de civilisation qui pèse sur eux, les Blancs, aujourd’hui, as­pirent à ne plus être des individus isolés, à retourner vers les origines, à se retrem­per dans une vie ingénue, où ils n’aient plus besoin de fabriquer leur bonheur. C’est alors que les Noirs les fascinent. Qu’il y ait beaucoup d’illusion dans l’idée qu’on se forme d’eux, cela ne fait pas de doute. Quoi que des savants, pour la com­modité de leurs études, aient pu décréter, les Sauvages ne sont rien moins que des primitifs. Ils ont eu beau se cacher sous leurs épaisses forêts, le temps, pour eux non plus, n’a pas passé vainement. Ils ont leur histoire informe. Ils sont vieux, eux aussi, quoiqu’autrement que nous, et leurs usages où nous voulons retrouver un reste des premiers âges ne sont souvent qu’un ramassis de superstitions décrépites. Les obligations qui ligotent les habitants des petites villes ne sont pas plus gênantes que toutes celles auxquelles un Sauvage est assujetti. Cependant il est bien vrai que ces Noirs ont gardé avec la nature des liens que les Blancs n’ont plus, et, en ce sens, l’attrait qu’ils exercent sur l’homme des villes est justifié. Dans les rapports qui s’établissent entre eux et nous, on peut distinguer deux tendances contraires. D’une part, il se trouve encore des gens, chimériques ou intéressés, dont, par malheur pour nous, le plus grand nombre est en France, pour tirer des idées du XVIIIe siècle une dernière fanfare : « Ap­prochez, frères noirs, tous les hommes se valent. C’est en vain que la nature a pris le soin de vous badigeonner d’une autre couleur que la nôtre, qu’elle vous a fait d’autres traits, et que la façon même dont vous avez usé des siècles qui nous ont été donnés aux uns comme aux autres atteste encore cette différence ; nous méprisons ces faibles indices pour vous convier à l’égalité. Venez vous as­seoir à notre festin, venez être nos pa­reils. » Cependant une autre voix, sourde mais bien plus sincère, s’échappe en même temps de la race blanche : « Non, vous n’êtes pas comme nous, et bienheu­reux en cela, car vous avez part encore à des fêtes où nous ne sommes plus admis. Ne bougez pas d’où vous êtes. C’est nous qui redescendons vers vous, pour retrou­ver un bonheur qui ne soit plus gêné par la conscience ». Ainsi, tandis que les Noirs montent vers les Blancs par le che­min des paroles, les Blancs descendent vers les Noirs par le chemin de la danse. Danser, en effet, c’est retrouver son corps, c’est se soustraire à la tyrannie de la tête, pour redescendre dans ses membres, c’est rendre à ces membres, que le cerveau a domestiqués, une vie libre, souple, dé­nouée, heureuse. Mais dans ces rappro­chements des deux races, l’une et l’autre sont trompées. Tandis que les Noirs croient en vain qu’ils se sont emparés de nos idées parce qu’ils nous en ont pris le vo­cabulaire, les Blancs qui veulent échap­per à leur esprit, pour se replonger dans quelque chose de frais et d’originel, ne font que se renier sans récompense. Il ne suffit pas de répudier la civilisation pour retrouver la sauvagerie. Il y a une sorte de désespoir dans l’effort que font tant de nos contemporains : pris et enfermés dans des villes dont les lumières hérissées repoussent le clair de lune, séparés par les machines du peuple des bêtes, traver­sés à chaque instant par des secousses électriques, disputés par mille besognes, sans jamais goûter la paix d’un travail réel, privés de repos, privés de si­lence, écrasés sous le poids des biblio­thèques et les trésors des musées, ils rê­vent à la hutte et à la caverne, aux pre­miers trépignements, aux jouissances las­cives d’une vie informe. Mais ils fuient la conscience sans retrouver les instincts ; ils restent perdus et égarés entre la société et la nature ; ils errent hors des jardins et des parcs, sans rentrer dans la forêt primitive ; ils font la bête, enfin, sans re­devenir l’animal. Ces candidats à la sau­vagerie ne sont pas reçus. Ces danseurs et ces danseuses se trémoussent en vain, leur épilepsie mécanique ne veut plus rien dire. Tout finit dans une mystification où seul est certain l’abaissement de l’hu­manité. Les nègres ne nous volent pas ce que nous avons dans la tête, et nous ne leur dérobons point le secret de la vie du corps. Ils n’obtiennent pas ce que nous leur avons promis et nous ne leur prenons pas ce que nous leur avons envié. Le vrai triomphateur, ce n’est pas le Noir qui, dans une Sorbonne, obtient par son bavardage un diplôme fallacieux, c’est celui qui, béat, glorieux, au bruit de l’or­chestre, au milieu des danses, pose, comme la marque d’un maître, sa large main sur le dos d’une blonde asservie."

Abel Bonnard, Océan et Brésil, 1929
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patrick122
Courtisan du Néant
Courtisan du Néant
avatar

Masculin
Nombre de messages : 523
Localisation : Paris XXIème
Date d'inscription : 18/06/2007

MessageSujet: Re: Abel Bonnard   Lun 14 Jan 2008 - 23:04

laurent666 a écrit:
Voilà la suite, pour Colonel Jul et Patrick122 qui trouve que c'est un grand penseur
Je hume comme une pointe d'acrimonie derrière ce propos d'enrobage neutre...

Aurais-tu un ressentiment à l'envers de la pensée de cet homme ?

(et puis, j'ai simplement dit que c'était un grand penseur, ce qui ne signifiait pas que j'étais d'accord avec lui sur tout)

---------------------------------------------------------

Colonel Jul a écrit:
Citation :
Voilà la suite, pour Colonel Jul et Patrick122 qui trouve que c'est un grand penseur :
Le pire c'est que tu me cites et que t'arrives à cette conclusion.
Je fais juste comprendre que le premier texte et trés juste. Trés bon même.

Mais eh oh espèce d'égocentrique, c'est de moi qu'il parlait ! Le verbe trouver est conjugué au singulier ! C'est moi qui ai employé le terme de "grand penseur" dans mon message !

Interdit de me piquer mes commentaires !!!

C'est modo et ça se croit tout permis ?

J'appelle tout de suite SOS-forumeur-de-base !

---------------------------------------------------------

Colonel Jul a écrit:
Au temps pour moi...

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Abel Bonnard   

Revenir en haut Aller en bas
 
Abel Bonnard
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Caïn et Abel
» ABEL DE PUJOL, Alexandre-Denis
» Cain et Abel
» Cain et Abel...
» BONNARD - Général de brigade

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LE FORUM DES ÉGARÉS :: ALCHIMIE DU VERBE :: Boîte à lettres-
Sauter vers: