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 Écologie, vers une "nouvelle économie verte" ?

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terouga
Valet apatride du Grand Capital
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MessageSujet: Écologie, vers une "nouvelle économie verte" ?   Sam 29 Déc 2007 - 17:47

Un texte ouvert au débat par Terouga :

Il faut remonter aux années 1990 pour voir fleurir les questions environnementales. De cette période date la naissance des premiers produits « verts », écologiques, recyclables ou dits non polluants. Le sommet onusien « de la terre » à Rio de Janeiro de 1992 marque une prise de conscience mondiale des menaces sur notre planète.

Cette nouvelle question environnementale soulevée dans les années 70 par les premiers écologistes se décline dans de multiples sous-questions : effet de serre, nucléaire, pollutions, rareté du pétrole, énergies renouvelables, etc.

Mise à part le remplacement des CFC dans les aérosols (dont la dangerosité sur la couche d’ozone est encore discutée) l’écologie marque en fait peu de points. La baisse relative des prix du pétrole après la première guerre du Golf remise même ces questions qui alimentent tout de même des partis « écolos » vite intégrés dans le jeu politicien, c'est-à-dire essentiellement comme faux-nez de la gauche occidentale qui cherche à oublier la lutte des classes après la fin de l’URSS. L’écologie devient un gadget de plus des socio-démocrates.

La suite : http://terouga.hautetfort.com/archive/2007/12/29/la-question-environnementale-et-le-capitalisme.html
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MessageSujet: Re: Écologie, vers une "nouvelle économie verte" ?   Mer 13 Fév 2008 - 17:15

Extraits de la Lettre ouverte de Ginette Skandrani à Alain de Benoist, suite à la publication de son livre Demain la décroissance (11 février 2008)

Bonjour Alain,

Je viens de lire ton bouquin "Demain la décroissance" avec un sous-titre judicieux, qui me convient tout à fait "penser l’écologie jusqu’au bout". Contrairement à tous ceux qui te critiquent et te dénient le droit d’écrire sur l’écologie car pour eux cela reste "chasse-gardée" et ne doit concerner que les écolos de gauche, je pense que tu as eu raison de reprendre plusieurs analyses de Serge Latouche dont : la décroissance contre le développement productiviste. J’avais regretté que Serge ne prenne pas assez position sur le partage nord-sud car comment oser parler de décroissance aux peuples qui paient nos erreurs alors qu’on leur a promis une "civilisation de bien-être". Car, pour construire notre "Dieu Croissance" qui devait nous apporter le bonheur, nous avons pillé leurs ressources, colonisé leurs terres et déporté certains de leurs habitants (...) Comment partager la richesse, le savoir, les ressources (...) sans exploiter, consommer sans opprimer, en période de décroissance est une des questions que je te pose également, car cela n’apparaît pas clairement dans ton exposé.

J’ai apprécié ce livre, dans le sens où tu ouvres un débat sur le devenir de notre planète, sur un changement de société et pourquoi pas un changement de civilisation avec une autre façon de penser le monde. Je t’en remercie, car ce débat, n’est pas près de se refermer et ce n’est pas ce petit "Grenelle de l’environnement" qui a cherché à coller quelques rustines sur un pneu crevé qui pourra changer la donne. Lorsque nous entendons notre président girouette se prononcer d’un côté comme un défenseur de l’environnement et de l’autre vouloir mettre la France au travail, sans nous dire : quel travail, dans quel contexte, selon quelles conditions , ni avec quelles matières premières ou énergies de production.. Il a encore beaucoup de chemin à faire avant de devenir cohérent.

J ‘ai également apprécié ce livre, car écrit par quelqu’un venant d’ horizons autres que les miens, et ayant acquis d’autres expériences…ce qui laisse présumer que les échanges ne peuvent en être que plus fructueux.

Je sais bien, et nous avons été assez nombreux un moment donné à le signaler, que nous sommes arrivés à la croisée des chemins. Soit, nous arrêtons cette société de consommation, de gaspillage, de pillage des ressources, d’exploitation à outrance de la nature et des autres espèces vivants sur cette planète, soit nous continuons à produire n’importe quoi, n’importe comment sans nous poser de questions sur le futur de la planète et de l’ensemble des sociétés qui la composent … et nous sommes foutus. Il faudra trouver le courage de l’annoncer, et qui le fera ? Nos hommes et femmes politiques, y compris écologistes, auront certainement trop peur de choquer leurs électeurs et ne le feront pas. Et, comment faire en dehors des politiques pour trouver des alternatives afin de construire cette nouvelle société que nous appelons de nos voeux, en douceur, sans violences et en profondeur et ceci, sans léser personne ni ici ni ailleurs ? Je nous souhaite bien du plaisir (...)

Nous nous sommes vite rendu compte que ce n’était pas uniquement le parc nucléaire qu’il fallait combattre mais que c’était l'ensemble de nos sociétés qui était malade. En voulant toujours produire plus, en courant après la consommation de biens, de produits (...), en gaspillant impunément les ressources, sans prendre en compte que rien n’était inépuisable car la planète était déjà [épuisée] depuis fort longtemps et ne pouvait de ce fait se renouveler, nous étions tous, dirigeants, partis politiques de toutes tendances, citoyen/nes, tombés dans le piège de toujours plus, toujours mieux, toujours plus confortable, avec le moins d’efforts possibles. Et comment expliquer cela à des gens qui ne demandaient qu’à profiter de tout ce qu’on leur offrait, sans penser à demain, aux générations futures, à l’ensemble des habitants de cette planète ?

C’est ce genre de réflexion globale et planétaire qui m’a fait rejoindre Ecologie et Survie (mouvement d’écologie politique alsacien) au lendemain de l’élection de François Mitterrand car j’avais déjà compris que la gauche ne remettait pas en question notre modèle de développement responsable de la destruction de l’environnement, de l’appauvrissement de nombre de sociétés, du pillage des ressources, de la colonisation des terres des autres, de l’exploitation des forces de travail et du gaspillage des ressources. Le PS et encore moins le PC et tout ce qui gravitait autour ne remettaient aucunement en question le productivisme. En se sens, ils n’étaient guère mieux que la droite capitaliste et tout aussi productiviste. Et Ecologie et Survie, tendance Alsacienne du MEP était fondée sur le "ni droite, ni gauche", ce qui me convenait très bien, car la pensée écologiste étant quelque chose de nouveau ne pouvait se référer à des vieilles lunes, qui ne juraient que par le développement matérialiste fondé sur le capital et la production.

(...) Etant de tendance libertaire, non électoraliste, j’y trouvais bien ma place entre les rivalités gauche-droite à l’intérieur du parti [MEP ayant été à la création des Verts], naviguant entre les deux selon les idées que les deux courants défendaient… jusqu’au moment où Antoine Waechter ayant été mis en minorité par les verts-pluriels (qui n’avaient de pluriels que le nom) a quitté le parti qui est, de ce fait devenu un parti traditionnel et monologue.

J’ai toujours pensé que l’écologie étant un mouvement universel concernant l’ensemble des populations de la planète, ne pouvait donc se classer à gauche et encore moins à droite et certainement pas au centre. Cela est un des sujets que tu défends bien dans ton livre. Nous en avons souvent discuté, toi l’écolo de droite et moi l’écolo qui avait mes racines, à travers mes parents, dans cette gauche qui m’a tant déçue. Mon père était communiste, engagé aux FTP dans la résistance près de Marseille et ma mère avait organisé les réseaux communistes en Alsace. Ils étaient également anticolonialistes, surtout mon père et m’avaient formée très tôt à la notion de peuples autonomes, ce qui a fait, qu’adolescente, je me suis engagée à côté des Algériens dans leur lutte de libération, puis plus tard à côté des Kanaks, Polynésiens et évidemment des Palestiniens. Ecolo radicale et également pacifiste, cela m’a valu plein d’inimitiés à gauche, y compris au sein des verts. Car, pour faire figure respectable auprès de leurs nouveaux partenaires socialos-communistes, il fallait se débarrasser des écolos fondamentalistes et pacifistes comme Jean Brière ou moi-même (...)
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MessageSujet: Le capitalisme et productivisme : une limite à la croissance   Dim 2 Mar 2008 - 18:00

Je reprends ce thème de décroissance/économie/capitalisme avec un extrait de Gorz :
Gorz a écrit:
L'informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser. Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur - sa productivité - doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pas. On a donc cet apparent paradoxe que plus la productivité augmente, plus il faut qu'elle augmente encore pour éviter que le volume de profit ne diminue. La course à la productivité tend ainsi à s'accélérer, les effectifs employés à être réduits, la pression sur les personnels à se durcir, le niveau et la masse des salaires à diminuer. Le système évolue vers une limite interne où la production et l'investissement dans la production cessent d'être assez rentables.


Nous y sommes, la valorisation du capital des sociétés se fait maintenant de façon importante grâce à la finance : acheter et vendre de l'argent en faisant des bénéfices. Le capitalisme est intrinsèquement pervers, son expension ne peut se faire qu'au détriment des populations une fois les ressources naturelles dévastées.

J'aimerais citer Marx (tiré du dernier numéro du journal "La décroissance") pour continuer à flinguer le capitalisme :
Marx a écrit:
La production capitaliste perturbe le courant de circulation de la matière entre l'homme et le sol, c'est à dire qu'elle empêche le retour au sol de ces éléments que l'homme consomme afin de se nourrir et se vêtir; en conséquence elle fait violence au conditionnement nécessaire à une durable fertilité des sols. En outre, chaque progrès de l'agriculture capitaliste représente un progrès non seulement dans l'art de dépouiller le travailleur, mais dans celui d'appauvrir la terre; toute amélioration temporaire de la fertilité des sols rapproche des conditions d'une ruine définitive des sources de cette fertilité. (...) C'est ainsi que la production capitaliste, en développant la technologie (...), ne fait qu'épuiser les sources originaires de toute richesse : la terre et les travailleurs
Le Capital Livre I, chap XV

La Décroissance se pose déjà en fait; la seule question est "conduite (par qui ?) ou subie "
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