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 BHL le donneur de leçons

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Gérard Miller
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MessageSujet: Re: BHL le donneur de leçons   Mer 10 Oct 2007 - 11:17

BHL mériterait de se faire entarter avec de la merde.
Jamais vu un type aussi insupportable. Je le tiens en grande partie responsable de la montée de l’antisémitisme en France.
En plus, je sais de source sûre que cette incarnation vivante de la fatuité est une crapule finie qui convoque les journalistes qui ne sont pas tendres avec lui sur le refrain : « Coco, tu fais plus jamais ça parce que je connais ton patron. Un signe de tête et t’es viré ».

Je suis tombé dessus hier sur Canal plus, et que je te donne des leçons d’humanité et d’anti-racisme, moi la vilaine fripouille, et que je pars dans des envolées lyriques, la mèche au vent et le sourcil indigné, et que je te dessoude Guaino avec virulence et effets de manche mais que je te ménage quand même Sarkozy ( bon, d’accord c’est lui qui a prononcé le discours mais c’est quand même le Président de la République je vais quand même pas me le mettre à dos, n’oublions pas que mon métier c’est suce boule professionnel ).

Enfin, ne lamais oublier qu’il est également le réalisateur et le scénariste d’un des plus mauvais films de l’histoire du cinéma, « le jour et la nuit » que ça s’appelle. Film tragiquement raté. Prétentieux, boursoufflé et ridicule à l’image de son réalisateur. J’avais lu que Tonino Benacquista organisait des soirées spaghetti avec ses potes devant ce nanar et que Claude Chabrol en était également très friand.
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MessageSujet: Re: BHL le donneur de leçons   Mer 10 Oct 2007 - 12:08

Gérard Miller:

BHL mériterait de se faire entarter avec de la merde.
Jamais vu un type aussi insupportable. Je le tiens en grande partie responsable de la montée de l’antisémitisme en France.


Oh que oui!
Et déjà, avec la crème qu'il ne mérite pas, il faut voir avec quelle violence il réagit. J'ai vu le film d'un de ses entartages, il y a longtemps, c'était un autre visage que le frou frou (ex) beau ténébreux des plateaux.
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MessageSujet: Re: BHL le donneur de leçons   Mer 10 Oct 2007 - 12:35

Gérard Miller a écrit:
Enfin, ne lamais oublier qu’il est également le réalisateur et le scénariste d’un des plus mauvais films de l’histoire du cinéma, « le jour et la nuit » que ça s’appelle. Film tragiquement raté. Prétentieux, boursoufflé et ridicule à l’image de son réalisateur. J’avais lu que Tonino Benacquista organisait des soirées spaghetti avec ses potes devant ce nanar et que Claude Chabrol en était également très friand.
C'est en effet un film culte, des journalistes de Positif voyaient en lui le nanar absolu. Malheureusement je ne l'ai toujours pas vu. Il paraît qu'on y voit entre autres Arielle Dombasle à poil sur une peau d'ours.
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pimpam
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MessageSujet: BHL le donneur de leçons   Sam 27 Oct 2007 - 11:59

Personne n’oserait imaginer Floyd Landis ou Lance Armstrong prendre la tête d’un grand débat sur la lutte contre le dopage. Pourtant, nul ne semble s’offusquer que Bernard-Henri Lévy soit devenu la référence de celui sur la place de la morale en politique nationale ou internationale et de la refondation de la gauche.

Comment comprendre que quelqu’un qui n’a jamais exprimé de préoccupations sociales puisse jouer ce rôle ? Comment expliquer surtout que celui dont plusieurs livres d’auteurs différents ont mis à jour les multiples mensonges (de ses rencontres avec Massoud, à sa ceinture noire de judo) puisse encore être crédible ? Sans doute suis-je d’une naïveté infantile, mais je pensais qu’on ne pouvait être à la fois un menteur multirécidiviste et se prendre pour une figure morale. Comment quelqu’un ayant une pensée binaire (bien-mal, ami-ennemi, eux-nous), puisse passer pour un intellectuel incontestable ? Comment expliquer que dans un pays qui n’est pas totalitaire, nul ne se sente la force de refuser de l’inviter pour évoquer son livre ? De deux choses l’une, soit les journalistes vedettes qui le font n’ont entendu parler d’aucun des ouvrages qui méthodiquement ont démonté le système BHL, et on peut se poser des questions sur leur compétence. Soit ils invitent néanmoins BHL en connaissance de cause et c’est leur conscience professionnelle qui est en cause. Certes, c’est probablement la simple prudence qui les pousse à agir ainsi. Pourquoi risquer de se fâcher avec un homme qui a à la fois la rancune tenace et de solides appuis dans le monde des affaires, de la presse et de l’édition, qui récompense les services rendus et punit sévèrement ce qu’il considère comme des outrages ? Mais où est alors le respect dû au public ? Est-il éthiquement acceptable de le tromper par peur des représailles de BHL ou dans l’espoir de ses renvois d’ascenseur ?

A chaque fois que BHL a été interviewé, il l’a été avec admiration et déférence. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas été poussé dans ses retranchements face à ses nombreuses contradictions, à ses manquements et erreurs pourtant dûment répertoriés. Et les quelques fois où il n’était pas le seul invité, les précautions semblent avoir été prises pour qu’aucun autre participant ne puisse présenter le risque de l’attaquer frontalement.

Comment expliquer que quelqu’un qui, ouvertement ou insidieusement, fait la chasse à ceux qui avaient pour défaut de ne pas l’admirer assez, ou qui ont commis le crime de critiquer ses deux passions les plus sincères (lui-même et Israël) puisse passer pour un héros de la liberté ?

Pour BHL, l’anti-américanisme est « la métaphore de l’antisémitisme ». Cela n’est pas faux, mais pas dans le sens qu’il invoque. De plus en plus en effet, ceux qui critiquent la politique extérieure américaine sont traités d’anti-américains de la même façon que ceux qui critiquent le gouvernement israélien sont accusés d’antisémitisme. C’est-à-dire qu’on pratique un amalgame entre la critique de l’action d’un gouvernement et l’hostilité ou la haine face à un peuple. Le tout, bien-sûr en proclamant le principe de la liberté de critiques dont il veut se conserver le monopole pour en fait l’exercer assez peu. Pourquoi célébrer autant les Etats-Unis et essayer d’interdire au maximum toute critique de sa politique extérieure ? Pourquoi cette accusation infamante (et censée être disqualifiante) d’antiaméricanisme par mimétisme avec l’accusation d’antisémitisme ? Certes en 1985 BHL avait déjà signé une pétition en faveur des « contras » nicaraguayens dont le texte émanait d’une officine de la CIA (1). Mais au-delà de cette ancienne connexion, il est un autre motif qui pousse BHL à diaboliser ceux qui critiquent les Etats-Unis. Tout simplement parce que malgré tous ses défauts, le gouvernement Bush a l’immense avantage de n’avoir jamais exercé de pressions sur le gouvernement israélien. Que les Etats-Unis, par exemple, mettent en pratique le rapport Baker, qu’ils cessent d’être des soutiens inconditionnels du gouvernement israélien, et BHL sera moins pro-américain.

BHL déploie une énergie considérable à nier que le conflit israélo-palestinien est un problème stratégique majeur. Il a même été jusqu’à écrire que c’était au Darfour que se jouait le choc des civilisations. Pourtant, c’est bien la grille de lecture du conflit israélo-palestinien qui détermine tous les jugements qu’il peut émettre sur la scène nationale. Il est pour la paix, mais fait toute confiance au gouvernement israélien pour la mettre en œuvre sans pressions extérieures. Ceux qui sont d’accord avec lui sur ce point sont des figures morales. Ceux qui ne le sont pas sont des antisémites. Car si BHL se dit pour la paix et en faveur de la création d’un Etat palestinien, il entend non seulement n’exercer aucune critique à l’égard du gouvernement israélien et de surcroît s’avère implacable pour ceux qui osent le faire.

BHL est en fait partagé entre son désir d’apparaître comme un intellectuel universaliste et sa dérive communautariste qu’il ne parvient pas à maîtriser. En effet, il n’applique pas les mêmes critères aux différents conflits et crises en cours et à celui du Proche-Orient, ce qui devrait donc l’empêcher de se revendiquer comme intellectuel universaliste. Il prouve au contraire son communautarisme. Il s’insurge à juste titre, que l’on ne montre plus des images de la répression birmane, mais s’insurge à l’inverse qu’on puisse montrer des images de la répression des Palestiniens. Il condamne à juste titre les bombardements de populations civiles tchétchènes par l’aviation russe mais condamne ceux qui critiquent les bombardements de l’aviation israélienne sur la population palestinienne ou libanaise. Au cours de la guerre du Liban, il s’est même ému que l’on puisse juger disproportionnée la réaction israélienne à l’enlèvement par le Hezbollah de deux soldats israéliens, ce qui était pourtant la critique minimale à apporter, les différentes organisations humanitaires, parlant elles de crimes de guerres (tant pour le Hezbollah que pour l’armée israélienne par ailleurs). Il soutient le principe de liberté totale d’expression pour Redeker, mais celui d’interdiction totale pour Ramadan de pouvoir s’exprimer en France. Ecartelé entre sa prétention universaliste et sa réalité communautariste niée , BHL s’en sort en tirant à boulets rouges sur ceux qui dans leurs réflexions, leurs écrits mettent en avant cette contradiction.

Tant qu’il n’y aura pas une paix juste au Proche-Orient, BHL ne pourra pas concilier son universalisme affiché et son communautarisme, c’est pourquoi il est aujourd’hui extrêmement agressif. La meilleure défense, c’est l’attaque. Le communautarisme de BHL est déjà en soit problématique. Loin d’en être gêné, il fait porter la critique sur ceux qui, réellement universalistes, ont la même grille de lecture pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, qu’il s’agisse du Proche-Orient, du Caucase ou de l’Asie. C’est proprement inacceptable. Ce que BHL appelle l’antisémitisme de gauche, c’est tout simplement ceux qui estiment que le conflit du Proche-Orient ne fait pas exception aux règles de droit international et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, même en tenant compte d’une histoire particulièrement douloureuse du peuple juif. BHL se transforme alors en maccarthyste, je suis personnellement bien placé pour en témoigner. Parce qu’il ne souhaite pas que la France ait une politique active au Proche-Orient ou marque son indépendance face aux Etats-Unis, il traite de maurrassien toute personne coupable de vouloir l’inverse. De Régis Debray à Rony Brauman, en passant par Jean-Pierre Chevènement et Henri Guaino (2), il veut disqualifier ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, utilisant les arguments moraux non pas pour débattre, mais pour censurer. BHL a le droit de ne pas aimer une France affirmant son autonomie stratégique, mais pas de taxer de racistes ceux qui ne partagent pas ses vues. Une fois encore, la morale est évoquée pour brouiller les cartes et pour des desseins peu dignes.

BHL est un symbole actif de cette coupure entre le peuple et les élites. BHL est nu moralement. Courtisane et craintive, la majorité de la presse fait semblant de le voir richement vêtu et s’ébahit devant le faste de ses habits neufs. Le public, lui, est partagé entre l’écœurement et la rigolade.

Pascal Boniface, directeur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques. Il vient de publier « 50 idées reçues sur l’Etat du monde aux éditions Armand Colin.

1 Cf. « une imposture française » Nicolas Beau, Olivier Toscer, les Arènes, page 141 et suivantes.

2 Qu’il attaque curieusement pour avoir contribué à rédiger le discours de Dakar, mais prend bien garde de s’en prendre à Nicolas Sarkozy qui l’a prononcé

Jeudi 25 Octobre 2007

Pascal Boniface


Dernière édition par MEDIATOR le Sam 23 Fév 2008 - 17:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: BHL le donneur de leçons   Sam 27 Oct 2007 - 13:23

Lorsque BHL s'est pris pour Tocqueville (il n'est pas à ça près) et a publié sa tentative de bouquin inepte et boursouflée sur les Etats-Unis, la meilleure critique publiée fut celle de l'écrivain Garrison Keillor dans le New York Times Book Review. C'est un bon complément au texte que vient de poster Pimpam. Malheureusement il est en anglais, et je n'ai pas le temps de le traduire.

Une petite phrase toutefois :
Vous avez passé toute votre vie en Amérique, vous n'avez jamais fréquenté d'Eglise géante ou de bordel, vous ne possédez pas d'arme à feu, vous n'êtes pas Amish, et soudain vous vous rendez compte que c'est un livre sur les Français. Il n'a aucune raison d'exister en langue anglaise, sauf pour vous rappeler de façon flagrante que les voyages n'ouvrent pas toujours l'esprit et qu'on devrait toujours se méfier des livres qui contiennent le nom "Tocqueville" dans le titre.

L'article est ici.
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MessageSujet: Re: BHL le donneur de leçons   Sam 27 Oct 2007 - 16:33

Ils ont du mérite ceux qui s'attaquent à "l'œuvre" de Béhachel, ils ne doivent pas s'amuser tout les jours.

Comme dirait l'autre: "c'est un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse".
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Jul le Marteau
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MessageSujet: Re: BHL le donneur de leçons   Sam 27 Oct 2007 - 17:20

Pimpan a écrit:
Comment expliquer que dans un pays qui n’est pas totalitaire
Je me suis arrêté ici.
L'explication est là, nous sommes dans un état totalitaire à bien des égards. Et BHL est son hérault. Aux ordres. Stratège du formatage et de la standardisation.
Digne descendant de Goebbels.

Ta question est valable pour Patrick Poivre: comment peut-on laisser un type (boni)menteur comme lui (Ah! l'entrevue bidon avec Castro) présenter un JT?
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MessageSujet: Re: BHL le donneur de leçons   Sam 23 Fév 2008 - 15:22

NeoN a écrit:
Itw très intéressante de Daniel Bensaïd :

Daniel Bensaïd s'attaque à la "boursouflure" de BHL

Citation :
Le philosophe de la LCR signe un court pamphlet contre l'intellectuel et défend les idées de la gauche radicale
Daniel Bensaïd est un philosophe paradoxal. Spécialiste de Walter Benjamin et de Karl Marx, il s'en prend à BHL dans un pamphlet aussi court que brutal. Parfois à l'emporte-pièce -il a expédié les 150 pages en "deux-trois semaines"-, le théoricien de la LCR fustige le "nouveau théologien", chantre de la "gauche gouvernante et bourgeoisante". Non sans verve et quelques arguments.

la suite
Bien Bensaïd, je me demande ce qu'il fait encore à la LCR. Franchement quand j'entends Besancenot, je cherche l'influence de Bensaïd.
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el spirito
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MessageSujet: Re: BHL le donneur de leçons   Ven 25 Avr 2008 - 23:30

Le celêbre CINEASTE Bernard-Henri Levy s'est aussi essayer au documentaire-fiction,au roman de gare et à l'auto-promotion de joueur de bonneteau (c'est à dire avec la complicité de quelques compères-barons)....il a la chance unique dans sa profession de ne point vivre de sa plume etant suffisament nanti comme cela!..Ce qui lui laisse l'entière liberté d'ecrire,voire de dire,à peu pres n'importe quoi![b]
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MessageSujet: Re: BHL le donneur de leçons   Jeu 18 Sep 2008 - 4:41

Ce texte de Gilles Deleuze a été publié comme Supplément au n°24, mai 1977, de la revue bimestrielle Minuit, et distribué gratuitement.

- Que penses-tu des « nouveaux philosophes » ?

Rien. Je crois que leur pensée est nulle. Je vois deux raisons possibles à cette nullité. D'abord ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses, LA loi, LE pouvoir, LE maître, LE monde, LA rébellion, LA foi, etc. Ils peuvent faire ainsi des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l'ange. En même temps, plus le contenu de pensée est faible, plus le penseur prend d'importance, plus le sujet d'énonciation se donne de l'importance par rapport aux énoncés vides (« moi, en tant que lucide et courageux, je vous dis..., moi, en tant que soldat du Christ..., moi, de la génération perdue..., nous, en tant que nous avons fait mai 68..., en tant que nous ne nous laissons plus prendre aux semblants... »). Avec ces deux procédés, ils cassent le travail. Car ça fait déjà un certain temps que, dans toutes sortes de domaines, les gens travaillent pour éviter ces dangers-là. On essaie de former des concepts à articulation fine, ou très différenciée, pour échapper aux grosses notions dualistes. Et on essaie de dégager des fonctions créatrices qui ne passeraient plus par la fonction-auteur (en musique, en peinture, en audio-visuel, en cinéma, même en philosophie). Ce retour massif à un auteur ou à un sujet vide très vaniteux, et à des concepts sommaires stéréotypés, représente une force de réaction fâcheuse. C'est conforme à la réforme Haby : un sérieux allègement du « programme » de la philosophie.

Dis-tu cela parce que B.-H. Lévy vous attaque violemment, Guattari et toi, dans son livre Barbarie à visage humain ?

Non, non, non. Il dit qu'il y a un lien profond entre L'Anti-Œdipe et « l'apologie du pourri sur fumier de décadence » (c'est comme cela qu'il parle), un lien profond entre L'Anti-Œdipe et les drogués. Au moins, ça fera rire les drogués. Il dit aussi que le Cerfi est raciste : là, c'est ignoble.

Il y a longtemps que je souhaitais parler des nouveaux philosophes, mais je ne voyais pas comment. Ils auraient dit tout de suite : voyez comme il est jaloux de notre succès. Eux, c'est leur métier d'attaquer, de répondre, de répondre aux réponses. Moi, je ne peux le faire qu'une fois. Je ne répondrai pas une autre fois. Ce qui a changé la situation pour moi, c'est le livre d'Aubral et de Delcourt, Contre la nouvelle philosophie. Aubral et Delcourt essaient vraiment d'analyser cette pensée, et ils arrivent à des résultats très comiques. Ils ont fait un beau livre tonique, ils ont été les premiers à protester. Ils ont même affronté les nouveaux philosophes à la télé, dans l'émission « Apostrophes ». Alors, pour parler comme l'ennemi, un Dieu m'a dit qu'il fallait que je suive Aubral et Delcourt, que j'aie ce courage lucide et pessimiste.

(...)

Mais enfin, quelle que soit la misère des écoles, on ne peut pas dire que les nouveaux philosophes soient une école. Ils ont une nouveauté réelle, ils ont introduit en France le marketing littéraire ou philosophique, au lieu de faire une école.

(...)

Ce qui me dégoûte est très simple : les nouveaux philosophes font une martyrologie, le Goulag et les victimes de l'histoire. Ils vivent de cadavres. Ils ont découvert la fonction-témoin, qui ne fait qu'un avec celle d'auteur ou de penseur (voyez le numéro de Playboy : c'est nous les témoins...). Mais il n'y aurait jamais eu de victimes si celles-ci avaient pensé comme eux, ou parlé comme eux. Il a fallu que les victimes pensent et vivent tout autrement pour donner matière à ceux qui pleurent en leur nom, et qui pensent en leur nom, et donnent des leçons en leur nom. Ceux qui risquent leur vie pensent généralement en termes de vie, et pas de mort, d'amertume et de vanité morbide. Les résistants sont plutôt de grands vivants. Jamais on n'a mis quelqu'un en prison pour son impuissance et son pessimisme, au contraire. Du point de vue des nouveaux philosophes, les victimes se sont fait avoir, parce qu'elles n'avaient pas encore compris ce que les nouveaux philosophes ont compris. Si je faisais partie d'une association, je porterais plainte contre les nouveaux philosophes, qui méprisent un peu trop les habitants du Goulag.

(...)

Nous retombons sur les nouveaux philosophes : ils ont reconstitué une pièce étouffante, asphyxiante, là où un peu d'air passait. C'est la négation de toute politique, et de toute expérimentation. Bref, ce que je leur reproche, c'est de faire un travail de cochon ; et que ce travail s'insère dans un nouveau type de rapport presse-livre parfaitement réactionnaire : nouveau, oui, mais conformiste au plus haut point.

Ce ne sont pas les nouveaux philosophes qui importent. Même s'ils s'évanouissent demain, leur entreprise de marketing sera recommencée. Elle représente en effet la soumission de toute pensée aux médias ; du même coup, elle donne à ces médias le minimum de caution et de tranquillité intellectuelles pour étouffer les tentatives de création qui les feraient bouger eux-mêmes. Autant de débats crétins à la télé, autant de petits films narcissiques d'auteur - d'autant moins de création possible dans la télé et ailleurs.

Je voudrais proposer une charte des intellectuels, dans leur situation actuelle par rapport aux médias, compte tenu des nouveaux rapports de force : refuser, faire valoir des exigences, devenir producteurs, au lieu d'être des auteurs qui n'ont plus que l'insolence des domestiques ou les éclats d'un clown de service. Beckett, Godard ont su s'en tirer, et créer de deux manières très différentes : il y a beaucoup de possibilités, dans le cinéma, l'audio-visuel, la musique, les sciences, les livres... Mais les nouveaux philosophes, c'est vraiment l'infection qui s'efforce d'empêcher tout ça. Rien de vivant ne passe par eux, mais ils auront accompli leur fonction s'ils tiennent assez la scène pour mortifier quelque chose.

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