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 Au "monde bourgeois" d'A.S....

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Valet apatride du Grand Capital
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MessageSujet: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Mer 19 Sep 2007 - 23:10

A A.S et à tous,


On se rappelle, grâce à Pasolini, qu’en servant la cause antifasciste, en sapant les fondements fascistes de l’état italien d’après guerre, Pasolini servait aussi les intérêts de la nouvelle «culture de consommation » qui recherchait un « laïcisme de la société de consommation » où l’«embourgeoisement psychologique » gratifierait les pauvres d’un « nouveau bien-être hideux ». Le verrou moral antifasciste sauté, plus rien n’empêchait la doctrine libérale d’engager ses manœuvres anti-progressistes. Dialectique identique en France pendant mai 1968. La jeune génération française renversait les vieilles traditions gaullistes comme Pasolini renversait le fascisme italien. L’interdiction d’interdire étant le plus bel hommage qui n’ait jamais été fait par la Gauche au nouveau libéralisme des débouchés bourgeois. Sous couvert de «démocratie » le nouvel ordre culturel imposait la «consommation » et sous le concept de «tolérance », elle affirmait «le conformisme le plus dégradé et plus délirant ». Cette leçon doit nous servir. Pourquoi ? Car ce mouvement décrit désormais la dissolution globale des valeurs au sein même des classes les plus objectivement exploitées, la transformation d’une culture de classe dominante en sensibilité économique, une norme, comme un septième sens applicable à l’espèce déshumanisée. Mais le français en est il malheureux pour autant, si triste que cela de son sort ?


Je regrette, mais affirmer haut et fort les mérites de la Nation, la ferveur guerrière et révolutionnaire de la France au Venezuela, à des gens de tous les jours qui se sont adaptés, modifiés, assimilés à ce nouveau monde libéral semble déconnecter de la perception et des motivations profondes que ressentent les individus communs, travailleurs, petits patrons et consommateurs d'aujourd'hui. Je poserai la question de la décence et de « common decency » orwellienne, d’un point de vue plus actuel, c'est-à-dire inverse, utilitaire :

En quoi ai-je aujourd’hui intérêt à aider, soutenir, élever, assister mon prochain sans qu’il ne me soit rien donner ni rétribuer ? Quel est mon intérêt à vivre dans ce monde calme de la donation et de la paisibilité ? Quel profit ai-je à en tirer ?


A quoi bon, vivre dans le respect quand il est signe par autrui de soumission, à quoi bon respecter l’autre quand l’hypocrisie fait loi dans l’entreprise, l’amour et l’amitié, à quoi bon être honnête quand cela dessert avant tout les plus pauvres ?

A quoi bon cet idéal orwellien dit la majeure partie des français ? A quoi bon, pour plus des deux tiers des français, de préserver un minimum d’humanité dont l’opération relève de la simple conscience de soi ?


En quoi, la richesse suprême, pour un être humain, et la clé de son bonheur, a toujours été l’accord avec soi-même ? Et en quoi ce bonheur est-il plus élevé quand il invoque la défense de la France plutôt que la nouvelle technologie et le divertissement qui m’offre joie, confort et oubli conscient de la souffrance. En quoi une décence nationaliste, néorévolutionnaire serait-elle supérieure aux vocations libérales populaires ?


Enfin, en quoi toute cette vision embourgeoisée, je demande à ceux qui parlent au nom du pauvre ou au nom des riches, doit être considéré comme un signe de pauvreté et de médiocrité intellectuelles ?

En quoi les vertueux néonationalistes disposeraient-ils d’un luxe et d’une vertu que ne connaitront jamais ceux qui consacrent leur bref passage sur terre à dominer et exploiter (bourgeoisie), à se dominer et s’exploiter (classe populaire) ?


L’approche marxiste, rationnelle et historique, doit s’accommoder d’une variante individuelle (individus sans éducation, égoïstes, indécents, immoraux, produits de différentes formes d’Oedipe dysfonctionnant) qui mettra toujours à mal, détruira les utopies décentes et solidaires. De Soral à Michéa le constat est le même. Un seul de ces hommes véreux, usurpateur et rusé suffit à démonter et disqualifier ces mythes et ces vertus. La présence éternelle d’individus qui tueront les mythes du Bien/Vrai et de l’universel helléno-chrétien en un seul de leur nom, pour une seule vision, incarne la Loi de la société moderne. Et cette caste d’individus, de "nouveaux hommes", naturels ou forcer à le devenir nécessairement, a été, jusqu’à maintenant, la plus rusée de l’Histoire.


Notions qui nous ramènent à critiquer un terme d’A.S qui reste relativement vague ou en tout cas peu efficient au bout du compte : celui de libéralisme sécuritaire. Il faut bien comprendre que la sécurité pour le Capital réside dans la Loi qui le défend, le soutient et surtout dans la « sensibilité bourgeoise », c'est-à-dire l’embourgeoisement collectif objectif des esprits compris par Pasolini. Le libéralisme sécuritaire n’est pas un concept qui s’adjoint à d’autres dans la mesure où il est la définition même de la censure normative du Capital par lui-même (Loi qui se substitue à la nature, tout comme la Constitution Européenne va se substituer aux usages, rites, codes nationaux) et des individus sur eux-mêmes. Ceci étant, le stade opératoire le plus avancé du libéralisme libertaire qui se protège par substitution à la nature, par la censure, l’oppression dans la production et la permissivité de la consommation, sans que le Capital consiste à ne jamais se rendre bien visible. On reconnait les modes totalitaires à la mesure de l’invisibilité de sa présence policière et sécuritaire.


Il y a un lien extrêmement intéressant entre la formation, la façon de traiter le corps, de l’éduquer et de développer l’esprit. Pasolini écrit que « ce qui est éduqué c’est la chair même, comme forme de son esprit ». Et selon cette logique, il apparaît que la condition sociale de n’importe quel individu est « reconnaissable dans la chair » parce que chaque individu est façonné par celle-ci. Toutes les matières offrent ainsi des modes de comportements. Il en est ainsi pour la télévision que Pasolini fustige violemment, comme de l’Internet, aujourd’hui qui crée des formes mouvantes d’inhumanité qui sont propres aux matières, nouveaux fers de communication. Ce sont donc les produits de la culture dominante qui façonnent, déstructurent, déshumanisent, abêtissent le corps et l’esprit. L’esthétisme de Pasolini en vient à être « indissociable » de sa « culture ». C’est bien face à l’enseignement de l’ignorance des choses que Pasolini met en garde. Ce sont les choses de la société de consommation qui enseignent la permissivité de la consommation, du désir, du sadomasochisme, de la violence naturelle, de l’immoralisme, du libéralisme libertaire. Ce sont la télévision, selon lui, les sites, l’Internet, selon nous, aujourd’hui, qui produisent cette culture solitaire, informe, pleine de dépendance, d’addiction, de drogues pour le corps et l’esprit qui éloignent et isolent, les « maniéristes désespérés » du combat collectif. La drogue comme acte sous-culturel qui « mythifie le refus personnel de la fuite, du renoncement, et de la non-disponibilité » ne peut-être « que strictement bourgeois ». Et l’on ne peut que s’interroger sur le projet, sur la nature de la réussite, de satisfaction, de réalisation de soi dans cette société ou le pouvoir instrumentalise l’intégration, lorsque l’on sait que c’est « la maîtrise culturelle du monde qui donne du bonheur ». Une domination qui a généré « l’irréalité de la sous culture des mass média », « dénaturé », « violé », « manipulé » la réalité des corps dont le seul rempart était constitué, par « l’Eros de Pasolini, vu dans un contexte humain dépassé par l’histoire », façonné par « l’innocence », la fraîcheur, « la violence archaïque, sombre et vitale des organes sexuels ».


C’est en ce sens que je conçois que ce n’est pas le lyrisme national, la fierté derrière la bannière qui changera quoi que ce soit. Ce sont bien les travaux d’AS, ces travaux initiaux, qui restent au cœur de tous les problèmes de la société moderne. Le fond des problèmes que nous rencontrons résident fondamentalement au cœur de l’éducation et des formes identitaires, objectivement libéralisées qu’elle produit. A.S a vu juste sur la violence intrinsèque du libéralisme et surtout à toutes les formes politique et culturelles qu’elle génére. Le désespoir et le dégoût de nombres de gens des classes populaires décentes passent par le dégout des dérives là qu’on observe dans le cinéma français, le racisme communautaire, le féminisme, les banlieues, les racailles et de la culture victimaire modélisé sur le sort historique des déportées juifs. Je ne crois pas du tout qu’en concluant dans la force du drapeau français, à l’éloge de la frontière, on puisse changer des individus nouveaux dont la pensée et la psychologie, les perceptions du monde, les visions du monde, de la réussite, du respect, de la croyance sont modifiées, décomplexés par la droite, changer lascivement par la gauche. Michéa dans son dernier livre, « L’empire du moindre mal » en vient aux termes des analyses de la Sociologie du dragueur qui établissait une vision extraoedipienne et politique du monde que le freudisme s’était montré incapable d’appréhender.


A.S rappelle, dans ce discours, l’histoire du régime féodal et de la bourgeoisie. L’Etat monarchique jugulait les forces du XVIIIème pour contenir à la fois la noblesse de robes et ses privilèges de titres "en danger" et contraignait aussi la bourgeoisie à maintenir ses velléités libérales (cf. Bourgeois gentilhomme et Don Juan). Alors qu’aujourd’hui le Marché (raisonné et autorégulé), inauguré par le cogito cartésien, comme le rappelle A.S, sécurisé par le Droit néolibéral (de tous contre tous) s’y substitue comme nouvelle Main Invisible et nouvelle dialectique normative, transcendante et régulatrice. Elément juridique (Droit) que n’a pas intégré A.S dans sa vision critiique et qui sécurise pourtant le Marché (déjà le Code Noir protégeait la traite économique négrière). Approche parfaitement étudiée par Clouscard dans la « Critique du libéralisme libertaire".


A la question qui se pose sur les solutions et l’avenir qui se présente, j’ai personnellement une vision désabusée comme je l’ai expliqué dans la Théorie révolution néolibérale qui se construit selon des stades opératoires précis. Une idéologie dominante qui produit des facteurs de productions nécessaires à sa préservation, sa continuité, ses débouchés (surplus) par le jeu de l’oppression et la permissivité dans les sphères de la production et la consommation.


Je considère que les classes populaires sont arrivées à un tel stade d’asservissement et d’ignorance, de « pensée d’étau », que les perspectives sont manifestement noires. Et le néonationaliste n’aura peu voire aucune prise sur les effets destructeurs en cours. En effet, je pense que ces classes populaires veulent avant tout être protégées contre les effets pervers économiques et sociaux immédiats du libéralisme qu’elles contiennent, entretiennent, conduisent et conditionnent tacitement. Chacun se résigne derrière l’arbi provisoire de la Gauche (PC-LCR-PT) qui emballe une pensée culturelle et bohême contre des facteurs de production libéraux qu’elle prétend combattre mais dont elle jouit et au travers lesquelles elle se construit (bobo). Elles peuvent aussi - ces classes populaires - se révolter, contre le mythe progressiste libertaire et transgressif, affectif et maternaliste, communautaire, tribal et clubiste, comme ce fut le cas en 2002 (FN), dans les urnes, voire en 2005 (TCE), en se réfugiant derrière non pas une conscience de classe, ni un inconscient collectif cohérent (au grand désespoir de Todd), mais derrière un ressentiment épars et individualiste, qui les expose, faute d’unité de classe, à valider le « démantèlement systématique de leurs conditions d’existence matérielles, que cette culture de transgression illimitée rend précisément impossible » (Michéa).


Ce qui pousse à penser que quelles que soient les perspectives, les classes populaires ne peuvent plus s’opposer à un système qui détruit méthodiquement leur vie, avec rationalité, calcul, méthode philosophique appliquée au mensonge historique et reliée par l’information qui mime plus qu’elle ne renifle. L’alliance d’un Marché rationnel et d’un Droit comme axiome de neutralité économique, a généré une nouvelle anthropologie d’enchaînés économiques qui s’émancipent par la culture libertaire. Heureux débouchés, heureux surplus donc. La théorie platonicienne du désir insatiable s’est parfaitement adaptée à l’économie libérale dont la principale fonction est de perfectionner la perversité morale et technologique du nouveau monde, celui des bourgeois et des classes populaires. Au cœur du bouleversement économique italien, Pasolini a montré que la « tolérance est une forme raffinée de la consommation » qui tend à uniformiser les différences. Mais la société vise la mondialisation globale des différences. Question qui pourrait être étendue. Aujourd’hui, l’action du fascisme libéral est double et encore plus équivoque. Elle a permis grâce au communautarisme de créer des débouchés, des nouvelles niches qui se fondent sur la « différence » communautaire et l’indifférenciation simultanée des produits et des êtres qu’elle déverse dans le marché. Une différence communautaire dont l’identité sera soit élective (fier de la différence d’être juif : principe d’exclusion et d’élection) ou assimilationniste (tout homme est un gay qui s’ignore principe d’intégration par la perversion sexuelle). Dans tous les cas, la différence est sectaire, marchande et intolérante. Elle est le bon-goût du conformisme libéral et de l’indifférenciation. Puisque tout le monde est différent et « vaut » au moins quelque chose, le prix d’un marché. Sur la valeur (qui va de l’histoire des races les plus humiliés, du berceau-noir unique de civilisation, aux homosexuels comme centre de la production artistique), le mono-centrisme communautaire évalue le conformisme libéral en fonction de fausse rébellion, de révolte jouissive. La tolérance est un conformisme qui se prétend fièrement subversif.


Je ne comprends pas en quoi l’approche néo-nationaliste pourrait délivrer de la farce libérale qui consiste à nous faire croire qu’il faut nous prendre par nature « tels que nous sommes » (et non comme on devraient être) tout en enseignant, paradoxalement, d’un autre côté la nécessité de changer radicalement les habitudes et les mentalités. En effet, à quoi bon changer si nous sommes déjà dans la nature libérale du loup hobbesien ? L’existentialisme de Sartre qui enseigne la liberté comme le libéralisme, comme arrachement au sol et au déterminisme est l’œuvre d’un tout observé dans un cinéma actuel essentialiste, d’une littérature, d’une pensée managériale, en tous les coins et recoins de la vie. De la cuisine jusqu’au dessous du bureau. Arguer la France dans ces contextes précis est-il si judicieux, significatif et parlant d’un point de vue politique pour les classes populaires ?


Dernière édition par le Jeu 20 Sep 2007 - 10:06, édité 4 fois
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Valet apatride du Grand Capital
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Mer 19 Sep 2007 - 23:11

(suite)
D’où je pense la permanence, la présence éternelle d’individus qui tueront les mythes du bien/vrai et de l’universel en un seul de leur nom, pour une seule vision. D’où cette vision chaotique et habilement menée par les libéraux de faire croire que tous les hommes sont mauvais, des bêtes sauvages, des loups entre eux. Il y en a et en aura toujours, certes. Leur présence suffit-elle seulement à comprendre toute l’humanité entière, à ne pas envisager et concevoir surtout une meilleure société, décente et humaine ? Sur des bases que je dirais helléno-chrétiennes. Le libéralisme doit-il compter et forger son mythe sur une caste qui prétend modéliser le monde et si ce n’est pas le cas le forcer, et si cela ne marche pas encore, mentir pour faire croire qu’il fonctionne ?

Alors peut-être que c’est l’Education qui faut savoir maitriser et rejoindre la « Sociologie du dragueur » d'A.S pour comprendre les dysfonctionnements de l’Œdipe propre à cette Education qui fait les individus. En le reliant au monde du travail, de l’opposition et du père (du rapport de force, en opposition à la continuité féminine affective), A.S devait conclure son livre sur la nécessité de l’amour et non sur la nation néofrontiste. Michéa conclut sur la décence et l’humanité, sur Orwell, au travers lesquelles les individus des classes populaires se retrouvent comme ils peuvent.


Je crois qu’il n’y a plus de « monde bourgeois », mais, mieux que cela, une « sensibilité bourgeoise » qui gagne son pari historique libéral. Le terme employé d’A.S est fondamental. L’embourgeoisement psychologique, des phénomènes de régression à la barbarie néolibérale ont conduit à une différenciation par rapport à la norme. Un esprit funèbre a débordé sur la perte de valeurs anciennes, sur un embourgeoisement total et totalisant. La démocratie populaire, la lutte progressiste pour la démocratisation de l’expression et pour la libération sexuelle a été dépassée par des ambitions libéral-libertaire dont la vocation consumériste s’accorde une tolérance aussi large que fausse, aussi cynique que vrai. La culture des biens libertaire, de l’école libéralisée façonnent les jeunes à des pousses minables, à des petits bourgeois de deuxième série, chipoteurs, complexés et racistes, d’un côté, des populaires nouvelle série, antiracistes, décomplexés et malhonnêtes. Au lieu de donner de la légèreté et du bonheur simple, la culture de la société de consommation, la libéralisation sexuelle, le sadisme volontaire n’a pas produit que des jeunes malheureux, renfermés, présomptueux et agressifs, elle a porté des cyniques de banlieues, des fils de prolos et petits employés du tertiaire (mon cas), des classes moyennes excédées par les principes moraux et religieux qui empêchaient au nom de cette fameuse « décence », à gagner mieux leur vie, pour vivre hors des ghettos et dans d’autres petits quartiers plus accueillants. Et alors ? Des banlieues, il n’en reste plus de cette réalité physique, virile et humaine, qui « éduquaient à la certitude, à un profond amour, sûr et irremplaçable » dont parlait Pasolini. Tout le monde veut fuir les « cités » d’immeubles populaires. Le conservatisme des centres villes qui permettait la vie commune entre bourgeois et fils populaire, a totalement disparaît car la structure et la qualité de vie de la masse bourgeoise et ouvrière consumériste est devenu incompatible en engendrant un chaos que ni le mot de conservation, ni le mot de révolution, de nation, de repli néorévolutionnaire ne peuvent expliquer. Une banlieue dont la fonction exotique sert les friqués comme l’a parfaitement décodé AS. Ce drame est palpable tous les jours ni changera strictement rien. L’avènement du bobo-urbanisme et des ses codes libertaires, perçus par Pasolini, incarne avec stupeur le projet effrayant de la survivance bourgeoise dans les centres-villes et les banlieues.


Le point de vue marxiste ou communiste ne suffise pas, de la même manière que de parler au nom des classes populaires ne signifie plus rien. Car un stade opératoire capitaliste a été franchi grâce à l’émergence de la société de consommation et ses structures oppressives et permissives. L’altérité n’est pas seulement dans la conscience de classe et dans la lutte révolutionnaire marxiste, elle existe aussi par elle-même dans l’entropie capitaliste, à l’intérieur de laquelle elle jouit de sa nature concrète. Ce qui est, ce qu’il y a d’autre dans ce qui est, ce sont deux données culturelles. Entre ces deux données, il existe un rapport de prévarication, souvent abominable, justement. Le monde bourgeois n’a pas sa culture tranchée comme une frontière qui écarterait naturellement les classes populaire. Au contraire, le néocapitalisme développe une culture de masse qui ne serait plus une culture de classe de dominés. Et là commence un problème majeur. Transformer les rapports de classe en un rapport dialectique, c’est la fonction du marxisme : le rapport dialectique entre la culture de la classe dominante et celle de la classe dominée. Mais ce rapport dialectique devient de moins en moins convaincant pour les classes populaires, dans la mesure où la culture de la classe dominée disparait, ayant été éliminée, abrogée volontairement au profit d’une culture de masse qui brise au fur et à mesure la performance de la persuasion politique contre les dérives objectives du monde néolibéral.


La décence consiste-t-elle à ne pas gagner sa vie pour persister dans un quartier de racailles et un poste de larbins ou bien réside-t-elle à orienter sa vie de telle sorte qu’elle soit plus digne, en gagnant mieux en vivant dans des quartiers plus résidentiels, sans que je fasse de mal ni à moi ni à autrui ?


Et aux foudres des vertus de la restriction chrétienne, je rappelle que les hommes l’applique afin d’améliorer les conditions de vie de chacun et tirent de ces restrictions du plaisir et de la joie. Même deux mille an d’histoire n’ont pas réussi ce projet : cadré habilement la décence sur la sécularité chrétienne Alors comment le néonationalisme prétend il contourner ce que les classes populaires elles même pratiquent par nécessaire décence et humanité ?


L’intégration par le Capital et son surplus culturel bourgeois sont des raisons suffisantes, des moindres maux, pour exister, des motifs névrotiques, in fine, pour s’épanouir totalement chez les Racailles par exemple, modèles anthropologiques uniques de déformation néolibérale. L’identification d’exploité à exploiteurs est désormais caractérisée et en voie d’intégration totale par une « démocratisation dans un sens bourgeois » dont l’extrémisme pousse à faire croire que le bonheur des travailleurs est identique à celui des exploiteurs. Pasolini renseignait sur le profil de ces nouveaux consommateurs : « névrosés, conformistes, jusqu’à la folie et à l’intolérance la plus totale ». De la droite à la Gauche, les friqués imposent une idéologie que la classe populaire accepte et intègre imperturbablement en assimilant consciemment le cynisme de la nouvelle révolution capitaliste qui les rend quand même modernes et progressistes du point de vue matérialiste. La nouvelle marchandise produit sa nouvelle humanité.

A.S parlait du passé et des passéistes, des nostalgiques, des romantiques, des penseurs de la « fuite ». J’entends parfaitement cette vision, comme lui. La société bourgeoise, n’a pu, décemment, s’accommoder d’une religion du dépouillement et de la pauvreté (St F.d'Assises) avec des fondements qui au contraire pousse la logique jusqu’à l’individualisme, l’anarchie égoïste (de Smith à Stirner), la malhonnêteté et la déshumanisation globale. C’est pourquoi, à défaut d’en faire un modèle inadapté à l’économie capitaliste, la bourgeoisie a dévoyé l’esprit du christianisme par un romantisme dont la matrice se fonde dans un Moi transcendant et hypertrophié parfaitement assit dans les salons feutrés parisiens. Je dirai que la culture romantique précède le stade de la culture narcissique moderne (C.Lasch). Le Moi impérial, dévoreur d’expériences pratiques et individualistes, ogre démiurge (Nietzsche - qui signait le Christ, dans ses dernières correspondances - Novalis, Schlegel), d’élans poétiques (Lamartine, Schiller), de tentatives et fondements contre la conscience et la raison politique (obscurantisme de Hugo, secte de Freud …) et maniaque de lui-même, sombre inspirateur du désir transcendant, de l'inconscient déculpabilisant, de la pulsion originelle planant au dessus de tout déterminisme et animé par de quelconques formes de déraisons et d’irrationalités a produit une idéologie libérale propice (freudo-marxisme) à freiner les actions solidaires, raisonnées et politiques au sens de la cité.


Une forme de lyrisme consiste à rallier derrière un drapeau nationaliste pour sauver la Patrie en danger. Robespierre, Marat et Saint-Just évoquaient et appréhendaient à peine les classes sociales (émergentes) et se confrontaient aux structures féodales et bourgeoises révolutionnaires de leur temps. Deux cent ans ont coulé et les structures libérales d’intérêts bien compris se sont hautement perfectionnées. La République des Lumières (et non celle de la Terreur, forme aussi d’un despotisme de Liberté tragique mais nécessaire) et ses soubassements libéraux est à l’origine d’une rupture idéologique d’avec le concept humaniste, désintéressé et utopique. La Monarchie, malgré l’injustice patente de sa hiérarchie sociale, permettait toutefois de contenir à la fois la noblesse de robes et ses privilèges de titres en danger et contraignait aussi la bourgeoisie à maintenir ses velléités libérales.


Le romantisme a accompli une forme idéologique qui s’accommodera idéalement de la société de consommation narcissique d'après guerre. Car au désespoir et au sens tragique de la fin du monde, le capitalisme va ordonner un sens plus ludique dont les fondements et les enjeux serviront des intérêts bien compris. L’angoisse du néant face à l’être, du moi idéalisé face à son être social, apparait comme une invention de bourgeois lascifs qui n’avaient rien à faire de ces dix doigts, si ce n’est écouter son ventre gazouiller, son humeur varié selon le temps et les climats (Nietzsche, Novalis) et gloser sur l’éternel présence du plafond étoilé et du rire présocratique. Ce romantisme, outre qu’il s’est parfaitement construit dans la société libérale du XIXe a fait régresser le peu d’élan lyrique, hérité de la Révolution française (que je reconnais, et bien observé par Balzac, puis par Lukacs) vers un Moi, vide, infantile, narcissique voire thérapeutique. Les formes psychologiques, les curiosités lubriques sont fins prêtes pour anéantir la conscience politique et la décence humaine. Et l’avènement du néo capitalisme sous tend l’accomplissement du monde de l’enrichissement, de l’individualité et de la ruse sur celui de la décence, de l’humanité et de la solidarité.


Des romantismes en quête de néant, des hommes dépourvus de liens avec le passé, des hommes égocentrés ont développé un comportement et des valeurs qui baignent dans un état d’impondérabilité, ce qui permet de privilégier comme le seul acte existentiel possible, la consommation et la satisfaction des exigences hédonistes.

La contre-réforme, le cléricalisme, le moralisme petit-bourgeois, le fascisme (et nazisme auquel il s'accole étrangement) décrié par AS, ont désigné « l’obéissance » et leur opposition a qualifié la « désobéissance ». Et la nouvelle révolution libérale s'est faite non pas de désobéissants, de frondeurs, de rebelles, mais de « nouveaux obéissants », de permissifs-de-système, qui se prétendent subversifs alors que leurs vies sont on ne peut plus conformistes. Dialectiquement, les pouvoirs cléricaux-moraux apparaissent comme des ennemis utiles, nécessaire pour lutter contre la nouvelle révolution néolibérale. On notera, actuellement, que les bases fondamentales du capitalisme moderne, comme le décrit le sous commandant Marcos en 1997 sont liquidées par la canonnade de l’économie financière globale et de la réduction des citoyens en indigènes. Sur cette nouvelle culture de génocide libéral, la société de consommation a besoin d’hommes faibles.


Donc je me demande ce que peut prétendre un « honnête homme » quand il agite la « common decency » face aux classes populaires devenus nécessairement des hommes nouveaux, par volonté ou forcer à le devenir
?


Pour ceux qui évoquent le décor des classes populaires, Orwell avait écrit ceci pour l’un d’eux :


« Gordon se posait des questions au sujet des gens qui habitaient dans des maisons comme celles-là. Ce devaient être, par exemple, de petits employés, des vendeurs, des voyageurs de commerce, des démarcheurs de compagnies d’assurances, des conducteurs de trams. Savaient-ils, eux, qu’ils n’étaient que des marionnettes dont l’argent tirait les ficelles ? Je pari bien que non ! Et s’ils le savaient, qu’est ce que cela pouvait bien leur faire ? Ils étaient trop occupés à naître, à se marier, à engendrer, à travailler, à mourir. Peut-être bien que ce n’était pas une mauvaise chose, si l’on pouvait y arriver que de se sentir soi-même l’un deux, faisant parti du commun des mortels. Notre civilisation est fondée sur la cupidité et la peur, mais dans les vies du commun des hommes la cupidité et la peur sont mystérieusement transmués en quelque chose de plus noble. Ces gens de la petite bourgeoisie, dans ces maisons derrière leurs rideaux de dentelle, avec leurs enfants et leur mobilier de rien du tout et leur aspidistras – ils vivaient d’après le code de l’argent, bien sûr, et pourtant ils trouvaient moyen de maintenir en eux la bienséance. Le code de l’argent tel qu’ils l’interprétaient n’était pas simplement cynique et glouton. Ils avaient leurs normes, leurs inviolables points d’honneur. Ils demeuraient des « gens comme il faut » - et battant pavillon aspidistral. De plus, ils étaient vivants. Ils étaient empaquetés dans la vie. Ils engendraient des enfants, ce qui n’arrive jamais aux saints et aux sauveurs d’âmes de faire… »

George Orwell, Et Vive l’Aspidistra


Dernière édition par le Jeu 20 Sep 2007 - 10:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Mer 19 Sep 2007 - 23:26

avant de finir ton texte, je voulais te dire qu'il faut absolument que tu te procures les dernier Debray... je ne t'en dis pas plus !

maintenant au texte.

Je sens en toi une évolution de ta pensée vers un fondamentalisme plus profond et malheureusement plus pessimiste. Globalement, vu sous ton angle tout est libéralisme ou conséquence du libéralisme et c'est un moi collectif, un moi d'ensemble qui pourra éventuellement nous libérer de ses méfaits et les tracas occasionnés. Ce moi qui veut dire en même temps "nous" et "eux" à défaut de signifier "je", c'est la base essentielle de ce qu'on appelle 'le sens du devoir à l'égard de la communauté'.

Ce moi collectif doit être moral et désintéressé pour être fort.

Pour répondre à ce postulat, il y a deux choses possibles : la religion chrétienne ou la République de la terreur, celle des âmes damnées, des incorruptibles. Ces deux visions reposent sur un seul et unique concept : la notion de Sacré.

Pour relancer la machine progressiste, il faut reconstruire un Sacré. Certains pensent à la religion, d'autre à la monarchie, personnellement, je crois que notre Sacré, celui qui porta haut notre étendard à Valmy et à Verdun, c'est la République... pas la monarchie actuelle, la République qui poussa les hommes à affronter les canons prussiens, celle qui mit les hommes sur des barricades de tous temps même en 1848, celle qui fit un symbole de la décollation de la pute autrichienne... putain qu'on vénère comme une Lady Di d'antan, preuve d'une sale monarchisation des âmes.

Battons nous pour notre République, celle des vrais, pas des nantis, celle que clamait Vallès sur ses barricade. Elle importe plus que la nation au fond ! Elle est sacrée, porteuse d'un message collectif, splendide par sa singularité, admirable par sa violence.

Le 14 juillet, on rasera gratis les Bolloré et consort.... nos nouveaux nobliaux.
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elenfoiro
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Jeu 20 Sep 2007 - 0:03

Ton texte est intéressant mais malheureusement le pessimisme ne sert a rien, sinon a se faire des raisons de glander.

Et puis bon, "ambition: reproducteur", c'est un peu limite comme vision.
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Snake Plissken
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Jeu 20 Sep 2007 - 0:23

ajax a écrit:

la pute autrichienne..



pauvre âme, tu dois te sentir bien seul dans ton grenier à souvenir républicain.



Ces simples trois mots prouvent que tu ne connais rien (au sens propre du terme) à notre histoire. Non, tu n'est qu'un petit idéologue ranci.


Je prierais pour ton âme.
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Jeu 20 Sep 2007 - 0:26

Le rebondis sur Ajax, pour Viscard j'accroche sur des petits détails mais ne maitrise pas l'ensemble...
ajax a écrit:
Pour relancer la machine progressiste, il faut reconstruire un Sacré.
Yop. Ca c'est trop bon, je ne pouvais pas laisser passer.
Ainsi, on ne surmontera la crise de surpopulation du siècle qui vient qu'en posant la vie humaine sacrée. (la vie tout court, certes, mais de vraiment sacré, intouchable comme les vaches en Inde, juste la vie humaine. La terre vivante suivra derrière.)
Pas de d'incitation aux avortements, contraceptions, euthanasies et autres dépopulations robespierro-cousteauïstes. Alors seulement on se forcera à trouver les solutions à mettre en oeuvre. (y'en a pleins.) (il y a énormément de place, et de l'eau à volonté.)
C'est en posant du sacré, indiscutable donc, qu'on créera des merveilles.

(n.b. je ne vois pas trop comment un 14juillet pourrait y inciter...)

C'est un peu hors sujet, mais très important.

ps2 : ok avec Plissken, mais l'Ajax en a sorti une VRAIMENT bonne, alors je ne pouvais qu'applaudir..Il me semble que les conséquences pleines apparaitront d'elles mêmes... pas la peine d'insulter les canibales...)


Dernière édition par le Jeu 20 Sep 2007 - 1:03, édité 3 fois
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ajax
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Jeu 20 Sep 2007 - 0:29

le truc du Sacré ce n'est pas de moi mais de Régis Debray qui a vraiment bien analysé la chute actuelle de notre système social et culturel en constatant la disparition du sacré, et pour lui, comme pour moi d'ailleurs, le sacré c'est la République.

Avis aux modos, je vous promets que je ne répondrai pas à l'autre trou du cul qui a Poutine comme avatar.
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Jeu 20 Sep 2007 - 1:00

La république est une invention.
Un caprice.
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ajax
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Jeu 20 Sep 2007 - 1:03

c'est avant tout, surtout et uniquement un combat... pas comme la monarchie qui est l'acceptation d'un état de fait arbitraire.
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Jeu 20 Sep 2007 - 1:14

Je vous laisse à vos vénérations...
ajax a écrit:
..., celle qui fit un symbole de la décollation de la pute autrichienne... putain qu'on vénère comme une Lady Di d'antan, preuve d'une sale monarchisation des âmes.

La monarchie, c'est Staline, c'est Mao. Hitler, Robespierre-StJust, Napoléon, Calles (Mexique, 1920 et plus..). Et typiquement : Mussolini.
Ca a faillit être Trotsky.

Ah, vénérer un symbôle...
Qui plus est un symbôle de tepu, sale, dépecée...
Vous vous étonnez que "ça ne prend pas"...
(Il faut "tourner la viche, chef !", "cha prendra !")
Chur !
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Sam 22 Sep 2007 - 18:01

Ca fait plaisir de te revoir par ici, Visc!

Bien que n'ayant pas tout saisis, ta façon de prendre le problème à l'envers, c'est-à-dire non pas comment renverser la société néo-libérale, mais en quoi un nouveau nationalisme pourrait permettre de le renverser -si j'ai bien compris- présente un aspect très intéressant qui permet de chercher des réponses face aux arguments qui voudraient que l'ultra-capitalisme actuel incarne l'horizon indépassable du progressisme techno-moderniste (choisissez l'adjectif qui vous convient!).

Dans ta lecture, le point de départ de l'intérêt des couches populaires pour le concept nationaliste pose évidemment un problème de perception et d'éducation de cette population. C'est en effet à mon sens le talon d'Achille de ce raisonnement. Le nationalisme ne représente finalement que l'aboutissement d'une démarche que n'imagine même pas une partie importante de la population.
D'où la problèmatique suivante: comment lutter et amener une population à considérer autre chose que sa bulle immédiate, de prendre conscience de l'intérêt d'une telle démarche, et de quels outils disposerait-elle pour se lancer dans une telle croisade?

Par ailleurs, la question de considérer finalement qu'une majorité qui se coule et s'adapte dans ce moule ne voit pas l'intrêt de se rebeller, permet justement d'élaborer une riposte srutcturée et efficace.

Premier point: ne pas lutter permet justement au néo-libéralisme de se justifier, puisque rien ni personne ne venant s'opposer à lui, c'est qu'il incarne parfaitement cet horizon indépassable. L'idée même qu'il puisse exister d'autres possibilités disparaît d'elle-même. Donc, le fait de batir une opposition ne peut que fragiliser un système qui se croit invincible parceque sans ennemis: le géant de papier. Une révolution ne peut se produire que parce que l'opposant qui nous fait face est faible. D'où l'intérêt de démontrer ses faiblesses, qu'il cache par des démonstrations de force digne d'un animal blessé aux abois qui tente le tout pour le tout.

Deuxième point: La théorie des rendements décroissants: plus une entreprise produit, plus elle engendre de bénéfices est vrai jusqu'à un pic où le rendement est maximum. Au délà, la poursuite de l'accroissement de production engendre de manière inversement proportionnelle des gains de plus en plus faibles. Phénomène que l'on constate aujourd'hui, (je n'entre pas dans le détail ici).
Je veut démontrer par là que les avantages que certaines populations croient tirer de leur soumission au néo/ultra...libéralisme sont inversement proportionnels. D'où l'insatisfaction perpetuelle et grandissante de ces mêmes populations, où le système fait croire qu'il va pouvoir résoudre lui-même les manques qu'il crée de toutes pièces. La récupération et le recyclage représente en effet un des aboutissements pour se préserver, sauf que l'efficacité de cette méthode tend à s'amoindrir: il faut augmenter les doses continuellement pour atteindre le même niveau de "bonheur". Sauf que tout cela ne va pas sans de sérieux et profonds dégats humains. De quoi il découle des doutes de plus en plus grands envers le système, censé préserver et garantir sa petite vie douillette. Aujourd'hui, bien que les classes moyennes incarnent le ventre mou de la société, elles sont les plus exposées (les pauvres n'ayant plus grand-chose à perdre), le système leur permettant de moins en moins de leur assurer une vie tranquille alors qu'elles ont tout donné pour lui.

Ton pessimisme peut se comprendre sur une échelle de temps très longue. Entre-temps, l'essoufflement du modèle dominant aura été atteint, voulu ou non, les circonstances aidant, le faisant explosé ou implosé car arrivé au bout de lui-même.
Le tout est de savoir comment et quand (le plus vite possible) précipiter la fin du modèle actuel pour au moins envisager la possibilité réelle de construire autre chose. En effet, l'illusion d'une transformation ou d'une transition douce restant une douce illusion, même si elle doit primer sur le chaos et la violence.

Le bateau peut mettre encore très longtemps à couler (des siècles) comme il peut couler demain. Mais une fois qu'il prend eau de toute part, sa chute est vertigineuse et surtout, inévitable. Soit on regarde et on attend (il y a du suspens mais la fin peut tarder à venir et on se lasse vite), soit on joue le moustique qui harcèle l'éléphant qui finira par épuisement ou contamination par y laisser sa peau (le suspens reste, c'est plus amusant, on s'ennui moins et on a une chance d'assister à la fin du film).
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Viscard
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Dim 23 Sep 2007 - 3:52

J'avoue que tout ce que tu dis est plein de bon sens. Je veux encore croire espérer et agir, mais le giron néonationaliste, proposé ar A.S reste flou dans sa définition, sa nature et ses modes d'actions (faire des grèves, et manifester, je connais un peu ca en tant que syndcaliste, c'est très limté et ca conduit à si peu de choses). Le rapprochement avec les identitaires et néomonarhchistes ne me convainc pas.
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ajax
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Dim 23 Sep 2007 - 10:37

je veux pas répondre à la place de viscard mais je reconnais avoir eu un parcours comparable. Intéressé par E&R le premier jour, j'ai été refroidi dès la présentation de la feuille de match.

L'action telle que vous la concevez, j'aimerais la comprendre. C'est l'agit prop ? Mais l'agit prop c'est act-up ! C'est du bruit et du bruit. Act Up avait pour lui de parler de quelque chose de nouveau et surfait sur une menace biologique (le Sida). Je ne sais pas réellement ce que propose E&R mais, si on parle marxisme, c'est forcément reproposer quelque chose que le peuple a déjà vu et que les néolibéraux savent très bien combattre.

J'ai lu, puisque tu l'as cité, les mots "grêve et manifestation". Si c'est ça que Soral dessine dans l'action d'E&R, je crois qu'il aurait du couper les ponts avec le FN... Parce qu'une manif, ce n'est pas du tout dans les choses que le FN et ses électeurs approuvent. Et puis les manifs FN, ça passe mal aux médias... Brahim Bouaram en 1995, c'est bien en marge d'une manif FN qu'il s'est noyé (même si j'attends que quelqu'un me dise que c'est le MOSSAD qui lui a fait prendre un bain).

Rencontrer des gens... Il y a d'autres manières de le faire. Le fait que vous soyez 150 à l'université d'été d'E&R montre bien qu'il n'est pas nécessaire de venir du net pour rencontrer des gens. La spontanéité de la rencontre (j'ai vu de la lumière et je suis rentré) existe encore (moins à Paris, je te l'accorde).

Sur les identitaires et les monarchistes, je rejoins Viscard. Je pense personnellement que ce ne sont pas des mouvements sérieux, à moins de chercher des gros bras pour les situations de baston.

Personnellement, je suis anti-identitarisme. Comment pourrais-je l'être étant donné mon origine - mi-corse mi-continental ? L'identitarisme a un problème de définition de périmètre. Où s'arrête-t-on ? Au niveau régional ? Au niveau des frontières du pays ? Au niveau des frontières continentale ?

Au niveau régional, c'est grotesque et c'est le meilleur cadeau fait au néolibéralisme...

Au niveau national. La France a la spécificité (c'est un cas vraiment unique) de ne pas être identitairement uniforme. On n'a pas ce liant identitaire qu'ont, par exemple, les Allemands et, dans une moindre mesure, les Russes occidentaux. Les identitaires français n'ont rien compris au film, ce ne sont pas des alliés sérieux.

Au niveau continental, j'ai peur que ceux qui se réclament d'un tel identitarisme sont sur le fil de la séparation d'ordre racial. Auquel cas, comment exclure les Américains de leur réflexion. Ceci étant, je trouverais qu'un identitarisme européen serait carrément épique et remarquable au regarde de l'histoire. Des peuples qui se sont massacrés autant que nous l'avons fait, cela n'existe pas sur terre. Nous prendre la main serait d'une grandeur phénoménale. Le hic c'est qu'on s'est, une fois de plus, fait doubler par les libéraux.

Sur la monarchie, je n'ai pas de temps à perdre avec cette connerie.

Je suis nationaliste et patriote et je n'ai pas besoin de le prouver, mes textes ici et sur la sentinelle, je pense, le feront pour moi. Mais je ne peux concevoir d'union avec des gens dont le socle idéologique est faible comme c'est le cas de ceux dont on vient de parler. De plus et ça sera ma conclusion, ni les identitaires ni les monarchistes n'ont cette vision de l'histoire que nous, marxistes ou lecteurs de Marx, avons, c'est à dire la mise au centre des rapports d'oppression et de la conscience de classe. Juju, je t'ai connu communiste ou du moins tu le disais ici, ne me dis pas que tu as mis ça de côté !

Les identitaires n'ont, par essence, rien à faire de la conscience de classe. Ils préféreront un bourgeois blanc à un prolétaire basané. Il préféreront un néolibéral blanc parce qu'il est blanc !

Les monarchistes, eux, c'est plus complexe, ils veulent cristalliser les consciences de classe autour d'un système politique bancal qui ne fera reposer sa légitimité sur une forme de spiritualité ou sur une spiritualité tout court. Ils veulent graver les classes dans le marbre avec aucun espoir de bouger d'un rang à l'autre. Il suffit de regarder par delà la Manche pour voir que cela ne protège pas du néolibéralisme et que c'est encore plus inique et plus destructeur que notre régime bancal.

Je comprends que vous cherchiez des alliés pour votre "combat". Mais ces alliances de contexte ne tiendront pas et vous vous ferez marcher dessus le jour où, je vous le souhaite, cela tournera dans votre sens.

Note qu'on a parlé des deux mouvements les moins extrêmistes. On aurait pu parler des nazillons et des islamistes fondamentalistes.
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Torquel
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Dim 23 Sep 2007 - 11:26

Mais si j'ai bien compris la feuille de route d'E&R, ils acceptent tout le monde. Le but étant de rassembler les forces en présences ayant pour cible le capitalisme mondialisé.

Identitaires, monarchistes, marxistes, hellénistes, catholiques, musulmans etc...

Le principe même de E&R, c'est de ne pas avoir de feuille de route justement.

Et en même temps, Soral dans la vidéo de conclusion de l'UDT parle de limites. "Nous ne nous allierons pas avec n'importe qui sous prétexte d'avoir un but commun". Où sont placées ces bornes? En invitant Bouchet à prendre la parole, on se demande en effet.

Toutes ces forces en présence vont à mon avis se faire tampon et empêcher l'action et les propositions claires plutôt que d'avoir l'effet additif attendu.

Un Identitaire ne marchera jamais main dans la main avec Marxiste pour détruire le grand capital, je pense que là, on est dans le fantasme.

Je ne porterais pas de jugement sur les différents mouvements, et bien que je sois assez éloigné des Identitaires, je ne dirais pas que ce sont des mouvements faibles. Il y a beaucoup de gens cultivés tout de même, et certains sont modérés. De même chez les Marxistes, il y a beaucoup de gens pertinents.
Mais un identitaires sera toujours sur une position ethnocentriste, et un marxiste toujours dans une visée universaliste.
En dehors de toutes prises de partie personnelles, il va bien falloir choisir.

Ou E&R se définit comme une association portée sur l'action, et elle devra se trouver une ligne minimale (Identitaire ou Marxiste, vu que ce sont les deux grandes tendances au sein de l'assoc'), ou bien comme une association uniquement portée sur le débat, sur la théorie, le concept, et là elle peut héberger tout le monde mais sans agir.

Et c'est vrai que pour l'instant, c'est très flou tout ça, et on ne comprend pas bien la finalité.
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Pertinax
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Dim 23 Sep 2007 - 11:55

Ajax a écrit : "Je trouverais qu'un identitarisme européen serait carrément épique et remarquable au regard de l'histoire (...) Nous prendre la main serait d'une grandeur phénoménale". C'est comme si tu aspirais à une forme d'identité européenne, mais en sachant qu'elle est impossible parce que 1) les identitaires ne sont pas des gens sérieux (c'est vrai, et surtout ils n'ont pas de discours politique). 2) ils sont souvent proches des nazillons (obsédés par la génétique).

Mais en même temps, tu te dis nationaliste. Donc, ton aspiration européenne (j'en perçois une), c'est quoi ? Une Europe des nations ?

Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup d'identitaires à ER. Ca serait bien qu'il y en ait, mais il faudrait infléchir, corriger leur tendance dans le sens... maurassien, justement. D'où l'intérêt des royalistes. Donc, le royalisme, comme outil, tout comme le marxisme, n'est pas une connerie.

Il ne faut surtout pas essentialiser des notions comme marxisme, royalisme. Cela dit, si des marxistes, des royalistes, des chrétiens, des musulmans, peuvent travailler ensemble... pour l'action, cela sera plus difficile (mais pas impossible).

Sauf bien sûr à se focaliser sur le fait sioniste, pris (à tort ou à raison) comme paradigme de la violence impérialiste.
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Jul le Marteau
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Dim 23 Sep 2007 - 12:22

Ça me rassure qu'Ajax et Torquel ne saisissent pas non plus trés bien le projet d'E&R, je me sens moins seul et moins con.
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ajax
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Dim 23 Sep 2007 - 12:57

Pertinax a écrit:

Mais en même temps, tu te dis nationaliste. Donc, ton aspiration européenne (j'en perçois une), c'est quoi ? Une Europe des nations ?
Je crois que je ne sais pas répondre à une question comme celle là en quelques mots. En préambule, il faut naturellement savoir ce qu'on entend au travers l'Europe ?

Un habillage national ? c'est quasiment impossible à mon sens compte tenu des régimes en place (je ne crois pas que l'Angleterre lachera sa monarchie et nous notre république pour une nation européenne) et puis surtout, c'est impossible car elle mènera à la crispation identitaire.

Une machine économique ? hors de question, on voit où ça mène. Plus la plaine est grande plus l'ennemi peut nous leurrer.

Une force militaire ? Ce n'est pas un but mais peut être un moyen.

Je ne vois qu'une communauté de pensée, un dépositaire d'une histoire commune et d'une philosophie qui se gardera d'imposer sa vision. Une espèce de comité des sages de l'histoire. J'invite les autres continents, d'ailleurs, à oeuvrer dans le même sens si cela est possible. Mais pour cela, il nous faudra des hommes, des vrais, pour parler en notre nom.

Citation :

Donc, le royalisme, comme outil, tout comme le marxisme, n'est pas une connerie.
mais quelle est la fin du royalisme ? A quoi sert-il ? Quels sont ses desseins ? Qu'on ne me raconte pas qu'il s'agit d'un liant national, je ne veux pas qu'on me parle d'un prétexte ou d'un effet colatéral, je veux qu'on me dise le but de la monarchie ! Mettre un roi en place et toute la structure (noblesse) autour pour consolider sa légitimité ? Très peu pour moi.

Citation :

Sauf bien sûr à se focaliser sur le fait sioniste, pris (à tort ou à raison) comme paradigme de la violence impérialiste.

une vraie analyse marxiste de la situation actuelle montre que le sionisme est un outil libéral et que la lutte contre le sionisme est un rideau de fumée qui ne prend pas en compte les notions de classe. Si, demain, l'antisionisme devenait à la mode et qu'Israël était démantelé, ce sont les prolos qui paieraient et rien ne changerait pour les Palestiniens. Il en est de même de la lutte contre l'Iran ou contre l'Irak. Ce sont les prolos qui paient, il suffit de lire trois lignes bien écrites par un penseur intelligent (Marx par exemple) pour savoir que la guerre est un bel outil bourgeois (au sens détenteur du capital).

Cet écart sur le sujet central de ce forum est bien vu. En effet, on se rend compte que pour lutter contre un ennemi désigné, E&R et les altermondialistes sont capables de composer des alliances, frayer même, avec des mouvements qui, par doctrine, sont encore plus hostiles à eux. Le Hezbollah, le Hamas ou le GSPC reposent sur des doctrines dangereuses que les "nationalistes" font exprès de ne pas les voir ; voire les négligent ou les minimisent (exemple le discours dément de Bouchet).

Si des gens sont prêts à ça, moi ce n'est pas le cas... je préfère perdre seul que gagner avec des ennemis.
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Dim 23 Sep 2007 - 14:14

Torquel a écrit:
En même temps Marx n'a pas non plus la parole d'évangile. La dichotomie Bourgeois/Prolétaire n'explique pas tout.

Tout vouloir expliquer par la lutte des classes est aussi dément que de chercher l'absolu remède dans le nationalisme.

La lutte des classes ne doit pas devenir une obsession.

Avant même le concept de "lutte des classes" et son dyptique Bourgeois/Prolétaire il y a la dichotomie opprimés et oppresseurs encore bien antérieur à l'existence des classes: maitres et esclaves, serfs et seigneurs...Dont ouvriers/patrons en est une nouvelle manifestation.

La lutte des classes est une définition temporelle sur le postulat oppresseurs et opprimés.
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Dim 23 Sep 2007 - 14:19

Colonel Jul a écrit:
Ça me rassure qu'Ajax et Torquel ne saisissent pas non plus trés bien le projet d'E&R, je me sens moins seul et moins con.

Je rajouterai qu'il y a un bon paquet de bourgeois au FN pas vraiment proche du peuple.
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Kamo
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Dim 23 Sep 2007 - 14:53

Citation :
un marxiste sera toujours dans une visée universaliste.

Pas nécessairement, on peut se reconnaitre dans la théorie économique de Marx sans pour autant avoir le moins du monde une visée universaliste. Un marxisme vidé de son abject internationalisme.
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Dim 23 Sep 2007 - 14:55

Kamo a écrit:

Pas nécessairement, on peut se reconnaitre dans la théorie économique de Marx sans pour autant avoir le moins du monde une visée universaliste. Un marxisme vidé de son abject internationalisme.

Une visée universaliste dans un cadre national, autrement dit Républicain Français.
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JOHN
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MessageSujet: ROYALISTES, MARXISTES ET IDENTITAIRES   Dim 23 Sep 2007 - 15:36

Sebsebforce a écrit:
Ton pessimisme [Viscard] peut se comprendre sur une échelle de temps très longue. Entre-temps, l'essoufflement du modèle dominant aura été atteint, voulu ou non, les circonstances aidant, le faisant explosé ou implosé car arrivé au bout de lui-même.
(…)
Le bateau peut mettre encore très longtemps à couler (des siècles) comme il peut couler demain. Mais une fois qu'il prend eau de toute part, sa chute est vertigineuse et surtout, inévitable.
Exact, sur les limites (et la fin catastrophique) de ce système, déjà répondu (depuis longtemps) ici :
http://kalayuga.frbb.net/Mondo-2007-f5/Vers-la-suppression-de-l-argent-liquide-t1460-20.htm#24955

l'Omnivore Sobriquet a écrit:
La république est une invention.
Un caprice
.

cheers
ajax a écrit:
[La république] c'est avant tout, surtout et uniquement un combat...

« Un combat » de qui ? (des médiocres ou des envieux ?), contre quoi ?...

ajax a écrit:
pas comme la monarchie qui est l'acceptation d'un état de fait arbitraire.

A moins que ce ne soit l’exacte contraire… king que : la monarchie ne soit que l’acceptation d’un état de fait naturel… Et la République un combat une révolte contre cet état de fait naturel... (plus ou moins « arbitraire » dans sa forme mais inévitable et naturel dans son principe)…

Ajax a écrit:
Sur les identitaires et les monarchistes, je rejoins Viscard. Je pense personnellement que ce ne sont pas des mouvements sérieux, (…). Les identitaires français n'ont rien compris au film, ce ne sont pas des alliés sérieux.
A moins que ne soit (une fois de plus) exactement le contraire… Very Happy que ce ne soient justement les seuls mouvement (vraiment) sérieux… et que les identitaires soient les seuls rares qui aient (presque) tout compris au film… **

** Céline (1894-1961) dans Rigodon (1961), p. 136, 308 :
« Seule la biologie existe, le reste est blabla !... tout le reste !... je maintiens, au « Bal des Gamètes », la grande ronde du monde, les noirs, les jaunes gagnent toujours !... les blancs sont toujours perdants, « fonds de teint », recouverts, effacé !... politiques, discours, faridoles !... qu’une vérité : biologique !... dans un demi-siècle, peut-être avant, la France sera jaune, noire sur les bords… »
« L’important le sang !... le sang seul est sérieux ! tous « sang dominant »… n’oubliez pas !... »


Pertinax a écrit:
Ajax a écrit : "Je trouverais qu'un identitarisme européen serait carrément épique et remarquable au regard de l'histoire (...) Nous prendre la main serait d'une grandeur phénoménale". C'est comme si tu aspirais à une forme d'identité européenne, mais en sachant qu'elle est impossible parce que 1) les identitaires ne sont pas des gens sérieux (c'est vrai, et surtout ils n'ont pas de discours politique). 2) ils sont souvent proches des nazillons (obsédés par la génétique).

Il ne s’agit pas tant d’une obsession génétique que d’une question de (simple) survie collective… et (donc) de « CONSCIENCE RACIALE » :
http://kalayuga.frbb.net/Mondo-2007-f5/Le-sentiment-d-un-avenir-t1246.htm#20831
+ cette synthèse du rapport entre « RACE ET NATION » :
http://kalayuga.frbb.net/Mondo-2007-f5/Nationalisme-t1155.htm#19355

En ce sens la conscience raciale ethnique est aux racialistes identitaires ce que la conscience de classe ** est aux néo-« marxistes »… Mais ni les uns ni les autres n’en ont le monopole…

** Revoir cette super synthèse de Céline (1894-1961) : http://kalayuga.frbb.net/Hybride-f6/CITATIONS-DE-CELINE-SUR-LA-CONSCIENCE-DE-CLASSE-t1016.htm#17480

Ajax a écrit:
Les identitaires n'ont, par essence, rien à faire de la conscience de classe.
Pertinax a écrit:
Ajax a écrit:
De plus et ça sera ma conclusion, ni les identitaires ni les monarchistes n'ont cette vision de l'histoire que nous, marxistes ou lecteurs de Marx, avons, c'est à dire la mise au centre des rapports d'oppression et de la conscience de classe.
Il ne faut surtout pas essentialiser des notions comme marxisme, royalisme.
Yeah D’où aussi le danger classique d’essentialiser sa connerie de s’enfermer dans des convictions notions tranchées, monothéisteslithiques… plus ou moins maniaco-idéologico-pavlo-affectivo-manichéennes…
Ainsi que le rappelle si bien :
Torquel a écrit:
En même temps Marx n'a pas non plus la parole d'évangile. La dichotomie Bourgeois/Prolétaire n'explique pas tout.

Tout vouloir expliquer par la lutte des classes est aussi dément que de chercher l'absolu remède dans le nationalisme.

La lutte des classes ne doit pas devenir une obsession.
cheers

Ajax a écrit:
Pertinax a écrit:
Donc, le royalisme, comme outil, tout comme le marxisme, n'est pas une connerie.
Mais quelle est la fin du royalisme ? A quoi sert-il ? Quels sont ses desseins ? Qu'on ne me raconte pas qu'il s'agit d'un liant national, (… ), je veux qu'on me dise le but de la monarchie !
A ce sujet, Schopenhauer (1788-1860) définit dans Le Monde comme Volonté et comme Représentation au chap. « De la morale », p1361 :

« La grande valeur, l’idée maîtresse même de la royauté me paraît consister en ceci que, l’homme demeurant toujours l’homme, il faut en placer un assez haut, lui donner assez de pouvoir, de richesse, de sécurité et d’inviolabilité absolue, pour qu’il ne lui reste plus rien à souhaiter, à espérer et à craindre pour lui-même ; par ce moyen l’égoïsme inhérent en lui comme en chacun de nous est en quelque sorte annulé par neutralisation, et il devient alors capable, comme s’il n’était pas homme, de pratiquer la justice et d’avoir en vue non plus son propre bien, mais uniquement le bien public. C’est là l’origine de cette considération pour ainsi dire surhumaine qui entoure partout la dignité royale et creuse un si profond abîme entre elle et la simple escroquerie démocratico-républicaine présidence. Aussi doit-elle être héréditaire, et non élective : en partie pour qu’aucun individu ne voit dans le roi un égal ; en partie pour que le roi ne puisse veiller aux intérêts de sa postérité qu’en veillant aussi à ceux de l’Etat, dont le bonheur est alors confondu avec celui de sa famille.
En attribuant à tort à l’Etat d’autres fins, en dehors de celle de la protection ici indiquée, on risque facilement de compromettre sa fin véritable. »
**

** A ce sujet (re)voir ce (super) post sur les vices rédhibitoires du système « démocratique » (plus ou moins Républicain) avec ses pseudos « partis » : http://kalayuga.frbb.net/Mondo-2007-f5/Typologie-des-differents-discours-sur-les-flux-migratoires-t1536.htm#26127

Ajax a écrit:
Personnellement, je suis anti-identitarisme. Comment pourrais-je l'être étant donné mon origine - mi-corse mi-continental ? L'identitarisme a un problème de définition de périmètre. Où s'arrête-t-on ? Au niveau régional ? Au niveau des frontières du pays ? Au niveau des frontières continentale ?
Sur ce qu’est vraiment « ETRE IDENTITAIRE » (plus la (fausse) question du « sionisme » si on peut être autre chose que « pro » ou « anti »):
http://kalayuga.frbb.net/Soralissimo-f4/Soral-vs-Identitaires-a-Marseille-t1193-40.htm#25027


Dernière édition par le Dim 23 Sep 2007 - 15:58, édité 3 fois
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Pertinax
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Dim 23 Sep 2007 - 15:49

Je sens comme un certain flottement, suite à l’UDT. Mélange d’enthousiasme et de doute, voire d’inquiétude, comme si finalement « c’était trop beau pour être vrai. » Des nazbols et des fachos, des cathos tradis et des musulmans, des marxistes et des royalistes, des jeunes et des vieux, des beaux et des moches, serait-ce possible…

Sincèrement, oui, je pense que c’est possible. Et c’est justement la force du système sioniste-libéral-libertaire que de nous faire croire que toute action est inutile. Comme si notre destin était de nous endormir vers 3h du matin sur le clavier de notre ordinateur, en train de poster la dernière réponse à je ne sais quel Stahler du web, persuadé ainsi de contribuer à la lutte finale (« the final fight »). Eh bien, non ! Le combat politique n’est pas virtuel. Et pour se dresser concrètement devant la menace de l’Hydre (que les néo-païens confondent avec un poisson), nous devons aussi reconnaître les limites de l’outil informatique qui, à certains moments, peut se révéler comme paralysant.

Donc, sachons être économe de nos posts, et prodigues de nos actions (aussi modestes soient-elles).

Alain Soral ? Il nous demande (implicitement) deux choses :

1) Fournir un réel effort théorique, conceptuel. Pas de donner notre avis sur la cuisine interne du FN [Sauf pour ceux bien sûr qui aiment se vautrer dans la mare aux grenouilles. Ah oui, on les reconnaît bien les politicards miteux du forum qui ne sont pas là pour penser, mais pour mendier le strapontin défoncé que leur supérieur hiérarchique voudra bien leur accorder, en attendant – si refus - de leur baver sur les orteils. Oublions ça]. Donc, il s’agit plutôt de produire une analyse. Après, Soral en fait ce qu’il veut ; par exemple il n’en fait rien, il la fout à la poubelle. Et alors ? Il n’est pas là pour faire plaisir à untel ou untel. Il est la caisse de résonance des espoirs politiques dans notre pays. Il n’est pas un génie théologique, philosophique, politique ou même sociologique, il est simplement le relais intelligent des aspirations individuelles, bref des élans sincères de tous ceux qui se pincent le nez pour ne pas mourir asphyxié en voyant la tronche du président de la « république française ».

2) Lui faire confiance. N’attendez pas de lui qu’il produise d’un coup de baguette magique la super-synthèse qui va réconcilier tous les ennemis de la Grande Parodie Sarkozyste. Dans la vraie vie, on n’est pas sur le forum. Il n’y a pas de « super-politique » comme il y a des « super-posts », et il est plus facile d’être Réconciliateur Fou avec un avatar soucoupiste que devant un public mélangé. Donc, ne lui demandez pas l’impossible. Soral est dans une démarche qui est d’abord personnelle ; il fédère autour de certaines idées (facile, les autres n’en ont aucune, ou ce sont des idées fausses), mais aussi autour de sa personne. Il attire à lui, comme un aimant. Et le champ du politique est à ce point déserté, empoisonné (d’où l’usage du casque anti-micro-onde dont parlait John), que de toutes façons nous n’avons pas le choix. Soral veut racheter les péchés du monde politique ? Pourquoi pas, si personne d’autre ne le fait sa place. Il est bon, très bon ? Tant mieux, parce que la vérité millésimée septembre 2007, est la suivante : Soral ou rien. Alors tant qu’à faire, mieux vaut qu’il soit bon, non ?
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Thundaar
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Dim 23 Sep 2007 - 16:24

Citation :
Le combat politique n’est pas virtuel. Et pour se dresser concrètement devant la menace de l’Hydre (...) nous devons aussi reconnaître les limites de l’outil informatique qui, à certains moments, peut se révéler comme paralysant.

Parfaitement exact, car ce n'est qu'un outil et pas une fin en soi. L'effort théorique - il est fait. Quant à la "confiance", j'ai épuisé mon potentiel de "confiance" et je crois qu'il faut cesser de penser selon le principe d'un sauveur, quel qu'il soit. Quant à dire que c'est Soral ou rien, c'est négliger je le crois d'autres possibilités. Soral a un capital de moyens plus élevé, pour le moment, que si une structure devait naître ex nihilo. Il fait fonctionner un réseau, ou plutôt profite d'un réseau.

Quand Alain Soral se retrouvera en Espagne aux côtés de Christian Bouchet, de Tomislav Sunic (connu comme très radical), du dirigeant de Nation, il profitera là encore du réseau "nationaliste".
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Torquel
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MessageSujet: Re: Au "monde bourgeois" d'A.S....   Dim 23 Sep 2007 - 16:31

Je veux bien produire de l'analyse pour Soral. Je veux bien qu'il la mette à la poubelle si ça ne lui plaît pas. Mais alors faut qu'il soit irréprochable de son côté!
Je suis désolé, mais quand je lis son discours de clôture de l'UDT, je l'ai connu plus inspiré.

Déjà il pose Descartes en père du libéralisme...Hum hum.
Le Cogito Ergo Sum, aussi critiquable soit il, n'a rien à voir avec l'individualisme. Descartes n'a jamais abandonné son idéalisme et a toujours reconnu l'existence d'une âme.

Les vrais chantres du matérialisme et les premiers à avoir nié l'âme, en rompant totalement avec la pensée théologique du moyen-âge, c'est Locke et Hobbes. C'est eux les pères du libéralisme, je trouve dommage qu'ils ne soient cités nulle part.

(ça sera mon apport théorique pour le mois d'octobre! Cadeau! lol)
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