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 La "révolution" néolibérale

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Viscard
Valet apatride du Grand Capital
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MessageSujet: Du pareil "libéral" au même "intégriste"   Lun 4 Déc 2006 - 20:34

Les faits historiques ne sont ni des concepts à priori ni une abstraction de cycles mystiques bourgeois. Ils sont un rapport objectif et un enchaînement pratiques de forces de production, de consommation et de spiritualisation, d’événements concrets décidés et orientés par des groupes d’individus en vue de servir un but et des intérêts bien compris.

La critique de nombres d’intellectuels républicains est souvent juste sur les effets du libéralisme mais conduit souvent à des impasses «irrévocables » (Debray, Gallo) et des fatalités face aux crises communautaires identitaire et ethnique. Les problèmes posés objectivement par le communautarisme ne sont jamais déduits autrement (colonialisme/ rapports de classes, Production/consommation, névroses sociales/haines identaires) que sur la base des intérêts et des finalités propres au libéralisme. Les conclusions, tenues par les intellectuels républicains, restent dès lors campées dans de simples interprétations factuelles et une crainte de la réaction qui pourrait leur rallier des factions indésirables. Au risque de perdre la logique universelle et populaire des intérêts républicains.

Pourtant, les approches de Debray et Gallo sont parfaitement justes lorsqu’elles concernent l’histoire coloniale de la France. Effectivement, notre pays récolte en partie ce qu’il a semé. Mais face à ces constats, nos intellectuels n’ont plus de solutions viables. Seule importe l’invocation permanente du concept républicain. Pas assez suffisant. Il en est de la philosophie comme de la République : sans la vision globale des événements, elles ne servent qu’elles-mêmes. Comprendre les crises actuelles nécessite donc de considérer la référence républicaine dans une « contradiction » constante et non plus dans la simple opposition politique, dans la dualité stérile à laquelle conduisent actuellement deux empires guerriers fanatiques et illégitimes.

Les jeux des empires sont complexes. Pasolini, l’écrivain communiste italien, incarne sans doute le mieux les contradictions idéologiques actuelles. Dans les années 1950, Pasolini lutta farouchement contre le fascisme italien clérico-militaire mensonger et corrompu. Et ce, à juste titre. Mais en assenant ses attaques contre les fondements traditionnelles du fascisme d’après-guerre, Pasolini comprit rapidement qu’il servait aussi un nouvel ordre émergent dont il haïssait d’autant voire plus encore les ambitions libérales. La nature a horreur du vide écrivait Pascal. En servant la cause anti-fasciste, en sapant les fondements fascistes de l’état italien, Pasolini servait aussi les intérêts de la nouvelle «culture de consommation » de masse qui recherchait un « laïcisme de la société de consommation » où l’«embourgeoisement psychologique » gratifiait les pauvres d’un « nouveau bien-être hideux » .

Le verrou moral anti-fasciste sauté, plus rien n’empêchait la doctrine libérale d’engager ses manœuvres anti-progressistes. Dialectique identique en France pendant mai 1968. La jeune génération française renversait les vieilles traditions gaullistes comme Pasolini renversait le fascisme italien. L’interdiction d’interdire étant le plus bel hommage qui n’ait jamais été fait par la Gauche au nouveau libéralisme des débouchés bourgeois. Sous couvert de «démocratie » le nouvel ordre culturel imposait la «consommation » et sous le concept de «tolérance », elle affirmait «le conformisme le plus dégradé et plus délirant ».

Aujourd’hui, l’ultra-libéralisme américain fait ses guerres coloniales pour produire des «révolutions » structurelles contre les régimes féodaux patriarcaux arabes. A l’identique de la France de 1789 contre l’aristocratie féodale, le néo-libéralisme fait la révolution, non pas au nom de la morale, d’un peuple défavorisé ou d’une nouvelle classe émancipatrice, mais au nom de rapports de productions qui servent et amplifient les intérêts de ses débouchés. Et les codes moraux, les rituels liés à l’usage des rapports de production traditionnels sont occultés, le champ social des codes détruit, la guerre civile ignorée au profit du spirituel, de la religion exacerbée qui flotte dans les rues comme une haine béante. Au cœur de cette désagrégation sociale, le libéralisme couvre ses dépenses dans ses investissements pétrolifères et énergétiques à courts termes. Premier intérêt.

Dans cette révolution extérieure des rapports de production, dans cette sorte de trotskysme inversé du capital, seule la religion, seule l’autorité spirituelle demeure garante d’un semblant de continuité. Un Nouvel ordre religieux doit se substituer aux valeurs traditionnelles féodales pour construire des valeurs proches des libéraux. « La dialectique coca cola - ayatollahs » de Debray relève d’une juste équation. L’Etat libéral est toujours associé à la gestion d’une entreprise multinationale. Evoquer le monde du travail et de l’entreprise libérale renseigne sur les volontés d’asservissement, d’abêtissement, de docilité des employés et cadres moyens.

Rapporter à une nation en guerre, les citoyens haineux se substituent aux personnels mécontents. Plus une meute d’employés est intelligente, raisonnée et parfaitement menée, plus elle est dangereuse dans ses négociations pour un patron d’entreprise. Plus une foule d’excités et de fanatiques est éparpillée, passionnée et violente, moins elle est dangereuse et plus sa répression est légitime. Plus les masses et les communautés sont balkanisées (Debray), plus l’intérêt libéral est affirmé. L’idéal libéral : faire d’Al-Jazira une succursale de TF1-CNN qui sert les mêmes stratégies de détournement et d’abrutissement.

Ce qui importe : c’est la bêtise, l’ignorance, la division et la docilité des masses. Point de morale ni d’émancipation dans tous ces « programmes » libéraux. Selon cette logique, le communautarisme identitaire et ethnique est plus profitable que n’importe quelle autre velléité politique. Il permet aux masses de se confronter, de se mettre en concurrence (loi sur l’esclavage) et surtout de consommer comme des niches commerciales plutôt que de s’unir selon des intérêts plus communs. Aubaines donc. Deuxième intérêt.

Pour sortir de cette contradiction néo-libérale, il faut assumer, comprendre la réaction sans y céder, ne pas envisager le pire que la crainte et l’imaginaire libérale alimentent et orientent. Un genre d’intimidation et de cloisonnement dialectique (Irak). Les guerres d’empires imposent de lutter contre ce qu’on pourrait appeler le «nihilisme libéral », le « dualisme politique utile » qui oppose libéralisme économique répressif d’un côté et radicalisme religieux oppressif- résistant de l’autre.

Chacun des camps cherche à lever les verrous moraux et institutionnels au profit de ses propres débouchés fanatiques. L’écueil réside dans cette opposition de camps doublement libérale. Une doctrine des pays exploités par le néo-libéralisme et sous-exploités par les régimes en place (analphabétisme, sous-développement, exploitation, corruption…) pourrait porter les conditions de pauvreté et d’exploitation au cœur d’un champ politique qui affirmerait et revendiquerait ses idées sans le « ressentiment » et la « haine » transcendante dont se réclame certains mollahs hystériques du monde musulman. La dualité libéralisme/intégrisme tout comme celle du communisme/fascisme ou du fascisme/libéralisme peut annoncer et construire un nouvel ordre économico-spirituel. Mais la prise de conscience politique, l’affirmation claire de la raison musulmane, s’affranchira et élèvera des peuples musulmans modérés à condition que des intellectuels occidentaux incitent (je suis évidemment pour ce colonialisme!) ce développement critique dans la communauté musulmane (autocritique sur l’aspect andogène de l’islam, intégration et théorisation de l’islam/laïcité, de l’universel républicain/universel islamique) et que des dirigeants de ces pays choisissent la voix de l’alphabétisation, de la concorde et de la maîtrise des natalités dans leurs pays (Cf.E.Todd) .

Le processus kantien de sécularisation des concepts religieux (XVIIIème siècle) est une philosophie politique récente (laïcité votée en France en 1905) à laquelle doivent s’atteler les « intellectuels » occidentaux pour lutter contre tout ce qui sape l’identité et le progressisme social républicain et sur laquelle les penseurs, les critiques et hommes politiques arabo-musulmans doivent s’aligner pour calmer ses hystéro-clérico-fasciste musulmans barrés. Seule la raison peut sauver de l’hystérie passionnelle et jouer pour l’intérêt des classes/couches exploitées. Car « néo-libéralisme » ou libéralisme radical et « intégrisme radical » jouent actuellement contre ce même ennemi qui permet de « vivre ensemble », de fixer des règles communes et universelles dans le respect, la décence, la tolérance et la compréhension permanente de l’humanité.


Bien à vous,
Amen, Salam,
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filantropic
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Lun 4 Déc 2006 - 22:39

Viscard a écrit:



Un Nouvel ordre religieux doit se substituer aux valeurs traditionnelles féodales pour construire des valeurs proches des libéraux. « La dialectique coca cola - ayatollahs »

Mais encore ?? La theorie de la décroissance ? L'ecologie raelienne ?? Le néo christo communisme ?? c'est un peu confus , développe stp..

viscard a écrit:


(...) pourrait porter les conditions de pauvreté et d’exploitation au cœur d’un champ politique qui affirmerait et revendiquerait ses idées sans le « ressentiment » et la « haine » transcendante dont se réclame certains mollahs hystériques du monde musulman. La dualité libéralisme/intégrisme tout comme celle du communisme/fascisme ou du fascisme/libéralisme peut annoncer et construire un nouvel ordre économico-spirituel.

Ouais,admettons.Mais sortir de cette dualité me semble impossible.et ce pour 3 raisons.
La 1ere est qu'une voie alternative modérée (y compris religieuse) ouvrirait grand les porte à la démocratie...... libérale. il fait plutot bon vivre dans certaines monarchie petrolières.. la synthese fonctionne bien.
La 2nde est que le radicalisme religieux est pour le moment la seule à faire face efficacement a l'idéologie du capitalisme libéral.Cette dernière n'a aucune emprise sur cet univers patriarcal.
La 3eme est qu'elles ont toutes deux besoins l'une de l'autre pour exister.(un peu facile je te l'accorde)

viscard a écrit:


Mais la prise de conscience politique, l’affirmation claire de la raison musulmane, s’affranchira et élèvera des peuples musulmans modérés à condition que des intellectuels occidentaux incitent (je suis évidemment pour ce colonialisme!) ce développement critique dans la communauté musulmane

Là tu te plantes, les musulmans n'ont besoin d'aucune ingérence intellectuelle.C'est meme un peu meprisant pour les intellectuels musulmans qui mettent en valeur cette face raisonnable de la religion . Les forces religieuses modérées existent et meme majoritairement, elles sont sous représentés.C'est le pb d'etre de ce coté de la mediterrannée TF1/CNN oblige...

Dernière chose. on oubli bien volontier que l'empire libéral americain est un pays non laïque et fondamentalement chrétien, ce qui complique encore un peu les choses..
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Lun 4 Déc 2006 - 23:16

Globalement, je trouve que ton exposé ne manque pas de bon sens même en particulier sur le corollaire qu'il existe une dualité entre libéralisme économique et spiritualité comme il existait une opposition entre libéralisme de la pensée et dogme ou religion.

Je suis également d'accord avec filantropic sur ce point.

filantropic a écrit:

viscard a écrit:


Mais la prise de conscience politique, l’affirmation claire de la raison musulmane, s’affranchira et élèvera des peuples musulmans modérés à condition que des intellectuels occidentaux incitent (je suis évidemment pour ce colonialisme!) ce développement critique dans la communauté musulmane

Là tu te plantes, les musulmans n'ont besoin d'aucune ingérence intellectuelle.C'est meme un peu meprisant pour les intellectuels musulmans qui mettent en valeur cette face raisonnable de la religion . Les forces religieuses modérées existent et meme majoritairement, elles sont sous représentés.C'est le pb d'etre de ce coté de la mediterrannée TF1/CNN oblige...

Dernière chose. on oubli bien volontier que l'empire libéral americain est un pays non laïque et fondamentalement chrétien, ce qui complique encore un peu les choses..

Finalement, j'attire ton attention sur cette idée.

Viscard a écrit:
Plus une meute d’employés est intelligente, raisonnée
et parfaitement menée, plus elle est dangereuse dans ses négociations
pour un patron d’entreprise.

Dans ma carrière, j'ai eu l'opportunité de vivre des plans sociaux et celui où j'ai trouvé le personnel le moins virulent et la représentation la moins agressive, c'était dans une entreprise d'ingénierie de 1000 personnes composée à 80 % d'ingénieurs et de cadres en tous genres. Etre cultivé et raisonné, ça fait perdre en partie le sens des luttes sociales. Si on veut avoir l'argent du beurre, il faut rêver de voir le patron pendu avec ses tripes.
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Lun 4 Déc 2006 - 23:54

Raël semble une juste résolution messianique dans le nouvel ordre religieux. Quitte à jouer avec des extra-terrestres : jouons avec les mêmes.

Quand je parle d'une "meute", je dis ce que ca veut dire avec tout ce que ca comporte de canin.

L'erreur est de croire que les ITC (Ingénieurs-Techniciens-Cadres) ont des intérêts différents. Le problème de la virulence et de la passivité est propre aux courants employés-cadres. A part les relais trotskystes, cégétistes et étudiants néo-péhésistes, on draine quasi quedalle en force de frappe. Faut être honnête la dessus. CPE c'est gentil, mais faut être réaliste...

Mobiliser et conscienciser politiquement des collègues : c'est la rame absolue surtout quand le système fait croire à la réussite des couches moyennes ventriloques dans le monde du travail (manager) et dans le marché de consommation (consommateur : désir cible/mythe du frigo américain).

Ce qui crée l'engagement : c'est le désaveu total et catégorique. Croire, espérer dans la "praxis" évènementielle c'est du cake. Au mieux dans la Justice immanente divine, au mieux je dis.

Il faut être sur de sa vérité pour s'engager : arrogant même. Sans se donner l'illusion et se faire le porte flingue.


Dernière édition par le Mar 5 Déc 2006 - 0:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Mar 5 Déc 2006 - 0:05

Bizarrement, çà me fait penser à une chose: En plein mouvement du CPE, je me suis retrouvé dans une gare avec beaucoup de monde qui attendait aprés que des étudiants aient marché sur les voies..

Et bien contrairement à ce qui se passait d'habitude et ce que nous montre les journaux, les gens s'en foutaient, ils étaient solidaires ou fatalistes...Y a un point d'écoeurement et de non-retour qui sera surement atteint et là qu'arrivera-t'il?
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MessageSujet: La "révolution" néolibérale   Sam 9 Juin 2007 - 11:30

Le libéralisme peut paraître séduisant lorsqu'il s'agit de faire la critique d'un égalitarisme qui entrave toute liberté et toute initiative individuelle, lorsqu'il contrarie un droit du plus faible contre nature et lorsqu'il fait la promotion de la méritocratie... bref, lorsqu'il se situe sur les positions de classe de la petite bourgeoisie poujadiste qui a réussi par ses propres forces.

Mais le libéralisme se révèle finalement n'être qu'un droit du plus riche sans civisme, sans morale, sans altruisme et sans idéal. Il se révèle n'être que la réduction de l'individu à l'esprit étriqué et borné du boutiquier qui n'entreprend rien de désintéressé, rien de gratuit, rien de grand... Idéologie de professions libérales, de commerçants, de petits propriétaires, il se rapproche du liberalisme libertaire du bobo enfant gâté des couches moyennes, celui qui estime avoir tous les droits, qui veut "jouir sans entraves" et pour qui "il est interdit d'interdire". Le libéralisme se révèle, dès lors, être l'idéologie de couches sociales sans aucun avenir historique, des couches sociales qui rentrent bien vite dans le girond de la bourgeoisie sarkoziste.
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MessageSujet: Lutte des classes ?   Ven 15 Juin 2007 - 0:15

Citoyen a écrit:
Gérard Miller a écrit:
tzino a écrit:
Peut on rétablir la lutte des classe que le parti comuniste a laisser tomber,
si oui quelle seront les solutions ?
Oui, pour cela, il suffit d'adhérer à l'E & R
Ptdr2 Il n'y a pas besoin de la rétablir, elle existe toujours, Clouscard l'a démontré de manière plus que pertinente.

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laurent666 a écrit:
tzino a écrit:
laurent666 a écrit:
tzino a écrit:
Gérard Miller a écrit:
tzino a écrit:
Peut on rétablir la lutte des classe que le parti comuniste a laisser tomber, si oui quelle seront les solutions ?
Oui, pour cela, il suffit d'adhérer à l'E & R
elle et de combien ?
Ca dépend du pack que tu choisis :

- le pack LIGHT 4.90 euros : un pin's "mort aux bourgeois".
- le pack ADHESION 24.90 euros : t-shirt et autocollants anti-libéraux
- le pack ALL IN ONE 95.90 euros : avec t-shirt, casquette, et banderole pour les manifs, et une guillotine IKEA en kit à monter soi-même pour trucider de l'aristo et du bourgeois chez soi, en famille ou entre amis. Existe en plusieurs coloris.
quand tu et dans l'association de soral tu fait quoi au juste ?
Tu prépares les banderoles, les tracts et les t-shirts des futurs adhérents. C'est une grande entreprise, sauf que t'es pas payé.
JE VEUX ADHERER !

-----------------------------------------------
Hasan a écrit:
Vive l'aurtografe, n'est-ce pas !
Tatave a écrit:
A l'attention de tzino, s'il veut rester sur ce forum :

http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv4/showps.exe?p=combi.htm;java=no;

http://www.leconjugueur.com/frindex.php
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Jul le Marteau
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Lun 18 Juin 2007 - 22:35

Gustave Flourens a écrit:
Un conflit de classes et / ou de générations ?

Il semble que ce soit parmi la jeune génération que l'on trouve les individus les plus responsables et les plus prometteurs. S'ils sont d'avantage clairvoyants et conscients de ce que leur avenir leur réserve, c'est peut être parcequ'ils sont les premiers à subir la paranoïa et la haine des bandes ethniques, parcequ'ils sont souvent eux-mêmes précaires, sous payés, au chômage, poursuivant des études aussi longues qu'inutiles...

A contrario, si on considère les baby boomers, ils empêchent tout renouvellement des postes à responsabilité, ils ont décidé que les plus jeunes cotiseraient jusqu'à leur mort pour éviter qu'on ne touche à leurs retraites, ils sont parvenus facilement à devenir propriétaires et font aujourd'hui flamber les prix de l’immobilier, ils laisseront un pays dans l’état que l’on sait avec une dette qu'ils n'auront pas à payer et une situation écologique, économique, sociale et ethnique qu'ils n'auront pas à résoudre.

La génération 68 s'est félicitée de n'avoir transmis aucune valeur ni aucun patrimoine, elle n'aura vécu que pour elle même. Heureusement, la nature aura bientôt raison d'elle.
Et c'est à ce moment là et pour ces raisons que devrait commencer le roman Le Pire est avenir de Maïa Mazaurette...
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Murat a écrit:
Vous me plaisez M. Flourens.

Un conflit générationnel a lieu, la génération qui commença sa vie active dans les années 60, 70 aura été la plus nocive. Jouisseuse sur la richesse héritée, elle la fructifia artificiellement en faisant jouer les leviers mondiaux; travail du capital à l'étranger, travail de la main d'oeuvre immigrée en métropole, valorisation de son patrimoine foncier par sa négociation sur le marché mondial et la hausse démographique. De sorte, que sa richesse n'est presque en rien le fruit de son effort (et ces gens votent sarkozy pour nous demander de travailler plus).

Elle quittera la vie active en laissant le coût du fonctionnement passé de l'Etat, le coût de sa santé, de sa générosité avec le reste du monde à ses enfants. Elle importa des africains au nom du "raisonnement mondial", du partage obligatoire de nos richesses et de la fabrication d'un nouvel homme métis mondial (soit l'apologie de l'individualisme consummériste) et exige de ses enfants le support des agressions, la perte de cohésion sociale et identitaire des individus qu'elle leur impose. Une imposition qui ne se fait pas à elle, puisqu'elle a les moyens de ne pas vivre au milieu de "ce renouveau anti-blanc" qu'elle a programmé pour ses rejetons. Les théories du renouveau anti-français n'ont de validité que pour les autres. Dans la sphère privée, la quête du milieu blanc franchouillard se monnaie cher. A ce titre, cette génération aura été celle de l'hypocrisie, des doubles discours, des démagogies, de l'argent facile, de la corruption dans tous les sens du terme.

Les jeunes blancs doivent "tuer leurs parents", rompre le lien social générationnel qui a déjà été rompu par les parents en transmettant une société aussi délabrée, invivable, désunie et vouée à disparaître dans une violence anti-européenne dès que la loi du nombre jouera pleinement.

C'est à dire, refuser de payer les retraites, les soins, l'aide sociale de cette génération me semble le minimum à faire. "Parents, oncles... vous me livrez au chaos. Vous avez rien assuré d'autre que votre jouissance individuelle, inconscients et déresponsabilisés des siècles qui venaient. Vos enfants ne vous doivent donc rien."

Citation :
C'est à dire, refuser de payer les retraites, les soins, l'aide sociale de cette génération me semble le minimum à faire. "Parents, oncles... vous me livrez au chaos. Vous avez rien assuré d'autre que votre jouissance individuelle, inconscients et déresponsabilisés des siècles qui venaient. Vos enfants ne vous doivent donc rien."
Oh là ! Oh là ! Oh là ! Calmons-nous, tous ne sont ou n'étaient pas comme ça non plus. Ceux dont tu parles ne sont-ils pas à des postes de décideurs (fiances, médias et politiques) ? La générations du Baby Boom, si on suit ton raisonnement, est loin d'être la seule fautive. Les enfants nés peu avant la Seconde Guerre Mondiale ont aussi pas mal palpé dans les années 60-70...

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Murat a écrit:
Me rappelle une discussion semblable sur un autre forum.

http://www.bivouac-id.com/forum/viewtopic.php?t=3077&highlight=g%E9n%E9ration

Citation :
Non, je n’ai rien fait pour mériter cette société. Mon honneur est là.

Je ne veux pas payer les retraites d’une génération qui ne me laissera que des ruines
Je ne veux pas rembourser les dettes de santé, d’acquis sociaux, de retraites, de finances publiques que cette génération s’est accordée sur mon dos.
Je méprise cette génération qui de la multiplication de ses échecs, n’a pas conclue à des doutes mais à toujours plus de certitudes et la pénalisation des opinions contraires aux siennes.
Je méprise cette génération qui n’a vu la politique qu’à court terme, là où elle doit se penser civilisationnelle.
Je méprise cette génération qui s’est accordée l’autorité morale d’intervenir un peu partout dans le monde, de casser le pays des autres au nom de mythologies politiques (Algérie Française, Afrique du Sud, Côte d’Ivoire, etc.).

Sauf errements de jeunesse (mais le moule est tellement fort, que jeune il est bien difficile d’y résister), je n’ai jamais soutenu ce « merdier », jamais voté pour. Jamais. Alors, je réclame le droit de n’assumer en rien ce débris de pays et le débris de pensée qui en est la cause.

Je ne veux pas assumer leurs choix utopistes, payer leurs dettes, rembourser le bon temps qu’ils se sont accordés sur mes épaules. Je ne veux pas perdre du temps à réparer, rebricoler quelque chose à partir des morceaux qui tiennent encore debout. Que tout s’effondre, que cette génération meurt dans « la société qu’elle a méritée », elle !!! Et que, si possibilité il y aura, on relance la machine débarrassée des démons.

Ils ont préféré le genre humain, au genre français. Ils ont promu l’égalité en la bafouant toujours plus. Ils ont voulu le socialisme, au réalisme. Le peuplement, à la qualité de vie. Ils ont voulu une Nation européenne, à une Europe des nations. L’ouverture totale des frontières au nom d’un humanisme international, qui n’en est pas. Ils ont remplacé la colonisation française par l’égalité, les droits de l’homme, l’aide médicale irréfléchie. Ils ont abandonné Israël, l’Iran, le Liban, Chypre, la Serbie, Taiwan…
C’est à eux d’assumer 50 années d’erreurs, pas à moi ! Je ne veux rien assumer de tout cela, je veux tout envoyer à la poubelle.


Le mieux que pourraient faire ces générations. Se taire, se faire tout petit, ne plus demander le moindre centime à l’Etat (elles lui en ont déjà assez soutiré) et donner les manettes à leur contraire. En lieu et place de cela, ils nous font des procès, nous jugent, nous moralisent, s’autorisent le droit d’interdire conceptions qu’ils n’ont pas validées, continuent de pomper notre argent pour, disent-ils, faire notre bien. En des temps, sans doute plus civilisés, on s’en débarrasserait autrement qu’à coup de pieds au cul.

M’enfin, tout cela n’est que doux rêve… Puisque, la, les générations qui arrivent, sont dans leur majorité des copies concentrées des générations précédentes. Ils font forts. Non seulement, ils échouent en tout, mais en plus, ils continuent d’arriver à imposer leurs vues. Bourrage de crâne, pensée unique et pénalisation de l’expression publique n’y sont sans doute pas pour rien.

Ceux qui ont mérité cela, ce sont les fonctionnaires, les petits magistrats devenus des juges politiques, les politiques qui ont soutenu ce qui a été fait, les électeurs qui ont voté eux… le reste, ça fait peu mais c’est le meilleur, n’a pas mérité cela, et on devrait en toute logique et honnêteté, ne pas lui demander d’assumer les politiques passées.


En, 1968, ils avaient hérité d’une économie saine, membre des premières puissances mondiales, d’une qualité de vie, d’une sécurité, ils jouissaient de la paix occidentale sans avoir eu à en payer le prix du sang… Ils se sont comportés en gosses pourris gâtés, ils ont tout foutu en l’air, tout saccagé, tout détruit, ils ont fait leur petite révolution.
Ils s’en vont en nous laissant, le chômage, un pays qui tombe en ruine, l’insécurité, l’instabilité internationale, le communautarisme, l’islam, une immigration d’invasion, la deuxième dépense de l’Etat qui ne rembourse que les seuls intérêts de la dette, 6 millions de fonctionnaires et toute une caste qui tient le pays et le pompe à son seul profit.

Bonne poire, ils voudraient que j’assume leur bilan ! Catastrophique bilan dont ils ne couvrent l’échec que dans une débauche verbale, de superlatifs, d’hyperboles autour de thèmes récurrents : anti-racisme, ouverture, tolérance, métissage, etc.
Non, je n’assumerai rien, je les emmerde comme ils ne pourront jamais se l’imaginer. Cette génération, c’est la poubelle de notre Histoire et sa fossoyeuse, c’est elle qui mérite d’agoniser en banlieue, c’est elle qui mérite de connaître le chômage, c’est elle qui mérite tout le pire que notre régime a produit. Maligne, elle s’est aussi débrouillée pour ne jamais subir les conséquences de ses choix, penses-tu.

Et en plus, ils se pensent en droit de m’interdire d’expres​sion(cf communiqué du Mrap qui demande que les mal pensants soient privés d’internet, démocratie à la française).

Je vais vous dire, lorsque cette génération vous colle un procès et vous sermonne d’un « monsieur, vous pensez mal ». Vu sur quoi elle est assise, c’est le plus beau compliment de notre époque, et je le savoure. Leur crédibilité avoisinant le zéro, leur légitimité n’étant bonne que pour ceux qui y croient encore… j’ai donc cure de leurs leçons.

Note, j'ai quitté ce forum, divergences, ils se focalisent sur l'islam, refusant d'étendre le champ de réflexion à ce qui peut leur donner "image raciste", de sorte qu'ils coupent pour éviter le débat incorrect qui sent le souffre. Puis après, ils ont sucré mon compte.
Trés bon texte, à mon humble avis. Mais, que Diable, arrêtez de toujours taper sur les fonctionnaires...
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JOHN
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Mar 19 Juin 2007 - 1:12

Gustave Flourens a écrit:
Les baby boomers, ils empêchent tout renouvellement des postes à responsabilité, (...) ils sont parvenus facilement à devenir propriétaires et font aujourd'hui flamber les prix de l’immobilier, ils laisseront un pays dans l’état que l’on sait avec une dette qu'ils n'auront pas à payer et une situation écologique, économique, sociale et ethnique qu'ils n'auront pas à résoudre.
La génération 68 s'est félicitée de n'avoir transmis aucune valeur ni aucun patrimoine, elle n'aura vécu que pour elle même.
Le choc par l’effet conjugué du Papy Boom et du Baby Crack (surtout de la population de « souche ») va déjà par là même créer une crise économique importante avec l’effondrement du système des retraites par répartition… qui commence déjà… les retraites ne cessent de diminuer… surtout pour les anciens salariés du secteur privé…

Cela du fait que :

La génération du Papy boom n’ayant pas assez fait d’enfants, ne s’étant pas reproduit en tant que génération, alors qu’elle a été portée (par les « trente glorieuses ») par une croissance économique sans précédent dans l’histoire jusqu’en 1974…
(En 1955 le taux de chômage était de 5%, aujourd’hui de 25% pour les jeunes. Oh bien sûr, faute de leur donner un (vrai) boulot ou un avenir. On leur légalisera sûrement certaines drogues comme le Cannabis… Des zombies ont certainement moins de chances de se révolter ou de vouloir faire la révolution…)

C’est la seule génération qui s’enrichissait en s’endettant ! (car quand ils atteignent l’âge où on s’installe dans la vie, l’inflation leur permet d’acquérir leur résidence principale à taux d’intérêts négatifs), puis quand ils deviennent épargnant ça s’inverse ! Ils ne sont plus emprunteurs mais préteurs, et les taux d’intérêts tournent en leur faveur.

Cette classe âgée de retraités ou de préretraités qui contrôle les ressources, l’épargne notamment par le biais de l’immobilier interdit en quelque sorte la fécondité des nouvelles générations du fait du prix délirant de l’immobilier…

C’est logique que les jeunes ménages sont d’autant plus moins enclins à faire des enfants (et à "s'installer dans la vie") avec un coût de la vie et des loyers nettement plus élevé (encore quasiment doublé ces 10 dernières années !...), et les taux d’intérêts réels qui sont aujourd’hui positifs, etc. On fait des crédits sur 50 ans maintenant !...

Là où ça va être très bientôt dramatique avec la crise démographique prochaine, c’est que ceux qui disposent en France des plus importants revenus (des plus importantes ressources matérielles, immobilières, etc.), ceux qui disposent des revenues et de la situation qui permettent de fonder une famille, voire une famille nombreuse, sont ceux qui ne sont plus en âge de procréer et qui en leur temps, en tant que génération, n’ont pas voulu le faire ou très peu (« familles » de un ou deux enfants au plus).

Selon des études démographiques, en 2015 : 50% de la population aura plus de 50 ans ! En 2020, les gens de plus de 60 ans seront plus nombreux que ceux de moins de 20 ans, etc.

La situation économique actuelle se maintient encore péniblement, en grande partie, précisément, grâce au pouvoir d’achat des retraités, des préretraités et des gens actifs de plus de 40 ou 50 ans, pas de celui des jeunes… Crise économico-démographique qui ne fera qu’empirer (faute d’une politique de natalité faite à temps)**, et qui débouchera inexorablement sur un paupérisme de masse (paupérisme qu’on commence déjà, malheureusement, de plus en plus à voir depuis quelques années). Dans la plupart des quartiers de Paris, on peut plus faire 50 m sans tomber sur un mendiant (souvent un jeune blanc d'ailleurs).

** [Le genre de politique qui doit précisément se faire sur du long terme. Exemple type de politique du long terme en contradiction inexorable avec un système « démocratique » électif à fréquence élevée (tout les 4 ou 5 ans) basé sur du court terme...]

Bref, tout ça fait que :

Dés 2010, le nombre d’actifs sera insuffisant pour financer les retraités du « papy-boom ». L’Europe (et la France) croulera sous le poids des vieillards ; or, des pays vieillissants voient leur économie ralentie et handicapée par le financement des dépenses de santé et des retraites de citoyens improductifs.

Bref la brillante société de consommation et de loisirs (et de plaisirs...) (à laquelle certains auront bien profité) est (loin, loin) derrière nous…

PS. Le gros du texte qui précède est, en bonne partie, un résumé de l’intervention de l’ancien Rédacteur en Chef de la revue trimestrielle Relève politique, Xavier Van Lierde lors de son passage à Radio Courtoisie dans l'émission d'Olivier Pichon il y a quelques années. Alors, consacrée à la présentation du numéro 3 d’automne 2002 de cette revue : avec notamment les Chapitres : « Infantilisme : la résistible ascension de Casimir », « La jeunesse sous le joug de la race des seniors », « La jeunesse européenne : une espèce en voie de disparition ». Xavier Van Lierde fait désormais partie de l’équipe de la revue Monde & Vie d’Olivier Pichon, et continue d’être chroniqueur sur Radio Courtoisie, notamment dans l’émission « La Jeune Europe » un mercredi sur quatre de 19h30-21h00.

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Murat a écrit:
Les jeunes blancs doivent "tuer leurs parents", rompre le lien social générationnel qui a déjà été rompu par les parents en transmettant une société aussi délabrée, invivable, désunie et vouée à disparaître dans une violence anti-européenne dès que la loi du nombre jouera pleinement.

C'est à dire, refuser de payer les retraites, les soins, l'aide sociale de cette génération me semble le minimum à faire. "Parents, oncles... vous me livrez au chaos. Vous avez rien assuré d'autre que votre jouissance individuelle, inconscients et déresponsabilisés des siècles qui venaient. Vos enfants ne vous doivent donc rien."
Dans un esprit voisin (ou complémentaire), Cioran (1911-1995) a écrit dans Cahiers, p. 228, 568, 990,
Citation :
« Les enfants qui ne rougissent pas de leurs parents sont irrévocablement condamnés à la médiocrité.
Rien n'est plus stérilisant que d'admirer ses « géniteurs ». » (p.228)

« Jusqu'à la trentaine, je n'avais qu'une idée en tête : l’extermination des vieux ; maintenant que j'ai dépassé la cinquantaine, celle des jeunes. » (p.568) **

** + dans Histoire et utopie (1960), Chap1 :
« Persuadé que les maux de notre société venaient des vieux, je conçus l’idée d’une liquidation générale de tous les citoyens ayant dépassé la quarantaine, début de la sclérose et de la momification, tournant à partir duquel, me plaisait-il de croire, tout individu devient une insulte à la nation et un poids pour la collectivité. Si admirable m’apparut le projet que je n’hésitais pas à le divulguer : les intéressés en apprécièrent médiocrement la teneur et me traitèrent de cannibale : ma carrière de bienfaiteur public commençait sous de fâcheux auspices. Mon projet était-il condamnable ? Il exprimait simplement ce que tout homme attaché à son pays souhaite au fond de son cœur : la suppression de la moitié de ses compatriotes. »

« À vingt ans, je n'avais en tête que l'extermination des vieux ; je persiste à la croire urgente mais j'y ajouterais maintenant celle des jeunes ; avec l'âge on a une vision plus complète des choses. » (p990)
+ dans Entretiens, p. 138 (Entretien 1984) :
Citation :
L. V. : ça vous ennuie d’être vieux ?

C. : Oui et non. (…) en tant que vieux, je me supporte, mais je ne supporte pas les vieux ; les autres vieux. Ce sont les jeunes qui lisent mes livres.
+ dans Aveux et anathèmes (1987), Chap. « Face aux instants » :
Citation :
Si, dans les sociétés primitives, on expédie un peu trop vite les vieux, dans les civilisées, en revanche, on les flatte et on les gave. L’avenir, nul doute là-dessus, ne retiendra que le premier modèle.
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MessageSujet: Théorie générale sur la révolution néolibérale   Lun 10 Sep 2007 - 2:53


Comment théoriser, chercher et trouver des fondements à cette nouvelle révolution libérale : la révolution néo-libérale, le néo-capitalisme. Le capitalisme traditionnel, de l’épargnant traditionnel au producteur traditionnel a été dépassé, la volonté s’est muée en pur désir consommant et les citoyens en clients dociles et passifs. Les annonces faramineuses concernant les dirigeants de Vinci ou le SMIC européen, ne font que confirmer un gouffre auquel ne peut survire que les révolutionnaires du capital. Nombre de journalistes fustigent et dénoncent les écarts, les gouffres de revenus. Nombres de spécialistes décrètent que le salaire d’un travailleur moyen est l’équivalent d’un dividende horaire d’un rentier moyen. Nombre de constats prouvent que la rente financière spéculative force sur le rendement humain : la concurrence jouant entre ses deux variables qui opposent la vitesse du rendement numérique et la stabilité des indicateurs aux forces productives dont les limites atteignent un certain seuil de tolérance.

Des variables de correction, des réajustements, des projections linéaires, des spéculations, des bulles que ne peut tolérer, au sens le plus physique du terme, le corps et l’esprit humain. Cette tension permanente nous met désormais en lutte frontale contre la variable mathématique du rendement financier qui conduit fatalement l’homme à sa propre perte, à sa disparition. Voire citation de Chomsky sur la survie.

Tous ces constats sont avérés et justifiés dans tous les secteurs du secondaire, tertiaire voire quaternaire. Le dispositif est modélisé, s’étend, s’adapte, se conforme à n’importe quel tissu économique, qu’il soit un temps soit peu construit sur les modèles primaires de la révolution bourgeoise de 1789, celui de l’abolition de l’ancien régime féodo-patriarcal dominant considéré comme frein à la libéralisation globale de la liberté des mœurs et des rapports de productions modernes. Voici notre constat empirique et notre vision actuelle de l’évolution de la société. Les journalistes tentent au mieux d’objectiver les faits. Le journal « Marianne » fait partie de ce journalisme là. Mais ne peut en aucun les théoriser, y trouver les enchaînements logiques, historiques, moraux qui servent de tout temps une seule et même classe dominante, celle qui déteint le capital productif, créatif et spéculatif.

Traditionnellement, le marxisme a opposé les nouveaux rapports de productions comme les seuls moyens pour la bourgeoisie de trouver une nouvelle existence, un nouveau débouché pour sa production. La liberté de penser où les repères et l’autorité religieuse et militaire perdent le contrôle, ont conduit à l’émergence d’une nouvelle classe, qui a supplanté son ennemi, la noblesse. Le rouage de cette bourgeoisie, de cet ordre marchand, fait de l’outil même du travail l’instrument de son pourvoir et de son ascendant sur les peuples opprimés et exploités. L’apologie de la pauvreté chrétienne est détournée au profit de l’idéal judéo-grec, compris sous son angle romantique, qui organise la liberté de circuler de tout son être avec tout son avoir.

L’émergence de la bourgeoisie est avant tout le fruit d’une bataille, d’un surplus comme le décrit Clouscard. Ce surplus est le produit de bataille qui fait naître d’autres cultures, d’autres dynamiques, une croissance au tour d’une classe dominante dont les intérêts correspondent aux besoins et à la puissance créative émergente. Dès que cette puissance incarne la nouvelle liberté de l’esprit, du corps, elle découle d’une nouvelle source, d’un surplus technologique ou informatique. La révolution est un passage, une continuité économique, de liberté économique qui remplace un ancien pourvoir par un autre. Un pourvoir en chasse un autre.

Ces mouvements de surplus se vérifient au travers les sauts qualitatifs dans l’histoire. A Bruges du XIII au XIVème siècle, on commence à industrialiser la production d’aliments, dynamiser les ports et la région italienne. C’est la force des marchands et des artisans basés en Flandre. A côté, Venise, au XIème siècle bénéficie de la guerre des croisades où elle affrète bateaux et conduit chevaliers. Au XV et XVIème siècle Venise domine l’Europe et son niveau de vie est quinze fois plus élevé que celui de Paris. Venise, véritable agence bancaire, dotée de bourses, comptoirs, maisons de commerce et société d’assurances coûtera toutefois de plus en plus cher. Ses guildes trop rigides, ses métaux précieux de plus en plus rares et chers, la pression turque vont engourdir la ville des grandes eaux.

Au début du XVI siècle, Anvers, domine aussi la forme des marchés financiers mais surtout va écraser le cœur marchand par le succès de l’imprimerie. Nouvelle création, nouveau surplus, nouveau pourvoir pour les ateliers de Christophe Plantin. La nouvelle technologie des presses, de la communication se révèle l’ennemi des pouvoirs en place. L’empire de Gênes au XVIème et XVIIème siècle va définitivement structurer et fonder la puissance dans l’organisation comptable. La comptabilité est à Gênes ce que l’imprimerie fut à Anvers : un surplus, un outil de domination qui renouvelle ses bases, ses strates, les orientations libérales qui doivent reconfigurer et redéfinir les principes de nécessité. Après Gênes, Amsterdam se construit, entame des élevages intensifs, des commerces de draps, de teintures, marchés suffisants pour dégager des surplus utiles pour industrialiser un bateau exceptionnel en 1570, la « flûte », plus rentable car il peut être fabriqué en série et fonctionné avec un cinquième d’équipage en moins.

Au XVIIème et XVIIIème siècle, Amsterdam devient un véritable chantier de production, de vente et d’entretien de bateaux. Pendant cette période, Amsterdam va gérer et fructifier sur la guerre, sur les forces navales qu’elle va transformer en domination financière commerciale et industrielle (Compagnie des Indes, Bourse, Banque d’Amsterdam). A ce tournant où se conjuguent, le surplus de la communication, des technologies navales, des fonctions de comptabilité, le surplus hollandais conduit au remplacement des produits industriels par des salariés et des concentrations restreintes d’actions et de richesses. En 1788, les banques hollandaises font faillite, en Europe le peuple est de plus en plus affamé, les armateurs quittent Amsterdam pour l’Angleterre, devenue plus sure.

Au XVIIIème, l’Angleterre battît un socle politique, de libertés individuelles puissantes propices à l’émergence de la première démocratie de marché. La part de ses exportations va lui permettre de tripler son revenu national. Le surplus va financer la modernisation de l’industrie, les créations de la classe créative bourgeoise et dominante. La bourgeoisie a le temps de penser, de vaquer, d’errer, de s’instruire, de s’amuser, de s’améliorer, de financer ses inventions et ambitions. Harisson, en 1734, met au point le premier chronomètre de marine (32.5kg). Le surplus profite à coureur sportif ? Non, à l’exploitation du temps, au rendement de la flotte marine (contrôle du Bengale).

Pendant que la Nation française défend son droit, la décence de sa liberté, la justice du peuple contre les empires monarchiques, le marché anglais prend et contrôle le pouvoir économique. Et la machine à vapeur du français, Denis Pain, va servir les intérêts, les brevets des machines à tisser anglaises, la productivité du coton décuple. En 1812, l’Angleterre va jusqu’à punir de peine de mort quiconque détruit une machine industrielle. De 1800 à 1855 le prix de revient des tissus de coton anglais est divisé par cinq et la production multipliée par cinquante. Le marché accouche de la nécessité de produite et consommer totalement librement : c’est la démocratie de Grande-Bretagne. A Boston, à la fin du XIXème et au début du XXème siècle, la combinaison du pétrole et de l’amélioration de la machine conduit à la création de l’automobile.

Selon cette approche, on comprend qu’historiquement un processus de révolution est généré, produit par la combinaison de l’intelligence, l’imagination, l’utilité et la rentabilité. Le discours de London, dans le Talon de Fer, explique parfaitement le rôle et la responsabilité de l’Eglise aux XIXème dans le largage des classes populaires, rurales, livrées aux mains des nouveaux urbains industriels. Ce processus de surplus observé au travers ces huit derniers siècles combine deux formes d’évacuation, par le jeu des systèmes de la parenté, de la noblesse (culture libertaire) et de la bourgeoisie (le cadet émancipé) d’un côté, et par le mode de production féodal (le chevalier) et le capitalisme concurrentiel libéral (manager, couches moyennes) de l’autre. Le surplus est compris dans le mouvement historique qui intègre dialectiquement le processus matérialiste de l’accumulation du capital et celui de la culture. Le libéralisme-libertaire constitue la forme achevée du capital, de la contre-révolution opérée dès la révolution du CNR en 1945. C’est dans ce surplus qu’une conscience d’unité et de synthèse des contraires va s’opérer avec toutes la charges liée à l’exploitation, la névrose, la frustration, la codification, la norme, l’oppression et la permissivité, l’empire et l’histoire des colonisations, la force et la bassesse des média asservis, à la réussite d’une Vème République qui a permis l’efficience, la modernité de la société de consommation.

Car qui produit ces machines, qui bénéficie de ce temps et cette instruction inventive, qui bénéficie du brevetage, de la production en série, en quoi la nature même de ces inventions supposent-elles l’essor des empires dominants, la signification de ces surplus (argents, commerces, communication, presses, flottes navales, galères, comptabilité, machine à vapeur, oppression, productivité, pétrole, voiture) ? Le surplus n’a de sens que s’il est compris comme débouché des rapports de production.

Quel est l’allié politique objectif de ce processus économique ? La Gauche, depuis ses commencements historiques est présentée comme la seule héritière des Lumières et du parti du mouvement. L’axiome ambigu des Lumières ne peut se développer que d’une seule conception, l’individualisme libéral. Michéa, dans cette logique, explique qu’il y un moteur originel à la pensée de Gauche et au Libéralisme des Lumières. Selon cette approche, « envisager un anti-captitalisme de gauche devrait apparaître aussi improbable que celle d’un catholicisme renouvelé, ou refondé, qui devrait l’impasse sur la nature divine du Christ et l’immortalité de l’âme ». L’utopie libérale, qui fonde l’espoir sur la richesse des uns et l’embourgeoisement d’esprit paupérisé et exploité de l’autre, nécessite une rupture avec les repères et les utopies de la gauche intellectuelle. Etant admis qu’aucune révélation religieuse n’est en mesure d’ordonner un monde commun, la Raison « ou lumière naturelle » va constituer une condition nécessaire et suffisante pour conduire à la réorganisation globale du monde humain. Cette raison est représentée, selon les libéraux, comme une rationalité scientifique infaillible.

L’histoire du « Progrès », dès le XVIIème siècle a sans cesse cherché à découvrir les principes fondamentaux d’une science de la nature humaine. Et dans cette tradition, il a fallut adapter ces découvertes à la mécanique sociale aux propriétés équivalentes de la science et de la raison. Tout homme dans la nature humaine devait se comporter rationnellement. Le modernisme, le progressisme, conforté par les moralistes critiques qui œuvraient contre l’autorité oppressante, a rapidement conclu de « façon scientifique que les hommes, tendent par nature à se comporter en calculateurs égoïstes sur la vertu desquels il serait utopique de compter ». L’idée de l’intérêt est le moteur de toute action. Du XVIIème de la Rochefoucault aux sentences romantiques nietzschéennes (« Deviens ce que tu es ») du XIXème siècle qui feront les gros titres des agences publicitaires, le cadre historique a permis d’opposer les « passions » qui éconduisent les hommes et les perdent dans leurs vices, à « l’intérêt », transfert du calcul libéral, de la « maîtrise » hellénique qui constituent le motif conforme à la raison marchande et à sa culture libérale, d’un « capital symbolique », si cher à « Bourdieu, qui a assuré une validité universelle aux habitus et manières de voir qui caractérisent les classes dominantes ».

La manipulation et la remise en cause scientifique de l’émergence du capitaliste conduit à nous interroger sur les prochaines impostures historiques que prépare le néo-libéralisme. On observe que l’inconscient, le fonctionnement/dysfonctionnement de l’œdipe, l’univers culturel, la structuration sociale de l’individu permettent de tenir pour acquis que la stratégie utilitariste libérale, de la névrose utile, de la passivité consommante, des structures de la société libérale-libertaire, de la tendance à la féminisation, à la différence et l’intolérance, au particulier contre l’universelle, à au communauté plutôt qu’à la République, ne sont que des figures possibles, des moyens d’actions, des factions déployés à escient, selon des intérêts bien compris dont la valorisation philosophique et positiviste est très récente. La logique libérale fonde ses postulats sur la nature de l’homme, sur une variante très floue qui prouve son indéterminisme scientifique.

Ainsi le libéralisme dans un premier temps prétend justifier sa fonction et son existence par les individus, « tels qu’ils sont », à savoir des bêtes sauvages, qui ne cherchent qu’à se bouffer entre eux, selon leurs seuls intérêts et des calculs bruts. Mais où tout devient intéressant, c’est dans la logique suivante : Si le libre échangisme ne fonctionne pas de manière efficiente c’est que les hommes, les individus réels, s’obstinent à agir autrement qu’il ne le devrait s’ils étaient ce qu’ils sont ! D’où cette constante nécessité pour les libéraux d’inventer des hommes nouveaux, dont les jeunes servent d’agences de pubs, à défaut, pour les libéraux exaltés de s’aligner sur une nature mythifiée barbare inopérante en soi.


Dernière édition par le Mar 11 Sep 2007 - 0:33, édité 3 fois
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MessageSujet: Partie II : Théorie générale sur la révolution néolibérale   Lun 10 Sep 2007 - 2:55

(suite)

La résistance dont les libéraux font part étant à comprendre sous deux interprétations. Par essence, et par nature, l’homme est à la fois égoïste et le produit d’une cellule primitive protectrice, maternelle et solidaire. D’où son obstination à préserver son être tel qui est. Ou bien il est exclusivement égoïste et solitaire, et sa résistance fait preuve en ce cas d’une volonté de doubler la nature par une morale supérieure (religion, combat politique, projet de société par exemple). On sait que l’être indépendant, autonome et libre des Lumières et des libéraux ramène sa condition, à ce que Spinoza, appelle, «son utile propre ».

Si on suit cette logique, dans le courant politique, « l’homme naturel » des libéraux doit, s’il doit respecter les vertus républicaines et de l’Etat paternel, s’affranchir de sa propre condition naturelle au profit d’une élection et d’un arrachement de soi héroïque. D’où, l’accélération de l’histoire par le meurtre du père qui permet conjointement au fils de prendre le pouvoir, de le ramener au plaisir, au désir inconscient du meurtre qui va se coupler au surplus de la nouvelle culture qui intègre le deuil du père. Le désir se substitue à la culpabilité du meurtre. Le désir se substitue au droit. Et ainsi, au cœur de la République, « l’homme naturel », en relevant le défi de la nature barbare hypothétique, se révèle un héros dont l’antiquité offre des exemples de dépassements. Et la vertu de l’homme libéral se construit sur un certain Mal et donc un Bien surévalué par son héroïsme. Etre vertueux devient un acte de bravoure, tout en sachant que la nature barbare moderne évolue à mesure de la sauvagerie dont le dote le système dominant.

L’obstination peut ainsi être comprise soit comme cohérence d’une dualité qui ne cherche qu’un équilibre, soit dépassement d’une unité organique de l’homme qui ne suffit pas de ses instincts purement matériels et pulsionnels. Les moyens mis en œuvre pour faire appliquer et forcer sur cette résistance « anormale », Adam Smith préconisa évidement de savoir changer sur le champ, « dès que l’Economie l’ordonne, d’habitudes, de profession et de lieu de résidences ». C’est donc non pas la filiation à une nature sauvage individuelle mythifiée qui légitimerait le programme libéral mais bien l’intégration, la modification mentale d’être flexible et manipulable.

Michéa insiste, en revenant longuement sur les travaux d’Orwell et Lasch sur la décence, les vertus populaires, les rites et les coutumes, la sédentarisation de l’homme populaire, de « l’honnête homme » qui ne cherche pas à déménager ni se transformer en nomade permanent. Et Clouscard, dans cette même analyse confortera cette approche en montrant comment la liberté de la Gauche n’était qu’un libéralisme dévoyé (existentialisme de Sartre). D’où cette idée de l’exigence d’abolir, tout ce qui, dans les lois, les cellules familiales, le patriarcat, la République unitaire, les frontières, la religion papale, tout ce qui dans les coutumes et les mœurs léguées par l’histoire des Nations entravent encore « l’action rationnelle » des individus dont l’intérêt bien compris réside dans la réalisation globale du néo-libéralisme. L’obstination à résister des individus compris par les libéraux, est source de dysfonctionnement. On a vu que cette obstination pouvait soit être la volonté d’un équilibre entre l’être et le sauvage ou la volonté pour un individu de ne plus se contenter de ses instincts et de se refuser à n’être qu’un sauvage.

Toutefois, la croyance dans la décence absolue du peuple mérite un correctif. La nature humaine est composée, en somme de deux grandes catégories, celle de la meute grégaire, des moutons qui veulent gagner de l’argent par tous les moyens, par opportunisme, sans valeur, sans honneur, (ce qui fait relier le lumpen-racailles-émeutiers aux cols blancs-rapaces-Bouygues-Vinci) considérant que la liberté réside dans les moyens de faire tout ce qu'on veut sans barrière, ni limite et sur la base desquels la sécurité est comprise comme confiance, une sécurité qui permet un moindre risque pour les investissements ou al défense de son territoire (à comprendre de la banlieue de la racaille jusqu’à l’empire industriel de Rumfsfeld en Irak). De l’autre une autre masse, une autre population de classes populaires, plus grégaires, sédentaires, comprend la liberté comme la possibilité d’agir tout en étant protégé, en sûreté, comme un père rassure sa famille. La sécularité est comprise selon eux, comme une fin en soi qui permet l’accomplissement majeur de la vie familiale, l’amitié, le sport, la vie collective et culturelle, le travail routinier, le vivre ensemble bien compris par les classes populaires. Leur refus de l’atomisation du monde et sa globalisation sans sécurité, ni barrière protectrice, renseigne sur l’intelligence d’un peule qui ne se reconnaît pas dans « ces vigilants défenseurs du Bien aux yeux desquels l’émancipation du genre humain a fini par correspondre avec le remplacement du vieux despotisme de l’Avenue Foch par la tyrannie, indéniablement plus décorative, de la Place des Vosges et du Marais ».

C’est l’homogénisation et la synchronisation des différents marchés, produits par le surplus, qui a donné corps à l’hypothèse d’un marché qui au fur à mesure de ses accumulations et ses débouchés, a constitué une raison, une conscience libérale auto-régulatrice. L’expérimentation de l’hypothèse capitaliste, au travers la déréglementation du commerce des céréales, aura lieu entre 1764 et 1770. L’économie politique repose sur des mécanismes simples et ingénieux. La promesse du capital, de la paix, de la prospérité se réalisera à condition d’abolir les mœurs, les coutumes et les lois existantes en vue de produire et faire émerger l’espace « naturel » du marché, c’est à dire son fonctionnement sans obstacles et sans entraves. Sous les concepts moraux du XVIIème siècle riche des systèmes et des méthodes de Leibniz, Descartes et Spinoza, les formes de la « raison » vont progressivement être identifiées au marché, à la pureté, à la logique raisonnante tandis que les « passions » s’incarneront dans les désirs individuels, l’égoïsme, les mœurs et les coutumes qui agitent les pulsions du corps. L’atomisation sociale rejoint celle des atomes sociaux de Leibniz, indéfiniment mobiles et mus par leurs seuls intérêts bien compris. La logique libérale exige de ce fait que les individus agissent comme des nomades atomisées.

A partir de cette logique, une escalade d’événements logiques devient prévisible. Ainsi, la science économique devient inséparable de la raison comme instrument de calcul, indicateur égoïste qui permet d’ordonner l’agitation des passions désirantes. Le « logos » compris comme systèmes de concepts unifiés valant de façon univoque pour la physique et l’éthique, le logos comme réflexion de la nature du monde comme monde, le « logos » antique comme juste extension raisonnante de la logique de l’univers et son harmonie créative, devient l’inquiétante détermination d’une raison libérale capable de préférer, selon Hume « la destruction du monde entier à une égratignure à mon doigt ».

Suivant les logiques de la doxa libérale, plus aucune frontière, plus aucune distinction ne pourrait être effectuée entre la gauche et la droite. Pourtant, selon l’outil marxiste, ce sont les rapports de production et leur évolution qui définissent cette distinction. Et il y a toujours des exploiteurs et des exploités, du capital et du travail. Ce qui importe c’est de voir leur nouvelle détermination, leurs combinaisons changent. La sociologie du capital conduit à plusieurs contradictions. L’internationalisation du capital, qui a deux coups d’avance sur l’internationalisation révolutionnaire prolétaire de la LCR, peut conduire un patron traditionnellement de droite à voter contre l’Europe et se retrouver dans les intérêts communs populaires socialistes. Les authentiques catégories, les ordres typiques qui nous constitue sont en phase de révolutionner notre ancien régime. Ce qui permet de faire reconnaître à l’économie traditionnelle capitaliste, aux artisans et petits patrons, que « ce n’est pas les lois sociales, mais un appareil d’Etat au service de libre échangisme européen » qui se rend coupable des injustices commises et « impossible le bon fonctionnement de la libre entreprise ».

Face à cette révolution complexe, il apparaît que le concept de nation, de cellule nationale, opère comme un frein avant l’avènement d’une destruction irraisonnée. Cette action passe par le renoncement à la politique économique européenne où toutes les décisions sont prises, non pas au Parlement, mais à la Commission européenne, chambre anti-démocratique de clubs privés (comité 133) qui statuent et légifèrent sur les lois à voter. La sauvegarde des formes républicaines françaises contre la logique des factions communautaires doit limiter les tensions entre citoyens, et préservées l’emploi de masse et l’égalité des revenus. Du communautarisme local à l’empire colonial américain, de l’islamisme radical au libéralisme fondamentaliste, la logique de destruction contre les nations et le concept de République reste la même et l’ennemi identique.

Au regard de cet exposé, il convient donc comme le rappelle Michéa, de « ne plus confondre les progrès de l’autonomie individuelle avec ceux de l’atomisation des individus, ni la libération effective des « mœurs » avec ce qui n’en a constitué jusqu’ici que la seule libéralisation ». Et comme le rappelle Castoriadis, « le capitalisme n’a pu fonctionner que parce qu’il a hérité d’une série de types anthropologiques qu’il n’a pas crées et qu’ils n’auraient pu créer lui-même ». Si les communautés anthropologiques du système capitaliste traditionnel sont assez solides et sensées contenir d’elles-mêmes les effets destructeurs de l’économie atomisée, une nouvelle puissance économique, une puissance néo-libérale, pourrait bien venir proposer autre chose que des applications partielles et limitées où l’économie cesserait d’être une « ingénieuse utopie » dans laquelle l’humanité devrait se préparer à affronter une vie innommable et des nuisances infinies. Poussons désormais notre analyse au-delà du processus des surplus et des débouchés productifs et des constructions idéologiques qui positionnent le marché comme raison auto-régulatrice. D’un point de vue anthropologique, l’évolution participe au processus de libération technique et des activités de l’homme. Leroi-Gourhan, définir les évolutions par régression (écriture) et les conséquences à longue échéance sur les formes de raisonnement et les pratiques. La perte de l’activité manuelle comme celle de la production industrielle, et donc la réduction de l’aventure physique en aventure passive sont des phénomènes qui posent de vrais problèmes.

Les gens de robes ou négociants, dans toutes civilisations ont préparé à longue échéance les étapes de la régression manuelle ou plus exactement d’une transposition du champ technique qui suppose un exercice très limité des opérations de fabrication [….]. Les siècles montrent que des groupes sociaux importants peuvent se s’adapter et se reproduire dans un équilibre psycho-physique de type « cérébral » mais il y a lieu aussi de tenir compte de phénomènes de compensation importants. Des sujets actifs à d’autres, les débouchés du surplus capitaliste traditionnel ont conduit les hommes à s’adapter (artisans, pirateries, vagabondage, noblesse, religieux) et à s’insérer selon leurs privilèges ou par défaut de classe. La révolution néo-libérale, la tension extrême poussée par la science et la raison économique ont fait que la pensée a atteint un degré d’abstraction qui implique un nouvel état correspondant du langage. Le capitalisme traditionnel s’est résolu conjointement dans les sciences (économie), les techniques (bateau, rames, ordinateurs), et les écritures (comptabilité) où la pensée raisonnante a pris définitivement le pas sur la pensée mythique.


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MessageSujet: Partie III : Théorie générale sur la révolution néolibérale   Lun 10 Sep 2007 - 2:56

(suite)

La nouvelle révolution entre les deux pôles financiers et de la communication (tissu Internet) modifient autant l’écriture, le langage que le travail manufacturé. Le champ humain, au travers son exploitation, perd de plus en plus de potentiel pour le néo-libéralisme qui préfère le rendement financier au rendement humain avec tous les inconvénients de gestion que cela comporte. La raison a trouvé suffisant de mettre en compétition le rendement boursier et le rendement humain, là, où chez, l’homme existe un vrai seuil de tolérance. Les indicateurs ont des seuils de productivités que les tolérances du corps ignorent. Le surplus culturel produit par le néolibéralisme, l’outil Internet et son tissu numérisé, par la main humaine à donner naissance aux organes numériques. De la même manière que la langue avait quitté l’homme dans les œuvres de sa main par l’art et l’écriture, l’Internet et le flux par exploitation purement financier marque l’ultime séparation de la fonction intime de l’homme au travail. « La réduction des moyens de créations individuels, de productions collectifs à des bas prix pour à terme totalement disparaître pour une spéculation unique boursière, la rareté grandissante des débouchés sur l’aventure au profit d’élection étroite de surplus bourgeois techniques et coloniaux ont entraîné la mise ne jeu de compensations qui s’écartent progressivement de la vie réelle, et le sport, le bricolage coupés annuellement par l’aventure dirigée sur des routes nationales et des terrains de campement jouent un rôle de rééquilibrage qui d’année en année atteint un nombre grandissant d’individus » (Leroi-Gourhan). Nous assistons au XIXème siècle à une tentative de libération de cerveau par rapport au langage, et de la même manière, à l’échelle économique mondiale, le capital-financier cherche à se libérer du travail dont il est le produit. Cycles œdipiens par la courroie technologique. Ce sont des meurtres du père à l’état cognitif, des champs que l’homme produit, qu’une caste détient et tente d’orienter à des fins purement spéculatives et totalement inhumaines. Le processus d’extériorisation, c’est à dire de surplus tire le monde manuel vers celui de la pensée numérique avec toute la virtualisation, le nomadisme, la perte de repère, la fin des liens et des racines. Il n’y a pas de progrès par l’évolution mais par des chaînes opératoires que la raison économico-numérique a parfaitement verrouillée, jusqu’à la fin de l’humanité des choses.


Conclusion


Le surplus produit va désormais servir et faire la jonction des contraires, intégrer les oppositions au capitalisme. Ainsi, le néolibéralisme va régir des dictatures économiques (Chine) tout en contraignant les réactions populaires par la dictature communiste : capitalisme sauvage abouti dont le coût du travail réel et donc le travail-abstrait comme surplus est encore rentable (autant qu’un rendement financier). Autant que le néocapitalisme conduit à son propre objectif, un communisme en col blanc. L’Internet, sous l’égide du néo-libéralisme, va très rapidement devenir le despotisme de la liberté néo-économique dont le surplus techno-libertaire va accomplir des intérêts bien compris. Le néo-libéralisme sous contrôle tsaro-technologique va truster (Google) les consciences et limiter le réel aux fonctions des bases informatiques et liens alimentés. Le dénie du réel, du champ de production, manuel, humain, selon cette nouvelle révolution, sera quasiment accompli.

Le processus de contre-révolution libérale doit effectivement réhabilité dans la chaîne opératoire du progrès, le déterminisme imaginatif, l’action politique et la passion dans ce nouveau volume révolutionnaire trusté par la haute bourgeoisie, qui va devenir le corps réel de l’humanité aliénée. Cette variation des figures enfermées dans ce tissu électronique prolonge le moi idéal de l’abstraction bourgeoise humaine. Ce nouveau temps où il n’y aura plus de place pour écrire ni pour travailler est celui qu’impose la nouvelle révolution du nomadisme néo-libéral. Sans livres, sans machines, sans écriture, un monde où la plus-value diminue par la mesure du temps de travail abstrait, cette à dire la rémunération, disparaît de l’espace-travail-Etat, sous la vitesse numérique du rendement international du surplus.

Après la libération du cerveau (manuel), du corps par la monarchie (de droit divin) et la révolution bourgeoise (libration par le droit naturel), le capital cherche à se libérer du travail. La pensée rationnelle combine désormais le calcul du champ oppressif avec le permissif du champ libertaire, la critique du mondain-comique à l’abstraction et l’extériorisation du travail par le champ productif du capital. Si l’on adjoint à cette logique de libéralisation totale de l’économie comme facteur pensée, tissu organique qui se glisserait au cœur de la matière et des flux, la déduction que « dans le siècle à venir, deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité mondiale », on peut au mieux comprendre les craintes légitimes des individus dans leur propre nation et les choix tactiques des trusts mondiaux qui tentent, au vu de ce constat, d’appauvrir leur activité en pacifiant leur conscience et en la divertissant en des fins purement récréatives et débilitantes. Le surplus libéral de la nouvelle révolution technologique et mondiale va libérer le travailleur de ses outils, de ses gestes, des ses muscles, de la programmation de ses actes, de sa mémoire, libéré de son imagination par la perfection des moyens diffusés, libéré du monde animal, végétal du vent, du froid, les microbes, de l’inconnu, des montagnes, des mers », d’une catégorie, une espèce qui est près de la fin de sa carrière. (Leroi-Gourhan).

La méthode marxiste permet la connaissance de la société par l'histoire : la compréhension du rapport objet/sujet sans qu'il soit posé et désigné en dehors de l'unité (mode hégélien). Le monde possède le rêve d'une chose dont il faut absolument posséder pour la posséder réellement. Et seul un rapport dialectique précis de la conscience à la réalité rend possible l'unité entre la praxis et la théorie. Ce que démontre le marxisme, c'est que la dialectique est un processus constant de passage fluide d'une détermination dans l'autre, un permanent dépassement des contraires : qu'elle est leur passage l'un dans l'autre.

Dans le cadre de la démonstration, l'idéal épistémologique des sciences de la nature appliqué à la nature ne fait que servir le progrès de la science. Cet idéal apparaît lorsqu'il est appliqué à l'évolution de la société comme un instrument de combat idéologique de la bourgeoisie. Et dans cette logique, Lukacs a montré de quelle manière la bourgeoisie dissout l'antagonisme économique objectif qui s'exprime dans la lutte de classe en un conflit entre "l'individu" et de la "société" à partir duquel on ne peut plus comprendre comme nécessaires ni la naissance, ni les problèmes internes, ni le déclin de la société capitaliste dont le résultat, est qu'on le veuille ou non, une philosophie kantienne de l'histoire. L'analyse des formes d'objectivité capitalistes et fétichistes de Lukacs (par Marx) en termes de production, de distribution, d'échange et de consommation est fondamentale. Des formes objectives libérales qui prétendent avoir pour fonction de faire apparaître des phénomènes de la société capitaliste comme des essences supra-historiques.

C'est vrai que dans le sens de la philosophie kantienne ce sont les choses qui se soumettent au sujet qui lui même se construit par elles, des intuitions, du divers. Mais la connaissance du Sujet ne doit pas se soumettre, se réduire aux choses, par les choses comme la société actuelle nous conduit malheureusement à le faire et le fonder scientifiquement.

L’analyse nous conduit à une thèse plus pointue et complémentaire de celle de Michéa sur les Lois de la nature (modèle libéral) et le capitalisme. Car si Michéa accorde la Raison, le logos du XVII-XVIIIe sur la doctrine du marché libéral et fonde son essence de manière naturelle (A.Smith, Mandeville…), Lukacs a poussé plus loin la contradiction de la dialectique des idéologies dominantes. En effet, il écrit dans Histoire et conscience de classes que la bourgeoisie n'a pas seulement édifié le mythe duel de l'individu égoïste et pulsionnel dans la société naturelle sauvage, mais a construit un mythe qui combine l'acception marxiste du principe de classe, d'un côté, et de la société mythique, de l'autre. Ainsi, la dialectique de la conscience de classe repose sur l'opposition insurmontable entre l'individu (capitaliste), l'individu d'après le schéma du capitaliste individuel, et l'évolution soumise à des "lois naturelles" nécessaires, c'est à dire échappant par principe à la conscience.

Les analyses de Lukacs sur le travail abstrait et son développement au cours de l'Histoire sont passionnantes. La rationalisation des principes du temps de travail aboutit à la pureté capitaliste et à sa clarté aussi, c'est à dire à ses fins, ses buts et donc ses contradictions. Un point : il est assez étrange de voir que les « esclaves » dans le monde romain se trouvaient rejetés de la société dite "humaine", leur destin ne pouvait apparaître aux contemporains et même aux nobles et grands penseurs, comme le destin de l'Homme. Alors que le destin de l'ouvrier devient, dans notre société marchande et mécanisée, le destin général de toute la société puisque la généralisation de ce destin est la condition nécessaire pour que le processus de travail dans les entreprises se modèle selon cette norme.

Ce qui peut conduire à une dialectique qui articule structures et valeurs historiques (nation, famille, individu, collectivité) selon les intérêts de classes et analyses logiques de calculs, de rendements humains, financiers, du désir libertaire et de l’évolution technologique dont les outils conduisent au processus de libération globale du travail et de l’outil Internet (à truster dans la production-sans-exploitation et non dans la consommation-tv-passive) où le surplus libéral s’effectue en tendant inéluctablement à tout déshumaniser.


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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Lun 10 Sep 2007 - 23:16

ajax a écrit:
juju333diablo a écrit:
Du corpus : en veux-tu ? En voilà. On va creuser ça. Merci.
Viscard, merci encore pour un grand texte somptueux. Je vois que tu n'as pas changé de couleur idéologique et ça me fait chaud au coeur.Continue camarade !!!

EDIT -- j'avais un désaccord de fond avec toi sur le fait de savoir si ce qui se passe actuellement est de nature évolutionnaire (ma théorie) ou révolutionnaire (la tienne). Je n'avais pas assez touché l'outil Lasch / Smith / Michéa pour arriver à ta conclusion et tu m'as convaincu.

Revenir à une analyse marxiste est formidable. La dialectique marxiste est vraiment, qu'on se le dise, le seul outil possible pour analyser ce qui se passe et présumer de ce qui se passera. Grandiose conclusion sur internet. Le seul regret c'est qu'on ne sait pas QUAND internet deviendra totalement contrôlé par le capital.

Fantastique texte encore une fois !
Tatave a écrit:
Citation :
La méthode marxiste permet la connaissance de la société par l'histoire : la compréhension du rapport objet/sujet sans qu'il soit posé et désigné en dehors de l'unité (mode hégélien). Le monde possède le rêve d'une chose dont il faut absolument posséder pour la posséder réellement. Et seul un rapport dialectique précis de la conscience à la réalité rend possible l'unité entre la praxis et la théorie. Ce que démontre le marxisme, c'est que la dialectique est un processus constant de passage fluide d'une détermination dans l'autre, un permanent dépassement des contraires : qu'elle est leur passage l'un dans l'autre.
Excellent passage. Mes compliments, Camarade. Yeah Et pour le reste également...
Salut Ajax et à tous,

Je vois que le sujet n'enthousiasme et ne déroule pas plus d'idées que ca.....Alors qu'au fond, il repose sur toutes les références critiques de Soral.

Trop long, trop technique, trop conceptuel, trop confus diront certains....

ajax a écrit:
Bon viscard, il va falloir ajouter sioniste dans ton titre et faire des références à Himmler pour que les gens dialoguent.... Il a bien changé ce forum !
Il est vrai que le sujet sioniste fait beaucoup plus "commerce"....Mais que le fait antisioniste n'est pas forcément inhérent à une dialectique marxiste utile pour comprendre les différentes visions du monde.

Vis

-----------------------------------------------------------------

ajax a écrit:
j'ai beaucoup aimé le passage sur la technologie et l'emprisonnement de la pensée et du modernisme derrière des grilles scientifique. On reconnaît bien Michéa là. C'est une thèse que j'ai déjà développée moult fois en choisissant, et là généralement le bât blesse, l'exemple du téléphone portable (revoir mon article "léviathan" sur la sentinelle).

Le seul bémol que je trouve à émettre après ma 3e lecture de ton texte, c'est le fait que, mis à part subrepticement la nation, tu n'apportes pas beaucoup de solutions. Je ne veux croire que la nation est le seul outil nous permettant de lutter contre le néocapitalisme. D'ailleurs la nation peut, si elle est mal appliquée ou utilisée comme leurre, en être un sacré allié. Regarde les Américains, en confondant les notions de nation et de patrie, ils en sont réduits à croire être membres d'une nation, être une nation même, avec tout ce que ça comporte de grand et de noble, mais ce qui les gouverne, c'est le néocapitalisme le plus féroce.

Continuons à penser !

Edit - Et là, normalement, ya MAGGLE qui va venir nous raconter son aversion pour la nation Mdrrr
Si j 'ai écrit cela c'est avant tout pour mettre en branle un ensemble de théoriciens qui écrivent et déduisent les mêmes choses au fond de façon isolée. La première chose avant tout, selon moi, est de s'entendre sur les mécanismes structurels économiques et sociaux qui produisent des faits et génèrent des intérêts bien compris que ni la Droite ni la Gauche ne sont plus supposées comprendre sans se vendre elle même. D'où d'ailleurs, le processus de dissolution et de confusion des Partis engagé par Sarko. Je ne sais où cela conduira. En l'Etat, la Nation apparaît comme une raison suffisante pour freiner l'offensive néocapitalisme. Je ne te cache pas ma vision très pessimiste des choses et ma vocation à tendre vers des visions plus radicales : anarchiques.
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ajax
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Mar 11 Sep 2007 - 0:06

L'anarchie est le meilleur terreau pour un retour brutal du capitalisme. Un état totalement anarchique préservera les fabricants d'armes et là, je te renvoie à Orwell.

Moi j'ai deux raisons de positiver. Premièrement, je ne crois pas au progrès absolu et éternel (à ce sujet, je vais me jeter sur le dernier Debray qui, en plus de sa critique récurrente contre lui fait une critique de la religion démocratique établie, le démocratisme j'appelle ça, à ne pas confondre avec la République qui est un combat). Nous avons besoin d'une régression car nous ne disposons pas d'assez de ressources naturelles pour tous. Seulement voila, la régression va accentuer les différences de classes, mais ce n'est pas forcément un mal car elle mènera sans doute à un retour de la conscience de classe qui doit être le moteur révolutionnaire dont nous avons besoin.

La deuxième raison c'est que le progrès chinois nous ramène, nous, vers une société équilibrée. Je m'explique. Avec les changements alimentaires chinois, on voit actuellement le cours (artificiel) des denrées fondamentales croître à une vitesse vertigineuse. Nous ne nous en sortirons que par un développement du secteur primaire (l'agriculture) avec tout ce que ça comporte en termes de particularisme et de culture populaire. Il ne manque plus qu'un retour à la production (à cause du coût du transport) et la boucle sera bouclée. Notre société retrouvera sa stabilité sociale d'antan.


Reste que ce n'est pas pour tout de suite. Le dollar artificiellement bas et tiré encore plus bas après l'explosion de cette infâmie des subprimes concourt à une réduction des coûts de transport donc à la délocalisation vers la Chine et l'Inde. Il faut absolument plomber l'Euro ! Il faut volontairement plomber notre économie pour qu'on s'en sorte !

Vive le retour à l'inflation, le moteur de notre société. A 10 % d'inflation, l'état ne s'endettait pas !!! et tout allait bien !!!

---------------------------------------------------------------------

filantropic a écrit:
ajax a écrit:

Nous ne nous en sortirons que par un (re-néo-)développement du secteur primaire (l'agriculture) avec tout ce que ça comporte en termes de particularisme et de culture populaire.

Do Santo et masterfood corporations sont surement du même avis..

t'as pas tort... mais je ne crois pas que ça rende le moral à viscard Hé

ceci dit, puisqu'on est dans une logique du moindre mal, je dirais avec un peu de réserve, connaissant mal les Monsanto & co, qu'ils me paraissent moins terribles que les Microsoft / Google / TF1 / Exxon / Halliburton and co car ils ne s'attaquent pas aux consciences et surtout ne s'attaquent pas à la géopolitique (j'imagine mal une guerre en Iran pour des semences).
------------------------------------------------------------------------------------------------
filantropic a écrit:

Merci pr la correction.

Disons que c'est l'autre facette de la même pièce..au delà des semences c'est le pb de la propriété du vivant par ces firmes et le contrôle des estomacs..tout aussi puissant et bien plus discret finalement.. je ne parle même pas de la mutation que ces firmes engendrent sur l'agriculture mondiale et l'asservissement des pays en besoin de développement..

Mais je suis sûrement hors sujet..

Ha non, tu n'es pas hors-sujet !
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Ritoyenne
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Mar 11 Sep 2007 - 0:59

ajax a écrit:
Ritoyenne a écrit:
Tu entends quoi (ou vuos entendez quoi) au juste, par "particularisme" ?

Je n'ai pas lu la tartine (ce n'est pas péjoratif) de Vicelard, car je ne suis pas vraiment dans les bonnes dispositions, actuellement, mais je le ferai - si il manque bien quelque chose à ce forum, c'est ce genre de tartines qui interdisent toute discussion kikoolesque (la preuve en est : l'absence totale de réaction des habituels du forum).

par "particularisme", j'entends naturellement la spiritualité donc, souvent, la sagesse qu'apporte la présence permanente auprès des éléments (terre, eau, air) et surtout la constitution de micro-sociétés d'entraide désintéressée qu'il faut absolument opposer au communautarisme. La vie dans un village ouvre sur l'autrui même si c'est dur à passer les barrières. La vie dans un lobby parisien ne présente pas de barrière apparente mais elle repose sur un refus de l'autre.

Je préfère le paysan du coin avec ses histoires de fantôme au parigot prisonnier dans une grande ville. C'est con mais c'est comme ça.

Ah ça ... je ne te contredirai pas là dessus :)
Aux dernières nouvelles, ma commune compte 470 hbts ...
Je viens du trou du cul de la campagne picarde, et tout trou du cul qu'il est, mon village sent meilleur que Paris.

Précisions : qu'est-ce qu'on entend par "particularisme de classe" (ça je peux concevoir) et "particularisme de nations" ? (C'est dans la citation, qui n'éclaire pas vraiment, que donne mon dico).

PS : désolé pour le HS.
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Viscard
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Mar 11 Sep 2007 - 23:14

Pertinax a écrit:
Viscard a écrit : « L’apologie de la pauvreté chrétienne est détournée au profit de l’idéal judéo-grec, compris sous son angle romantique, qui organise la liberté de circuler de tout son être avec tout son avoir. » Pourrais-tu préciser ? Veux-tu parler – en termes d’analyse marxiste ? - d’une forme de judéo-paganisme qui se serait dressé contre le christianisme, c’est-à-dire aussi contre le judaïsme ancien (en tant qu'accompli par le christianisme) ? Et pourquoi l’ « angle romantique » ?

Ta réflexion sur les « hommes nouveaux » que les libéraux ont la nécessité d’inventer me fait penser à ce que dit Antonio Negri : « Nous sommes déjà des hommes nouveaux ». Voir la citation, et mon commentaire, à mon post du 16/7/2007, 0h20, sur le fil Attali/Mondo.

Pour ce qui est des distinctions toujours nécessaires entre droite et gauche, tu rejoins Bibi dans une objection qu'il me faisait, et je lui donnais raison. Mais nous sommes actuellement dans une période de redistribution des rôles ; c’est pourquoi ça fait un peu désordre (droitards et gauchistes mélangés [et c'est très bien], antisionisme rabique). Il y a un effet cathartique très sain sur ce forum. Les choses vont devenir plus claires d’ici quelques mois. Chacun saura mieux alors comment se positionner.

Viscard a écrit : « Le néolibéralisme va régir des dictatures économique (Chine) tout en contraignant les réactions populaires par la dictature communiste. » Tu donnes froid dans le dos avec tes analyses au scalpel.

A propos de l’Internet, ce que tu prédis est effrayant. Ta vision est très pessimiste. Mais certainement juste, au moins en partie. D’ailleurs, on perçoit déjà les limites de cet outil. Les blogs et les forums donnent trop souvent l’illusion de pouvoir « agir » ou « inter-agir », alors qu’en réalité, rien ne se passe. De plus, cela peut se transformer très vite pour l’utilisateur en une forme d’addiction. Il faut savoir prendre du recul. En essayant par exemple, de produire un travail vraiment théorique (mais dans ce cas-là, pourquoi pas plutôt un article ?).

Tu parles des sentences nietzschéennes en des termes qui rappellent Clouscard. Je me souviens que, dans un post précédent, tu présentais Nietzsche comme un « anti-socialiste qui annonce gaiement l’impérialisme barbare. » Je m’intéresse pas mal à Nietzsche en ce moment (cf. topic Nietzsche) dans son rapport très ambivalent au judaïsme (et au christianisme). Mais le problème vient moins de Nietzsche (qui nous donne à penser) que de ceux qui s’en réclament à tort et à travers.

On peut trouver ER imparfait (ça commence seulement) et ses adhérents insuffisamment formés, mais il s’agit aussi de provoquer un sursaut, une réaction salutaire. Et si possible la plus large possible. Il faut nous laisser le temps de lire Michéa, Lasch, Clouscard… Soral a déjà réussi à convaincre des indécis (comme moi) de l’utilité de l’outil marxiste. Reste à apprendre à s’en servir (je n'ai pas beaucoup lu Marx, mais j’ai lu Hegel, ça devrait aider).
@Pertinax : Rapidement, car tu fais appel à des idées variées... qui me feraient bien écrire dix pages.... J'essaie de répondre au moins rapidement à la question....

L’argent est la valeur constituée en soi de toutes les choses matérielles. Les matérialistes ont compris qu’en finir avec le judaïsme permet de faire s’effondrer à la fois le christianisme et le capitalisme dont le judaïsme est le fondement. Marx avance clairement cette hypothèse dans la Question juive. D’un point de vue marxiste, je réponds qu’effectivement le judaïsme n’atteindrait son apogée qu’avec la perfection de la société bourgeoise, mais cette même société bourgeoise, n’atteindrai sa perfection que dans un monde chrétien. Et le socialisme, selon Marx d'ailleurs, n'est jamais que la continuation de l'oeuvre du capitalisme par d'autres moyens, son stade suprême (d'où les esprits bourgeois dévoyés de quelques Attali et Minc pour vanter Marx comme parangon du libéralisme). Libérer le juif de toute identité religieuse permet, d’un point de vue marxiste, de supprimer les bases de toute religiosité et celles du capitalisme dont il est la matrice. La société bourgeoise, n’a pu, décemment, s’accommoder d’une religion du dépouillement et de la pauvreté (St F.d'Assises) avec des fondements qui au contraire pousse la logique jusqu’à l’individualisme, l’anarchie égoïste (de Smith à Stirner), la malhonnêté et la déshumanisation globale. C’est pourquoi, à défaut d’en faire un modèle inadapté à l’économie capitaliste, la bourgeoisie a dévoyé l’esprit du christianisme par un romantisme dont la matrice se fonde dans un Moi transcendant et hypertrophié parfaitement assit dans les salons feutrés parisiens. Je dirai que la culture romantique précède le stade de la culture narcissique moderne (C.Lasch). Le Moi impérial, dévoreur d’expériences pratiques et individualistes, ogre démiurge (Nietzsche - qui signait le Christ, dans ses dernières correspondances - Novalis, Schlegel), d’élans poétiques (Lamartine, Schiller), de tentatives et fondements contre la conscience et la raison politique (obscurantisme de Hugo, secte de Freud …) et maniaque de lui-même, sombre inspirateur du désir transcendant, de l'inconscient déculpabilisant, de la pulsion originelle planant au dessus de tout déterminisme et animé par de quelconques formes de déraisons et d’irrationalités a produit une idéologie libérale propice (freudo-marxisme) à freiner les actions solidaires, raisonnées et politiques au sens de la cité.

Le romantisme a accompli une forme idéologique qui s’accommodera idéalement de la société de consommation narcissique d'après guerre. Car au désespoir et au sens tragique de la fin du monde, le capitalisme va ordonner un sens plus ludique dont les fondements et les enjeux serviront des intérêts bien compris. L’angoisse du néant face à l’être, du moi idéalisé face à son être social, apparait comme une invention de bourgeois lascifs qui n’avaient rien à faire de ces dix doigts, si ce n’est écouter son ventre gazouiller, son humeur varié selon le temps et les climats (Nietzsche, Novalis) et gloser sur l’éternel présence du plafond étoilé et du rire présocratique. Ce romantisme, outre qu’il s’est parfaitement construit dans la société libérale du XIXe a fait régresser le peu d’élan lyrique, hérité de la Révolution française (que je reconnais, et bien observé par Balzac, puis par Lukacs) vers un Moi, vide, infantile, narcissique voire thérapeutique. Les formes psychologiques, les curiosités lubriques sont fins prêtes pour anéantir la conscience politique et la décence humaine. Et l’avènement du néo capitalisme sous tend l’accomplissement du monde de l’enrichissement, de l’individualité et de la ruse sur celui de la décence, de l’humanité et de la solidarité.

Le plus intéressant à voir et à comprendre c’est que Sade est parvenu, d’une manière étrange, à entrevoir l’ensemble du développement ultérieur de la vie personnelle en régime capitaliste, de la vie judéo-chrétienne en régime judéo-protestant, qui s’achève non sur la fraternité révolutionnaire initiée, par exemple, par un pré-romantique comme Napoléon, le Hugo de la Guerre, (qui l’était dans son mysticisme, son égo, sa vision et son harangue) mais sur une société confraternelle qui a survécu à ces origines révolutionnaires et chrétiennes et les a répudiées. On sait bien que par la suite la consommation, l’appétit plutôt que l’apathie, les expériences solitaires (drogue à musique trans) ont été de sérieux moteurs et structures pour éduquer les masses et les névroses par l’insatisfaction.


Dernière édition par le Mar 11 Sep 2007 - 23:52, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Mar 11 Sep 2007 - 23:42

La question de la complémentarité et de l'ambivalence entre libéralisme économique et religions abrahamiques mérite en effet dix pages mais je ne l'aborderais certainement pas du même point de vue que toi Viscard.

Si on veut être précis historiquement, il faut dire, et ça choque, qu'avant le christianisme paulinien il y eut le christianisme et qu'avant le christianisme il y avait le judaïsme et le baptisme qui s'apparente beaucoup au concept évangélique américain.

Le christianisme, et ça, encore une fois, cette vieille raclure de Renan l'a bien décrit (j'emploie le mot raclure car plus le temps passe et plus je trouve que ce mec avait une vision exceptionnelle), c'est une religion fondamentalement anticapitaliste (la parabole du mauvais riche, l'image du paradis et du chas de l'aiguille...) Jésus a construit l'essentiel de sa morale sur l'ébionisme, le paradis promis aux pauvres. Et ce n'était pas que de la démagogie car il invitait tous les riches à devenir pauvre. Les ébionistes avaient érigé l'avarice au rang de pêché capital. L'avarisme n'est rien d'autre que le fait de s'attacher à la propriété, dans un sens plus moderne, au capital, ce qui constituait le principal défaut des philistins et des pharisiens, ces mêmes qui ont gagné le combat doctrinaire judaïque.

La réforme luthérienne n'est rien d'autre qu'un retour au baptisme et aux évangélismes sommaires, qui sont bien plus proches du judaïsme que le christianisme paulinien. C'est la religion idéale pour la prospérité du capital car elle ne s'entrave pas de la grosse morale anticapitaliste catholique qu'on vient de voir. J'ai récemment marié un de mes frères dans un temple évangéliste (la religion de sa femme, lui n'étant pas baptisé)... J'ai entendu de mes propres oreilles le pasteur déclamer : "l'amour c'est comme un compte en banque, ça se gère"...

Luther c'est du judaisme avec le christ en héros... Le livre de Daniel sans la dimension hyper mystique... La bible sans le livre de Job qui perturbe tous ceux qui ont lu en profondeur les textes saints.

L'Islam devrait faire l'objet d'une réflexion comparable. Quand on lit le Coran, dès la première page on est chamboulé. La table des matières fait apparaître en bonne place une sourate appelée "Le Butin" qui, et ce sont les mots divins pour les musulmans, recense les cas de partage du trésor et définit le concept de trésor. Plus libéral tu meurs !!!!!

Sur Sade, viscard tu as en même temps tort et raison. Sade était extraordinairement lucide, ce qui en fit un visionnaire. Sa lecture de l'histoire (lire les quelques biographies qu'il a écrites - je n'en ai lu qu'une personnellement) est formidable d'érudition et de jugeotte. Mais Sade, c'est aussi l'égo le plus phénoménal de l'histoire. Il n'a pas fait que décrire son libertinage. Il l'a aussi pratiqué. Il est resté en cabane pour avoir séquestré une femme, chose qui est très cohérent avec le catalogue de vices monumental que sont les 120 journées.

Sade, en érigeant le plaisir comme seul but de l'homme, fait plus une forme de proto-psychanalyse. Il ramène la société à l'individu au lieu de faire fondre ce dernier dans le groupe et dans le tout.

La doxa sadienne doit être prise avec beaucoup de nuance et de retenue. Celui qui a su le mieux en extraire la grandeur, c'est encore Pasolini avec Salo et les 120 journées. Il a su, en quelques phrases d'images, extraire toute la puissance de la vision sadienne en en épurant les éléments nuisibles. Dans le quatuor de salopards qui organisent l'orgie, Sade iconifie le duc alors que Pasolini met l'ensemble sur le même plan. Film à voir et à déconseiller. C'est bien trop cru pour une ame sensible.
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Mer 12 Sep 2007 - 12:50

Ce qui est remarquable dans les romans de Sade, c’est la façon dont il montre la subversion d’une organisation (en l’occurrence conventuelle). Ainsi les moines ne se contentent pas d’enfreindre ouvertement la règle monastique, en particulier l’obligation de chasteté, mais ils organisent une contre-règle ; ils soumettent les filles à leur loi en lui donnant l’aspect d’une pseudo-règle monastique. Il y a donc contrepoint entre la vie des maîtres (les moines) qui ne cesse de s’écarter de la règle, et celle des esclaves (les filles) qui en est une parodie rigoureuse, avec - comme dans les règlements monastiques - l’obsession horaire, l’organisation minutieuse du temps heure par heure, la hiérarchie, les surveillantes, les punitions, etc…

Poser une norme, et 1) s’y soustraire (pour les maîtres), 2) l’inverser ou la parodier (pour les esclaves).

Sade a constamment besoin d’interdit, de tabou, sans quoi il n’aurait plus rien à enfreindre. Mais les moines rédigent aussi un code qui est un anti-code (parodique). Et contrairement à ce qu’on aurait pu croire d’abord, le champ du sacré (qui permet le sacrilège) s’élargit grâce à la révolution qui a multiplié les dieux en coupant la tête au roi : Patrie, Nation, Famille. Ainsi le thème de la destruction de l’enfant à naître se développe au moment où le pouvoir exalte des thèse natalistes.

Mais cet accroissement du champ du sacrilège trouve ses limites aujourd’hui avec la destruction de la Patrie, de la Nation, de la Famille. Même la gay pride, d’abord un défilé d’homosexuels est devenu au fil des ans, quelque chose de très indifférencié (où règne la confusion des genres). Il faut donc surenchérir dans la violence virtuelle (sans l’impact des coups) ; on le constate aisément dans le cinéma contemporain. N’importe quel bon western des années 1950 est beaucoup plus violent qu’un film d’aujourd’hui (question de montage, de mise en scène, de point de vue).

Le film de Pasolini est intéressant parce qu'il n’est pas une reconstitution historique, mais une sorte d’anticipation du (néo) fascisme communautaire qui se met en place (les masses comme matériel humain).
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Viscard
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Mer 12 Sep 2007 - 13:09

Sur le sujet de la vision du néo-fascisme compris par Pasolini j'avais écrit cet article sur la Sentinelle : http://lasentinelle.123.fr//arts/pasolini-lettres-lutheriennes.html

Sur le rapport au désir et au sadisme : http://lasentinelle.123.fr//arts/tarantino-hostel-dantec.html


Koonishaoo a écrit:
A lire aussi un très bon article sur les rapports entre Sade et le capitalisme dans le Monde Diplomatique du mois d'Aout:"Sade et l’esprit du néolibéralisme" -Patrick Vassort
Pour résumé, Sade, dans ses 120 journées, applique au domaine de l'hédonisme la logique capitalisme.(principalement l'organisation du temps pour une plus grande productivité de jouissance)

Très bien vu, je l'avais déjà lu au chapitre "Théâtre de la cruauté". L'article qui cherche à faire refléter le monde comme mécanique de production et d'organisation, in fine, totalitaire est très bien vu. Il pêche juste à trop vouloir systématiser et reproduire les structures économiques actuelles dans l'oeuvre littéraire sadienne dont les motivations (personnelles) et les récupérations (de classe) restent complexes à totaliser et sont parfois nouvelles et encore plus cruelles dans le monde du travail moderne et la ruse de la société de consommation. A l'image de Nietzsche. En tout cas, Sade est d'un conservatisme libertaire effrayant de nos jours.

---------------------------------------------------------------------------------

Torquel a écrit:
Le texte de Viscard est très intéressant, je félicite son auteur, d'autant plus que l'effort synthétique est considérable. Pour mieux comprendre l'émergence de la pensée individualiste, je conseille de lire deux formidables ouvrages :
  • La Philosophie de la Renaissance de Ernst Bloch, où il montre que le pensée de l'individu, le schisme chrétien et l'émergence de la bourgeoisie sont très liés.

  • La Société de l'individu de Norbert Elias, pour son érudition tout simplement.
....A la question qui se pose sur les solutions et l’avenir qui se présente, j’ai personnellement une vision triste et désabusé comme je l’ai expliqué dans la Théorie révolution néolibérale qui se construit selon des stades opératoires précis. Une idéologie dominante qui produit des facteurs de productions nécessaires à sa préservation, sa continuité, ses débouchés (surplus) par le jeu de l’oppression et la permissivité dans les sphères de la production et la consommation.

Je considère que les classes populaires sont arrivées à un tel stade d’asservissement et d’ignorance, de « pensée d’étau », que les perspectives sont manifestement noires. En effet, je pense comme je l’ai déjà écrit, un peu plus haut, que ces classes populaires (la mienne entre autre) veulent avant tout être protégés contres les effets pervers économiques et sociaux immédiats du libéralisme qu’elles contiennent, entretiennent, conduisent et conditionnent aussi tacitement. Chacun se résigne derrière l’arbi provisoire de la Gauche (PC-LCR-PT) qui emballe une pensée culturelle et bohême contre des facteurs de production libéraux qu’elle prétend combattre mais dont elle jouit et au travers lesquelles elle se construit (bobo). Elles peuvent aussi - ces classes populaires - se révolter, contre le mythe progressiste libertaire et transgressif, affectif et maternaliste, communautaire, tribal et clubiste, comme ce fut le cas en 2002 (FN), dans les urnes, voire en 2005 (TCE), en se réfugiant derrière non pas une conscience de classe, ni un inconscient collectif cohérent, mais derrière un ressentiment épars et individualiste, qui les expose, faute d’unité de classe, à valider le « démantèlement systématique de leurs conditions d’existence matérielles, que cette culture de transgression illimitée rend précisément impossible » (Michéa). Ce qui pousse à penser que quelles que soit les perspectives, que les classes populaires ne peuvent plus s’opposer à un système qui détruit méthodiquement leur vie, avec rationalité, calcul, méthode philosophique appliquée au mensonge historique et reliée par l’information qui mime plus qu’elle ne renifle. L’alliance d’un Marché rationnel et d’un Droit comme axiome de neutralité économique, a généré une nouvelle anthropologie d’enchaînés économiques qui s’émancipent par la culture libertaire. Heureux débouchés, heureux surplus donc.

Je suis pessimiste et triste de voir à quel point la théorie platonicienne du désir comme insatiabilité s’est parfaitement adaptée à l’économie libérale dont la principale fonction est de perfectionner la perversité morale et technologique du nouveau monde. Triste de voir cette névrose sexuelle et cette misère permanente, triste de voir l’a-normalité chercher un nivèlement libéral (si bien perçu par Pasolini). Tout rendre conforme pour une seule et même bouchée.

Pessimiste face à ces factions de Gauche, ces factions de traitres qui contrôlent la sphère culturelle, et aveugle sciemment des masses entières de moutons, et ne fait que se draper d’illusions, d’illusions perdues, éternellement, pour seulement un eu plus de reconnaisance, eux les ratés, les exclus de la bourgeoisie.

On aura bien compris, avec Michéa, que la farce libérale consiste à nous faire croire qu’il faut nous prendre par nature « tels que nous sommes » (et non comme on devraient être) tout en enseignant, paradoxalement, d’un autre côté la nécessité de changer radicalement ( de faire la rupture dirait Sarko) les habitudes et les mentalités. Mais à quoi bon changer si nous sommes déjà dans la nature libérale du loup hobesien ? Lever les amarres et jouer sur le terrain de l’existentialisme de Sartre qui enseigne la liberté comme le libéralisme, comme arrachement au sol et au déterminisme.

En tant qu’en homme nouveau et nouveau contemporain, il faudrait se plier aux diktats maternalistes, affectifs, antiracistes, antisexistes, différencialistes, égalitaristes, hygiénistes, normatif, tolérant, superdémocarte, c'est-à-dire bon consommateur et bon client.

Sans doute que la combinaison des problèmes fondamentaux réside dans la dialectique fondamental et simple qui articule les rapports de classes et les instituions (approches marxiste) d’avec la construction psychologique de soi, du Moi, de l’orgueil et des pulsions. Marx déterminant mais Nietzsche utile aussi en ces domaines. Du rapport à notre éducation, à la mère et au père, dépendra sans doute le courage, l’obéissance, le rapport à l’autorité, à l’amour, à l’idéalisation de la femme, au projet, à la transmission et à la transgression. Et des utopies, nous les regarderons, toujours, d’un point de vue de classe comme d’un point de vue organique et atavique.

D’où je pense la permanence, la présence éternelle d’individus qui tueront les mythes du bien/vrai et de l’universel en un seul de leur nom, pour une seule vision. D’où cette vision chaotique et habilement menée par les libéraux de faire croire que tous les hommes sont mauvais, des bêtes sauvages, des loups entre eux. Il y en a et en aura toujours, certes. Leur présence suffit-elle seulement à comprendre toute l’humanité entière, à ne pas envisager et concevoir surtout une meilleure société, décente et humaine ? Sur des bases que je dirais helleno-chrétiennes. Le libéralisme doit-il compter et forger son mythe sur une caste qui prétend modéliser le monde et si ce n’est pas le cas le forcer, et si cela ne marche pas encore, mentir pour faire croire qu’il fonctionne ? Alors peut-être que c’est l’Education qui faut savoir maitriser et rejoindre la « Sociologie du dragueur » de soral pour comprendre les dysfonctionnements de l’Œdipe propre à cette Education qui fait les individus. En le reliant au monde du travail, de l’opposition et du père (du rapport de force, en opposition à la continuité féminine affective), Soral devait conclure son livre sur la nécessité de l’amour. Michéa conclut sur la décence et l’humanité, sur Orwell, au travers lesquelles tout individu travaillant et pensant doit suivre de simples commandements :

Préserver encore un minimum d’humanité dans cette opération et programmation technologique relève encore de la conscience de soi. Et c’est bien comme cela sans doute que Michéa comprend aussi la chose politique, comme démocrate radical, anarchiste critique. « La richesse suprême, pour un être humain, et la clé de son bonheur, a toujours été l’accord avec soi-même. C’est un luxe que tous ceux qui consacrent leur bref passage sur terre à dominer et exploiter leurs semblables ne connaitront jamais. Quand bien même l’avenir leur appartiendrait ».

Mais nous n’avons encore sans doute rien vu, rien…
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MessageSujet: RETOUR A LA TERRE   Mer 12 Sep 2007 - 23:36

Le Bon Docteur a écrit:
ajax a écrit:
Moi j'ai deux raisons de positiver. Premièrement, je ne crois pas au progrès absolu et éternel (…).

La deuxième raison c'est que le progrès chinois nous ramène, nous, vers une société équilibrée. Je m'explique. Avec les changements alimentaires chinois, on voit actuellement le cours (artificiel) des denrées fondamentales croître à une vitesse vertigineuse. Nous ne nous en sortirons que par un développement du secteur primaire (l'agriculture) avec tout ce que ça comporte en termes de particularisme et de culture populaire. Il ne manque plus qu'un retour à la production (à cause du coût du transport) et la boucle sera bouclée. Notre société retrouvera sa stabilité sociale d'antan.
Ah je suis 100% d'accord avec ça. Je pense que le retour à la terre (pour ne pas parler d'autarcie), est bon et inévitable à plus ou moins long terme. Activité saine et source de satisfaction, responsabilité, utilité, simplicité, bref la base.
cheers Yeah
Comme parfaite illustration, Cioran (1911-1995) notait déjà dans ses Cahiers 1957-1972 :

Citation :
« Le seul homme réel est le paysan (je devrais dire : était, puisqu'il a pratiquement disparu en tant que type humain, dans les civilisations industrielles, tout au moins). Faire toujours la même chose, chaque année recommencer la même vie, comme les bêtes, les oiseaux, les insectes – tel est le secret de l'existence véritable. La monotonie dans la nature et non dans l'usine – c'est à cela que l'homme aurait dû se borner, s'il avait agi dans ses propres intérêts. » (p340)

« À cause du Marché commun et du remembrement des terres, la paysannerie française a disparu en moins de cinq ans. Les conséquences en seront incalculables. Quand un pays perd ses paysans, il se coupe de ses traditions, de sa continuité historique, d'une classe heureusement arriérée, car elle exerce une sorte de frein, d'entrave utile, sans quoi il irait de secousse en secousse. Il faut qu'il y ait des novateurs mais il faut non moins qu'il y ait des méfiants, des soupçonneux, des consternés. La peur du changement est aussi inhérente à la vie que l'avidité du neuf. » (p696)

« Les Français furent un grand peuple tant qu'ils eurent de forts préjugés, qu'ils vécurent à l'étroit, et qu'ils amassèrent. L'avarice chez eux fut un signe de grandeur. Ils thésaurisèrent de l'argent, et en même temps des vertus.
La paysannerie française est en voie de disparition. C'est un coup fatal porté à la France, qui perd par là même ses réserves, son fonds. Elle ne s'en remettra jamais.
L'avarice a été pour elle une sauvegarde. » (p830) *

* + dans De l’inconvénient d’être né (1973), chap. VIII :
« Tous ces peuples étaient grands, parce qu’ils avaient de grands préjugés. Ils n’en ont plus. Sont-ils encore des nations ? Tout au plus des foules désagrégées. »
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Mar 18 Sep 2007 - 8:09


« Impasse Adam Smith » de Jean-Claude Michéa (notes de lectures, à partir de Propositions II et Scolies II)

Les deux livres recensés par George Orwell en 1944 traitent le premier du libéralisme qui conduit au totalitarisme, le second du libéralisme empêché qui conduirait au totalitarisme. La guerre économique (libéralisme) conduit aux deux guerre mondiales (et aux camps de concentration). Et « le collectivisme conduit aux camps de concentration ». Dans les deux cas, c’est un mécanisme (Marché, Etat) aveugle qui finit par broyer les hommes ou les déshumanisent. Le camp de concentration étant dans les deux cas, une forme d’exploitation capitaliste mais pouvant très bien devenir superflue dans l’hypothèse d’une guerre économique mondialisée. Autrement dit, c’est parce que le mondialisme relance l’économie essoufflée à la fin des années 1970 en « localisant » les guerres, que la perspective d’une troisième guerre mondiale s’éloigne. Le mondialisme va permettre enfin la « guerre de tous contre tous », la guerre absolue, « purement » économique qui va générer aussi ses camps (concentration de super-riches dans des cités bunkers, concentration de super-pauvres dans des ghettos géants).

La common decency repose sur l’économie du don (d’où l’importance du référent chrétien) et aussi sur la réciprocité. A ce propos, il conviendrait de développer la notion de « réciprocité érotique » chez Platon (qui refuse de séparer l’érotique - de la conversation et de l’investigation philosophique). On pourrait aussi confronter la métaphysique du désir chez Platon à la métaphysique du sexe chez Evola. La décence d’Orwell s’oppose à la volonté de puissance dévoyée. J’ajoute dévoyée, car j’ai l’intuition que Cioran [cf citations sur le topic Nietzsche] s’est trompé sur Nietzsche, ou du moins n’a pas perçu quelque chose (j’attends de lire Lukacs pour en dire plus).

Michéa oppose l’administration des choses au gouvernement des hommes, on pourrait écrire la « gouvernance » à la politique, « l’horlogerie miraculeuse du marché autorégulé se chargeant automatiquement de convertir les vices privés en vertus publiques. » S’en remettre à la machine qui régule, élimine, formate et optimise. Les républicains qui « échappent à l’univers marchand par un retour à l’antique » (illusion néo-païenne) partagent avec les libéraux le même mythe fondateur de l’ « homme naturel » comme individu monadique, infra-humain.

Efforçons-nous d'interpréter le don comme structure intersubjective ou symbolique substituant la relation (donnée anthropologique première) à l’échange. « Il n’y a de communauté que là où il nous est donné de vivre avec des êtres que nous n’avons pas choisis. » Se méfier donc du réseau, de la toile, du ghetto. A quoi ressemblerait la vie quotidienne des hommes sans common decency ? « Ou se trouve la gare ? me demanda un passant – Là bas, dis-je en montrant le bureau de poste, et pourriez-vous me poster cette lettre sur le chemin ? – Oui, répond-t-il, décidé à ouvrir l’enveloppe pour voir si elle contient quelque chose d’intéressant. »

L’accroissement du champ du sacrilège ayant trouvé sa limite, l’homme nouveau cherche tabou désespérément. Dressez-en la liste svp ; j’en vois déjà deux : le révisionnisme et la pédophilie (promotion concomitante du mémorial et de la lolita). Question disputée de pornographie quand quelqu’un reproche à l’autre : « Arrête avec tes histoires de négationnisme, tu vas finir pédophile ! ». Quant au dépassement du capitalisme sur sa gauche, il n’est pas tabou, oh non, il est simplement impossible.
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Mar 18 Sep 2007 - 10:37


@Pertinax

Tout ce tu avances sur le Don, la décence et la solidarité est contenu dans les recherches et les études collectives du MAUSS auquel participe par ailleurs Michéa. A noter que cette dernière phrase (« Quant au dépassement du capitalisme sur sa gauche, il n’est pas tabou, oh non, il est simplement impossible ») citée, dans le post précédent, est le fondement de cette collusion idéologique Droite / Gauche qui s’est accommodée de ses systèmes à des fins de libéralisations propres : du capital d’un côté et de la culture libertaire de l’autre. Le tout en aliénant et pervertissant radicalement les classes populaires. Chacun s’entend désormais dans le meilleur des mondes qui relie Orwell à Huxley. Je t’invite à lire le dernier livre de Michéa, « L’empire du moindre mal », qui évoque l’avènement d’un nouveau cycle de l’humanité que les libéraux ont semble-t-il bien remporté (pour un temps, peut-être ?). Des axes restent encore envisageables, sans doute, mais le tissu libéral comme il s’est construit dans les domaines complexes de la psychologie, de la manipulation de masse et mentale (de Asch à Milgram), de la technologie, du loisir du divertissement, du travail, du management et de la consommation (Clouscard) et la dissolution des repères politiques laissent à craindre un avenir encore plus redoutable : car en révolution.

Je ne plongerai pas dans le lyrisme rebelle et petit-résistant qui consiste à se rallier derrière le drapeau nationaliste pour sauver la Patrie en danger. Robespierre, Marat et Saint-Just évoquaient et appréhendaient à peine les classes sociales (émergentes) et se confrontaient aux structures féodales et bourgeoises révolutionnaires de leur temps. Deux cent ans ont coulé et les structures libérales d’intérêts bien compris se sont hautement perfectionnées par oppression et permissivité. La République des Lumières (et non celle de la Terreur, forme aussi d’un despotisme de Liberté tragique, mais que je juge historiquement nécessaire) et ses soubassements libéraux est à l’origine d’une rupture idéologique d'avec le concept humaniste et utopiste. La Monarchie, malgré l’injustice patente de sa hiérarchie sociale, permettait de contenir à la fois la noblesse de robes et ses privilèges de titres "en danger" et contraignait aussi la bourgeoisie à maintenir ses velléités libérales.

Molière, à la solde du Roi, parrain d’un de ses enfants (écrivant, avec ruse, talent et habilité), a décrit à la perfection cette dialectique (cf. Bourgeois gentilhomme et Don Juan) de l’Etat monarchique qui jugulait les forces du XVIIIeme alors qu’aujourd’hui le Marché (raisonné et autorégulé) et le Droit néolibéral (de tous contre tous) s’y substitue comme nouvelle Main Invisible et nouvelle dialectique normative, transcendante et régulatrice. Approche parfaitement étudiée par Clouscard dans la « Critique du libéralisme libertaire ». Et pour relativiser le tout, comme je le disais plus haut, la thèse marxiste (rationnelle et historique) doit s’accommoder d’une variante individuelle (individus sans éducation, égoïstes, indécents, immoraux, produits de différentes formes d’oedipe dysfonctionnants) qui mettra toujours à mal, détruira les utopies décentes et solidaires. Un seul de ces hommes véreux, usurpateur et rusé suffit à démonter et disqualifier ces mythes et ces vertus. La présence éternelle d’individus qui tueront les mythes du Bien/Vrai et de l’universel helléno-chrétien en un seul de leur nom, pour une seule vision, incarne la Loi de la société moderne. Et cette caste d’individus, de "nouveaux hommes", naturels ou forcer à le devenir nécessairement, a été, jusqu’à maintenant, la plus rusée de l’Histoire.
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Mer 19 Sep 2007 - 22:51


Il est vrai qu’à lire les auteurs marxistes ou socialistes contemporains, on a tendance à s'étourdir devant l’agencement systémique de la machine. Pourrait-on en faire un dessin ? Cette bio-machine (ou structure) de l’ultralibéralisme paraît donc indestructible. Et nous risquons même de perdre nos dernières illusions en cherchant à l’enrayer. Faisons maintenant l’hypothèse catastrophiste que le nationalisme n’a plus cours, que tout impératif politique s’évanouit devant la Loi sacrée du profit. Sachant que la guerre au Moyen-Orient n’est qu’un aspect et une étape dans l’entreprise terroriste occidentale (la Chine et l’Inde rivalisant à leur tour dans le sacrifice à Mammon), l’Hyperpuissance (dont l’Entité n’est que la tête de pont) devra se fractionner et la guerre totale ne parviendra à son terme (massification + pixelisation du monde, cf Guénon) qu’après la normalisation de toutes les cultures. La nation France (son béret, sa tour Eiffel) pourra être téléchargée par quelque Small Brother levantin, tandis qu’une sous-traitance de la région Bretagne (ses crêpes, ses bigoudens) pourra être confiée à un cabinet d’experts volants basé sur la ligne Washington/Tel-Aviv. Bien évidemment, on aura pris soin – par intérêt bien compris - de conserver des réserves de souchiens autour des principaux monuments comme Notre Dame ou le Centre Pompidou (on venait jadis, parait-il, voir des expositions culturelles dans la crypte de la cathédrale et communier au musée d'art moderne).

Ce qui est étrange, c’est que même Alain Soral - en défendant la nation comme ultime rempart contre le mondialisme, évoque le regroupement des derniers résistants « sans aller jusqu’au camp des saints » dit-il. Presque un discours identitaire. Mais si la nation devient obsolète, et l’Europe des nations – la seule qui vaille – définitivement hors d’atteinte, que restera-t-il hors le communautarisme tribal (les Gaulois, la soupe aux cochons, la FSSPX) ? Peut-être ce que nous décrit brutalement Christian Bouchet à l’UDT : « Les idées que je défends ne sont pas des idées de blancs, d’européens, de français ou de catholiques. Ce sont des idées universelles qui transcendent les races, les nations et les religions. » Et Bouchet de citer Julius Evola parlant de « race de l’esprit » : « Ma patrie est là où l’on défend mes idées ». Bouchet s’exprime sans complaisance ; mais son message, me semble-t-il, est prématuré (il fallait sans doute un signal fort pour une partie de l'assistance). Quand les indigènes seront minoritaires en Europe (si l’engrenage démographique s’avère irréversible), la France un pays de tourisme exclusif et le catholicisme une vieille chose surannée (mais gravée sur nos clés usb), c’est alors que je pourrais parler comme Christian Bouchet. Mais d’ici là, nous pouvons toujours faire comme si il était possible de parasiter la culture décentrée d’internet par l’internet, comme si la normalisation pouvait être combattue par l’anormal et l’uniformité par la différence. Et si toute action subversive (toute ?) est un fake, risquons-là quand même pour la beauté du geste. L’esthétique de l’insoumission et de la subversion valant mieux que le désespoir ou le grotesque prosélytisme néo-païen.

Mais… n’y a-t-il vraiment rien à faire ? N’y aurait-il pas un verrou à faire sauter ? ou un levier à faire fonctionner ? Une action spéciale à entreprendre dans l’esprit d’Alain Soral qui franchit le pas en s’arrachant à sa condition antérieure (d’écrivain) pour la politique, c’est-à-dire le socialisme ? Hélas ! mon esprit est trop embrumé (par le champignon qui repousse sur mon front, cf topic « Nietzsche ») pour percevoir ne serait-ce qu’un dixième de ce qu’il serait possible de faire, pour ceux qui le voudraient vraiment et ne disposeraient – condition essentielle – que de très faibles revenus. Heureux les pauvres ! Le Monde Futur [de mon avatar] est à eux !!

Et puis, il y a les résistances individuelles, discrètes, nombreuses, cachées, qui sans jamais chercher la subversion, prennent le risque quotidien de la rejoindre (truquée ou non) tant la matrice veut reproduire frénétiquement son empreinte.

Etant en train de lire « Le Capitalisme de la séduction » de Michel Clouscard, écrit en 1981, je me demande si le même type d’analyse existe aujourd’hui sur l’informatique en général et internet en particulier. On aimerait un chapitre supplémentaire correspondant au sixième niveau initiatique (et dans le vocabulaire guénonien, il faudrait parler de contre-initiation) à la civilisation capitaliste. Bien sûr, on trouve dans la réédition de 2006, une postface de trois pages où l’auteur déclare que « Internet est le suprême totem de la civilisation capitaliste. Il est l’instrument même des sciences de l’information et de la communication. Celles-ci apparaissent quand il n’y a plus rien à communiquer, lorsqu’il n’y a plus rien à dire (…) Du coup, le medium, le moyen, l’instrument devient la finalité. C’est un prodigieux renversement de sens, une manipulation sans précédent. C’est la mise en forme qui décide du contenu du message.» On rêve du prochain Clouscard (ou autre sociologue talentueux) qui nous expliquera le fonctionnement des forums, la fonction des pseudos et des avatars, le destin fatal des fils sans fin (sinon au crachoir), la présence discrète et tutélaire des modos, les mystères du trollage, de l’espionnage, de la manip. Et une question : Quel effet la grande prêtrise virtuelle des 1000 posts (et +) a-t-elle sur l’horizon pulsionnel du forumien ?


Dernière édition par le Jeu 20 Sep 2007 - 11:19, édité 1 fois
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JOHN
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Jeu 20 Sep 2007 - 11:15

Thundaar a écrit:
Citation :
Quand les indigènes seront minoritaires en Europe (si l’engrenage démographique s’avère irréversible), la France un pays de tourisme exclusif et le catholicisme une vieille chose surannée (mais gravée sur nos clés usb), c’est alors que je pourrais parler comme Christian Bouchet.
Belle formule, cher Pertinax, c'est très juste.
Si tu aimes ce genre de prévision formule sur la disparition démographique programmée de la race blanche des indigènes, y a encore bien mieux… ici de Céline (1894-1961) : http://kalayuga.frbb.net/Hybride-f6/CITATIONS-DE-CELINE-SUR-LA-CONSCIENCE-DE-CLASSE-t1016.htm#17802

+ dans ce post les citations de Cioran (1911-1995) en note [2] : http://kalayuga.frbb.net/Hybride-f6/CITATIONS-DE-CELINE-SUR-LA-CONSCIENCE-DE-CLASSE-t1016.htm#18803

Enfin, 50 ans plus tard plus récemment, (re)voir aussi cet incroyable super post devenu plus que jamais d’actualité mythique de Quai Branlix :
http://kalayuga.frbb.net/Soralissimo-f4/Soral-vs-Identitaires-a-Marseille-t1193-40.htm#24995
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   Dim 4 Nov 2007 - 1:25

KERGO a écrit:
Lutter contre le libéralisme implique t'il une révolution ou pensez vous que le réformisme suffira à éradiquer cette gangraine?
Pour ma part je n'ai pas encore de réponse, c'est pourquoi vos arguments m'intéressent.

Qu'est-ce qui te déplaît dans le libéralisme? qu'est-ce que tu lui trouves de pas bien?

Selon ta réponse, nous pourrons orienter ton choix vers la solution appropriée - révolution ou réforme - c'est pourquoi il est important que tu donnes des indications précises sur ton ressenti par rapport au libéralisme.
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MessageSujet: Re: La "révolution" néolibérale   

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La "révolution" néolibérale
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