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 Le langage de l'anti-antisémitisme (in Revue Jibrile)

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MessageSujet: Le langage de l'anti-antisémitisme (in Revue Jibrile)   Jeu 30 Aoû 2007 - 2:21

http://www.revuejibrile.com/JIBRILE/PDF/ANTIANTISEMITISME.pdf


Le langage de l’anti-antisémitisme : névrose verbeuse et haine de la
littérature


L’anti-antisémitisme est une mode tenace datant maintenant d’une bonne trentaine
d’années, et qui présente la particularité de dépasser les idéologies et les pensées politiques
classiques. Certes, si l’anti-antisémite contemporain voit l’antisémitisme surtout à gauche,
c’est parce qu’il est souvent de droite ; mais il peut également être de gauche, de celle qui
combat la gauche dont se réclame le prétendu antisémite en question. L’anti-antisémite
militant ou universitaire (c’est pareil) s’est longtemps demandé s’il était nécessaire de
connaître en quoi résidait la spécificité juive (si tant est qu’elle existe à ses yeux) afin de bien
circonscrire les modalités de pensée de l’antisémite. Pour ma part, je pense qu’il est
entièrement inutile de connaître le monde de l’antisémitisme pour évaluer l’anti-antisémite à
sa juste valeur. Le juif est distinct du reste de l’humanité car il a été le premier à traduire le
monothéisme en pratiques vivantes ; l’antisémite se distingue du raciste car en haïssant le juif,
il hait en vérité bien autre chose que le juif : il exècre tout ce qui est invisible à ses propres
yeux. L’anti-antisémite, lui, va beaucoup plus loin que l’antisémite dans la détestation de
l’indicible et de l’insaisissable : pour lui, le fait de ne pas être juif et sioniste, par exemple, (ou
d’être contre-révolutionnaire, chrétien, musulman, athée, ou même d’inventer des
néologismes, comme nous le verrons avec Michaël Prazan) revient de fait à être antisémite,
quelles que soient par ailleurs les caractéristiques raciales, mentales ou morales de l’intéressé.
Cette attitude ne revient donc plus à dénicher des aspects haïssables a priori invisibles dans
l’individu qu’il s’agit de contrer, mais à extraire de sa visibilité la plus immédiate une
myriade d’éléments impalpables, d’autant plus indéniables qu’ils seront rigoureusement
démontrés selon le déterminisme social le plus direct. Si l’antisémite peut être facilement
schizophrène, pensant retrouver en son ennemi la part la plus secrète de sa propre
individualité, l’anti-antisémite, lui, est souvent névrosé : ses troubles nerveux et/ou
psychiques apparaissent toujours en l’absence de toute lésion, mais il restera conscient
puisqu’il y aura toujours adéquation entre son idée du monde et ce que son microscope lui
permet d’en observer. Si l’anti-antisémite combat le réel, c’est d’une manière homothétique
par rapport à celle de Don Quichotte : il attaque des fourmis en pensant que ce sont des
guerriers en arme. Mais une fourmi grossie mille fois, cela fait suffisamment peur pour se
permettre d’écrire aussitôt une Encyclopédie de la Haine en étant persuadé d’avoir affronté la
Bête aux dix cornes.
Il se publie au moins une fois par semaine un livre bilan sur le « nouvel
antisémitisme ». C’est un thème qui fait vivre des centaines de chercheurs, sociologues,
journalistes, psychanalystes, historiens et critiques littéraires de par le monde. La tentation
antisémite de Wievorka (mars 2006) convoque la Fondation pour la mémoire de la Shoah et le
ministère de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche pour assigner à
l’antisémitisme un rôle purement social, tandis que La vocation antisémite du jésuite Arnold
Lagémi (mars 2005) considère cette passion comme une « valeur patrimoniale de l’Occident »
trouvant son origine dans « le contentieux judéo-chrétien » / bien entendu, elle sera exacerbée
par « la question palestinienne, une des plus fameuses supercheries du monde moderne ».
Jean-Claude Milner enfonce le clou : si l’Europe moderne a mené à Auschwitz, c’est à cause
de l’Europe et non de la modernité. Pendant ce temps, Gérald Laprie rédige un Essai sur
l’antisémitisme qui demeure (mai 2006), Phylis Chesler se penche sur Le nouvel
antisémitisme (octobre 2005), et un Guide Pratique (sic !) est publié en septembre 2005 sous
le titre Antisionisme, le nouvel antisémitisme ?. Huber explicite sa méthode pour Guérir de
l’antisémitisme (juin 2005), Guillaume Erner se propose de nous Expliquer l’antisémitisme
(janvier 2005) et Jean-Pierre Faye sort le grand jeu pour analyser La déraison antisémite et
son langage (juin 1999) / il a dû oublier la mise au point de Dominique de Roux dans
L’Ouverture de la Chasse, intitulée Jean-Pierre Faye, un pion dans les polices parallèles
(« Sartre a montré que c’est l’antisémite qui crée le juif, à projeter sur lui ses propres
contradictions. Je suis le juif de Jean-Pierre Faye »). La liste est fastidieuse ? J’en ai d’autres,
et des beaucoup plus symptomatiques ! Dans Narcissisme, christianisme et antisémitisme
(juin 1999), les psychanalystes Bela Grunberger et Pierre Dessuant proposent « de l’énigme
de l’antisémitisme une interprétation novatrice en ce qu’elle appréhende, dans son opposition
radicale avec le judaïsme, le christianisme comme religion narcissique par excellence : celle
de l’homme fait Dieu ». Cette méthode phylogénétique leur permet de jeter évidemment, et
une fois de plus, la pierre sur le christianisme, en tant que modèle fondateur de
l’antisémitisme conceptuel et pragmatique. Cette antienne tient lieu de slogan mobilisateur
pour la plupart des anti-antisémites professionnels. Cela peut paraître amusant de prime
abord, puisqu’au sein d’un monde antique où la plupart des gens qui n’étaient pas juifs se
méfiaient des Lévites pour la simple raison que ceux-ci risquaient de nuire à leur entité
religio-sociale (c’est quand même le sujet principal du Livre des Juges), le christianisme
survint en tant que seule et unique religion intrinsèquement philosémite ; et le résultat est
qu’on l’accuse aujourd’hui d’avoir inventé l’antisémitisme ! Ramsès II appréciera de savoir
que l’antijudaïsme est né avec le Christ, ça le dédouanera pour les siècles et les siècles ! Sur
ce plan-là, l’anti-antisémitisme constitue aujourd’hui une des armes les plus redoutables
contre la mystique christique : l’affaire de La Passion du Christ de Mel Gibson nous l’a
amplement démontrée. Il est bien évident que considérer ce film comme antisémite revient à
dire que les Évangiles sont eux-mêmes antisémites, mais c’est justement ce dernier point que
veulent démontrer les anti-antisémites ! C’est une épreuve assez pénible que de lire des textes
de chrétiens judéolâtres, qui feignent d’ignorer la présence massive de juifs religieux antiantisémites
parmi la meute des opposants aux principales expressions contemporaines de la
Parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ : pour eux, ce ne sont là qu’athées endurcis et
gauchistes de salon… Leur penchant à voir du gauchisme partout à mesure que ce dernier
mouvement s’auto-dissout dans une boboïsation généralisée, me fait penser aux militants
antiracistes des années ‘80 qui combattaient un fascisme inexistant depuis une bonne
cinquantaine d’années. En 2036, quand des journalistes juifs produiront un documentaire à
grand spectacle pour démontrer l’imposture théologique et historique du Nouveau Testament,
nos vaillants vigilants y décèleront encore l’influence de Mitterrand et de mai 68, si ce n’est
de L’Assiette au beurre… La propension de ces mystiques de pacotille à l’aveuglement
masochiste laisse pantois : ce n’est pas parce que le Christ a choisi de s’incarner dans le corps
d’un juif, que la parole du moindre ressortissant de la race juive en devient aussitôt
indiscutable jusqu’à la fin des temps, y compris celui qui niera l’existence même du Christ !
Cette aporie est déconcertante… La seule manière de la résoudre serait de considérer que le
nihilisme juif est sacré (ce qui peut se discuter), mais cela ne semble pas être l’avis général
des anti-antisémites qui ont eux-mêmes tendance à considérer tout juif « hors-normes »
(athée, non sioniste, rabelaisien, …) comme naturellement antisémite.

A suivre sur la revue Jibrile (cf. lien ci-dessus)
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MessageSujet: Re: Le langage de l'anti-antisémitisme (in Revue Jibrile)   Jeu 30 Aoû 2007 - 12:50

Il est compréhensible qu'un juif ou un musulman parle du christianisme comme d'une religion du livre. Mais pour un chrétien ça n'a pas de sens : sa religion c'est celle de l'incarnation.

Pour le reste : impeccable. Rien à redire.

Merci.
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MessageSujet: Re: Le langage de l'anti-antisémitisme (in Revue Jibrile)   Jeu 30 Aoû 2007 - 19:18

Citation :
En 2036, quand des journalistes juifs produiront un documentaire à
grand spectacle pour démontrer l’imposture théologique et historique du Nouveau Testament,
nos vaillants vigilants y décèleront encore l’influence de Mitterrand et de mai 68, si ce n’est
de L’Assiette au beurre

2036? Et le documentaire merdique sur le Tombeau du Christ de cet été, réalisé par deux inuits? tss tss...

En juillet dernier (l'Affaire du Motu proprio, où les medias ont été pris en flagrant délit de mensonge organisé) j'ai remarqué que les juifs étaient ulcérés par la "prière" du vendredi saint... Pas pour sa tournure antisémite (qui n'existe plus depuis longtemps...) mais parce qu'elle... existe! et rappelle que parmi tous les prétendants à la messianité, Jesus est quand-même celui dont l'aventure s'est le moins mal terminé... Et le seul qui n'ait pas eu l'aspect "politico-militaire" si cher aux sionistes.

Eh oui, qu'une religion universaliste, de paix et de tolérance ait pu naître du culte tribalo-militariste d'une peuplade arriérée (pratiquant la lapidation), et aboutir aux Lumières là où le talmudisme a abouti au ghetto, à la tyrannie domestique et communautaire et au messianisme séculier, ça emmerde beaucoup les néoidentitaires juifs. Là où ils sont encore plus verts c'est quand on leur montre que la plupart de leurs "génies" juifs sont justement des marginaux non-communautaires, voir non-juifs objectivement (Marx : fils de deux convertis au christianisme, Spinoza : exclu pour hérésie... etc.)

L'anti-antisémite a la caractéristique admirable d'accuser d'antisémitisme même les juifs qui l'emmerdent. A un tel point que l'expression "juif antisémite", ce faux paradoxe de merde inconsistant historiquement et actuellement, est devenu un véritable lieu commun.
Que son éminence le cardinal Lustiger passe l'arme à gauche a du en rassurer plus d'un : catholique conservateur mais en paix avec son identité juive (contre l'assimilation judéité/judaïsme qui permet de faire carburer l'alyah), pro-Israël sans être sioniste stricto sensu (=pro-Alyah de masse), il faisait tous les distinguos qui emmerdent les sionards, et l'accusation d'antisémitisme glissait sur sa peau...

J'ai vraiment l'impression que le partage des eaux se fait entre une frange anti-sioniste dure d'un côté (limite racialo), et un clan philosémite tolérantiste sioniste de l'autre, au détriment total du sens commun et de la réflexion.... En gros, la seule manière de "comprendre" l'antisémitisme, c'est de voir la gueule des docteurs ès-antisémitismes qui pontifient... Il faut vraiment sortir de la dialectique judéomaniaque imposée par le système sur ce dossier. D'une part pour mettre un terme à l'antisémitisme lui-même (suscité à dessein en France pour stimuler l'émigration!) et d'autre part pour détruire le fond de commerce des sionistes en chaire comme Taguieff, Adler, Tarnero...

D'ailleurs je conseille vraiment le premier Livre des "origines du Totalitarisme" d'Arendt, qui casse vraiment des briques et explique la naissance de l'antisémitisme à 80% par l'attitude des juifs eux-mêmes pendant l'assimilation. très clair, concis (ça se lit vite), et sans concession... Rien à voir avec ses constructions sans recul dans les deux livres qui suivent, où tout est pensé pour confondre nazisme et stalinisme...
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MessageSujet: Re: Le langage de l'anti-antisémitisme (in Revue Jibrile)   Jeu 30 Aoû 2007 - 22:08

thomassxb a écrit:
D'ailleurs je conseille vraiment le premier Livre des "origines du Totalitarisme" d'Arendt, qui casse vraiment des briques et explique la naissance de l'antisémitisme à 80% par l'attitude des juifs eux-mêmes pendant l'assimilation. très clair, concis (ça se lit vite), et sans concession... Rien à voir avec ses constructions sans recul dans les deux livres qui suivent, où tout est pensé pour confondre nazisme et stalinisme...

TU PRENDS DES MEGA RISQUES T'ES UN OUF TOI

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le langage de l'anti-antisémitisme (in Revue Jibrile)   Ven 31 Aoû 2007 - 3:05

Les 20% restant me permettront d'obtenir une relaxe devant le tribunal ordinaire du CRIF je crois. Eh oui, toujours laisser une porte ouverte de 20% dans ses affirmations... Genre "Dans 80% des endroits où les juifs ont été, ils se sont fait botter le cul à 80% au bout d'une période moyenne de 50 ans". :)

au pire Sainte Hannah Arendt fait partie du panthéon de Finkielkraut, donc je ne vois pas pourquoi me gêner Smile
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