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 Fight Club : le message (?)

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Jul le Marteau
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Mar 14 Aoû 2007 - 20:46

Le Bon Docteur a écrit:
Soral a parlé de ce film dans une interview (je ne me rappelle plus laquelle) en en disant que le message était vicieux ou louche ou intéressant, je sais plus. Tout ce que je sais, c'est que ce film m'a mis très mal à l'aise sans vraiment savoir pourquoi. Soral avait l'air de dire qu'on pouvait en faire une analyse politique intéressante.

J'en appelle donc à vos lumières et vous invite à nous livrer votre analyse de ce film. 'Fais péter ta 'nalyse!
Il faudrait que je le revois, mais un message est clair c'est le rejet de la société de consommation ("n'essaie pas d'être complet"). Et je crois me souvenir qu'à sa sortie, ce film avait été qualifié de facho.
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Lestat
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Mar 14 Aoû 2007 - 21:09

dreck93 a écrit:
Citation :
post-situationnisme pseudo-subversif + virilisme gay + anarcho-nihilisme + n'importe quoi + foutage de gueule absolu ?
les fachos qui vouent un culte à ce film me font rigoler..
c'est anarchiste, c'est pas natio-love comme soral
ils disent fasho parce que via le projet chaos, les protagonistes imposent leur point de vue par la force, donc pas forcément démocratiquement

sinon les autres livres de Chuck Palahniuk sont sympa mais je préfère l'adaptation cinématographique au bouquin original car elle est selon moi parfaite

Citation :
sinon les autres livres de Chuck Palahniuk sont sympa mais je préfère l'adaptation cinématographique au bouquin original car elle est selon moi parfaite

Le paradoxe et la principale reproche du film, c'est de faire un long métrage qui dénonce la société de consommation tourné à Hollywood à coups de millions de dollars... Neutral

PS: le coté "facho" du film c'est à cause de la polémique au sujet des savons...

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Faf Club ?

- Fight Club est-il un film fasciste ? -



par Bruno Deniel-Laurent (texte publié dans Cancer ! ( n°1 - mars 2000)

C’est à intervalles réguliers que des critiques cinématographiques installés réveillent leurs collègues en glosant sur de prétendus films fascistes qui viendraient, selon eux, déshonorer le cinéma d’auteur. C’est ainsi que des films aussi différents que Vent d’Est de Robert Enrico, Europa de Lars von Trier, Starship Troopers de Paul Verhoeven ou encore Funny Games de Michael Haneke ont reçu l’étiquette disqualifiante de FILM FASCISTE, comme d’autres recevaient naguère le label d’œuvre « dégénérée ». Il y a quelques mois, c’est le dernier film de David Fincher (réalisateur de Seven) qui a reçu l’épithète fatale. Pourtant il faut reconnaître que si pour les 4 films sus-nommés, la polémique relevait de la plus mauvaise foi (trahissant le dépit des petits censeurs du cinéma, confrontés à des œuvres parfois trop intelligentes pour eux), la question se pose réellement à propos de Fight Club ; pour une fois, en effet, il semble que la désignation comme film « fasciste » relève plus du diagnostic que de l’outrage. Voyons ce qu’il en est.

Avant d’être un film, Fight Club est le premier roman d’un garagiste de l’Oregon, Chuck Palahniuk. Parfois pénible à lire à cause de son style « zapping », le roman a en tout cas trouvé dans le film de Fincher, qui respecte intégralement son développement, un support idéal. Tout a été dit sur l’histoire imaginée par Palahniuk et sur ses deux héros. Certains critiques ont voulu présenter Tyler Durden ( interprété par Brad Pitt) comme un « anarchiste de génie » : nous n’avons pas dû voir le même film. Comment qualifier en effet d’anarchiste un homme qui n’accorde même pas à ses disciples le droit de porter un nom et qui, paraphrasant Mussolini, rappelle dans le décalogue du projet Chaos qu’il faut « toujours faire confiance à Tyler Durden » ? D’autres critiques sérieux ont cru reconnaître dans le fight club une « secte gay sado-maso » mais là encore, c’est une interprétation hasardeuse : le film ne pose pas la question de l’homosexualité mais celle de la dévirilisation (voir le symbole ostentatoire du cancer testiculaire ou les confessions de Durden : « Nous sommes une génération d’hommes élevés par des femmes »). Quant au sado-masochisme, il n’y en a aucune trace, malgré peut-être les apparences (l’épisode de la soude sur la main) ; le masochiste jouit de la souffrance et c’est pourquoi il veut souffrir ; alors que les fight-clubbers, eux, font volontairement l’épreuve de la souffrance afin de ne plus la ressentir. De la même façon, le sadique aime faire souffrir alors que le fight-clubber aime avant tout détruire (et prend bien soin d’épargner les vies humaines lors de ses actes).

Par contre, il est certain que les thèmes, les arguments, la « vue-du-monde » de Tyler Durden se rapproche d’un « nihilisme MÉDIAN » qui a trouvé dans le fascisme sa plus funeste incarnation historique. Le philosophe Armin Mohler a montré que le nihilisme « fasciste » ou « révolutionnaire-conservateur » se situe à mi-chemin entre le nihilisme « français » (expression de dégoût et d’écœurement, fait de nausées et de vertiges monotones, d’aboulie suicidaire et de distance aristocratique) et le nihilisme « slavo-oriental », nihilisme de la plénitude qui s’exalte dans la violence, le messianisme radical, le terrorisme ou le bavardage incontinent. C’est ce nihilisme médian que l’on retrouve dans les écrits de Ernst von Salomon ou du jeune Jünger : « Nous avons dans le monde entier la réputation d’être capable de détruire des cathédrales (…) Nous avons, solidement nihilistes que nous étions, manipulé quelques années la dynamite et, renonçant à la plus modeste feuille de vigne de contestation réelle, nous avons fait sauter le XIXe siècle ». La révolte des fight-clubbers est de cette nature : comme le fascisme, elle est « d’après la civilisation » mais elle trouve encore la force de rêver à un âge d’or, un « avant de la civilisation ». Car les fightclubbers, englués dans leurs destins de petits bourgeois yankees, sont avant tout des réactionnaires, nostalgiques des temps rustiques où les objets avaient un poids et où les communautés organiques étaient encore bien vivantes (« Nous chasserons les élans sur la 5 ème Avenue, nous vivrons dans des chaumières forestières, on aura un vieux blouson en cuir que nous garderons toute notre vie … »). Écologie radicale et résolument anti-progressiste qui rappelle évidemment les thèmes du néo-paganisme fascisant. Il n’y a pas de sentimentalité utopique dans la révolte radicale des fight-clubers contre la modernité mais une complicité tragique avec la mort (« Croyez en moi, et vous mourrez. Pour l’Éternité. »), un pessimisme tonique, une « joie » qui rappelle évidemment la « joie fasciste » de Brasillach. Il ne faut pas oublier que le fascisme « immense et rouge » n’est pas une idéologie. Il doit utiliser une idéologie (pour séduire, mobiliser, rassembler) mais il ne se situe pas essentiellement dans la sphère du logos. Georges Bataille a montré que le fascisme n’appartient pas au monde « homogène » (le monde dont les éléments peuvent être mesurés par les critères rationnels de l’utilité) : Le fascisme appartient au monde de « l’hétérogénéité, le monde non-utile de la « dépense improductive », de la destruction, de la violence. Le ressort du fascisme n’est pas tant la construction d’un ordre nouveau que la destruction de l’ordre ancien. Éthique de la perte, le fascisme est aussi une weltanschauung, une vue-du-monde qui, contrairement à la tradition philosophique ne fournit pas un système mais une pensée parcellaire, faite non pas de raisonnements mais d’images-clés. Le fascisme est la revanche des mythologies anciennes, le retour aliénant du vieux paganisme, devenu totalitaire dans un monde massifié, réifié et déserté par Dieu. C’est ce monde désenchanté, peuplé de pseudo-divinités que décrit Fight Club.

Les analogies directes avec le fascisme abondent : les fight-clubbers s’en prennent violemment à l’individualisme massificateur, l’égalitarisme, le matérialisme, le consumérisme (« l’Ikealcoolisme »), les infrastructures de communication, les pouvoirs institués, les milieux culturels ( voir les coupures de journaux que Tyler Durden classe consciencieusement : « des artistes agressés par un mystérieux commando »). Comme le fascisme, la révolte des fight-clubbers est dirigée contre la modernité mais utilise les potentialités technologiques de notre époque (le quartier général des Spacemonkeys résonne en permanence du bruit des connexions internet). Les membres du fight club sont des petits bourgeois déclassés, des employés médiocres, des fonctionnaires désabusés, des ex-sportifs dépressifs, pleurant leur virilité perdue, isolés dans un monde ou se sont cassées les anciennes structures d’intégration sociétale. En cherchant auprès de Tyler Durdenn un père de substitution, ils ressemblent à cette « personnalité autoritaire » dont l’École de Francfort a montré qu’elle était la base de l’électorat fascisant. Mais Le fascisme est aussi une révolte métaphysique, un révolte de la nature opprimée (et c’est en cela, affirment Horkheimer et Adorno, que le fascisme est totalitaire : « Le fascisme est […] totalitaire dans le fait qu’il cherche à mettre directement au service de la domination la révolte de la nature opprimée contre cette domination. ») Durden montre bien cet aspect de sa révolte lorsqu’il affirme devant ses disciples : « Si vous êtes de sexe masculin, chrétien et si vous vivez en Amérique, votre père est votre modèle de Dieu. Si votre père vous rejète, vous cherchez Dieu. Puis si vous vous rendez compte que Dieu ne vous aime pas, que faites-vous ? Vous vous révoltez ! Nous nous révoltons car nous sommes les enfants non désirés de Dieu ! » Dans un autre ordre d’idée, On peut aussi se hasarder à dresser un parallèle entre le Fight Club et la première guerre mondiale. On sait que l’expérience des tranchés, en plongeant des hommes dans l’extrême violence a joué un rôle déterminant dans le développement ultérieur du fascisme. De la même façon, dans le film, le club de cogne désinstalle à tout jamais ceux qui y ont participé ; ses règles exclusivistes, viriles, communautaires fonctionnent comme autant de contre-règles sociales qui poussent naturellement les clubers à une action directe plus offensive contre la société comme les communautés soldatesques issues du conflit mondial avaient préparé l’embrigadement dans les milices fascistes.

On peut objecter qu’en représentant les fight-clubbers comme des « spacemonkeys » décérébrés, FC est au contraire une dénonciation de la révolte initiée par Durden. A mon sens, la question ne se pose pas de cette manière. Les néo-fascistes eux-mêmes ne considèrent pas leur doctrine comme une doctrine de libération des individus ; ils se battent pour le retour d’une Autorité impérative et contre le postulat de l’autonomie du sujet individuel. Le fascisme ne souhaite pas la libération individuelle de la personne mais cherche à réaliser la volonté collective de la communauté, volonté qui trouve son incarnation mythologique dans la figure du Chef. Pour les néo-fascistes, la « libération » véritable passe par l’acceptation par chacun de son rang dans la hiérarchie et par la « mise en mouvement » du corps social. Mystique du chef, le fascisme est aussi une mystique de la domination (se dominer soi-même pour pouvoir ensuite dominer ses inférieurs). Durdenn incarne le mythe du chef fasciste : Il n’est pas un Che Guevara, encore moins un Makhno. Il évoque plutôt Codreanu ou Léon Degrelle par son charisme, son pragmatisme, son exemplarité, sa faconde, son énergie et ses aspirations. Or, reposant en grande partie sur la fascination qu’exerce Durden / Brad Pitt., ce que montre Fight Club, c’est la beauté du chef fasciste, l’immédiate séduction qu’il exerce sur les autres hommes… et sur le spectateur.

C’est à ce niveau que l’on peut apporter une nuance. FC repose sur le couple représenté par Durden et par son double, interprété par Edward Norton. Or, dans le film, Durden n’a finalement aucune réalité sociale. Il n’existe pas. Il n’est qu’un « symptôme de dissociation mentale, un état de fugue psychique ». Il est la face (obscure ou solaire) d’un petit fonctionnaire torturé par le vide de son existence. Et c’est ce dédoublement de personnalité, cette schizophrénie incarnée qui est la trouvaille la plus ingénieuse de FC car elle illustre le duel inscrit au cœur même du révolté, balancé entre le scrupule et le cynisme, entre le découragement et la persévérance. Lorsqu’il prend conscience de son état, notre homme tente d’utiliser son autorité pour faire avorter le projet Chaos ; mais c’est trop tard : ses hommes ne lui obéissent plus car cette autorité usurpée n’est plus légitime ; le fight Club est devenu une machine totalitaire, fonctionnant d’elle-même, qui ira jusqu’à broyer celui qui l’a mise en branle, puisque celui-ci faiblit. Norton est l’homme révolté mais il est avant tout l’homme décadent et dégénéré, l’occidental scrupuleux et moral. Refusant cette condition d’ homme « libre » qui le rend stérile, il rêve à l’age d’or de la barbarie, aux temps glorieux des clans organiques. Évidemment, cette aspiration du « dégénéré pensant la dégénérescence » (Drieu La Rochelle), cette révolte du décadent nostalgique de la Grande Santé doit s’incarner dans un mythème. Durden est là pour lui donner une incarnation. Durden doit nous séduire car le fascisme est avant tout une séduction. Et comme toute séduction, il est une utopie esthétique, et par là même, il devient totalitaire si sa réversibilité n’est pas pensée simultanément.

Alors, Fight Club, film fasciste ? Non, si l’on considère qu’il est bon de chercher à comprendre le fascisme de l’intérieur. Fight Club nous incite à subir la fascination du fascisme, il nous demande d’accepter d’être séduit par lui afin d’en analyser concrètement les ressorts. Évidemment, c’est une démarche originale et il n’est guère étonnant qu’elle n’ait pas été comprise par les censeurs autorisés. Il est vrai que la scène finale (destruction des maisons-mères des grandes banques américaines), qui voit la réalisation magnifique du projet Chaos, peut être prise comme une justification de celui-ci. Mais dans cette scène comme dans les autres, la démarche de Palahniuk et de Fincher consiste à se situer sur le terrain du principe antagonique. Les caractères qui, de manière restrictive, sont généralement vus comme éléments « mauvais » (violence, domination, exclusion), sont pensés ici dans l’indistinction du rapport conflictuel qui les oppose à leurs contraires. En nous montrant corrélativement la beauté de la révolte existentielle fasciste et son incapacité à s’incarner dans une attitude de libération positive, Fight Club fait au contraire œuvre de salubrité éthique.
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Bibi Clemenceau
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Mar 14 Aoû 2007 - 21:31

Citation :
post-situationnisme pseudo-subversif + virilisme gay + anarcho-nihilisme + n'importe quoi + foutage de gueule absolu ?

+ 1

En plus la fin est raté je trouves, ca sombre dans le ridicule. C'est dommage c'est un bon film, mais y'a mieux.
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JOHN
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Mar 14 Aoû 2007 - 22:04

Colonel Jul a écrit:
Et je crois me souvenir qu'à sa sortie, ce film avait été qualifié de facho.
C’est mon film préféré... j’ai été le voir quatre fois au cinéma (2X seul et 2 X avec des amis). C’est un film qui a été descendu par une certaine presse dite de « gauche » aux USA, considéré comme un film « fasciste » dont Brad Pitt serait l’incarnation du « Chef » ou du Führer (Cf. les exemples de la liste des critiques données dans le fascicule du DVD).

Voici la critique que j’avais trouvé sur un site identitaire (« Jeune résistance ») :
Citation :
FIGHT CLUB : l'orange mécanique des années 90
(in Jeune Résistance, No 18 ).

FC n'est pas un simple produit de consommation, sitôt vu, sitôt oublié. Non, c'est un film qui nous hante longtemps, bien longtemps après que l'on se soit péniblement décollé de son siège.

L’histoire pourtant n'a rien de vraiment extraordinaire. Un jeune cadre d'une compagnie d'assurance, cravaté et costumé, étouffe dans une vie étriquée, morne et bien policée. Ses seules distractions sont ses interminables commandes de meubles par correspondance. Il souhaite pourtant entrer dans la vie « réelle », connaître de vrais sensations et se retrouve ainsi dans des associations de soutien pour malades en tous genres. Mais sa vie va vraiment basculer après sa rencontre avec Tyler Durden (alias Brad Pitt), un personnage sarcastique et nihiliste. Ensemble, ils vont créer le FC, rendez-vous de jeunes exaltés qui se livrent sans retenue à des combats à poings nus au fond d'une cave. Ce club va vite essaimer dans tout le pays comme une armée souterraine, thérapie à des vies insipides, afin de changer le cours des choses.

Le réalisateur, David Fincher (déjà à l'origine de Seven) parvient à créer une ambiance glauque, morbide et violente en décrivant une société en décomposition, la fin d'un monde. Il dérange, touche juste, là où ça fait mal. On comprend alors mieux les accusations acerbes des critiques : « film fasciste », pourquoi pas ? « propos démagogiques » ou trop réalistes ? « film sulfureux, subversif » sans nul doute. En effet, peu d'autres oeuvres cinématographiques modernes accusent ainsi le système capitaliste, ce grand destructeur d'âme qui nous transforme de jour en jour en machine sans réflexion ni projet, pour lesquelles un soupçon de bien-être matériel tente de faire oublier la misère affective, le vide intellectuel qui gangrène la société. Des répliques chocs parachèvent l'atmosphère générale. « Après une bagarre, tu relativises tout le reste. On peut tout encaisser » ou encore « Je suis celui que tu rêves d'être et que tu n'as pas le courage d'être ».

Albert Paraz disait : « Le cinéma est un foyer de purulence providentiel pour l'abrutissement des masses. C'est au cinéma que les dirigeants mesurent jusqu'à quel degré d'abjection la foule est descendue et quelles avanies on peut lui faire supporter. » Ceux qui tirent les ficelles d'un système en pleine déliquescence devraient alors se méfier du succès d'un tel film et ce malgré le boycottage des médias.


Rémi Madric
Voir aussi les citations très Célinienne en note [2] de Fight Club déjà données ici : http://kalayuga.frbb.net/Hybride-f6/CITATIONS-DE-CELINE-SUR-LA-CONSCIENCE-DE-CLASSE-p17480.htm#17480

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el spirito a écrit:
Citation :
« Nous appartenons à une génération d'hommes élevés par des femmes...je ne crois pas qu'une femme soit la solution à nos problèmes ! »
Constat Soralien !

La critique de la socièté de consomation est excellente et autant Soralienne que possible !

Quand,par exemple,les deux protagonistes prennent le bus en critiquant tout ce que la pub veut te faire faire....on voit comme illustration à leurs analyses, une réclame Calvin Klein (gay-noir et blanc) pour des slips ou des parfums pour mecs... Ce que soral affirmait que pour consommer plus, les hommes doivent avoir des comportements de gonzesses et donc, si possible, devenir comme des Gays !!!!
Tiens, voici la liste des autres meilleures citations du film (par ordre chronologique) :

« On est des consommateurs !... On est des sous-produits d’un mode de vie devenu une obsession. »

« Les choses qu’on possède finissent par nous posséder !... »

« Moi ch'te dis : ne sois jamais complet ! arrête d’être parfait !... il faut évoluer… et ce qui doit arriver arrive ! Mais tu fais ce que tu veux mec… »

« Putain ! je vois ici les hommes les plus forts et les plus intelligents que j’ai jamais vu !... Je vois tout ce potentiel... et je le vois gâcher !...
Je vois une génération entière qui travaille à des pompes à essence... qui fait le service dans des restaus... qui est esclave d’un petit chef dans un bureau !...
La PUB nous fait courir après des voitures et des fringues... on fait des boulots qu’on déteste... pour se payer des merdes qui nous servent à rien !...
On est les enfants oublié de l’histoire mes amis !... On n’a pas de but ni de vrai place !… On n’a pas de grande guerre, pas de grande dépression…
– Notre grande guerre est spirituelle… Notre grande dépression c’est nos vies !...
La télévision nous a appris à croire qu’on sera tous un jour des millionnaires, des dieux du cinéma ou des rocks stars... Et nous apprenons lentement cette vérité : on en a vraiment, vraiment plein le cul !... »

« Vous n’êtes pas votre travail !...
Vous n’êtes pas votre compte en banque !...
Vous n’êtes pas votre voiture !...
Vous n’êtes pas votre portefeuille ni votre putain de treillis !...
Vous êtes la merde de ce monde prête à servir à tout ! »

« Écoutez moi, bande d’asticots : vous n’êtes pas exceptionnels !... vous n’êtes pas un flocon de neige merveilleux et unique… Vous êtes fait de la même substance organique pourrissante que le reste !...
Nous sommes la merde de ce monde ! prête à servir à tout !... Nous appartenons tous au même tas d’humus en décomposition !... » (1)

« Qu’est-ce que tu veux alors ?! Retourner à ton boulot de merde ?! à ton appart à la con pour regarder des sitcoms !? »

(1) + = Céline (1894-191) dans Cahiers de L’Herne, p403 :

« La supériorité des grandes religions chrétiennes c’est qu’elles doraient pas la pilule […] Elles saisissaient l’Homme au berceau et lui cassaient le morceau d’autor […] sans ambages : Toi, petit putricule informe, tu seras jamais qu’une ordure […] c’est l’évidence même, c’est le principe de tout… que t’as encore une petite chance de te faire un peu pardonner d’être tellement immonde, excrémentiel, incroyable… c’est de faire bonne mine à toutes les peines, épreuves, misères et tortures de ta brève ou longue existence […] T’essouffle pas […] sauve ton âme, c’est déjà bien jolie ! Peut-être qu’à la fin du calvaire, si t’es extrêmement régulier (tu seras) un petit poil moins putride à la crevaison qu’en naissant. »

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Lestat a écrit:
Le paradoxe et le principale reproche du film, c'est de faire un long métrage qui dénonce la société de consommation tourné à Hollywood à coups de millions de dollars...

Le Bon Docteur a écrit:
D'accord, d'accord tout ça mais la critique de la société de consommation sponsorisée par Hollywood, ça me fait un peu mal au cul. Vu que tout le monde est d'accord avec ça, je pensais à un sens plus caché, moins évident qui aurait effectivement à voir avec le fascisme ou les milices ou les groupes terroristes (d'extrême-droite) ou quelque chose comme ça quoi... Une sorte de slogan du style, "si vous voulez vraiment être rebelle et cool, rejoignez la milice, ou les mouvements nihilistes" ou alors "détruisez-vous la gueule, c'est intelligent". scratch

Bref je m'interroge, mais du coup je vais le revoir...

Citation :
...mais la critique de la société de consommation sponsorisée par Hollywood, ça me fait un peu mal au cul.
Mon Bon Docteur…

Saches que c’est la force le propre du système actuel d’arriver à (presque) tout digérer !... y compris sa propre critique !... Smile Tiens ! Dis toi que ç'a aurait pu être pire... C'est déjà beau qu'un tel film ait pu existé... cheers


Dernière édition par JOHN le Mer 2 Avr 2008 - 1:15, édité 1 fois
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Jul le Marteau
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Mar 14 Aoû 2007 - 22:35

C'est aussi l'un de mes films préférés John. J'ai même un fond d'écran Fight Club, qui dit"You're Not Your desktop Wallpaper !". Hé

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Lestat a écrit:
Le Bon Docteur a écrit:
Enfin, il ne me semble pas que Soral voulait parler de critique de la société de consommation (rabâchée et rebattue)...ou alors, je suis trop parano... geek
Tu as le nihiliste et éprouvant Salo de Pier Paolo Pasolini pour ça, et la critique sociale de Zombie de Romero...
Qui a engendré l'excellent jeu Dead Rising sur Xbox 360. Un jeu bien plus politique qu'on ne le pense.

chiktabba a écrit:
Fight Club c'est comme un t-shirt du Che. Les mecs foutent le dvd sur leur étagères ikea et le regardent avec des potes en fumant des joints quand la dinde est chez maman. "On est trop des rebelles dans l'âme, d'ailleurs je viens de faire pipi dans le lavabo". Après des fois même, ils jouent au caps et ils vomissent. Mais ils s'en foutent, ils vont tout détruire ! Mais avec des chaussures parce que sinon tu tapes le petit orteil sur la table basse et ça fait vachement mal.
Arrêtez avec le mot dinde, merde ! Ou alors variez un peu : Pintade, poule d'eau, dindon... Chiktabba, ce qui amène la question : vous qui avez vu Fight Club et qui vous êtes retrouvés dedans, quel est le truc le plus subversif/rebelle/anti-conformiste/punk/nihiliste que vous ayez fait ?
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Mer 15 Aoû 2007 - 2:17

Le Bon Docteur a écrit:
D'accord, d'accord tout ça mais la critique de la société de consommation sponsorisée par Hollywood, ça me fait un peu mal au cul.
c'est bien le probleme.. "the medium IS the message"..
apres tu sens bien que vu les idees avancées, fincher (ou le bouquin, chépa, connais pas le bouquin) est loin d'être con.. mais je vois ça comme un truc ultra cynique, ou même désespéré (la fin pourrie, une balle dans le pied pour bien envoyer le truc à la poubelle..)
un peu du beigbeidder? ou chépa quoi..

à noter aussi, à l'époque j'ai vu ça juste après Matrix, et je l'ai vécu comme une belle parodie de Matrix (supérieure à la bouse en question heureusement..) mais pas grand chose de plus.. une sorte de ligne de coke dépravée cinématographique qui fait un peu tâche au milieu du reste, mais un produit de supermarché au final..


Dernière édition par le Mer 15 Aoû 2007 - 2:26, édité 1 fois
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Brownie
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Jeu 16 Aoû 2007 - 23:40

Je confesse ma perplexité face à l'engouement pour Fight Club. Non que le film me déplaise, mais j'ai du mal à y trouver autre chose qu'un divertissement légèrement déjanté à l'humour acide. Ce qui est déjà bien, mais pas de quoi faire un film culte tout de même.

La soi-disant critique sociale à l'œuvre dans ce film tient beaucoup de la projection - si j'ose dire - de nos vagues fantasmes... On trouve dans le film ce qu'on a envie d'y trouver : apologie de la violence - ou mise en évidence de son caractère névrotique, critique de la société urbaine contemporaine et apologie d'un underground alternatif vaguement nietzschéen (sous l'aspect caricatural auquel on condamne bien souvent l'œuvre de Nietzsche, réduite au ressassement du "ce qui ne me tue pas me rend plus fort") - ou au contraire déploiement d'un 'altermonde' essentiellement spectaculaire dont le dénouement du film montre l'aspect destructeur et auto-destructeur, avec la mise à mort par soi-même du personnage double principal suicide , etc. etc. (et notez en particulier la défiguration finale et la perte de la parole du héros, double syndrome de dé-personnalisation). D'ailleurs, le succès commercial de ce film prouve qu'il a trouvé un large public, dont je ne sache pas qu'il ait manifesté par la suite quelque symptôme que ce soit d'une prise de conscience politique ou d'un début de désaliénation. Soupir

On pourrait aussi bien trouver un message dans Big Fish. Après tout, il y a bien à l'œuvre là-dedans un processus radical de ré-enchantement du monde. Et le personnage pivot est bien un voyageur de commerce, symbole évident de la société de consommation, donc du monde contemporain, dont la conscience poétique finit par se manifester comme la source re-créatrice d'une autre vérité (le terme de vérité étant employé explicitement à plusieurs reprises dans le film). A mon avis et pour conclure ce laïus un peu longuet, Tim Burton est ici bien plus païen et subversif que ne l'a jamais été David Fincher (auteur par ailleurs, je le rappelle, de films corrects - sans plus - et essentiellement commerciaux : Seven, Alien 3, Panic Room).
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Le Bon Docteur
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Dim 19 Aoû 2007 - 21:37

dreck93 a écrit:
Le Bon Docteur a écrit:
Bon alors je viens de le revoir. C'est plus intéressant la deuxième fois, un peu comme Usual Suspects.

Ce que j'ai compris : il n'y a que deux choix possibles, la société de consommation ou la folie, le nihilisme, la destruction (de soi), l'ultra fascisme, etc... A fortiori, on nous orienterait plutôt sur la première solution, mais on a le choix quand même, c'est sympa. Quand on voit l'armée de crétins robotisés qu'il a monté, c'est assez hallucinant... Puis il y aura toujours moyen d'embaucher ces tarés finis comme mercenaires, pour assurer les basses oeuvres, au cas où...

C'est bien Hollywoodien, y a pas de problème.
Confus tu voudrais une vision positive de la vie alternative ?
Ben ça existe, les communautés qui vivent loin de la ville et en quasi-autarcie.

Pour répondre à ta question : oui. flower

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dreck93 a écrit:
Ben là c'est une communauté qui vit dans la ville, qui ne fuit pas le contexte et veut même le combattre ! Sortir tout le monde de l'angoisse par le terrorisme idéologique etc... Ton idée ça convient pas au scénar...
Oui, j'ai fait graviers hors-sujet.
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Le Bordelleur
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Mer 2 Avr 2008 - 0:13

Edgar a écrit:
Snake Plissken a écrit:
le message, c'est que plus on possède de choses, plus on est possédé par elles ; c'est tellement vrai que même lorsqu'on le sait on a quand même envie de les posséder ces choses
Le message de Fight Club est plus subtil qu’il en a l’air. C’est un film qui m’a accompagné à un moment crucial de ma vie et je commence seulement à en saisir pleinement le sens.

Le premier niveau, le plus évident, c’est une critique de la société de consommation. S’entourer d’objet ne permet pas d’accéder au bonheur. Le film dit une chose toute simple, mais essentielle : on peut avoir réussi de A à Z sur le plan matériel et être l’homme le plus malheureux du monde. C’est simple mais bon à rappeler à ceux qui veulent résoudre le mal-être occidental à coup d’augmentation de pouvoir d’achat et d'aides sociales.

Le second niveau, qui découle du premier, c’est l’affirmation que le dénuement peut être libérateur. Plus compliquée à appréhender, la question de la violence : ce que j’y vois, c’est une sorte de rééquilibrage. Se réaccoutumer à notre part d'animalité que le monde moderne nous interdit d'accepter. Une des missions des membres du Club est de provoquer une bagarre et de la perdre. Dans le livre, cette démarche est expliquée: il s'agit de réapprendre à quelqu'un ce que c'est que de gagner...

Ensuite, il est faux de dire que ce film est nihiliste. Il N’EST PAS nihiliste, il y a derrière un idéal, qu’hélas peu de gens parviennent à saisir (mais il faut avouer que c’est très discret). Dans le film, ça apparaît juste après l’accident de voiture, quand le héros est dans les vapes. Dans le livre, c’est le passage suivant, chapitre 16 :

« Imagine, a dit Tyler, traquer l’élan le long des vitrines de grands magasins avec leurs rayons dégueulasses de belles robes et de smokings en train de pourir sur leurs cintres ; tu porteras des vêtements de cuir qui te dureront le restant de ton existence, et tu escaladeras les plantes grimpantes grosses comme le poing qui enveloppent la tour Sears. Jack et les haricots géants, tu escaladeras jusqu’à traverser la canopée de la forêt dégoulinante et l’air sera tellement propre que tu pourras voir de minuscules silhouettes battant le blé et découpant des tranches de venaison pour les laisser à sécher sur les voies vides de voiture d’une super-autoroute abandonnée… »

A coté de ça, si on garde en tête l’organisation adoptées par « l’armée de Tyler », un chef (spirituel ?) et des hommes lui faisant une confiance aveugle, je ne vois pas comment on peut faire de ce film un film anarchiste, et je ne vois pas non plus comment le taxer de nihilisme.

Ce film prône une véritable sortie de la modernité et ne convoque pas pour se justifier une utopie égalitaire ou une société sans chef. Je pense qu’il appelle de ses vœux un retour à un mode de vie très simple, mais ne vomit pas sur l’idée de hierarchie, ce qui à mes yeux lui donne beaucoup d’intérêt. C'est probablement le film le plus complet qui ait été fait sur la névrose occidentale.
Dans la mort les membres du projet chaos ont un nom ! Hep

Il s'appelle Robert Paulson ! Amen

Il s'appelle Robert Paulson ! Amen

Il s'appelle Robert Paulson ! Amen

Il s'appelle Robert Paulson ! Amen

Il s'appelle Robert Paulson ! Amen

Il s'appelle Robert Paulson ! Amen

Il s'appelle Robert Paulson ! Amen

Il s'appelle Robert Paulson ! Amen



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Edgar a écrit:
A ce sujet, on peut noter une chose intéressante :

Robert Paulson, Bob, est le seul membre du club à se faire tuer... et c'est aussi le seul membre du club qui n'a pas réellement franchi l'étape initiatique (les trois jours devant la porte sans encouragement). Je ne pense pas que ce soit anodin.

La fin du film est assez ambigüe. Les tours s'effondrent (ce n'est pas le cas dans le livre) laissant planer l'espoir d'une réussite du projet, mais le héros semble "soigné", pret à mener une vie normale, ce qui est très bien pour lui mais un peu décevant dans la logique du film. J'aurais mieux aimé voir Tyler réussir à tuer son alter-ego, se suicidant par la même occasion, c'eût été plus beau comme fin.

Comment comprendre la fin ? Le héros prend conscience que Tyler et lui sont une seule et même personne. Son coté asservi reprend le dessus. Il refuse d'admettre l'idée que ce qu'a fait Tyler, c'est bel et bien lui qui l'a réalisé, ça lui semble tout simplement impossible. Il refuse d'assumer l'idée d'être capable de modifier le sens de l'Histoire. Il veut revenir en arrière, annuler ce qui a été fait, et renier son coté "Tyler", ce qui montre qu'au fond il n'a pas changé, il n'a pas su franchir les étapes initiatiques que lui proposait Tyler. Il n'est au final pas capable d'accepter l'idée de sacrifice. Donc malgré les tours qui s'effondrent, la fin est assez pessimiste. Ce que je trouve vraiment dommage comparé au reste du film. La mort du héros à la fin aurait paradoxalement été un message d'espoir beaucoup plus fort.

Citation :
Robert Paulson, Bob, est le seul membre du club à se faire tuer... et c'est aussi le seul membre du club qui n'a pas réellement franchi l'étape initiatique (les trois jours devant la porte sans encouragement). Je ne pense pas que ce soit anodin.
Ce n'est pas anodin.

Citation :
La fin du film est assez ambigüe. Les tours s'effondrent (ce n'est pas le cas dans le livre) laissant planer l'espoir d'une réussite du projet, mais le héros semble "soigné", pret à mener une vie normale, ce qui est très bien pour lui mais un peu décevant dans la logique du film. J'aurais mieux aimé voir Tyler réussir à tuer son alter-ego, se suicidant par la même occasion, c'eût été plus beau comme fin.
Disons qu'il perd son double, il guérit peut-être prêt à suivre une vie normale, mais le problème c'est que les tours brisés change de toute façon le réel. Réadapté pour le futur ?

Je trouve l'image du finale du film très prémonitoire par rapport au 9/11.

En même temps même le film Mario Bros 2 avait "anticipé" !



Pour cette raison la fin du film ne me dérange pas fondamentalement, même s'il agit d'un happy end hollywoodien.

Citation :
Comment comprendre la fin ? Le héros prend conscience que Tyler et lui sont une seule et même personne. Son coté asservi reprend le dessus. Il refuse d'admettre l'idée que ce qu'a fait Tyler, c'est bel et bien lui qui l'a réalisé, ça lui semble tout simplement impossible. Il refuse d'assumer l'idée d'être capable de modifier le sens de l'Histoire. Il veut revenir en arrière, annuler ce qui a été fait, et renier son coté "Tyler", ce qui montre qu'au fond il n'a pas changé, il n'a pas su franchir les étapes initiatiques que lui proposait Tyler. Il n'est au final pas capable d'accepter l'idée de sacrifice. Donc malgré les tours qui s'effondrent, la fin est assez pessimiste. Ce que je trouve vraiment dommage comparé au reste du film. La mort du héros à la fin aurait paradoxalement été un message d'espoir beaucoup plus fort.

Possible, en même temps cela reste "réaliste", finalement il loupe son suicide ce qui est assez courant avec les armes à feu. Cela peut être aussi interprêté différemment. Vu que les tours pètent, Jack fusionne psychiquement avec tyler, le couple Jack Tyler devient une seule personne, à la fois un héros de la rebellion mais aussi un homme normal avec ses états d'âme. Il faut voir que Tyler est complètement siphonné, il n'est plus tellement "humain" juste une némésis du système, un peu comme le monstre de "V comme Vendetta".
Tyler c'est la vengeance de Jack, froide et calculatrice, une fois l'oeuvre accomplie, elle n'a plus de raison d'exister donc meurt. En fait le sens du sacrifice est justement incarné par le looser absolu qu'est Rober Paulson, l'un des rares personnages sympathiques du film. Lui gagne son nom, retrouve son nom par la voie de sa propre mort.

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Edgar a écrit:
Pour la fin on peut voir les choses comme ça, mais on voit quand même Tyler qui crève donc je ne sais pas si ils fusionnent réellement...

Tyler n'est pas si siphonné que ça, c'est juste qu'il peut tout se permettre. Quant au héros... c'est bizarre, je ne sais pas comment interpréter sa tentative de suicide. Il ne veut plus de Tyler, et il dit clairement qu'il n'a jamais voulu de ça (l'explosion des tours), il est intimidé par ce qu'il a fait... Donc je penche quand même plus pour ma version, le retour en arrière. Même si évidemment les choses ne sont plus comme avant.

Que penses-tu de ce que j'ai mis sur l'idéal du film ? Tu y as vu la même chose ?

Citation :
Pour la fin on peut voir les choses comme ça, mais on voit quand même Tyler qui crève donc je ne sais pas si ils fusionnent réellement..
Etant donné que l'on a affaire à une entité complètement inventée par le narrateur, ce n'est juste qu'une mort symbolique.Bref le narrateur n'est plus schizo, ce qu'il a fait est fait, il ne pourra donc plus revenir en arrière.
En fait c'est juste qu'il n'assume pas son oeuvre avant qu'elle s'accomplisse, mais au final il ne peut faire autre chose qu'assumer.

Il redevient d'ailleurs le "chef" juste après la mort de Tyler. Evidemment la mort du narrateur aurait peut-être augmenté l'impact du film comme la mauvaise fin de Brazil... Ce happy end reste honnête et n'a rien avoir avec le happy end catastrophique de Blade Runner*. (*retiré par le réalisateur lui même, ainsi que la voix off, qui est sensée expliquer, mais qui rend tout confus)

Citation :
Tyler n'est pas si siphonné que ça, c'est juste qu'il peut tout se permettre.
Pisser dans la bisque de homard, ou insérer des images pornos dans des films pour enfant, ce ne peut qu'être l'oeuvre d'un esprit dérangé, même si tout cela a un sens. Sans compter la brulure volontaire à la soude...

Citation :
Que penses-tu de ce que j'ai mis sur l'idéal du film ? Tu y as vu la même chose ?
Pour moi il y a quand même un côté anarchiste. En fait Tyler crée des cellules qui finissent par s'autogérer. Il impose des règles mais ne peut s'en affranchir (On doit couper les couilles à tous ceux qaui s'opposent au projet chaos). Son autorité n'est qu'un moyen pour arriver à ses fins, détruire le système bancaire pour que l'homme retourne au tribalisme originel.

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Edgar a écrit:
Justement, le tribalisme ce n'est pas l'anarchie. Il me manque la culture nécessaire pour développer mais les société tribales sont tout sauf des sociétés sans chef. De la même façon, le projet Chaos est hiérarchisé, y compris dans ses cellules indépendantes. Quant au fait que le chef a une responsabilité devant les autres et ne peut pas faire ce que bon lui semble, c'est la meilleur preuve qu'il n'y a rien de totalitaire (contrairement à ce qui a été dit par certains critiques).

Pour les actions menées, j'avoue qu'il y a des choses qui laissent songeur. C'est un peu mieux expliqué dans le livre: la pisse dans la bouffe et les images pornos, c'est à long terme pour provoquer un scandale et dégoutter les gens d'y aller.

(en tout cas c'est agréable de causer avec quelqu'un qui a su vraiment apprécier le film. Biz )
Certes mais l'anarchie pure et dure n'existe pas. Il est tout de même nécessaire de recevoir une autorité parentale.

Le tribalisme est ce qui ressemble le plus à "l'anarchie" réelle, avec une hiérarchie la plus limitée possible. Les conseils sioux dans "dance with wolfs" sont une très bonne illustration du tribalisme. Certes il y a un chef de tribus, mais il attendra l'approbation du reste de la tribus, il ne prend pas de décisions selon ses caprices comme pourrait le faire un monarque.

Le seul anarchisme possible en fait serait celui de l'hermitte, mais cela pose un gros problème de renouvellement générationnel. Même dans une communauté anar, il y aura toujours un individu qui se démarquera des autres par son caractère et qui sera le plus actif pour orienter le groupe.

C'est toâ que je t'aime par les Inconnus

Ce sketch illustre bien mes propos : Quel est le leader ?
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Dim 6 Avr 2008 - 20:59

Ah !...y'à la scène où le groupe doit faire sauter un café franchisé !!!

J'en vois maintenant pas mal à Paris, exactement les mêmes, reprenant des affaires d'auvergnat bien en faillite !!!! et je repense au film et je me dis que jamais je n'y mettrais un pied !

Citation :
C'est toâ que je t'aime par les Inconnus Ce sketch illustre bien mes propos : Quel est le leader ?
Drôle de souvenir que le tournage de ce sketch !!!! Je connais la plupart des types présent ce jour là... même si j'etais pas venu ! Souvenir d'un temps joyeux dans un Paris sans Sarko-flics !!!!
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Dim 6 Avr 2008 - 21:29

Jul le Marteau a écrit:
el spirito a écrit:
Ah!...y'à la scène où le groupe doit faire sauter un café franchisé !!! J'en vois maintenant pas mal à Paris, exactement les mêmes,reprenant des affaires d'auvergnat bien en faillite !!!! et je repense au film et je me dis que jamais je n'y mettrais un pied!
C'est ce que je disais à Lono il y a quelques temps. Toutes les villes finissent par se ressembler : Toutes ont un Mcdo, un Couic (dingo), un KFC, une FNAC, un starbuck café, 3-4 hypermarchés, son UGC... Des villes standardisées. Uniformes. Avec des centre-villes bourrés de bars et de magasins de sapes.
De Paris à Tokyo en passant par Moscou. Un monde "mondialisé", fin de la diversité.

Et quand bien même il resterait des vestiges du Moyen-Âge dans certaines villes, ils seront rasés pour faire place à d'immenses tours d'habitation de béton, de verre et d'acier... Comme ce fût le cas à Nancy avec le quartier Saint-Sebastien...
C'est la phase finale du capitalisme que tu décris ici !

Quand les "franchises" et les corporations contrôleront tout !

--------------------------------------

eninel31 a écrit:
L'anarchisme n'existe que par son aptitude à s'opposer à quelque chose ( fascisme, capitalisme,etc....) et non en tant que système
J'enfonce peut-être une porte ouverte, mais bon...Ce qui été écrit a été dit !

De plus ça fait un peu anti-quelque chose , cette définition...
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Ven 13 Fév 2009 - 14:52

eninel31 a écrit:
Je suis toujours ému, face à la banalité de la pensée anarchiste qui s'essaye à ce définir comme système..... le meilleur étant le coup de l'hermite !
Hermite ou Ermite ? « Coup » par rapport à son mode de vie (de) reclus je suppose ? Si c’est (bien) cela, voici ces passages de Cioran (1911-1995) dans Cahiers :
Citation :
« L'ermite est quelqu'un qui ne prend des responsabilités qu'envers soi ou envers tout le monde mais en aucun cas envers une personne définie. On court dans la solitude pour n'avoir personne à sa charge ; soi-même, et Dieu, suffisent. » *

* Repris dans Le Mauvais Démiurge (1969), chap. « Pensées étranglées », III :
« L'ermite ne prend des responsabilités qu'envers soi ou envers tout le monde ; en aucun cas envers quelqu’un. On se réfugie dans la solitude pour n'avoir personne à sa charge : soi-même, et l’univers, suffisent. »
Sur la (notion de) responsabilité, cf. aussi ces passages dans Cahiers, p. 72, 96, 170 :
Spoiler:
 

Sinon pour en revenir au sujet du fil(m) « Fight Club » (1999) – à un moment donné Bradd Pitt dit quelque chose du genre : « dans l’avenir on fera cuire un gibier au bord d’une super autoroute abandonnée », etc. – on peut faire remarquer que l’objectif du mouvement Révolutionnaire du film en renversant le « système » rejoint celui prôné par l’anarcho-écologiste Theodore John Kaczynski.

Pour lequel le but d'un (véritable) mouvement révolutionnaire est de détruire le système techno-industriel (nous conduisant, selon lui, l’humanité au désastre écologique, au mieux, via le "progrès" à un esclavage généralisé de type Huxleyen) ; et dont l’idéal qu’il prône n’est rien moins qu’un retour au mode de vie « primitif » des chasseurs-cueilleurs !... (1) et pour qui, quelques soient les défauts de ce type de société, seront toujours, au bout du compte, infiniment moins graves que ceux qu’amènent la société techno-industrielle avec son continuel progrès techn(olog)ique : qui est selon Kaczynski (de part ses nombreux arguments et références d’études scientifiques ou philosophiques qu'il donne) la véritable origine/racine de la grande majorité de l'augmentation croissante des principaux maux ou/et injustices (économiques, écologiques, psychologiques, etc.) du monde actuel.

Toute la puissance/efficacité du système étant pour Kaczynski de détourner l’attention (des gogos) des maux qu’il engendre sur des effets ou sur des conséquences (ce dont le cirque médiatique des « partis » politiques participent, à un degrè ou l'autre, au travers de leur soi-disant « débats », etc.)…

(1) En cela il va encore (bien) plus loin qu’un Cioran – anti-progressiste s’il en fut – qui se contente de prôner (ou d’avoir la nostalgie d’)un mode de vie rurale symbolisé par le (style de vie du) "paysan" ou du berger, etc. Cf. ce post « RETOUR A LA TERRE » de quelques citations de Cioran (1911-1995) : http://kalayuga.frbb.net/chroniques-marxiennes-f6/la-revolution-neoliberale-t1872.htm#35515


Dernière édition par JOHN le Sam 14 Fév 2009 - 2:00, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Jeu 19 Fév 2009 - 14:48

Bon d'accord pour Kaczynski, John, mais dans son monde, sera-t'il autorisé de faire l'amour dans les fesses des filles ?

----------------------------------------------------------

Horace Shorter a écrit:
Des filles de quel âge ? Daniel Cohn-Bendit l'écologiste pas très anarcho- se pose souvent la question
Plus de 18 ans, allons !

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Simplicius a écrit:
Spoiler:
 
Hmmm

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eninel31 a écrit:
FIGHT CLUB , c'est pas un film proto-fasciste ! Que matrix soit vu comme un film anarchiste ok, mais FIGHT CLUB.....enfin les enfants.... faut pas pousser mamie dans les ortils.......c'est de la dérive idéologique.
C'est pas ce que disaient Telerama, ainsi que les médias politiquement corrects ricains à l'époque de la sortie de ce film ?

----------------------------------------------------------

eninel31 a écrit:
et alors......... ils ne peuvent pas avoir toujours tort ! Par exemple nous pourrions comparé deux films traité de pro fasciste : FIGHT CLUB et STARSHIP TROOPERS

mon point de vue :

fight club : fasciste
starship troopers : pas faciste

la question nait pas de savoir, pourquoi ces films sont traités comme tel mais pouquoi ?

STARSHIP TROOPERS pose la question du culte de héroisme primaire dnas le cinéma américains. c'est un film plus sur le cinéma et ses mythes. il met en exergue les ambiguité morale et idéologique de la démocratie américaine.

FIGHT CLUB : tente de cacher son fascisme derrière un propos pseudo social ( pas au sens collectif du terme mais plutôt individuelle) et donc rebelle.

Si tu veux je pourrais détailler ma réponse ayant beaucoup gambergé sur ce film, étant trés intéressé par la dérive idéologique qu'il représente au sein des mouvement de gauche et surtout du brio idéologique des forces conservatrice.
Non merci, pas besoin que tu "détailles" plus.
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Jeu 19 Fév 2009 - 15:04

eninel31 a écrit:
Que matrix soit vu comme un film anarchiste ok,
Laughing Matrix est un film consumériste avant tout ! En terme d'anarchisme, il n'arrive pas à la cheville de fight club !

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eninel31 a écrit:
Tu pourrais peut être argumenter ?
L'imagerie du film est le meilleur argument.

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eninel31 a écrit:
Mais explique nous l'idéologie des images que je n'ai peut être pas compris... Enfin de comprendre ce qui se passe derrière les images !
Citation :
Mais explique nous l'idéologie des images que je n'ai peut être pas compris....
Si tu ne comprends pas pourquoi Néo a des lunettes de soleil ... Smile Matrix est un film très malin, dont la forme est parfaitement maîtrisée. Par contre le message vise essentiellement les générations M6 ! Sad

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eninel31 a écrit:
Je savais pas que les génération M6 écouter marilyn manson et rage against the machine. Je suis allé au concert de rage... et j'en ai pas vu.

tu as un probleme avec le fétischisme des lunettes... tu devrais pas d'arreter à la surface des chose.......fouille en profondeur !
Critiques télérama :

Matrix

http://www.telerama.fr/cinema/films/matrix,46548,critique.php

Citation :
Ça vous tombe dessus comme ça, un soir : votre ordinateur vous envoie des messages sibyllins ; puis une troupe de néo branchés ­ lunettes de soleil à minuit et cuir noir moulant ­ vous entortille la tête : la réalité, disent-ils, n'est qu'une illusion, un monstrueux programme informatique lancé par des machines maléfiques qui ont pris le contrôle de la Terre. Vous vous croyez chez vous, ou au bureau, ou dans la rue ? Erreur : stocké dans de gigantesques centres d'élevage, votre corps est en sommeil, son énergie pompée par ses nouveaux maîtres. C'est ça, la « matrice » : un trompe-l'oeil géant. A l'image du film, au fond. Un patchwork gonflé de SF et d'arts martiaux, un remake d'eXistenZ (déjà !) tricoté par des disciples de John Woo à l'usage des teen-agers (qui lui vouent déjà un culte outre-Atlantique). Joli comme une gravure de mode, Keanu Reeves joue (plutôt bien) l'ahuri tandis qu'on le programme pour se débrouiller dans la réalité virtuelle : directement injecté dans le bulbe, un logiciel lui apprend illico le taekwondo ou le jiu-jitsu. Pratique, non ? Le logiciel n'est pas encore entre les mains des frères Wachowski. Ces brillants recycleurs (ils tripatouillaient déjà les codes du film noir dans leur premier film, Bound) ont besoin de deux heures quinze minutes pour mener leur histoire à bien. Leur ambition visuelle ­ quelques décors à la Alien ­ et leur sens de la mise en scène ­ des combats à couper le souffle ­ font merveille. Mais, entre les cascades, le mode d'emploi de leur univers est asséné dans de trop longues scènes dialoguées, franchement redondantes. Ces explications ­ un peu risibles ­ ne suffisent pourtant pas à gâcher tout à fait le plaisir. A condition de ne pas prendre Matrix trop au sérieux (difficile d'employer sans sourire le mot « philosophie » à propos de son contenu), cet ersatz de jeu vidéo ­ en nettement mieux joué ! ­ est à la fois élégant et spectaculaire. Donc séduisant. Aurélien Ferenczi

et

Fight club

http://www.telerama.fr/cinema/films/fight-club,47628,critique.php

Citation :
Cela commence par une idée marrante. Un yuppie trentenaire s'ennuyait dans un job d'agent d'assurances, ses meubles Ikéa, ses costards Calvin Klein. Cherchant le frisson morbide (ou un sens à sa vie ?), il passait ses soirées à écumer des cercles de thérapie, genre meurtris de la vie, et découvrit la compassion, serré contre un ex-cancéreux des testicules. Fin du prologue. Puis notre morne héros rencontre (en vol) un oiseau bizarre, cool, cuir rouge, brushing pétard blond, VRP en savonnettes (si !). Fascination immédiate. Première bière, premiers coups échangés « pour le fun », amicaux mais appuyés. Le vrai film commence, et le Fight Club réunit bientôt autour du blond lascar des malabars hagards qui s'échangent, dans un sous- sol crasseux, des beignes à tuer une vache folle, mais s'en sortent avec de cordiales accolades et de délicats sparadraps. Quel fil mystérieux relie donc le gringalet gris à son nouvel ami ? L'astuce puissamment métaphysique ferait pour un petit malin le ressort d'un court métrage. Mais David Fincher est un gros malin qui ne peut s'empêcher de tartiner en long et en large, en imagerie lourde et techno Dolby. Le chic destroy des décors rappelle Seven, qui reste sa référence, mais où courait du moins la tension d'un polar. Fight Club se contente de délayer une mélasse sub-nietzschéenne épicée de violence gratuite. Dans le genre « Touillons la fange de nos fantasmes les plus noirs », Fincher vise peut-être le Lynch de Lost Highway, mais touche du côté du Schumacher de 8 mm, couplet anticonsumériste et casting en plus. Brad Pitt et Edward Norton collent bien à ce que réclament leurs rôles respectifs : cabotinage arrogant et sobriété soucieuse. Qu'importe : pris dans la tourmente des images chocs, ils deviennent anodins. Quant à Fincher, il paraît près de ressortir à chaque coin de plan le tour de passe-passe qui sustentait The Game, son film précédent : tout cela n'est qu'un jeu, etc. Trop tard, le degré de macération atteint par sa pauvre fable putride et bêtasse ne laisse plus qu'un seul recours : passer sur ce film-tache le savon rose dont il a fait son très douteux fétiche promotionnel. Ça partira très bien. François Gorin

Citation :
Je savais pas que les génération M6 écouter marilyn manson et rage against the machine.
Au vu du nombre d'entrées pour Matrix, sûr qu'il n'y avait que le fans de Manson et RATM... Mad

-------------------------------------------

eninel31 a écrit:
Donc on es bien d'accord que c'est pas le film de la génération de M6 !
Smile <C'est un film génération M6 New Age à lunette, avec Morphéus et des programmes formatés en guise de coaching !

Spoiler:
 

Matrix a eu le droit à la bienveillance des critiques, FC non ! Pourtant il a réussi à se faire un public, sans pour autant ramener touts les kévins des générations M6 !

eninel31 a écrit:
Pour te donner peut être une autre vison de cette trilogie :
http://www.matrix-happening.net
Déjà lu, ce n'est pas trop mal fait !

-------------------------------------------

eninel31 a écrit:
Le Bordelleur a écrit:

Spoiler:
 
Désolé je pensais qu'on était là pour échanger des points de vues
Ouvre donc un topic "Matrix le message" pour voir jusqu'où ça pisse ! Hep

Spoiler:
 

-------------------------------------------

eninel31 a écrit:
Mon but n'est pas de défendre le message de MATRIX d'autant plus sur un site nationaliste
Avant de comprendre le message de Matrix, tu devrais te méfier des a prioris.

Personnellement je ne suis pas natio...

Biz
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Jeu 19 Fév 2009 - 22:59

Jul le Marteau a écrit:
Oah!
Les mecs! Incroyable! Par la magie d'internet, nous voilà devenu natio, tous autant qu'on est!

t'as une info qu'on ignore, Lenine?
Ah moins que Nada nous ait vendu en douce à FDS! sad


le mot marxiste nationaliste a été utilisé à plusieurs reprise, pourtant.

Faites pas les vierge effarouchés !

Choc
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MessageSujet: Re: Fight Club : le message (?)   Mer 1 Avr 2009 - 2:30

Par rapport à mon précédent post (de la page d'avant) :
JOHN a écrit:
Sinon pour en revenir au sujet du fil(m) « Fight Club » (1999) – à un moment donné Bradd Pitt dit quelque chose du genre : « dans l’avenir on fera cuire un gibier au bord d’une super autoroute abandonnée », etc. – on peut faire remarquer que l’objectif du mouvement Révolutionnaire du film en renversant le « système » rejoint celui prôné par l’anarcho-écologiste Theodore John Kaczynski. (...)
J'ai retrouvé la citation exacte (et entière) :
Citation :
Dans le monde tel que je le vois, on chassera des élans dans les forêts humides et rocailleuses du Rockfeller Center. On portera des vêtements en cuir qui dureront la vie entière. On escaladera les immenses lianes qui entoureront la tour Sears. Et quand on baissera les yeux, on verra de minuscules silhouettes en train de piler du maïs, ou de faire sécher de fines tranches de gibier sur l'aire de repos déserte d'une super-autoroute abandonnée.

Je n'ai malheureusement pas réussi à trouver la scène de "méditation" (se déroulant juste après "l'accident" de voiture provoquée après avoir lâcher suicidairement délibérément le volant) qui y correspond, à défaut je mets celle-ci :

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Fight Club : le message (?)
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