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 La question migratoire : une question de gauche.

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MessageSujet: Lafargue et l'immigration   Lun 25 Juin 2007 - 3:09

La question de l'immigration n'est pas nouvelle. Pour preuve cet extrait de Paul Lafargue, gendre de Marx, marxiste, auteur du fameux "Droit à la paresse" qui explique, lors d'un "Cours d'économie sociale" intitulé "L'idéalisme et le matérialisme dans l'Histoire" : "Ce sont les patriotes (il fait de l'ironie - NDR) de l'Académie des Sciences morales et politiques et de la Société des Economistes qui discutent les moyens d'introduire en France les coolies de la Chine pour affamer et réduire les salaires de leurs compatriotes français."
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Kamo
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MessageSujet: Re: La question migratoire : une question de gauche.   Lun 25 Juin 2007 - 19:48

Citation à garder en mémoire pour la balancer à la face des gauchistes.

Il me semble Folantin que tu es trotskiste et proche du PT. Comment se fait-il que le PT se pononce pour la régularisation des sans-papiers ?
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MessageSujet: Re: La question migratoire : une question de gauche.   Lun 25 Juin 2007 - 21:24

Merci Folantin pour cette très intéressante citation.

Pour ceux que ça intéresse, ils la trouveront sur :

http://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1884/00/materialisme.htm

Paul Lafargue est un auteur très intéressant. Je ne résiste pas à l'envie de vous faire part d'autres citations assez éloignée du marxisme orthodoxe :

« Les riches, en désertant le service militaire et en remettant à des mercenaires la défense de la patrie, perdirent les qualités physiques et morales de l'idéal héroïque, tout en conservant les biens matériels qui en étaient la raison d'être. Il arriva alors, comme le remarque Aristote, que « la richesse, loin d'être la récompense de la vertu, dispensait d'être vertueux […] Mais dans la nouvelle organisation sociale reposant sur la propriété individuelle et la production des marchandises, le succès d'un chacun ne correspond pas à ses efforts : les uns réussissent là où d'autres échouent ; les vicissitudes les plus imméritées sont le lot des uns et les réussites les plus insolentes celui des autres. »
(Paul Lafargue 1909. Le déterminisme économique de Marx)

« Si le Capital était obligé d'accorder sa grâce à ceux qui la méritent, il ne serait point libre, sa puissance aurait des bornes. Le Capital ne peut affirmer sa toute-puissance qu'en prenant ses élus, les patrons et les capitalistes, dans le tas des incapables, des fainéants et des vauriens. […] Je choisis le capitaliste, ni pour son intelligence, ni pour sa probité, ni pour sa beauté, ni pour sa jeunesse. Son imbécillité, ses vices, sa laideur et sa décrépitude sont autant de témoins de mon incalculable puissance. »
(Paul Lafargue 1886. La religion du capital)

Lafargue reproche ici à la société bourgeoise de ne pas favoriser les individus en fonction de leurs compétences et de leurs vertus , donc, de ne pas être libérale. Je crois d'ailleurs qu'on confond trop souvent capitalisme et libéralisme. Pourtant, le capitalisme peut être monopoliste d'Etat, il peut même être totalitaire, c'est à dire à l'opposé d'un libéralisme qui défend les libertés individuelles comme relevant de la sphère privée.

Au contraire de Lafargue, Marx puis Lénine estiment que dans la société communiste, les meilleurs "travailleurs" peuvent recevoir moins que les plus médiocres d’entre eux tout en donnant plus, puisque, si leurs capacités sont supérieures, leurs besoins peuvent être moindres. Ainsi, puisque chacun peut contribuer selon ses capacités et recevoir en retour selon ses besoins, il y a, dans la société communiste, encore moins d'égalite des mérites que dans la société capitaliste actuelle, le salaire y est encore moins proportionnel au travail fourni, la loi naturelle de la valeur n'y est plus du tout respectée :

« Le producteur reçoit donc individuellement […] l'équivalent exact de ce qu'il a donné à la société. […] Mais un individu l'emporte physiquement ou moralement sur un autre, il fournit donc dans le même temps plus de travail ou peut travailler plus de temps […] Ce droit égal est un droit inégal pour un travail inégal […] il reconnaît tacitement l'inégalité des dons individuels et, par suite, de la capacité de rendement comme des privilèges naturels. C'est donc, dans sa teneur, un droit fondé sur l'inégalité, comme tout droit. […] Un ouvrier est marié, l'autre non; l'un a plus d'enfants que l'autre, etc., etc. A égalité de travail et par conséquent, à égalité de participation au fonds social de consommation, l'un reçoit donc effectivement plus que l'autre, l'un est plus riche que l'autre, etc. Pour éviter tous ces inconvénients, le droit devrait être non pas égal, mais inégal. […] alors seulement l'horizon borné du droit bourgeois pourra être définitivement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux "De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! " »
( Marx 1875. Critique du programme de Gotha)

« "à quantité égale de travail, quantité égale de produits" : cet autre principe socialiste est déjà réalisé, lui aussi. Pourtant. ce n'est pas encore le communisme et cela n'élimine pas encore le "droit bourgeois" qui, à des hommes inégaux et pour une quantité inégale (inégale en fait) de travail, attribue une quantité égale de produits »
(Lénine 1917. L’Etat et la révolution)

L'exigence libérale de justice sociale exprimée par Lafargue est donc en contradiction avec l'idéologie marxiste-léniniste qui, cherchant à effacer l'inégalité naturelle parmi les hommes et à dépasser le droit du plus fort pour lui substituer un droit du plus juste, n'a fait que générer un droit du plus faible, une médiocratie contre nature.

Ceci dit, peut-on rêver d'un homme qui n'agit que par intérêt mesquin et égoïste, qui est incapable de quoi que ce soit de gratuit, de désintéressé, de grand... ?
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MessageSujet: La question migratoire : une question de gauche.   Jeu 5 Juil 2007 - 22:56

Et nullement de droite, ou d'extrême-droite.
La preuve par quelques propos révélateurs.

Georges MARCHAIS le 9 janvier 1981 a écrit:
"Il est inadmissible de laisser entrer en France des travailleurs immigrés alors que nous comptons deux millions de chômeurs"


François MITTERRAND en 1994 a écrit:
"Le seuil de tolérance a été atteint dès 1970, il y a une trop forte concentration d'immigrés, des fanatiques et des exaltés de l'islam.


Patrick BESSON, écrivain communiste a écrit:
L’immigration est une arme des patrons pour augmenter leurs profits, diminuer les salaires et briser l’unité ouvrière.

Marc BLONDEL, Secrétaire Général du syndicat Force Ouvrière, le 27 août 2003 a écrit:
il est question de construire des écoles coraniques un peu partout ! ... Mais on va vers la guerre civile !

Marx DORMOY, Ministre socialiste du Front Populaire en 1936 et 1938 a écrit:
Il est vraisemblable que nous aurons affaire non seulement à une masse mouvante plus ou moins indésirable de sans-travail et d'émigrants, de provenances diverses, en quête d'un pays susceptible de les accueillir en leur procurant des moyens d'existence, mais encore à des individus franchement douteux, à la moralité suspecte. Il convient de refouler impitoyablement tout étranger qui cherchera à s'introduire sans passeport ou titre de voyage valable, ou qui n'aura pas obtenu de visa consulaire, s'il est soumis à cette formalité. A ce point de vue, notre vigilance devra être particulièrement en éveil vis-à-vis des originaires de l'Europe centrale et orientale. Sinon nous risquons de voir arriver chez nous des individus sans travail et sans ressources en quête de situations quelles qu'elles soient. Pour parvenir à leurs fins, ils utilisent tous les prétextes et recourent à tous les subterfuges. Or tous ces immigrants viennent de plus en plus submerger nos professions commerciales et artisanales, pesant ainsi sur notre économie générale. »


Gaston DEFERRE, Cité par le Canard Enchaîné, 5 mai 1982 a écrit:
Les grands principes, c'est bien joli, mais le développement de l'immigration clandestine pose de graves problèmes dans les grandes villes. Les municipales approchent et il faut y prendre garde. " .


Pierre JOXE, Ministre de l'Intérieur - Le Monde, 29 mai 1989 a écrit:
"Il n'est plus possible d'accueillir d'étrangers supplémentaires"



Michel ROCARD, cité par le Monde, 24 mai 1990 a écrit:
"Nous sommes également à la veille, si nous n'y prenons par garde, d'une nouvelle vague massive, venant du Sud plus lointain, d'un Est plus incertain. Et je le dis clairement, cette vague doit être endiguée."

Michel ROCARD - (Le Point - 19 mars 1990) a écrit:
"La France ne peut héberger toute la misère du monde."



En 1934, le député socialiste Fernand LAURENT proclame:
Citation :
"Paradoxe irritant en France, à l'heure actuelle : 500 000 chômeurs et deux millions d'ouvriers étrangers".

Citation :
Maurice THOREZ, Secrétaire général du PCF a très clairement prononcé "La France aux francais" textuellement en 1936 dans son discours du Vel d'hiv.
Le contexte ? Une série d'attentats politiques à Paris dont les auteurs sont des étrangers.La SFIO et le PC se sont abstenus mais n'ont pas voté contre la loi du 10 aout 1932, une loi qui fut adopté à l'unanimité, et qui fut déposé par Roger Salengro, député radical-socialiste.

Et cette loi n'est qu'un début.

Loi Armbruster promulguée le 21 avril 1933: Interdiction de la pratique de la médecin pour les étrangers, et cela meme s'ils ont obtenu leur diplome en France.
Puis Loi Demange, 26 juillet 1935: interdiction aux naturalisés d'exercer la médecine pendant dix années à compter de la naturalisation.

Loi Félix Aulois, le 19 juillet 1934: oppose un stage de dix ans à partir du décret de naturalisation pour accéder aux fonctions publiques rétribuées par l'Etat, être titulaire d'un office ministériel ou s'inscrire au barreau. Interdiction pour les étrangers.

En 1934 Edouard Herriot et Pierre Mendès-France réclament un contingentement des travailleurs étrangers

En 1934, la décision est prise de ne plus accorder de carte de travail à de nouveaux migrants et de ne plus la renouveler à ceux résidant en France depuis moins de deux ans.

Le décret du 6 février 1935 limite le droit de séjour au seul département où l'étranger a obtenu sa carte et pour une validité réduite à deux ans.

1935 Vague de rapatriements forcés.

Le décret du 6 février 1935 restreint le regroupement familial

décret du 6 février 1936 pris sous le gouvernement Sarraut et généralisant le non renouvellement des titres de séjour.

Le décret-loi du 9 août 1935 étend la loi de 1932 aux artisans.

Et les décrets-lois du 2 mai 1938, 14 mai, 17 juin, 12 novembre 1938, 2 février, 12 avril 1939...

et qu'en pensait les syndicats à l'époque ?

la CGT considère dans Le Peuple du 27 novembre 1934 que :
Citation :
« le principe de fraternité ouvrière doit fléchir au profit des travailleurs nationaux »

J. MARCHAL également dans Le Peuple de mars 1935 a écrit:
: « Personnellement, je pense que nous devons surveiller les étrangers comme l'on surveille des adversaires ; faire tout notre possible pour les empêcher de nous nuire, et à chaque fois que cela est possible, les renvoyer dans leur pays respectif...
Quelques-uns diront peut-être que je fais du nationalisme. Eh bien, si pour mériter le titre d'internationaliste il faut accepter d'être grugé par des individus qui, une fois installés en France, ne font travailler que leurs nationaux et qui, dans vingt ans, seront aussi étrangers à notre mentalité que le jour de leur arrivée, je préfère être qualifié de nationaliste mais au moins, j'aurai la conscience tranquille » .

Bref, des positionnements qui aujourd'hui, feraient passer ceux de Le Pen pour un de la droite libérale, pourtant ces gens là ne sont habituellement pas considérés comme "radicaux".
Je suis surpris de voir que certains ici-même, revendiquant une sensibilité pourtant plutot "de gauche", n'osent pas franchir ce Rubicon idéologique qu'est la question des flux migratoires, par peur de froisser les "bien-pensants".
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Jul le Marteau
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MessageSujet: Re: La question migratoire : une question de gauche.   Dim 18 Jan 2009 - 23:47

Le Bordelleur a écrit:

Encore un Soralien

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50145

Ca devient une mode, c'est pas possible... affraid
Et oui, encore une fois, Soral a vu juste.
Ça vous coupe le squeele!
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MessageSujet: Re: La question migratoire : une question de gauche.   

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