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 Socialisme et Utopie

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Pertinax
Valet apatride du Grand Capital
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MessageSujet: Socialisme et Utopie   Ven 22 Juin 2007 - 7:52

Je propose sur ce topic d’inciter forumeux et forumiens à parler utopie et socialisme. Beaucoup d’entre nous viennent de la gauche ; à part les œuvres complètes de Karl Marx apprises par cœur depuis le berceau, qui peut nous faire des notes de lecture ou de présentation sur, par exemple, Charles Fourier et les fouriéristes ? Victor Considérant ? Pierre Leroux ? Et au fait qui connaît Louis-Jean-Baptiste de Tourreil, ancien saint-simonien, qui fonda la religion fusionienne après avoir été frappé par une révélation dans le bois de Meudon en juin 1831. Il réussit à regrouper autour de sa personne et de sa doctrine un assez grand nombre de disciples. Sa religion fusionienne, sorte de socialisme évangélique, était destiné à supplanter tout autre forme de croyance.

Est-ce que Voyage en Icarie de Cabet est encore lisible aujourd’hui ? Qui s’est coltiné Hurrah !!! ou la révolution par les cosaques (1854) de Ernest Coeurderoy ? L’Humanisphère (1899) de Joseph Déjacque ? Les romans de Louise Michel ?

Je donne le coup d’envoi avec un ouvrage rare et peu connu : La commune de Malenpis (Librairie de la Bibliothèque Démocratique, 1874), par André Léo.

Léodile Béra (1824-1900), veuve Champseix, dite André Léo (elle constitua son pseudonyme avec les prénoms de ses deux fils) a finalement été oubliée. A-t-elle été victime d’une série de malentendus qui l’ont précipitée dans la poubelle de l’Histoire ou bien a-t-on compris que cette diva un peu glaciale ne jouait ni le jeu du conformisme ni celui de l’anticonformisme ? Rejetée de la société bourgeoise pour sa participation à la Commune, et par conséquent de son principal lectorat, elle n’en a pas pour autant été reconnue ensuite comme une personnalité importante du mouvement ouvrier, compte tenu de ses conflits successifs avec certains de ses grands acteurs tels Marx (qu’elle soupçonnait de « bismarckisme ») et Bakounine (et Proudhon dont elle combattit les thèses misogynes par son essai La Femme et les mœurs). Figure de proue du féminisme à la veille de la Commune de 1871, elle s’est coupée de ce mouvement aussitôt après cette révolution. A ce propos, il faut souligner que le personnage emblématique de Louise Michel, qui pourtant n’avait pas eu le même niveau d’action, l’a repoussée dans l’ombre (…) [extrait d’un article paru dans le Bulletin de l’association des amis de Benoît Malon – dont André Léo fut la compagne – n°13, décembre 2000] Ecrite au lendemain de la Commune, alors qu’André Léo s’était exilé en Suisse, La Commune de Malenpis est un court récit utopique qui adopte le style du conte, fait l’éloge de la démocratie directe et déconseille au peuple toute forme de délégation de pouvoir.

Pour ceux à qui le monde de la collection est étranger, je précise qu’il n’est pas nécessaire d’être riche pour dénicher des livres anciens, même rares. Il suffit de faire les brocantes, avec régularité et persévérance.

Je dois vous avouer immédiatement que je ne pourrai pas beaucoup poster ici, car le devoir m'appelle sur d'autres topics de ce forum. En effet je dois réconcilier les païens avec les chrétiens, les soraliens avec les identitaires, les pagano-chrétiens avec les musulmans et les français avec eux-mêmes. Après je m’occupe de l’Eurasie, puis de la planète. Ce n’est pas une plaisanterie ; je vous expliquerai. En réalité, c’est le ER Project qui échappe à son créateur et devient une machine infernale, une machine à réconcilier. On ne peut plus l’arrêter. Tout le monde se réconcilie avec tout le monde et personne n’est pareil. Alors vous pensez bien qu’avec de telles responsabilités, je ne peux pas m’amuser à disserter sur les utopies socialistes. Donc je compte sur vous pour alimenter ce topic.

Lorsque, j’aurai achevé mon œuvre de réconciliation, je viendrai recevoir la médaille du mérite alter-nationaliste des mains du président Soral en personne. Sarkozy ne sera plus qu’un mauvais souvenir.
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Pertinax
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MessageSujet: Re: Socialisme et Utopie   Dim 1 Juil 2007 - 11:07

« Mort au tyran et vive le peuple ! » répéta en chœur l’assemblée des bêtes…

Extrait de La République des animaux (« Apologue ») suivi de Le Diable et le Rouge (« Dialogue infernal ») et de L’Ombre d’un Rouge dans l’Olympe, par Henri Million (Saint-Brieuc, Imprimerie de L. Prud’homme, 1850).

« Il fut autrefois une race d’animaux parlants et intelligents. Ces animaux s’étaient réunis en société et constitués en gouvernement, qui s’appelait tour à tour Royaume, Empire ou République. Enfin, la dernière forme de gouvernement qui exista chez ces peuples fut la république. C’est de cette république dont j’ai entrepris de vous raconter l’histoire. Cette histoire n’est pas un conte, mais une histoire véritable. Je la tiens d’un sujet même de cette république… [un perroquet] » (Préambule).

Titre des chapitres : Renversement du Lion, Règne du Singe, Présidence de la Cigale, Prière des Sangsues à l’ouverture de leurs travaux législatifs, Lutte de l’Ane et du Chien, Les Loups dévorants.

Ce thread s’adresse à (presque) tous les forumanciers. Même aux trolls si ce sont de jolis farfadets (et non de vilains gremlins). Une exception et une seule ; les petits censeurs qui appellent à une « modération » moins modérée en prenant des airs pincés et outragés, qu’ils passent leur chemin et roupillent un bon coup. Pendant ce temps-là, les autres travaillent.

Je me suis bien marré il y a quelques semaines quand je postais – imperturbable - sur « Front Noir » et « Doriot » ; le regretté et si « populaire » Joyeux avait transformé les insoumis en une volée de moineaux, gazouillant dans une cour de récré. Tout juste l’effet recherché d’ailleurs. Comme quoi la manip, ça ne marche pas seulement chez les électeurs de Nabo. En tout cas, moi, je ne risque pas de produire le même effet. J’aime bien arroser d’eau froide mes petits camarades et je les caresse à rebrousse-poil. Je ne verrai d’ailleurs aucun inconvénient à me retrouver tout seul sur ce topic. J’ai suffisamment de posts en réserve pour l’alimenter jusqu’aux temps messianiques. Donc bienvenu à tous !

Pourquoi socialisme et utopie ? Primo parce que le socialisme a une histoire littéraire, et qu’il n’y a pas que Karl Marx. Deusio parce que le marxisme de Soral n’est pas utopique. Et dire que beaucoup, sur ce forum, n’ont toujours pas compris ça. « Ah non, nous, on n’est pas marxiste, on n’est pas comme Soral ! » Mais bougres d’ânes de la république des animaux, il n’y a pas besoin d’être un ex-coco pour penser et dialectiser. Vous trouvez que AS est trop marxiste, trop de gauche, trop bolchevik, trop « fasciste », pas assez identitaire (et surtout trop intelligent) ? Je vous suggère alors de rallier le « Centre d’Etudes Fraternité Cosmique », dont je communique l’adresse seulement en pm (Jacques m’a demandé de la discrétion).

Dans un vieil épisode de Twilight Zone (La Quatrième Dimension), tous les habitants d’une petite bourgade se réveillent un beau matin en comprenant peu à peu que les maisons, les rues, les commerces, en apparence restés les mêmes, sont en fait devenus un décor. Ils sont sans le savoir les figurants d’un mauvais film pour les loisirs organisés de la classe dominante. Le réveil dans la France de Sarkozy me fait cet effet. Rien n’a changé en apparence, mais nous avons basculés dans un autre monde, factice et hostile. A nous d’agir concrètement pour en sortir.

Ouah, non, j’ai pas envi, c’est trop fatigant, d’autres le feront à ma place. Allez bonne nuit…
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Sebsebforce
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MessageSujet: Re: Socialisme et Utopie   Mar 3 Juil 2007 - 17:00

Je rebondis sur la fin de ton article. Nourris au sein de la télé, comme tout le monde je dirais, tu as raison de citer cette série "La Quatrième Dimension", qui me semble représenter une série assez subversive pour l'époque; Le ton décalé, les réflexions qu'elle inspire peuvent susciter des débats intéressants. Peut-être pas tous les épisodes, mais quand même un certain nombre. Probablement la seule bonne série américaine de cette époque d'ailleurs.
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Pertinax
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MessageSujet: Re: Socialisme et Utopie   Sam 14 Juil 2007 - 15:47

Baste ! Alors là je disjoncte complètement. Peut-être une petite absinthe de trop, j’en sais rien. Mais je viens de faire un premier bilan synthétique, de ce que révèle (à la relecture) mes posts de la personnalité de Pertinax (qui n’intéresse personne évidemment, sauf moi). Et figurez-vous que je me découvre :

Néo-catho-guénono-shamiro-soucoupisto-bolcheviko-soralien [j’ai du en oublier au passage; merci de compléter en mp].

Non vraiment, que tous les subversifs et insoumis sérieux s’abstiennent. Qu’ils rejoignent immédiatement les rangs de l’UMP (j’aime bien Valérie Pécresse) et leur future succursale paléo-européiste. Parce que vraiment, on est mal parti. Ca ne fait pas sérieux vraiment.

Le Toutou [de Thundar] vs Le Télégraphiste [de Soral].

Ah, Ah, Ah, comme dirait Quai Branlix

Dis, Quai Branlix, quand est-ce que tu m’emmènes dans ta soucoupe ? Et est-ce qu’il y aura Cochonou – ton dernier disciple - à bord ? Parce que sinon j’annule ma réservation et je vais faire une virée à Londres…

Bon allez, vous reprendrez bien un petit verre…

P.S. : Le prochain post sur « Socialisme et utopie », qui n’intéresse personne apparemment, c’est pour bientôt. Et je serai sobre
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Thundaar
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MessageSujet: Re: Socialisme et Utopie   Dim 15 Juil 2007 - 0:21

C'est un fil excellent que tu as ouvert mais je crains que tu aies surestimé tes compatriotes de forum, et le travail pour répondre utilement dans ce fil paraîtra titanesque.

Une réponse en forme de question.

Comment les arcologies de demain réconcilieront les socialistes avec la "phalanstère attitude" et l' "icarism superstar".
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MessageSujet: Re: Socialisme et Utopie   Dim 15 Juil 2007 - 12:22

Pertinax
Citation :
Dis, Quai Branlix, quand est-ce que tu m’emmènes dans ta soucoupe ?
Ah ah ah, réponds-moi d'abord sur le fil consacré à Guénon avant de faire le malin, je pourrais peut-être te faire visiter les discothèques du Shambala si tu te montres convaincant Wink


Sur le socialisme et les phalanstères, je vous recommande l'ouvrage d'Yves Pagès "Les fictions du politique chez L.-F. Céline".... Heu c'est autorisé de citer des livre récents sur ce forum ? Y'a t-il problème sur les copyright ?
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Pertinax
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MessageSujet: Re: Socialisme et Utopie   Dim 15 Juil 2007 - 18:32

Thundaar a écrit (Mondo/Nationalisme, 14/07, 2h18) : « il existait (…) un antisémitisme de gauche, chrétien à l’origine (Leroux) ». Commentaire :

Pierre Leroux se rattache au courant illuministe et néognostique, qui par Jacob Boehme, Schelling, Baader, etc., mène au « spiritualisme social » que Leroux a transmis à Georges Sand. Autrement dit au néojoachimisme critiqué par le père de Lubac. L’illuminisme étant plutôt anti-démocratique, Leroux s’en éloigne sensiblement en proposant les figures de trois « initiés », Virgile, Jésus et Jean Hus ; initiés atypiques puisque loin de préserver le secret de leur science, ils veulent au contraire dévoiler, diffuser, divulguer ce que dissimulait leur caste ou leur collège. Tous les écoliers [de l’époque] liront dans l’Enéide ce qui n’avait été révélé à Enée qu’après la descente aux enfers. Jésus, lui, veut abolir les privilèges et dire tout haut ce qui avait été enseigné à mi-voix. Or, c’est cela que Leroux a voulu faire. Mais alors que pour transmettre les paroles secrètes il faut employer le style des hiérophantes, Leroux transgresse cet usage. Il vulgarise le style ésotérique et montre que Jésus « le Bouddha de l’Occident » abolit toutes les grandeurs imaginaires.

Taine, au début des années 1860, signalait comme « le plus grand de tous les événements de l’histoire la concordance [entre] la révolution complète que Bouddha apporta en renversant toutes les barrières de caste ou de classe, en appelant au salut tous les hommes, compatriotes ou étrangers, hommes et femmes. » et « cinq siècles plus tard une rénovation presque semblable survenue dans le monde gréco-romain ». Proudhon se moquait de « Leroux théosophe », et son « Jésus thérapeute », et Karl Marx à Londres s’amusait des railleries de Proudhon [on imagine Marx rigolant en lisant des extraits de Leroux]. Mais les socialistes croyants (comme Renouvier) à l’époque sont nombreux et écrivent une série d’articles sur Le socialisme de Jésus, en insistant sur l’amour des pauvres, la fraternité, la communauté égalitaire. En 1891, Jaurès écrit : « Le visage du Christ rayonnera de nouveau ». Mais aujourd’hui, quand on redécouvre cette tradition socialiste, on la fait venir – à tort – de Schelling et Shopenhauer. Et par ignorance, on a appelé religion romantique l’hypothèse scientifique (trop longue à développer ici) de Leroux. Et donné le nom de socialisme aux intellectualismes proudhonien et marxiste.

Depuis « l’affreux égorgement humain » de juin 1848, Leroux assumait la défense du socialisme et des socialistes contre l’Eglise, l’université, les orléanistes, les bonapartistes et les « Loups cerviers du Capital ». Son acharnement finit par agacer même Enfantin. Proudhon voit en lui « l’apôtre des derniers chrétiens » et les attaques viennent des deux camps opposés. L’Eglise surtout lui reproche l’hérésie de « rationalisme » autre nom pour socialisme. Alfred Sudre, dans Réfutation des utopies socialistes, concluait que Leroux était, avant Proudhon, le plus malfaisant des socialistes.

Entouré d’adversaires, de railleurs, Leroux allait pourtant trouver un appui en la personne de Bernard Lazare, dreyfusard bien connu. En effet, Lazare était, autant que Leroux, attentif aux phénomène inexpliqués, aux supercheries, et n’hésitait pas à professer des opinions qui pouvaient paraître choquantes à ses contemporains. Lui aussi, il s’opposait à la « théophobie matérialiste », au dogmatisme des « théologiens » qui s’aggravaient de plus en plus. Il est vrai que Lubac estime que Leroux a mal compris « l’apport de la nation juive à la religion chrétienne », mais c’est en fait Saint-Simon [préféré par Thundaar] qui rêvant d’ « unifier la communauté par une foi positive » fait apparaître en France un néo-catholicisme (mauvaise imitation) des plus suspects. Et c’est de lui que tous les socialistes – Leroux comme les autres – tiennent ce « penchant volontiers totalitaire ». C’est en tout cas, ce que pensaient et disaient des gens comme Renouvier ou Tocqueville. L’ erreur bien compréhensible de nos contemporains [Thundaar est excusé] est le résultat de l’ignorance, car en 2007, comme au temps de Napoléon III, on ignore que Leroux parlant des Juifs disaient : « leurs livres sont aussi les nôtres », et qu’il opposait au « système des races », une foi commune dans le Christ. Dans l’œuvre d’Isaïe, il croyait apercevoir « une lumière nouvelle qui se versera à la fois sur la Bible et sur l’Evangile ». Il donnait parfois un sens péjoratif au mot « juif », mais aussi au mot « chrétien », parce que son christianisme rationnel (sans les arrière-mondes) se voulait avant tout réconciliateur.

Le grand Bernard Lazare, en 1896, parlant des rapports entre les écrivains et le peuple, énumérait quelques socialistes aux idées parfois antisémites : Fourier, Proudhon, Toussenel, Marx, Bakounine, etc. Le nom de Pierre Leroux ne lui est pas venu aux lèvres. Lazare se passionnait pour l’essénianisme autant que Leroux et qu’un autre admirateur de Leroux, Moses Hess, précurseur du sionisme. Leroux insistait sur la différence entre les Evangiles de Matthieu et de Luc, qui seraient d’inspiration saducéenne ou pharisienne, et « l’Evangile juif essénien », celui de Marc, évêque d’Alexandrie, c’est-à-dire d’une ville où « nous voyons, par ce que Philon rapporte (…) que l’essénianisme dominait avant la naissance du Christ." La palingénésie qui était alors espérée chez les Gentils comme chez les Juifs devait être selon certains un miracle cosmique et selon d’autres un miracle politique.

Pierre Leroux est, de nos jours, bien oublié. Qui a lu La grève de Samarez, ou De l’humanité ? Mais Bernard Lazare est beaucoup plus connu. Voilà des années que je recherche Le Miroir des légendes (1892), un recueil de contes jamais réédité. Lazare (mort à 38 ans) est surtout célèbre pour un livre extraordinaire et bouleversant, le meilleur sur la question : « L’Antisémitisme, son histoire et ses causes » (1894, réédition récente), dans lequel il retourne les a-priori idéologiques de l’antisémitisme et de l’apologétique juive pour partir des faits et entreprendre une étude critique et dialectique de la communauté juive et de ses rapports avec l’environnement non-juif. Si vous deviez lire un livre, un seul (parmi des centaines) sur l’antisémitisme, choisissez celui-là [plutôt que la diarrhée verbeuse d’un Taguieff qui finit par excéder même les critiques de la presse aux ordres].

John * j'ai souligné pour toi le Jésus thérapeute (tu vois, lui aussi...)
Palin * voilà un socialisme français pré-marxiste, chrétien et rationnel. Beaucoup de socialos chrétiens finalement.
Quai Branlix * je pense à poster sur Guénon; mais tu vois j'ai d'abord des trucs à expliquer à Thundaar, des trucs sur le paganisme, le christianisme; et c'est important pour ceux qui nous lisent (plus utiles quand même que Guénon).
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Thundaar
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MessageSujet: Re: Socialisme et Utopie   Dim 15 Juil 2007 - 19:17

Pierre Leroux est en général considéré comme un judéophobe chrétien, n'appuyant pas en effet la dite judéophobie sur des considérations raciales... même si... il faut le savoir, Pierre Leroux est parmi tous les saint-simoniens à la fois le popularisateur du terme de "socialisme" en France et le premier à avoir introduit l'aryanisme en politique. Cet aspect aryaniste de Leroux, qu'on retrouvera même chez Engels ou chez des marxistes comme Jack London ou l'anglais Hyndman (mais aussi dans la Fabian Society, chez Blanqui, Proudhon, Malon... etc).

La différence entre l'aryanisme de gauche et l'aryanisme de droite, c'est que les premiers considéraient que les Aryens avaient inventé la démocratie et le socialisme alors que les seconds voyaient chez les Aryens les ancêtres de l'aristocratie et un peuple de conquérants. En ce sens, l'aryanisme de gauche (de Fourier à Déat) s'oppose à l'aryanisme de droite (de Gobineau à Rosenberg et Evola).

Citation :
mais tu vois j'ai d'abord des trucs à expliquer à Thundaar, des trucs sur le paganisme

Tu aurais des choses à m'expliquer sur le paganisme, cher ami ? Wink Permets moi d'être avec arrogance plus que dubitatif.
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Pertinax
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MessageSujet: Re: Socialisme et Utopie   Mer 5 Sep 2007 - 9:35

Voici (extrait d'une revue) le résumé de L'Oeil du Monde (Editions du Livre Moderne, 1927), roman de Robert Randau, dont j'ai dit quelques mots sur un autre topic.

Il est question de l'échec du communisme intégral dans une Algérie "française" métissée et d'une France asiatisée, d'une lutte entre anarchistes maximalistes et minimalistes, de la transformation des communistes en "gnostiques" et de leur fabuleuse découverte au coeur de la terre. Si vous aimez le fantastique et les aventures extraordinaire, lisez ce livre !

Algérie. Sur les flancs trapus de l'Ouarsenis, des fugitifs pressent le pas. Daoud "le démesuré", médecin, avec Georgette, et Yahia Sigot, ingénieur en "stéréochimie" et "télémécanique transcendantale", avec Rolande. Les deux couples et les Libertaires à leur trousse se disputent les moyens de transport au cœur d'un massif de la patrie berbère. L'Oeil-du-Monde est une montagne de 2000 m creusée de galeries par les Romains dans l'Antiquité. Après le triomphe du communisme intégral, le pays fut en partie abandonné, les autochtones émigrèrent, tandis que des cités-jardins s'édifiaient, comme celle des mineurs de Zincobourg. Sur les pentes boisées, vivent des ouvriers chinois, hindous, russes, espagnols ou français. Daoud et Sigot, camarades d'université, sont des métis, mi-français, mi-berbères. D'esprit très scientifique, Sigot n'en est pas moins attiré par la "spéculation mystique". Orphelins, ils constituèrent "une hétairie, c'est-à-dire une société d'amitié" mixte, ou les femmes ont leur place. Mais les unions souvent stériles reflètent la dégénérescence ambiante.

Les maladies, les désordres sociaux et le nihilisme furent les caractéristiques de la fin du communisme. Le nombre de blancs diminua au profit des asiatiques. "La France ou l'on ne parlait plus le français qu'en des coins reculés de la Savoie, de l'Auvergne et de la Bretagne, s'était transformée après un siècle de dénatalité en colonie cosmopolite." Les révoltes anarchistes en Berbèrie conduisirent les élites à fuir les villes pour un refuge dans les hauteurs. Les ancêtres de Sigot qui commandaient aux clans de la montagne "comme les rois des Guanches aux Canaries" descendent eux-mêmes d'un roi mythique qui asservit la contrée aux âges de pierre et dit-on repose endormi sur un trône taillé dans un aérolithe, enterré au cœur du mont. Un système de souterrains relie la maison désertée de Sigot à Zincobourg aux cavernes aménagées en laboratoires. "On se croirait dans les bas-fonds du château d'Udolphe."

Les libertaires qui saccagent, pillent et massacrent, veulent établir un "quatrième état". Sous le couvert de l'anarchie, c'est "la revanche de cette confiturerie idéaliste que nous, communistes, aurions dû non pas proscrire mais tempérer." Un voyage de reconnaissance est effectué en avion jusqu'à une base flottante, bientôt prise d'assaut par une bosse de gélatine flasque qui s'étale "comme de la confiture sur une tartine." Pareille à du blanc d'œuf, la gelée issue de la mer envahit mollement les berges et darde des bras énormes qui grossissent en progressant, avec à leur extrémité un grêle aiguillon de matière semblable à du verre. L'amibe géante et gloutonne, rendue possible par les transformations magnéto-chimiques du globe, est finalement détruite.

Des savants, membres d'une mission scientifique aux mers polaires et abandonnés sur un iceberg par l'équipage mutiné du "Parce Que", sont recueillis par l'avion. Les instruments et documents, restés à bord, sont récupérés par ruse. Des femmes en détresse sont à leur tour recueillies. Une escale à la Réunion, au milieu des anarchistes abusés, permet d'apprendre que "la peste bubonique sévit du cœur de la Moscovie aux frontières de la Pologne, qu'on se bat à New York d'un gratte-ciel à l'autre…"Rien que des mauvaises nouvelles, mais la communauté s'enrichit et s'agrandit.

De retour au bercail, les (ex)communistes entreprennent l'exploration des gouffres. Après la traversée d'une champignonnière naturelle, ils débouchent dans "un lieu sacré ou se réunissaient il y a bien des siècles les adeptes d'une sublime initiation." Ayant observé les fresques murales, Sigot commence à interroger son ami Daoud "dans les formes de la maïeutique des mystes." Celui-ci lui répond aussitôt en l'appelant "Maître". Le temple manichéen qui vient d'être découvert, témoigne d'une civilisation qui jadis fût persécutée par l'Islam.

Les communistes déçus, devenant gnostiques, reconstituent une loge maçonnique qui veut renoncer aux vaines spéculations pour devenir une société d'action (une forme de maçonnerie opérative). Freiner le retour à la barbarie et prêcher une certaine religiosité sont les objectifs immédiats. L'atelier s'attribue le nom de L.P.D. à l'Orient de l'œil-du-Monde. C'est ensuite, plus loin sous terre, la découverte d'un autel ou se dresse une sculpture représentant un accouplement d'animaux. Encore un temple manichéen, mais plus ancien et rudimentaire. Les deux principes sont grossièrement symbolisés. L'émission de faisceaux rythmiques d'ondes sonores provoque une réponse mystérieuse, quelque part toujours plus bas.

Pendant ce temps, les anarchistes qui se déchirent entre maximalistes et minimaliste font sauter Notre Dame. Privés de religion, les hommes ne le sont pas d'esprit religieux. D'ou l'échec du communisme qui ferma les yeux sur l'existence de loges maçonniques "dévouées au pouvoir selon leur coutume séculaire" mais fut incapable de canaliser et diriger les grands courants spirituels. La principale passion des hommes s'avère moins de résoudre les énigmes par la (pseudo)science que de les formuler par la gnose. C'est le Sphinx et non Œdipe qui représente l'humanité. Aux "affinités intellectuelles créant entre deux cerveaux une certaine syntonisation" (dans les hétairies), allaient se substituer la sentimentalité érotique et la religiosité. "Notre décadence date du jour ou la femme ne fut plus désirée. L'homme et la femme sont aux deux pôles de la nature. Que notre société se reforme sur la base de leur alliance, non de leur confusion."

Le creusement du tunnel se poursuit dans la nuit, à l'insu de l'entreprise de forage, par des terrassiers inconnus à l'outillage supérieur. Au-delà des temples, une galerie s'enfonce dans les entrailles de la montagne à travers la roche fondue, compacte et polie comme du verre. Par ce corridor prodigieux, des troglodytes semblent vouloir conduire les hommes vers un royaume mystérieux. L'Agartha ? En tout cas un lieu qui rappelle la légende de l'œil-du-Monde. Une barricade d'ossements se dresse à l'entrée d'un sanctuaire. Daoud et Sigot répandent quelques gouttes de sang et adoptent spontanément un ancien dialecte berbère. Ils pénètrent dans une salle hémisphérique et s'approchent de la sculpture d'un énorme python noir. Le corps du reptile se vrille dans un puits. "Notre route est dans ce forage, les anneaux du serpent y ménagent une espèce d'échelle." C'est pour y découvrir le tombeau sacré du grand ancêtre qui repose au cœur de la montagne ainsi qu'un pharaon dans sa pyramide.

Foudroyés, les deux amis reprennent conscience dans l'obscurité. Sous leurs pieds, un sol poli, semblable au verre et doublé d'une couche de duvet, comme des fibres d'amiante. Sont-ils plongés dans un four crématoire ? Une averse de matière d'un rouge incandescent vient illuminer leur environnement, fait d'aluminium liquéfié, de zinc en ébullition, de fer en fusion. Ils réalisent se trouver dans une sorte de projectile aux parois de cristal, qui plonge dans les veines liquides des métaux. L'étrange appareil, très étroit et inconfortable, protège des chaleurs mortelles et des pressions ou l'air se transforme en colle. Il s'immobilise devant un tertre de cristallisation d'ou surgissent des êtres étranges ressemblant à "des carapaces cristallines ovoïdes, empanachées d'un haut plumail de flammes. Chacune de ces forme singulières exhale une irradiation qui la double d'une aura lumineuse prolongée par des franges." Avec le tertre, la pensée prend corps au sens propre. Du moins celle de Sigot, ou celle de Daoud relayée par Sigot qui lui prend la main. Que Daoud songe à Georgette, voici qu'elle se présente "dans son ordinaire costume de sport" au milieu du magma incandescent, puis elle se mue en triangle, parce que Sigot a laché la main de son ami et se rappelle un théorème de géométrie. Certains cristaux sont, dans certaines conditions, plastiques à la pensée. Il suffit alors de projeter une image (par la pensée), concrète ou abstraite, pour que ces cristaux en adoptent aussitôt les contours. La conversation devient possible puisque le tertre s'étale, ondule et dessine à volonté des phrases (en caractères latins mais en langue berbère archaïque).

Les êtres sont les gnomes, les génies ou les dieux des métaux et de la pierre. Ils vivent et meurent dans un monde à trois dimensions, aux confins de la roche et du feu. Ils perçoivent la matière sous forme de tourbillons de force, de sorte que la croûte terrestre ne leur est pas opaque et qu'ils "voient" l'espace stellaire autrement que nous. Ce sont des agrégats dynamiques, dépendants de combinaisons chimiques. Leur langage est proche de la musique. Ils guerroient contre les peuples du feu qui habitent le gaz ardent aux confins de la pierre pâteuse (les salamandres). Le Premier de la montagne, grand ancêtre de Sigot, fut le féal esclave des gnomes. Il régnait sur un peuple de forgerons initiés aux secrets du métal vivant, car le métal est un être sur le corps liquéfié duquel, flottent les continents terrestres. Le Premier mourut alors que s'achevait une longue période glaciaire. Une autre période glaciaire s'annonce. Sigot est élu pour la garde des Traditions. Lui et quelques autres seront adorés comme des dieux par leurs descendants. La dévotion au binaire, issu du manichéisme, et celle des nombre sacrés, que même les gnomes ne connaissent pas tous (et c'est pourquoi ils ne sont pas au bout de la science), n'est-elle pas inspirée par l'enfer ? Les gnomes répondent qu'ils sont bien le peuple infernal (enfer = lieu d'en bas). Mais s'ils personnifient une classe de démons, les hommes tenant leur origine des eaux sont aussi une variété de démons, du genre ondin, issue des mers pour ensuite évoluer sur la terre. "Il n'y a de dieu qu'en la raison" ajoutent les gnomes et "quand la glace se sera épaissie sur les zones mortes de la planète, nous te mettrons en rapport avec les prêtres très saints du Pays perdu, ou s'érige la Ville de cuivre."
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