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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Sam 24 Jan 2009 - 2:54

À quoi ça servirait ? On sait que c'est vous. Et puis je préfère Fleuraufusil, c'est plus féminin que Corto.

Pour moi ce qu'il y avait d'important à comprendre dans cette histoire est déjà passé : vous vous êtes réintroduite en douce, c'est tout. Le reste, pseudo, dette, etc., je m'en fiche.

C'est bête mais surtout pour vous, et je ne vais pas répéter les posts ci-dessus. Résumé de la situation : allez et ne péchez plus.
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Dogman
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Sam 7 Fév 2009 - 21:52

Tartuffe de Molière

N'étant pas habitué aux pièces écrites en vers, j'ai du m'accrocher pour rester concentré... mis à part quelques références contemporaines de Molière, son style est quand même relativement fluide...
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eninel31
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Sam 7 Fév 2009 - 23:52

LE SIECLE SOVIETIQUE de Moshe Lewin

Pas encore fini........ Je le conseil à toute personne qui souhaite avoir une vision différente du système soviétique, pro stal et troskiste passer votre chemin ou vos fesse vont chauffer

Ruse
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Jul le Marteau
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Dim 8 Fév 2009 - 0:32

Le système soviétique, c'est mal!

C'est la CIA qui me l'a dit.
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eninel31
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Dim 8 Fév 2009 - 0:54

La cia pour infromateur?

ça craint........choisi le MOSSAD ils sont plus compétents ! affraid
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JOHN
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Dim 8 Fév 2009 - 3:59

eninel31 a écrit:
LE SIECLE SOVIETIQUE de Moshe Lewin

En rapport à ce sujet j'ai lu récemment ces 2 livres :
De Vladimir Fédorovski (1) – ancien diplomate Russe (qui a connu personnellement la plupart des derniers dirigeants soviétiques et vécu les derniers moment du régime de près – « Le fantôme de Staline » (2007) : http://www.amazon.fr/fant%C3%B4me-Staline-Vladimir-F%C3%A9dorovski/dp/2268062902

Aussi paru récemment en version de poche (pour moins de 5 euros) – celle que j'ai lu – dont on peut aussi voir le sommaire en cliquant sur « sommaire » à cette page : http://www.decitre.fr/livres/Le-Fantome-de-Staline.aspx/9782253126812

+ parfaitement complémentaire (et que j'avais lu un peu avant) le STALINE, Qui suis-je ? (éd. Pardès, 2007) : http://www.decitre.fr/livres/Staline.aspx/9782867144073

(1) Pour ce livre on peut le voir dans l’émission du 4 octobre 2007 de ReichmanTV – http://revolutionbleue.ifrance.com/ (pour lancer l’émission cliquer sur la date « 4 octobre 2007 dans la colonne des dates d’émissions à gauche) – émission abordant plus spécialement la "tradition politique" de la Russie et (donc, sa continuité dans) la politique de la Russie actuelle de Poutine…

On peut aussi l’entendre passer pour ce livre sur Radio Courtoisie dans cette émission d’une heure : http://radio-courtoisie.over-blog.com/article-12939995.html

Emission dispo en téléchargement ici : http://www.megaupload.com/?d=64DMUF9R
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Dim 8 Fév 2009 - 14:20

Le Cuisinier médoquin, un ouvrage de géographie culinaire écrit par Christian Coulon en 2000.

Le chauffeur du taxi qui me balade dans tout le Médoc pendant deux semaines pour mes enquêtes sur les grands crus classés (eh oui, j'ai toujours pas le permis) m'a prêté ce livre l'autre jour, avec une petite boîte de raisins au chocolat.

Un véritable livre de géographie culinaire comme on n'en fait pas assez en France. On donne volontiers dans ce genre en langue anglaise, mais sans y mettre autant de poésie et d'amour du sujet.

Où l'on explique comment les gens du Médoc, à travers son extrême pauvreté (une économie qui a peu changé depuis 150 ans), se débrouillent en développant des talents de chasseurs-cueilleurs, faisant apparaître cette presqu'île comme une juxtaposition de classes sociales très contrastées et non communicantes, comme une bouteille d'huile et d'eau qu'on ne secoue jamais.
Superbe description des usages alimentaires et forestiers, d'anciennes techniques de cuisson, et de l'emploi des épices et des saveurs fortes : la presqu'île, entre ses deux masses d'eaux, est ouverte vers le lointain, comme d'ailleurs la ville de Bordeaux et ses négociants, mais d'une autre manière.

Avec bien sûr quelques recettes, mais l'essentiel c'est le texte. Le livre est encore en vente sur Amazon, d'occase. Il reste un exemplaire.
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Le Bon Docteur
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Dim 14 Juin 2009 - 22:51

La position du missionnaire (Alain Finkielkraut décrypté) par Jean Robin.

Ça m'a l'air d'être un livre objectif qui montre les paradoxes de Finkie (que tout le monde connait ici, je pense). Dans la préface, André Bercoff pose la question de l'utilité d'un chapitre sur Dieudo. Robin répond que son livre s'intéresse non seulement aux ouvrages de Finkie mais aussi beaucoup à ses interventions médiatiques (radio, télévision...) où il s'est beaucoup prononcé sur Dieudo.

Quelques citations qui m'ont bien plu :

Finkie a écrit:
Avec la télévision, le bourdonnement triomphe de toute interruption, la vie ne fait jamais silence.

Je ne savais pas qu'il écrivait des choses comme ça :
Finkie a écrit:
...en érection, le transformer en marionnette, porte-serviettes, baguette de tambour, petit cheval, corps de guitare, et les testicules eux-mêmes avec leur végétation fantasque et leur allure de carillons et l'anus avec ses talents musicaux, sa poire à parfums et les poils du pubis, que l'ont peut coiffer, teindre, raser, tresser en nattes, tailler en barbiche, et les poils du cul où on laisse s'accumuler de petits paquets de merde pour la simple joie de les arracher après, que d'occasions de rire, d'inventer, d'imaginer, de traverser les régions génitales de mille autres occurences et possibilités dont la copulation n'est qu'un aspect.
Hé

Sur la politique :
Jean Robin a écrit:
Autre prévision juste, faite un an plus tard, sur la 5 de Berlusconi justement, concernant l'émotion décuplée par les médias. Personne ne peut s'étonner aujourd'hui qu'Alain Finkielkraut ne soutienne pas Ségolène Royal, au contraire, quand on a vu la candidate réconforter sur le plateau de TF1 un handicapé, et quand on écoute le philosophe dire ce qu'il en pensait vingt ans avant que cela arrive : "La politique est un espace de confrontation et de débat, ce n'est pas un espace où on mettra face à face quelqu'un qui souffre atrocement et un homme politique pour lui apporter ses condoléances, et on ne va pas commencer à voter pour la meilleure condoléance."

Sur Daniel Mermet :
Finkie a écrit:
Le propos de Daniel Mermet, c'est de dénoncer les ennemis sans jamais leur donner la parole. Lorsqu'il a défendu Tariq Ramadan, après que celui-ci ait fait une liste d'intellectuels communautaristes tous juifs à l'exception de Taguieff - mais il croyait qu'il était juif -, ça avait créé de l'émoi. Daniel Mermet avait défendu Tariq Ramadan dans une émission où il n'avait invité que des gens qui lui étaient favorables, dont José Bové et Daniel Bensaïd, et une jeune femme qui essayait de dire que peut-être était-il un peu misogyne, mais sa voix avait été très vite étouffée. C'est comme ça que fonctionne quotidiennement cette émission. Et un mot nous explique pourquoi. C'est un mot effrayant : Thermidor. Bernard Henri-Lévy serait thermidorien. Alors faisons un peu d'histoire : Thermidor a mis fin à la Terreur. Je ne suis pas thermidorine, mais ceux qui considèrent, qui font de Thermidor une catégorie, sont des nostalgiques de le Terreur. Ce sont des robespierristes. Ils ne peuvent pas couper les têtes, ils n'en ont absolument pas les moyens, donc ils les coupent imaginairement dans des émissions qu'ils leur consacrent, parce que pour eux, la politique, c'est comme le pensait Robespierre, la guerre de l'humanité contre ses ennemis : on n'invite pas les ennemis de l'humanité, on les injurie. Que cela ait lieu sur le service public n'honore pas le service public."

Zapping de France Inter, 10.11.2007

Finkie a écrit:
Il y a des films où il y a un brin d'herbe, un peu de campagne, c'est Pétain puisque Pétain a dit la terre ne ment pas. Donc il faut croire que la terre ment, moyennant quoi on détruit nos paysages de manière antifasciste.

France 5 2002
Celle-là, je la trouve très bien ! Hé
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Jeu 23 Sep 2010 - 21:15

Oshun a écrit:
Le Bon Docteur a écrit:
Je viens de finir "Les possédés" de Dostoïevsky. J'ai réussi à passer à côté du personnage principal... snif
Qu'entends-tu par "passer à côté" ?
Et bien à la fin du bouquin, il y a un petit commentaire qui explique que le personnage principal est Stavroguine. L'auteur a fait de lui "une incarnation du diable". Or, dans ce roman bourré d'intrigues, il y a un autre malfaisant qui sort du lot et qui a l'air d'être le meneur. Il est beaucoup plus grossier. L'autre étant plus subtil, j'ai eu du mal à voir clair dans son jeu, si bien que j'ai peu focalisé sur lui (parce que je ne comprenais pas) et finalement, je ne vois pas clairement ses responsabilités ou ses implications dans toute l'histoire. Voilà, voilà. Embarassed

Au sujet du personnage Stavroguine :

Citation :
Les traits du personnage central des Possédés ont été selon toute vraisemblance inspirés à Dostoïevski par le ténébreux Nicolas Spechnev qui a donné au héros du roman son prénom, son aspect extérieur, une partie de sa biographie. Spechnev était l'un des membres les plus actifs et les plus en vue du groupe de Petrachevski : athée, partisan intransigeant d'un socialisme dur, aventurier romantique et bourreau des cœurs, il exerçait un ascendant considérable sur tout son entourage, et le jeune Dostoïevski n'échappa pas à son influence, quitte à se venger plus tard en faisant de lui une incarnation du diable.

Pour résumé si je rencontrais le diable, je ne le reconnaitrais même pas ! affraid Smile

Pour le plaisir, une pensée de Dostoïevski extraite des carnets de travail sur "Les Possédés". Celle-ci fait référence à un personnage qui finalement a été éliminé du roman par l'éditeur qui jugea le chapitre où il figurait impubliable ; le moine Tikhon :

Citation :
Je suis un rêveur. Je me représente les choses ainsi : l'âme se mettra à errer et elle verra son péché, non pas en partie seulement, comme elle fait maintenant, mais vraiment la totalité de son péché ; et elle verra Dieu qui lui tend les bras pour l'accueillir ; et prenant en considération toutes ses fautes, elle s'indignera et réclamera elle-même son châtiment, mais ne trouvera qu'amour en réponse, et c'est en cela que consistera l'enfer. - Qu'as-tu reçu en partage ? - Le bonheur éternel. - Et qu'en as-tu fait ? - Le malheur éternel... L'âme apprendra que chacun est responsable de tout... L'homme devra reconnaître que tout, absolument tout, dans l'univers entier et au cours de sa vie terrestre, ne dépendait que de lui et de lui seul. Tout ce qui s'est produit et dont il n'a jamais rien su n'aurait pu être, à l'exemple du Christ, que plénitude de son amour.
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Ven 24 Sep 2010 - 0:41

Je suis pas à ton niveau de lecture ! study

Je suis plutôt "petit Nicolas", moi...
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Ven 24 Sep 2010 - 0:59

Bah, moi je lis des livres intelligents mais j'y comprends jamais rien. Laughing
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Ven 26 Nov 2010 - 15:34

On parle de Léon Bloy dans la vidéo que vient de poster ActiveX sur Céline. J'en profite pour vous faire savoir que j'ai lu récemment "Le désespéré" (de Léon Bloy donc). Euh... Alors celui-là, il faut le lire ! Il restera comme un des meilleurs romans que j'ai lu. En tout cas, ça m'a beaucoup parlé. Pour ceux qui ont un penchant pour l'amour absolu, l'amitié, Dieu, l'esprit pamphlétaire, et le désespoir (?)... J'en parle mal mais c'est ce que j'ai lu de mieux ces derniers temps. (Attention, antisémitisme inside mais ce n'est pas le sujet du livre, disons que c'est d'époque...)

Autre chose, j'ai lu "La curée" de Zola, au sujet de la haute société parisienne et notamment de la spéculation immobilière. C'était en plein pendant l'histoire Woerth-Betencourt, j'avais l'impression de lire un journal d'actualité... Smile
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Mer 27 Juil 2011 - 3:29

Que font les rennes après Noël ? d'Olivia Rosenthal

Prix du livre France Inter, c’est un drôle de bouquin tramé par une drôle d’auteure, Olivia Rosenthal, qui aime se documenter pour raconter ses fictions. Pour ce livre, dont le titre le rend plus léger qu’il n’est, elle voulait d’abord parler des animaux, car tout le monde aime les animaux. Puis, en structurant son récit, elle a compris qu’elle devait aller là où sont traités les animaux : labos, boucheries, élevages en batterie ou non, abattoirs. Donc il s’agit aussi de l’interaction entre l’homme et l’animal en même temps que de la similitude entre élevage et éducation.

Le récit principal est celui d’une enfant qui rêve d’un animal vivant à la maison mais qu’elle n’aura jamais. Ou alors un animal dont elle ne rêve pas, un canari, échappant au pire : le poisson. On pense qu’elle voulait un mammifère. Puis cette enfant grandit et renonce à des tas de choses, face à ses parents qui ne la comprennent pas, pas plus que le reste de la société, les étudiants, son mari, ses collègues, qui l’obligeront à composer avec ces données pour pouvoir s’en sortir. Comme les animaux de laboratoire ou d’élevage qui peuvent trouver quelque part un certain confort à vivre ce qu’on leur inflige, car, si l’on en croit l’auteure, leur pauvre vie s’y déroule dans les meilleures conditions possible concernant leur bien-être.

Ce livre passionnant est plus compliqué à expliquer qu’à lire car il se compose de courts paragraphes alternant sur les lois éthiques, les aménagements, l’imprégnation, la dépendance etc, dans un style très clinique. Il fait aussi référence à quelques films fondateurs pour l’héroïne tels King-Kong, Rosemary’baby et surtout la féline de Tourneur où elle attend la métamorphose de la femme en animal dangereux, ou libre, comme elle-même attend la sienne.

http://www.cozette.org/2011/06/14/que-font-les-rennes-apres-noel/

Le discours aux animaux

Prolongeant sa réflexion pleine de fantaisie sur la transgression, le très beau livre d'Olivia Rosenthal plonge au coeur des enfermements inventés par les hommes


Les territoires arpentés par Olivia Rosenthal ressemblent aux étendues laissées en blanc sur les cartes de géographie anciennes, là où presque aucun explorateur ne s'était encore aventuré. Des lieux incertains, redessinés par la lutte contre la maladie d'Alzheimer dans On n'est pas là pour disparaître (1); par une parole oubliée ou envolée -celle des ouvriers attachés à un bâtiment dans Viande froide (2), ou celle des prisonniers dans Maison d'arrêt Paris-La Santé (3). Ce qui intéresse l'écrivain, c'est la limite et son franchissement, comme dans Les Fantaisies spéculatives de J.H. le sémite (4), où elle questionnait de manière amusante les commandements du Pentateuque.

L'interrogation formulée dans le titre de ce nouveau et très beau texte est celle d'une petite fille : que deviennent les rennes du Père Noël une fois la fête humaine finie ? Grâce au vouvoiement, la narratrice va mettre à distance cette enfant et la suivre de sa naissance, de son lien très fort avec sa mère, jusqu'à son entrée dans l'âge adulte. En contrepoint de la confession intime d'une femme est présentée une histoire des animaux et du sort que les humains leur ont réservé. Elle est saisie à travers les propos de ceux qui sont chargés de les soigner, de les capturer, de les élever et, bien souvent, de les tuer. L'écriture respecte l'oralité de ces conversations enregistrées par la narratrice et en restitue ce qui en constitue l'essentiel : la familiarité, parfois l'attachement, mais aussi la cruauté, quelquefois même le goût du sang. La lisière dessinée par le double récit fait surgir des questions : en quoi consiste l'humanité ? Qu'est-ce que le monde animal ? Qu'est-ce qui nous en sépare ? Très tôt, la fillette, attirée par le monde des animaux, souhaiterait en posséder un, désir d'autant plus vif qu'il est inexpliqué. Très vite, ce désir est étouffé, surtout par sa mère à laquelle elle se sent très attachée. Les vies parallèles de la petite fille et des animaux sont marquées les premiers temps par l'enfermement. Ceux-ci sont prisonniers des zoos, des règlements et décrets de plus en plus nombreux, des animaleries, parfois de l'abattage ; la fillette est, elle, enserrée dans les réseaux des codes qui lui sont imposés, langage, bienséances, coutumes, qu'elle devine très tôt conditions d'une intégration.

Son histoire est celle d'une émancipation, celle des bêtes, l'évocation d'un destin inexorable. L'itinéraire de la jeune fille est retracé à la façon d'un roman de formation, mais il ne la conduit pas à la désillusion, habituelle dans ces récits. Bien qu'amère, l'expérience la mène jusqu'à la découverte d'elle-même, et ce roman d'apprentissage se termine par un éveil. Ce registre s'oppose à la brutalité des propos de ceux qu'Olivia Rosenthal interroge au sujet des animaux. Devant la profusion de détails techniques donnés calmement sur la mise à mort, on songe au très beau documentaire de Franju, Le Sang des bêtes, montrant à l'aube des années 1950 la mort dans les abattoirs de la Villette, ou au bel essai d'Élisabeth de Fontenay, Le Silence des bêtes.

Un silence, une souffrance longtemps acceptés au nom d'un cartésianisme facile, quand de nos jours la vision des «animaux-machines», l'idée d'une séparation absolue entre le corps et la pensée paraissent singulièrement simplistes. De même, dans l'éducation sentimentale de cette jeune fille à qui Olivia Rosenthal dit «vous», il est question du corps, inséparable de l'âme et aussi des autres corps, celui de sa mère, en premier, ceux des animaux qu'elle ne peut approcher, des corps fantasmés saisis dans les contes, ou ceux qu'elle va voir sur grand écran en compagnie de sa maman. King Kong, le gorille, trop gros pour vivre en société, est donc éliminé, « mais en l'éliminant on découvre qu'on élimine aussi une partie de notre histoire et de nos origines ». Plus tard, La Féline, de Jacques Tourneur, histoire d'une femme condamnée à être transformée en panthère si elle cède à l'amour, l'aide un peu sur le chemin de la délivrance qui passe par l'acceptation du désir et de la mort.

Rarement l'histoire du lien rétabli au prix de grandes souffrances entre une femme, son corps et celui des autres, a été évoquée d'une façon aussi pudique et aussi forte. La romancière restitue à nouveau avec une retenue et une rare profondeur les incertitudes sentimentales et la question de la norme sociale, l'effort pour rentrer dans le rang par le mariage et la découverte libératrice de son amour pour une femme : « Vous acceptez l'idée que des rennes soient transportés dans des camions réfrigérés… vous ne suivez pas le traîneau, l'âge vous libère. »

FRANCINE DE MARTINOIR
http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Livres/Le-discours-aux-animaux-_NG_-2010-09-29-579621

(1) Verticales, 2007. (2) Cent-Quatre Éditions/Nouvelles Éditions Lignes, 2008 (3) Paris Musées, 2010. (4) Verticales, 2005.


Que font les rennes après Noël ? d'Olivia Rosenthal

Depuis plusieurs années, Olivia Rosenthal livre des œuvres singulières à l’intersection entre le reportage, l’exercice d’anthropologie et la fiction. Plongée au cœur du monde animal, Que font les rennes après Noël ? ne déroge pas à cette règle.


Qu’elle recueille la voix de personnes dont la langue maternelle n’est pas le français dans Les Lois de l’hospitalité, celle de détenus dans un texte consacré à la prison de la Santé, ou qu’elle s’immisce dans la peau d’un malade d’Alzheimer pour écrire On n’est pas là pour disparaître, elle réalise à chaque fois un étonnant exercice de documentaire-fiction. Exercice qui semble consister d’abord à s’imprégner de « langues » étrangères pour leur donner forme dans des fictions hyperréalistes.

Pour écrire Que font les rennes après Noël ?, plongée très documentée dans le monde des animaux, Olivia Rosenthal n’a pas dérogé à cette méthode. Elle laisse donc successivement la parole à un dresseur de loups, à un soigneur de zoo, à un boucher et à un biologiste ayant recours à des animaux pour ses expériences. Dans de courts paragraphes écrits à la première personne dont la matière est issue des entretiens menés par Olivia Rosenthal, chacun se raconte, décrivant avec la plus extrême précision les ressorts de son travail jusque dans les articles de loi qui en posent les limites, tout comme son rapport quotidien aux bêtes. La romancière croise ces témoignages presque bruts avec une « pure » fiction écrite à la deuxième personne du pluriel, l’histoire d’une fille et de son éducation jusqu’à l’âge adulte. Très classique en apparence, l’histoire de cette jeune fille qui rêve d’un animal de compagnie, grandit entourée par ses parents et se marie, Olivia Rosenthal la déforme par le regard d’éthologue qu’elle porte sur elle. La romancière observe en effet la possible animalité de cette éducation et analyse les multiples règles, accoutumances, imprégnations, réflexes, qui conditionnent cette vie humaine. Explorant les conséquences de la dépendance très forte et tardive du petit humain envers ses parents, elle propose un calque ironique au roman d’apprentissage : le roman d’élevage. Elle détourne les mots des éleveurs, des soigneurs de zoo, leurs idiolectes, pour enrichir cette fiction parallèle, qui pose de façon radicale la question d’une possible autonomie physique et psychique de l’enfant. Et ce détournement n’est pas simplement caustique, il pose de façon complémentaire la question de l’animalité et de l’humanité. Comment l’homme modifie les animaux qu’il côtoie, élève, utilise ? Que reste-t-il d’animal dans nos éducations et notre habitus ?

Souvent déroutant, le livre l’est dans sa précision quasi encyclopédique. Et les nombreux paragraphes presque autonomes qui se succèdent réussissent à trouver un vrai rythme, une fluidité renforcée par ce jeu d’échos. D’autant plus qu’au milieu de ces observations à l’allure bien scientifique, Olivia Rosenthal laisse affleurer d’étranges et obsédants fantasmes, celui de l’enfant qui rêve de s’enfuir avec les rennes après Noël ou encore celui, inspiré de La Féline de Jacques Tourneur, de la femme-panthère dévorant son mari après l’amour. Une fois n’est pas coutume, on lit avec la même passion le descriptif des règles d’hygiène qui dictent le protocole des expérimentateurs d’animaux et l’histoire doucement cruelle de la libération de cet individu humain femelle qui peine tant à s’affranchir de l’imprégnation de son milieu parental.

Victor Pouchet
http://www.magazine-litteraire.com/content/rss/article?id=17630

Littérature : Rencontre avec Olivia Rosenthal (Par Audrey Hadorn)
http://www.lyoncapitale.fr/journal/univers/Culture/Litterature/Litterature-Rencontre-avec-Olivia-Rosenthal

Avec Que font les rennes après Noël ?, Olivia Rosenthal vient d’obtenir le Prix du Livre Inter. Lyon Capitale avait rencontré l’auteure lors des Assises Internationales du Roman et avait évoqué avec elle, cet étrange récit qui brosse le portrait de la condition humaine à travers celle de l’animal.


Lyon Capitale : La relation entre l’homme et l’animal est décryptée dans votre roman Que font les rennes après Noël ?. Comment est né un tel questionnement dans votre écriture ?

Olivia Rosenthal : En écrivant le roman, j'étais entièrement occupée à travailler la structure du texte et à réunir des informations et des documents pour composer le livre. L'objectif était de trouver une autre manière de parler des liens que les hommes tissent avec les animaux, et pour ce faire de réaliser des entretiens avec des gens qui travaillent régulièrement avec eux. Après avoir achevé le livre j'ai compris qu'on pouvait y lire une réflexion sur le statut de l'animal. Mais cette réflexion n'est ni philosophique, ni juridique, ni anthropologique, c'est le récit et la fiction qui la tient de bout en bout.

Le recours à la condition animale donne lieu à une réflexion profonde sur la liberté dans votre livre avec ce récit passionnant et riche en sens sur l’Homme et la condition humaine. Comment est-né ce roman ? Quel regard portez-vous sur le rôle et la présence de l’animal dans votre roman ?

Je voulais vraiment écrire un livre sur les animaux, et plus exactement sur le partage du territoire entre hommes et bêtes. Et j'ai d'abord commencé un récit beaucoup plus linéaire que je n'arrivais pas vraiment à construire. C'est à ce moment là que j'ai rencontré Stéphane Thidet, un artiste plasticien invité au festival Estuaire à Nantes. Il voulait faire venir une meute de loups dans la ville et m'a demandé si je voulais bien écrire un texte sur les loups pour accompagner son œuvre. J'ai accepté et ai commencé un travail de documentation: j'ai fait un long entretien avec le dresseur qui allait venir avec ses loups à Nantes, j'ai lu des dossiers de contrats et des tas de lois sur les animaux sauvages et domestiques. Ce travail préalable m'a convaincue de la richesse du sujet et j'ai donc décidé de poursuivre le travail en interrogeant plusieurs professionnels (soigneur de zoo, expérimentateur de laboratoire, vétérinaire, boucher etc.). Au final, je ne crois pas que mon livre parle des animaux, mais il parle des relations complexes, ambivalentes et difficiles que nous entretenons avec eux. C'est la frontière entre eux et nous, le vacillement de cette frontière, la manière dont l'animal nous renvoie à notre humanité et à notre animalité qui, je crois, est au cœur de ce livre.

L’animal est rarement au cœur des problématiques romanesques, d’après vous qu’est-ce que le roman peut nous dire sur l’animal (par rapport à la science, la sociologie, la philosophie…) ?

L'avantage de la littérature, c'est qu'elle permet de construire véritablement des fictions animales: par exemple Le Terrier de Kafka, c'est vraiment un texte qui nous fait entrer dans un monde fait de peurs, d'observations, un texte qui parle en des termes extrêmement précis de ce que peut être l'affairement d'un animal, sa crainte de l'intrus, la nécessité pour lui de se trouver un refuge et en même temps la sensation qu’il peut éprouver d'être prisonnier de son refuge. Ce texte nous permet de connaître pour la première fois une expérience dont nous n'avons qu'une vague idée. Et seule la littérature a ce pouvoir: nous conduire à nous mettre à la place de.

Que font les rennes après Noël ? vous semble-t-il marquer une rupture par rapport à vos précédents ouvrages, aussi bien au niveau du fond que de la forme -puisque on oscille entre le "roman d’apprentissage", le "manuel de retour à la vie sauvage", le "récit expérimental", le "conte philosophique" avec une démarche qui sort de l’ordinaire ?

Ce livre est vraiment dans la continuité des précédents, je n'aurais sans doute pas pu l'écrire si je n'avais publié avant On n'est pas là pour disparaître et Viande froide. D'une part, il a été réalisé à partir d'entretiens comme mes précédents livres; d'autre part il est à la frontière de la fiction et du documentaire comme les autres livres que j'ai cités. En même temps, j'y tente quelque chose de nouveau car quand j'écris, j' essaye à chaque fois de prendre une voie nouvelle, de ne pas refaire le même chemin, et aussi bien sûr de sortir de l'ordinaire, de trouver quelque chose de différent, d'expérimenter des formes qui permettent de sortir des catégories toutes faites pour que le lecteur ait la sensation de sortir de son territoire de connaissance, d'être à la frontière de l'inconnu. C'est en tout cas ce que je cherche quand je lis, c'est donc aussi ce que je cherche quand j'écris.



Dernière édition par Active X le Lun 23 Avr 2012 - 13:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Lun 28 Nov 2011 - 2:52

À travers ses 5 rubriques, Images, Appareils, Société, Cerveau, Villes, TK-21 La revue poursuit ses réflexions théoriques, analytiques et ses propositions créatrices.

TK-21 La revue présente une nouvelle vidéo de Meggie Schneider, images de capsule stellaire dans laquelle elle amplifie, jusqu’à les rendre « signifiants », les gestes des hommes en état d’apesanteur.

TK-21 La revue ouvre ses colonnes à l’ouvrage intitulé, Lettre au Tyran, de Laure Reveroff, publiant, cette fois, l’introduction et les premiers chapitres. Cet ouvrage propose une analyse radicale des formes contemporaines de la tyrannie.

http://www.tk-21.com/TK-21-La-revue-vous-propose-sa,132
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