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 CITATIONS DE CÉLINE

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JOHN
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MessageSujet: CITATIONS DE CÉLINE   Lun 11 Déc 2006 - 22:58

CARACTÉRISTIQUES DU GÉNIE
(selon L.-F. Céline, 1894-1961)


I) SACRIFICE PERSONNEL DU GÉNIE

« L’on a souvent dit de Céline qu’il était un visionnaire : c’est le plus mauvais adjectif que l’on puisse accoler à son nom… le visionnaire a des communications surnaturelles, c’est la bergère d’esprit, ou un pape avant son trépas. Lui, avec sa tête qui dépassait, il était épouvantablement lucide, il avait diagnostiqué son époque malade et pour guérison, avait conseillé des remèdes à des sourds volontaires. […] La guerre de 1914, ce massacre forcené et imbécile entre gens de qualité, l’avait marqué à jamais. Avec un égoïsme normal et standard, il aurait vécu heureux dans l’opulence et la réussite respectée. »

> « Mon ami Céline » par Pierre Duberger (1920-1992), Magazine Littéraire (hors-série n°4, 2002)

*-*

« A la télévision on lui demanda sa dernière pensée s’il venait à mourir en pleine émission : « Ah ! bien put-il répondre, au revoir et merci ! Ah ! ça suffit, oui. Je ne vous veux aucun mal, mais, mon Dieu, vous vous occupez bien de vous-mêmes, ça va, moi, je m’en suis trop peu occupé. J’ai manqué d’égoïsme, c’est assez rare. Le monde en est plein n’est-ce pas ! » (L’Herne, p316) »] [1] (Chap. « Sermon sur la Mort et le petit nombre des élus », p. 568)

« Qu’est-ce en son essence que la [véritable] Résistance ? Une action contre l’envahissement par l’ennemi. Si l’on veut retenir cette définition, Céline fut un des premiers résistants de France. » (chap. « Vox Clamans », p.166)

« L’art poétique des bardes est fondé sur l’émission du « souffle » : il doit être donné jusqu’à « l’expiation » totale pour ce qu’on croit la vérité […] Lorsque Céline nous dit : « La vérité de ce monde, c’est la mort. Il faut choisir ou mentir. Je n’ai jamais pu me tuer moi » (Voyage), il fait acte d’« écrivain engagé », vivant dans une Démocratie aveugle. Pour ne point mourir, son discours, avant la tuerie, doit libérer le « souffle » animant sa conviction intime. » (p.167)

« Plus tard, dans sa geôle, le barde s’interrogea sur l’utilité de son Art : pourquoi s’acharner à sauver les hommes chloroformés par leurs Princes ? Son art poétique : – « tout dire » – lui tendait un traquenard. » (p.168)

« Il parlerait comme il pensait, mais au péril de sa vie, […]. Son « souffle » breton protestait : « Moi qui voyais, moi qui sentais, j’ai tout sacrifié pour prévenir ce pays, mon pays, j’aurais pu tout garder pour moi et vivre tranquille en égoïste moyen… à l’abri. J’en avais les moyens. Non… Il a fallu que je me fasse remarquer à envoyer des signaux de perdition avec mon stylo… ma seule arme ! ça ne m’a pas réussi !!! […] c’est trop tard… trop tard depuis longtemps… trop tard depuis 1943… depuis Stalingrad. » *
* [« L’histoire ne repasse pas deux fois les plats », dira-t-il après Stalingrad. » (p.11)]

Mais aussitôt, dénombrant tous les parvenus de ce temps, il ne regretta jamais la fidélité à son art bardique, même si son olifan souffla « dans le mauvais sens ». « Je me suis donné un mal de chien pour empêcher les Français de se battre : ils se sont battus. Il y en a qui ont foutu le camp avec une chiasse terrible, et ça a fini en apothéose… pratique… C’est pratique de métamorphoser une immense défaite, la plus honteuse de son histoire, en une victoire effroyable. » (Cahiers Céline, 2, p105, l’Heure de Paris) » (p.169-171)

« En 1945, de Copenhague, le futur oiseleur de perroquet confiait à Charles Delahaye : « Nous savons tous qu’il n’y a plus de politique purement française. Il s’agit d’une raison d'État, ou de raisons d’alliance bien sordides avec tel ou tel bloc. Mais qu’ai-je, moi pauvre individu, à me mêler à ces hautes tractations entre princes ? Je m’y fais broyer ! […] Je n’avais qu’à m’occuper de mes oignons […] Vive la Loi… d’où qu’elle sorte ! d’USA, d’URSS ou d’Asie. » » (p.172)

> Paul del Perugia, Céline (NEL, 1987)

*-*

« Ma manie maintenant les ronds… j’ai pas assez pensé aux ronds… le malheur de ma vie d’avoir pensé à autre chose… je pense à Achille [=Gaston Gallimard], aux autres milliardaires… ils ont jamais pensé qu’aux ronds !... ils sont heureux… regardez à l’Épuration, vous aviez des ronds, ça allait !... » (p.126)

« Il faut jamais rien conseiller ! qu’ils se grattent, baisent, labourent, mijotent, pourrissent !... et hardi ! les gens vous en veulent à mort pour n’importe quel petit conseil !... regardez un petit la France, j’y ai assez dit en long en large la gueule qu’elle aurait un moment ! et regardez comme elle m’a traité !... l’état qu’elle m’a mis ! moi ! juste le seul qui voyait juste !... et les plus pires désastreux cons, si fiers à présent ! cocoriquant haut du fumier, l’effroyable décombre ! » (p.370)

« La prison n’est-ce pas c’est l’école, vous y avez été ? pas été ?... les vraies leçons !... ceux qu’ont pas été, même nonagénaires, et mèche, sont que des sales puceaux bavardeux cabotins, gratuits… ils causent et savent pas !... » (p.90)

« Je voudrais y voir Mauriac, Morand, Aragon, Vaillant, et tutti, leur galoubet, après six mois ! et frutti ! cette révélation !... et forte chiasse ! tout leur jean-foutrerie sous eux ! moi là je le dis, et je suis fier, le moral a toujours tenu ! le corps a cédé, j’avoue… parti par morceaux… lambeaux rouges… comme rongé… le mal de l’ombre et des « pontons »… ils pouvaient me mettre aux cancéreux, je surprenais personne !... » (p.145)

« J’aurais voulu voir Montherlant, Morand, Carbuccia, y tâter ! s’ils seraient toujours cocktailisants, immuns, mondains marles… » (p.143)

« Nobert Loukoum [=Jean Paulhan, le patron de la NRF, connu essentiellement pour sa préface de Sade], je le fais exprès, ça l’emmerde, je lui parle exprès du cabanon… il y a jamais été pardi !... lui !... ni Achille [= Gaston Gallimard, car les éd. Gallimard étaient sises rue Achille Bottin] !... Malraux non plus… Mauriac non plus… et le fœtus Tartre !... [= Sartre] et Larengon !... [= Aragon] la Triolette aux cabinettes !... comme ça toute une clique fins madrés !... l’élite «tourneveste » !... qu’arrêtent pas de jouer les effrayants !... […] et qui sont que des mous !... des « retraités » de naissance… dès après le biberon, la nourrice un peu langoureuse, le cher lycée, le petit ami de cœur, « l’emploi réservé ! » hop ! dix douze dépiautements, renfilements de chandails… ç’en est fait ! la forte pension Caméléon ! gagné !... pension « indexée » !... et la Promenade des Anglais !... un peu de pissotière… distinction !... l’Académie !... Richelieu !... les croûtons !... pas payeurs !... jamais !... payés toujours ! » (p.148) *

* [+ p.200 : « « gratuits » tous !... jamais payeurs !... »]

« Nous en avions notre quota ! d’intellectuels à Siegmaringen… des vrais cérébraux, des sérieux !... […] tous intellectuelles bien sérieux !... c’est-à-dire pas gratuits ! verbaux ! du tout ! non !... payants ! l’article 75 au trouf ! bien viandes à poteaux !... […] que des authentiques !... des « appellations contrôlées » ! tous on peut le dire : clercs impeccables ! crevant bien de faim, de froid, et de gale…. » (p.160)

« j’ai eu plus tard moi aussi les poignets enchaînés pareil, dans le dos… j’ai même fait du tourisme tel quel, en autobus grillagé… tout Copenhague, de la Prison Venstre à Politiigaard, pour me demander si c’était vrai que j’avais commis tel crime ?... tel autre ?... […] je vois Achille, Mauriac, Loukoum, Montherlant, Morand, Aragon, Madelaine, Duhamel, tels autres bouillonnants politiques, ils savent pas non plus ! ça leur ferait joliment du bien !... ils donneraient plus du tout de cocktails !... peinards dans la merde, enchaînés !... sages ! et au fait !... la valeur des mots et des choses ! » (p.273)

> Céline, D’un château l’autre (1957)

« Ce qu’on aurait dû me dire au berceau : « môme, tu es de la race des larbins, tiens-toi modeste et très rampant, surtout ne va jamais t’occuper de ce qui se passe à la table des maîtres ! » je me serais planqué en 14, j’aurais pas ouvert mon clapet… que des oui !oui !oui !... En 40, je me serais sauvé avec les autres, et « rengagé » dans les « héros »… […] Je serais foutu le camp avec tout le monde, les autres gens, vingt ans plus tard, que tout s’était passé admirable !... de plein droit alors, un ministère, le Nobel et l’Académie… » (p.315)

« Le crime, humainement parlant, l’irrémissible gaffe : penser aux autres !... Sagesse, Égoïsme font un excellent ménage, hideux merdeux, mais si compact ; adorable solide ! » (p.369)

> Nord (1960)

« Certes faut être fumier de très bonne heure, faut que la famille s’en occupe, autrement ça se développe moins bien, c’est une question de premier âge, en plus d’heureuse hérédité, la bonne étoile c’est d’être bien né, sous des parents qui comprennent. Ça s’ensemence la vermine, ça se cultive en tiède, à l’ombre, ça prolifère, c’est heureux, plus heureux foutrement que l’aigle qui croise là-haut dans les tempêtes. [1] La vermine quel avenir immense ! raisonnable ! coup sûr ! Les aigles il en reste presque plus. Par Hiram bordel ! la Terre tourne ! Elle contient plus de mauvais que de bon ! Les jeux sont faits ! » (p. 43)

> Les beaux draps (1941)

********************************


[1] = SCHOPENHAUER (1788-1860) dans Le Monde…, au Chapitre « Du Génie », p.1113-1117 :

« La médiocrité tient au fond à ce que l’intellect, trop fortement attaché encore à la volonté, n’entre en activité que stimulé par elle et demeure par suite tout entier à son service. Les gens médiocres ne sont ainsi capables de travailler qu’à des fins [ou ambitions] personnelles. […] Toute leur conduite, toute leur façon de penser est donc [en réalité] personnelle. […]

Tout le problème revient au fond à savoir où l’homme place le sérieux. Pour la plupart des hommes il réside exclusivement dans leur bien propre et dans celui des leurs ; […] C’est pour la même raison que des hommes de génie veillent souvent si mal à leur bien-être [ou leur intérêt propre]. De même qu’une masse de plomb attachée à un corps le ramène toujours dans la position que réclame le centre de gravité ainsi déterminé ; de même le sérieux véritable de l’homme attire toujours de son côté la force et l’attention de l’intellect. […]

Aussi n’y a-t-il que ces individus d’espèce si rare et anormale, ces hommes dont le sérieux réside non dans des fins personnelles et pratiques, mais dans l’objectivité et dans la spéculation, qui soient capables de concevoir l’essence des choses et du monde, c’est-à-dire les vérités les plus hautes, et les exprimer de quelque façon. Car le sérieux ainsi placé en dehors de l’individu, dans l’objectif, est chose étrangère, contraire à la nature, surnaturelle même ; c’est cependant pour l’homme le seul moyen d’être grand. Pour un tel homme, sculpture, poésie, pensée est une fin ; pour les autres, ce n’est qu’un moyen. Ceux-ci n’y recherchent que leur affaire, et en général ils savent réussir, parce qu’ils se plient aux goûts de leurs contemporains, prêts à en servir les besoins et les caprices : aussi vivent-ils presque toujours une situation heureuse. La situation de l’homme de génieest souvent, au contraire, très misérable [ou peu confortable] : c’est qu’il sacrifie son bien-être personnel à la fin objective, et il ne peut faire autrement, puisque c’est là qu’il place le sérieux. Les autres agissent en sens inverse : aussi sont-ils petits, tandis que le premier est grand. […]

En général n’est grand que celui dont l’activité, soit pratique, soit théorique, n’est pas la recherche d’un intérêt personnel, mais uniquement la poursuite d’une fin objective : et alors il reste grand encore quand dans l’application cette fin serait une méprise et quand même un crime devrait en résulter. Ne pas songer à sa personne ni à son intérêt, voilà toujours et partout ce qui le fait grand. Petite au contraire est toute activité dirigée vers des fins personnelles ; car celui qu’une pareille vue met en mouvement ne se reconnaît et ne se retrouve soi-même que dans sa propre personne, dans cet individu d’une petitesse imperceptible. Le grand homme, au contraire, se reconnaît en toutes choses, et par suite dans l’ensemble ; il ne vit pas, comme l’autre, uniquement dans le microcosme, mais plus encore dans le macrocosme. Aussi est-ce l’ensemble qui lui tient à cœur ; il cherche à le saisir pour le reproduire, pour l’expliquer ou pour exercer sur lui une action pratique. Car ce n’est pas pour lui chose étrangère ; il sent que tout cela le concerne. C’est à cause de cette extension de sa sphère qu’on le nomme grand. Aussi ce noble attribut [de grand] ne convient-il qu’au vrai héros, en quelque sens que se soit, et au génie : il énonce que ces individus, contrairement à la nature humaine [ordinaire], n’ont pas cherché leur bien propre, ils ont vécu non pour eux-mêmes, mais pour l’humanité entière. »

« [à l'inverse] L’intellect de l’homme raisonnable et judicieux est au contraire toujours à son poste, fixé sur les événements et les dispositions qu’ils réclament : en toute circonstance, il décidera et exécutera les mesures les plus convenables ; jamais il ne se laissera aller à des excentricités, à ces méprises personnelles, à ces sottises même auxquelles le génie est exposé par la condition [naturelle] de son intellect [pas uniquement dévoué au service de calculs ou d’ambitions personnels comme le commun des mortels], qui, loin d’être exclusivement le guide et le gardien de sa volonté [= de l'intérêt personnel], appartient plus ou moins à l’objectivité pure. » *

* : cf. Céline :
- « D’abord n’importe où et n’importe quand, paix, calme plat, guerres, convulsions, vagins, estomacs, verges, gueules, braquets, à ne savoir où les mettre ! à la pelle !... mais les cœurs ?... infiniment rares ! depuis cinq cents millions d’années, les verges, vagins, tubes gastriques, se comptent plus, mais les cœurs ?... sur les doigts !... » ( Nord , p. 227)
- « Les autres sont prudents, parce qu’ils ont de belles situations… je suis sûr que même un… comme Duhamel, il sait bien ça aussi… Mais il se dit : “Merde ! je suis à 'l’Alliance Française', je gagne un million par mois attention.” Il pense à l’avenir quoi ! les paroles imprudentes, on les fait payer cher ! Il faut être dans le sens de l’histoire. Ce sont des gens qui savent se tenir, quoi, qui sont convenables… L’homme convenable, c’est celui qui ne dit rien… Alors, ils ne disent rien… Mais ils le disent, alors, avec une phraséologie ! » (Cahiers Céline, t. 2, p. 223)


Dernière édition par JOHN le Sam 14 Juin 2008 - 21:26, édité 14 fois
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JOHN
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MessageSujet: CARACTÉRISTIQUE DU GÉNIE (suite)   Lun 11 Déc 2006 - 23:06

II) MÉMOIRE ET GÉNIE

CÉLINE (1894-1961) dans Féerie pour une autre fois (1952), p. 24 :

« J’ai de la mémoire, je grave les choses, je peux rien oublier… »

+ dans Nord (1960), p. 219 :
« "Jeunesse oublieuse"… moi, la mienne oublie rien du tout, la preuve que je gagne ma vie avec… »

+ dans D’un château l’autre (1957), p. 176 :

« Je pense toujours à elle [la chienne morte, Bessy, du Danemark], même là dans la fièvre… d’abord je peux me détacher de rien, ni d’un souvenir, ni d’une personne, à plus forte raison d’une chienne… je suis doué fidèle… fidèle, responsable… responsable de tout !... une vraie maladie… anti-jean-foutre… » **


** = CIORAN (1911-1995) dans Cahiers, p. 165, 660 :

« Pour être écrivain, il ne suffit pas d'avoir du talent, il faut encore pouvoir ne rien oublier. » (p.165)

« Je me souviens très mal des gens et des lieux. Comment y demeurerais-je fidèle ? La fidélité suppose une bonne mémoire. La mémoire est la condition et le fondement de la vie morale. (1)
On peut dire aussi que la mémoire est la base de tous les mauvais sentiments, en commençant par la rancune. Qui oublie, qui pardonne ? Celui dont la mémoire, défectueuse, ne conserve pas toutes les offenses.

La fidélité et le ressentiment ont le même fondement. Qui est capable de l'un est capable de l'autre. Y sont inaptes les esprits décousus, futiles, désinvoltes (les sauteurs). Ils ne se font tuer pour personne, et ils ne tuent personne. » (p.660)


(1) = WEININGER (1880-1903) dans Sexe et Caractère (1903) au Chap. « Don et mémoire », p. 105-109 :

« Le meilleur moyen de juger objectivement si un homme est doué ou non ainsi que de l’étendue de ses dons et de la capacité [et de l’intégrité] de son esprit est le suivant : étant resté longtemps sans le voir, lui parler de sa rencontre précédente avec lui, et essayer de reprendre avec lui la conversation où elle a été laissée. On ne tardera pas à remarquer combien, chez l’homme doué, cette conversation est restée vivante, combien elle n’a cessé d’agir sur lui fortement, et combien il en a gardé en mémoire tous les détails. L’homme moins doué, en revanche, peut oublier jusqu’à des pans entiers de sa vie. (…)

La mémoire ne fonctionne chez la plupart des êtres que par à-coups, de manière épisodique et associative. L’impression que l’être de génie reçoit est durable ; il n’y a même que de lui qu’on puisse dire qu’il est capable de recevoir des impressions. Là est la cause de ce que beaucoup de grands hommes, si ce n’est même tous, au moins périodiquement, souffrent d’ idées fixes. »

+ dans Sexe et Caractère (1903) au Chap. « Mémoire, logique, éthique », p. 131 :

« La source de toute erreur est toujours un manque de mémoire. Ainsi la logique et l’éthique, qui sont indissociables dans l’exigence de vérité, sont-elles liées ensemble d’une autre manière encore à la mémoire. […] La mémoire est en outre morale en ce qu’elle seule rend possible le remords. Tout oubli en revanche est en lui-même déjà immoral. »

+ dans Sexe et Caractère (1903) au Chap. « Le problème du moi et le Génie », p. 148-155 :

« Le génie est aperception universelle et par là-même mémoire parfaite et absolue intemporalité. Mais pour apercevoir une chose, il faut avoir en soi quelque chose qui la rappelle. On ne remarque, ne comprend et ne saisit que ce avec quoi on présente une ressemblance. *** L’homme de génie est celui chez qui le moi est le plus intense, le plus vivant, le plus conscient, le plus continu et le plus unitaire. […]

Le génie n’est qu’une moralité supérieure. Le grand homme n’est pas seulement le plus fidèle à lui-même, le moins oublieux de sa propre vie, celui à qui l’erreur et le mensonge sont le plus odieux et insupportables ; il est aussi le plus social en même temps que le plus solidaire. Le génie est une forme supérieure de l’être, non seulement intellectuellement, mais moralement. »

*** + Céline (1894-1961) dans L’École des Cadavres (1938), p. 269-270 :

« Le malheur, c’est que les gens vous jugent toujours d’après leurs propres tendances [en fonction de ce qu’ils sont eux-mêmes, de leur propre fond], et qu’ils sont presque tous à vendre, n’importe quel jour, par tous les temps. Même les plus riches, les plus superbes. Ils arrêtent pas de s’offrir. En fait, leur vie n’est qu’un putanat perpétuel plus ou moins décoratif, plus ou moins miteux, plus ou moins chichiteux, somptueux, prétentieux.
[…] Cessez de me juger d’après vous-mêmes, à votre mesure. »


Dernière édition par JOHN le Lun 5 Mai 2008 - 22:04, édité 6 fois
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el spirito
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MessageSujet: Re: CITATIONS DE CÉLINE   Mar 12 Déc 2006 - 0:00

CELINE TOUJOURS LUCIDE...comme le miroir de blanche neige qui repondrait à la reine:" non,mais...t'as vu ta gueule???".

Il ne se payait pas de mots,le Ferdinand...il s'payait des fioles!
Il a toujours raquer,jamais ramasser...sauf de la vindicte..et "populaire",attention!!!

Le medecin des pauvres a fait sa thèse sur un pauvre médecin incompris de son époque...et qui en est mort, d'ailleurs!
Celui ci avait juste remarquer les dégats que faisaient les carabins Viennois dans les hopitaux pendant des accouchements...quand ils se lavaient pas les mains!!
Ferdinand,lui,a remarqué les dégats que pouvait produire la connerie quand elle accouchait des programmes politiques!

Les deux préconisaient une saine hygiène...physique pour l'un...mentale pour l'autre...ça a même finit par se confondre!
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MessageSujet: INSOMNIE (LUCIDITÉ) ET GÉNIE   Mar 12 Déc 2006 - 2:21

III) INSOMNIE (LUCIDITÉ) ET GÉNIE

Cioran (1911-1995) a écrit dans Cahiers, p. 844 :

« Ce Juif arménien, Milton Hindus, qui a été le premier être humain à s'intéresser à Céline réfugié au Danemark, ne comprend pas la frénésie et l'hystérie de ce dernier, il n'en devine pas la cause exacte. Or Céline lui répète inlassablement qu'il souffre d'insomnie, qu'il prend parfois un soporifique toutes les heures. C'est là qu'il faut chercher l'explication d'une fièvre furieuse et presque ininterrompue. « De toute façon, je ne peux pas dormir », ne cesse de lui dire Céline, et lui, l'exégète se perd en conjectures, et ne comprend rien. (1)

Quand je me suis occupé de Maistre [Cf dans Exercices d’admirations (1986)], au lieu d'essayer d'expliquer le personnage en accumulant données sur données, il aurait fallu simplement rappeler aux lecteurs éventuels qu'il dormait trois heures par nuit tout au plus. Cela suffit pour faire comprendre l'extravagance, la passion, le frémissement et la violence d'un écrivain ou de n'importe qui. Ce détail capital, le plus important assurément, j'ai négligé de le donner. Omission regrettable, quand on songe que l'humanité se partage en deux catégories irréductibles : les dormeurs et les veilleurs, qui représentent deux mondes incapables de communiquer, tant ils relèvent de vérités et d'univers différents. » *

* Repris dans Aveux et anathèmes (1987), chap. « Face aux instants » :

« M’étant occupé jadis de Joseph de Maistre, au lieu d'expliquer le personnage en accumulant détails sur détails, j’aurais dû rappeler qu’il n’arrivait à dormir que trois heures tout au plus. Cela suffit pour faire comprendre les outrances d’un penseur ou de n'importe qui. J’avais cependant omis de signaler le fait. Omission d’autant plus impardonnable que les humains se partagent en dormeurs et en veilleurs, deux spécimens d’êtres, à jamais hétérogènes, qui n’ont en commun que leur aspect physique. » **

** + Alain Soral dans CHUTe ! (2006), p. 190 :

« Je ne sais plus qui a dit qu’il y a sur terre les « dormeurs » et les « veilleurs », ceux qui – comme Popovic avec son foot, son alcool, ou Ali avec son shit –, parviennent à décrocher un tiers du temps, et les veilleurs comme Viscard, chez qui l’inquiétude [et la lucidité] à plein-temps tourne à la torture, l’obsession… »

+ Céline (1894-1961) dans Voyage au bout de la nuit (1932), p. 214 (de l'éd. folioplus) :

« C’est triste des gens qui se couchent, on voit bien qu’ils se foutent que les choses aillent comme elles veulent, on voit bien qu’ils ne cherchent pas à comprendre eux, le pourquoi qu’on est là. Ça leur est bien égal. Ils dorment n’importe comment, c’est des gonflés, des huîtres, des pas susceptibles. »

+ dans Entretiens avec le Professeur Y (1955), p. 59-60 :

« Y a que les « crève-la-faim » qui sont réveillés, les autres dorment… tous les gens sûrs du lendemain dorment… on les voit partout, en auto, au bureau, à la campagne, en ville, dans le monde, en croisière… ils se font balader beaucoup… blablater beaucoup, ils ont l’air de faire quelques chose, ils font rien, ils dorment… »

(1) = Céline (1894-1961) dans Mort à crédit (1936), p. 17 :
« Mon tourment à moi c’est le sommeil. Si j’avais bien dormi toujours j’aurais jamais écrit une seule ligne. »

+ dans Nord (1960), p. 244, 247 :
« Je dors jamais beaucoup, ni profond… je me contente de m’allonger tout droit… » (p.244)

« Le sommeil, pour vous faire comprendre… je peux dire que je ne dors que par instants depuis novembre 14… je m’arrange avec bruits d’oreilles… je les écoute devenir trombones, orchestre complet, gare de triage… c’est un jeu !... » (p.247)

+ dans Voyage au bout de la nuit (1932), p. 454 (de l'éd. folioplus) :

« [Pour pouvoir trouver le sommeil il faut suffisamment d’insouciance.] Ne croyez donc jamais d’emblée au malheur des hommes. Demandez-leur seulement s’ils peuvent dormir encore ?... Si oui, tout va bien. Ça suffit. »

+ dans Nord (1960), p. 247 :
« Pour dormir il faut de l’optimisme, en plus d’un certain confort… »

+ Alain Soral dans CHUTe ! (2006), p.53 :

« L’autre conséquence de petite loterie de la fessée [= d’enfant battu par un père brutal], c’est qu’elle m’a ôté la qualité du sommeil. Une insomnie tenace qui a orienté toute ma vie puisque dormant mal et peu, il me fut toujours très difficile de me lever. Et comme les choses sérieuses commencent tôt le matin, adieu les études, plan de carrière… Ce n’est pas à moi que cette vie appartient. »


ANNEXE CIORAN (1911-1995) : VIE ET INSOMNIE

dans Entretiens, p. 86-87 (Entretien 1982) :

« La vie n’est possible que par la discontinuité. C’est pour ça que les gens supportent la vie, à cause de la discontinuité que donne le sommeil. La disparition du sommeil créé une sorte de continuité funeste. […] Je considère personnellement que l’insomnie, c’est la plus grande expérience qu’on puisse faire dans la vie. C’est la plus terrible, toutes les autres ne sont rien à côté. Je suis net et définitif là-dessus. »

+ dans De l’inconvénient d’être né (1973), chap. X :
« L’inconscience est le secret, le « principe de vie » de la vie. Elle est l’unique recours contre le moi, contre le mal d’être individualisé, contre l’effet débilitant de l’état de conscience, état si redoutable, si dur à affronter, qu’il devrait être réservé aux athlètes seulement. »

+ dans Cahiers, p892 :

« Le sommeil est l'activité la plus importante et la plus profonde du vivant. Quand on y sombre, on a l'impression de rejoindre le chaos avant la naissance de tout germe et quand on en émerge, de traverser en un instant toute l'histoire de la vie, c'est-à-dire quelques milliards d'années.

Le sommeil comme événement. Il est capital, et il est significatif que la plupart, sinon la totalité des suicides sont occasionnés par l'insomnie. Le sommeil guérit tout : aucun chagrin n'y résiste. Mais le manque de sommeil grossit le moindre ennui, et convertit une contrariété en catastrophe. On n'imagine pas un visionnaire, c'est-à-dire quelqu'un qui est porté vers l'exagération extrême, dormant bien. La démesure est fruit des veilles. » *

* Repris dans Aveux et anathèmes (1987), Chap. « Face aux instants » :
« Bien plus que le temps, c’est le sommeil qui est l’antidote du chagrin. L’insomnie, en revanche, qui grossit la moindre contrariété et la convertit en coup du sort, veille sur nos blessures et les empêche de dépérir. »

[+ Voir aussi dans itinéraire d’une vie: E.M. Cioran (éd. Michalon), Entretien 1990, p86 et p92.]

+ dans Entretiens, p. 287, 290-291 ((dernier) Entretien 1994) :

« C’est à peu près à vingt ans que j’ai perdu le sommeil et je considère cela comme le plus grand drame qui puisse arriver. […]

La vie n'est supportable qu’à cause de la discontinuité. Au fond, pourquoi est-ce que l’on dort ? Non pas tellement pour se reposer, mais pour oublier. Le type qui se lève le matin après une nuit de sommeil a l'illusion de commencer quelque chose. Mais si vous veillez toute la nuit, vous ne commencez rien. À huit heures du matin vous êtes dans le même état qu'à huit heures du soir et toute la perspective sur les choses change nécessairement. […]

Les nuits blanches sont la plus grande expérience que l'on peut faire dans la vie, elles vous marquent pour le reste de votre existence. On comprend bien pourquoi autrefois la torture – maintenant je crois que cela n'existe plus – consistait à empêcher les accusés de dormir : au bout de quelques nuits ils avouaient tout !

Le secret de l'homme, le secret de la vie, c'est le sommeil. C'est ça qui rend la vie possible. Je suis absolument persuadé que si l'on empêchait l'humanité de dormir, il y aurait des massacres sans précédent, l'histoire finirait. Ce phénomène m'a ouvert les yeux pour toujours, pour ainsi dire. Ma vision des choses est le résultat de ces veilles, j'ose dire les « veilles de l'esprit », c'est prétentieux, mais enfin c'est un peu ça. »

+ dans Le Mauvais Démiurge (1969), chap. « Pensées étranglées », I :
« Toutes nos pensées sont fonction de nos misères. Si nous comprenons certaines choses, le mérite en revient aux lacunes de notre santé, uniquement. »

+ dans Écartèlement (1979), chap. « Ébauches de vertige », IV :
« On vit dans le faux qu’aussi longtemps qu’on n’a pas souffert. Mais quand on commence à souffrir, on n’entre dans le vrai que pour regretter le faux. »

+ dans Cahiers, p261 [+voir aussi p. 98, 822, 892] :
« Si on veut savoir ce qu'est la vie, ce qu'elle vaut, il importe de se rappeler que la seule chose qui nous réconcilie avec elle est le sommeil, c'est-à-dire ce qui précisément n'est pas elle, ce qui est sa négation. »

+ dans De l’inconvénient d’être né (1973), chap. VII :
« Nous acceptons sans frayeur l'idée d'un sommeil ininterrompu ; en revanche un éveil éternel (l'immortalité, si elle était concevable, serait bien cela), nous plonge dans l'effroi.
L'inconscience est une patrie ; la conscience, un exil. »

+ dans Écartèlement (1979), chap. « Ébauches de vertige », IV :
« On s’endort toujours avec un contentement qui ne se laisse pas décrire, on glisse dans le sommeil et on est heureux de s’y enfouir. Si on se réveille à contre cœur, c’est qu’on ne quitte pas sans déchirement l’inconscience, véritable et unique paradis. Autant dire que l’homme n’est comblé que lorsqu’il cesse d’être homme. » **

** = Schopenhauer (1788-1860), dans Le Monde…, Chap. « De la vanité et des souffrances de la vie », p. 1341 :
« Quoi qu'on dise, le moment le plus heureux de l'homme heureux est encore celui où il s’endort, comme le plus malheureux de la vie de l'homme malheureux est celui de son réveil. »

+ dans Le Monde comme Volonté et comme Représentation, p. 410 :
« En sorte que cette brièveté de la vie, dont on se plaint tant, serait encore ce que la vie a de mieux. »
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MessageSujet: CITATIONS DE CÉLINE   Sam 21 Avr 2007 - 16:31

CITATIONS DE CÉLINE SUR LA CONSCIENCE DE CLASSE



dans Voyage au bout de la nuit (1932), (éd. Folio-plus) :

« On est nous les mignons du Roi Misère. C’est lui qui nous possède ! Quand on est pas sages, il serre… On a ses doigts autour du cou, toujours, ça gêne pour parler, faut faire bien attention si on tient à pouvoir manger… Pour des riens, il vous étrangle… C’est pas une vie…. » (p12) [2]

« On est tous assis sur une grande galère, on rame tous à tour de bras, (…) On travaille ! qu’ils disent. C’est ça encore qu’est plus infect que tout le reste, leur travail. On est en bas dans les cales à souffler de la gueule, puants, suintants des rouspignolles, et puis voilà ! En haut sur le pont, au frais, il y a les maîtres [qui s’engraissent] et qui s’en font pas, avec des belles femmes roses et gonflées de parfums sur les genoux. » (p13)

« Lola, après tout, ne faisait que divaguer de bonheur et d’optimisme, comme tous les gens qui sont du bon côté de la vie, celui des privilèges, de la santé, de la sécurité et qui en ont encore pour longtemps à vivre. » (p59)

« Les gens riches à Paris demeurent ensemble, leurs quartiers, en bloc, forment une tranche de gâteau urbain dont la pointe vient toucher au Louvre, cependant que le rebord arrondi s’arrête aux arbres entre le Pont d’Auteuil et le Porte des Ternes. Voilà. C’est le bon morceau de la ville. Tout le reste n’est que peine et fumier. » (p83)

« On perd la plus grand partie de sa jeunesse à coups de maladresses. Il était évident qu’elle allait m’abandonner mon aimée tout à fait et bientôt. Je n’avais pas encore appris qu’il existe deux humanités très différentes, celle des riches et celle des pauvres. Il m’a fallu, comme à tant d’autres, vingt années et la guerre, pour apprendre à me tenir dans ma catégorie, à demander le prix des choses et des êtres avant d’y toucher, et surtout avant d’y tenir. » (p90)

« Il existe pour le pauvre en ce monde deux grandes façon de crever, soit par l’indifférence absolue de vos semblables en temps de paix, ou par la passion homicide des mêmes en la guerre venue. S’ils se mettent à penser à vous, c’est à votre torture qu’ils songent aussitôt les autres, et rien qu’à ça. » (p91)

« [Au service de la Compagnie Pordurière du Petit Togo] Les indigènes eux, ne fonctionnent guère en somme qu’à coups de trique, ils gardent cette dignité, tandis que les Blancs, perfectionnés [dressés] par l’instruction publique, ils marchent tout seuls. » (p152)

« Les Américains ! C’est tout millionnaire ou tout charogne ! Y a pas de milieu ! » (p202)

« La vie des gens sans moyens n’est qu’un long refus dans un long délire. » (p221)

« La méthode, les détails d’une fortune rapide vous donnent toujours une impression de magie. Depuis l’ascension de Musyne et de Mme Herote, je savais que le cul est la petite mine d’or du pauvre. » [= c’est le moyen le plus rapide à la femme pour sortir de son milieu social.] (p226)

« En somme, tant qu’on est à la guerre, on se dit que ce sera mieux dans la paix et puis on bouffe cet espoir-là comme si c’était du bonbon et puis c’est rien quand même que de la merde. On est gentil somme toute. Et puis un beau jour on finit quand même par casser le morceau devant tout le monde. On en a marre de se retourner dans la merde. Mais tout le monde trouve du coup qu’on est bien mal élevé. Et c’est tout. » (p251) [2]

« Faut comprendre ! On vous explique bien trop de choses ! Voilà le malheur ! Cherchez donc à comprendre ! Faites un effort ! » (p291)

« Les riches n’ont pas besoin de tuer eux-mêmes pour bouffer. Ils les font travailler les gens comme ils disent. Ils ne font pas le mal eux-mêmes, les riches. Ils payent. On fait tout pour leur plaire et tout le monde est bien content. Pendant que leurs femmes sont belles, celle des pauvres sont vilaines. Belles, mignonnes, bien nourries, bien lavées. Depuis qu’elle dure la vie n’est arrivée qu’à çà. » (p353)

« Quand on n’a pas d’argent à offrir aux pauvres, il vaut mieux se taire. Quand on leur parle d’autre chose que d’argent, on les trompe, on ment, presque toujours. Les riches, c’est facile à amuser, rien qu’avec des glaces par exemple, pour qu’ils s’y contemplent. » (p355)

« Sa femme, elle l’aimait, ça se voyait son homme. C’était un artiste le patron, beau sexe, beaux cheveux, belles rentes, tout ce qu’il faut pour être heureux. » (p426)

« En principe, pour toujours et en toutes choses j’étais du même avis que mon patron. Je n’avais pas fait de grands progrès pratiques au cours de mon existence tracassée, mais j’avais appris quand même les bons principes d’étiquette de la servitude. » (p446)

« Un patron [avare] se trouve toujours rassuré par l’ignominie de son personnel. L’esclave doit être coûte que coûte un peu et même beaucoup méprisable. Un ensemble de petites tares chroniques et physiques justifie le sort qui l’accable. La terre tourne mieux ainsi puisque chacun se trouve dessus à sa place méritée.
L’être dont on se sert doit être bas, plat, voué aux déchéances, cela soulage, surtout qu’il nous payait tout à fait mal Baryton. Dans ces cas d’avarices aiguës les employeurs demeurent un peu soupçonneux et inquiets. Raté, débauché, dévoyé, tout s’expliquait, se justifiait et s’harmonisait en somme. Il ne lui aurait pas déplu à Baryton que j’aye été recherché par la police. C’est ça qui rend dévoué. » (p454)

+ dans Guignol’s Band (1944), p23, p101 :

« On est parti dans la vie avec les conseils des parents. Ils n’ont pas tenu devant l’existence. On est tombé dans les salades qu’étaient plus affreuses l’une que l’autre. On est sorti comme on a pu de ces conflagrations funestes, plutôt de traviole, tout crabe baveux, à reculons, pattes en moins. On s’est bien marré quelques fois, faut être juste, même avec la merde, mais toujours en proie d’inquiétudes que les vacheries recommenceraient… Et toujours elles ont recommencé… Rappelons-nous ! On parle souvent des illusions, qu’elles perdent la jeunesse. On l’a perdu sans illusions la jeunesse !... Encore des histoires !... » (p23)

« On s’aperçoit de ça bien trop tard !... On saisit pas la différence au premier coup d’œil ! que la terre c’est une roulette !... les bons… les mauvais numéros !... Rien ne va plus !... les nés planqués !... les nés bidasses !... Au premier abord c’est tout comme !... Tous les pougadins dans le même tas ! mais va te faire foutre ! Et pas du tout !... Le jour et la nuit !... Dans les pires classes de la misère ça tourne au monde ! Le meilleur et le pire !... C’est comme les montagnes vues des nuages, de tout en haut, d’un avion ! C’est tout sinistre noir et méchant ! Mais de tout près en bas trou lon laire ! C’est tout plein de planques, de gras ombrages, de jolies chalets !... Faut parcourir pour connaître… ça s’apprend pas à l’école. » (p101)

+ dans Nord (1960), p183, p15 :

« Le vrai rideau de fer c’est entre les riches et les miteux… les questions d’idées sont vétilles entre égales fortunes… l’opulent nazi, un habitant du kremlin, l’administrateur Gnome et Rhône, sont culs chemises, à regarder de près, s’échangent les épouses, biberonnent les mêmes scotch, parcourent les mêmes golfs, marchandent les mêmes hélicoptères, ouvrent ensemble la chasse, petits déjeuners Honolulu, soupers Saint-Moritz !... et merde du reste !... babioles ! galvaudeux suants, trimards, mégotiers, revendicateurs, à la niche ! » (p183)

« L’élite c’est l’élite n’importe comment, n’importe où !... aux autres les meetingues et la merde ! motions, brailleries, poings levés, poings bas, pouces à l’envers, à genoux, couchés, aux chiottes l’engeance !... un loufiat de la Maison-Blanche, Kremlin, Vichy, ou du « Brenner » vous a une façon de passer les raviers que vous vous trompez pas… le « truand de base » que ce soit chou rouge ou chou fleur, « bortch » ou pot-au-feu, aura toujours le pet commun, attristant… même au beaujolais ou vodka !... tout à fait d’autres digestions : Windsor, le Kremlin, l’Élysée !... que demande l’Huma, l’« intelligenzia » des damnés ?... son bonheur, ferveur ?... avoir les mêmes pets que Kroukroutchev ou Picasso !... être damnés comme !... » (p15)

+ dans À l’agité du bocal (L’Herne), p73-77-81 (Entretien 1960 avec Jacques Darribaude : www.chez.com/jacquesdarribehaude) :
« À la Société des Nations, alors, là, j’étais fixé, j’ai vu vraiment que le monde était gouverné par le Bœuf, par Mammon ! Ah, pas d’histoire ! là alors, implacablement. C’est surtout que ça m’est venu tard, moi, la conscience sociale. Je l’avais pas… […]
J’ai assisté aux chasses du prince Orloff et de la duchesse d’Uzès, quand j’étais cuirassier, et nous tenions les chevaux des officiers. Je me rappelle bien la duchesse d’Uzès, à cheval, la vieille rombière, et le prince Orloff, avec tous les officiers du régiment, et j’avais pour mission de tenir les chevaux… Ça s’arrêtait là. Du bétail absolument, nous étions. C’était bien entendu, c’était une affaire entendue.

J. D. – Et l’antisémitisme s’est greffé chez vous sur cette prise de conscience ?

C. – Ah, ben, là j’ai vu un autre exploitant. A la Société des Nations, là, j’ai bien vu que c’est par là que ça se goupillait. Et plus tard, à Clichy, dans la politique, j’ai vu… tiens il y a une espèce de morpion, là… j’ai vu tout ce qu’il fallait… Oui, oui, oui… […]

Les autres, je les vois agités, je les vois surtout excités par les ambitions, c’est un théâtre, leur vie, les riches ils se donnent des invitations par mutuelle pour se rendre des points… je l’ai vu, ça, parce que j’ai vécu avec des gens du monde, alors – Dites donc Gontran, il vous a dit ça, vous savez… ah, vous avez été très brillant, hier, Gaston, ah, vous savez ! Vous lui avez rivé son clou d’une façon ! ah, vraiment ! Il me l’a dit encore hier ! Sa femme disait : Oh ! Gontran a été étonnant ! – C’est un théâtre. Ils passent leur temps à ça. Ils se chassent les uns les autres, ils se rencontrent dans les mêmes golfs, les mêmes restaurants… »

+ Paul del Perugia dans Céline (éd. NEL, 1987), Chap. « Sermon sur Ninive », p. 368, 374, p382 :

« A aucun moment, la pensée du sermonneur n’entrera dans la dialectique claudicante de Hegel ou de Marx :
« Alors, deux races distinctes ! Les patrons ? Les ouvriers ? C’est artificiel cent pour cent ! C’est question de chance et d’héritage ! Abolissez ! Vous verrez bien que c’étaient les mêmes… Je dis les mêmes et voilà… on se rendra compte. » [1]
(…) Comme lui Péguy constatait : « Quand on dit peuple aujourd’hui, on fait de la littérature et même, une des plus basses, de la littérature électorale, politique, parlementaire. Il n’y a plus de peuple. Tout le monde est bourgois. (Les ouvriers) n’ont plus qu’une idée, c’est de devenir bourgeois ! C’est même ce qu’ils nomment “devenir socialistes”. » » (p368)

« “Prolétaires communistes, vous l’êtes sûrement moins, beaucoup moins que Louis XIV. Il avait le sens de l’Etat, ce fastueux emperruqué. Vous l’avez pas du tout. L’Etat, pour vous, c’est une vache, comme pour le bourgeois. Vous lui disputez les têtons. Lutte de classes !” (L’École des Cadavres, 1938, p124) » (p374)

« De nation en nation, les prolétariats défendent leurs privilèges aussi âprement que les Bourgeoisies. Le principe politique « Fraternité » est une imposture :
« N’importe quel « Trade-Union » anglais, américain, danois, etc… est infiniment plus charogne envers les travailleurs « maigres » des autres pays, que tous les patrons possibles ensembles réunis… implacables !... L’Hypocrisie puante de tout cet immense racolage, sentimentalo-maçonnique, de cet infernal babillage à la fraternité des classes constitue bien la farce la plus déguelasse de ce dernier siècle… […] Jamais les prolétaires “favorisés” n’ont été si fort attachés à leurs relatifs privilèges patriotiques, ceux qui détiennent dans leurs frontières des richesses du sol abondantes, n’ont aucune envie de partager […] Tout le reste n’est que batifoles, pitreries, marxeries. Jamais on n’a vu, entendu, la riche “Trade-Union Britanique” présenter à ses “Communes” quelque jolie motion d’accueil en faveur des chômeurs spécialistes belges, français, japonais, espagnols, valaques, “frères de classe” dans le malheur. Jamais !... Ni les syndicats USA demander qu’on débride un peu les “quotas” féroces… Pas du tout ! des clous ! au contraire !... Pour les prolétariats cossus, les autres n’ont qu’à se démerder ou tous crever dans leur fange… ni plus ni moins… C’est mérité… C’est des ennemis… ennemis de la même “classe” […] Galériens sans doute ! Tous ! Mais ne pas confondre galères et galères !... Celles qui râlent au banc d’aviron, celles qui bondissent au mazout, les “à voile” et les “à vapeur”. » (Bagatelle..., 1937, p155) » (p382)]

[1] + Nicole Debrie dans Quand la mort est en colère, L’enjeu esthétique des pamphlets céliniens (éd. Nicole Debrie, 1997), p3 :
« L’opposition [politique] apparaît dans la correspondance des deux écrivains. Au messianisme marxiste d’Elie Faure, Céline répond : « le malheur en tout ceci c’est qu’il n’y a pas de “peuple” au sens touchant où vous l’entendez, il n’y a que des exploiteurs et des exploités et chaque exploité ne demande qu’à devenir exploiteur » (Herne, p54) » **

** = Cioran (1911-1995) dans Cahiers, p978 :
« On doit être du côté des opprimés, même quand ils ont tort, sans pourtant perdre de vue qu'ils sont de même essence que leurs oppresseurs. » *

* Repris dans De l’inconvénient d’être né (1973), chap. VIII :
« On doit se ranger du côté des opprimés en toute circonstance, même quand ils ont tort, sans pour autant perdre de vue qu’ils sont pétris de la même boue que leurs oppresseurs. »

+ dans Cahiers, p904 :
« Le pauvre, à force de penser à l'argent, d'en être obsédé, en arrive à perdre les avantages spirituels de la non-possession et ainsi de rivaliser de bassesse avec le riche. » *

* Repris dans De l’inconvénient d’être né (1973), chap. X :
« Les pauvres, à force de penser à l'argent, et d’y penser sans arrêt, en arrivent à perdre les avantages spirituels de la non-possession et à descendre aussi bas que les riches. »

[2] = Brad Pitt dans Fight Club (1999) :

« Putain ! je vois ici les hommes les plus forts et les plus intelligents que j’ai jamais vu… Je vois tout ce potentiel… et je le vois gâcher !... Je vois une génération entière qui travaille à des pompes à essence… qui fait le service dans des restos… qui est esclave d’un petit chef dans un bureau...

La PUB nous fait courir après des voitures et des fringues… on fait des boulots qu’on déteste pour se payer des merdes !... qui nous servent à rien ! On est les enfants oublié de l’histoire mes amis… On n’a pas de but ni de vrai place… On n’a pas de grande guerre, pas de grande dépression… – Notre grande guerre est spirituelle !... Notre grande dépression c’est nos vies !...

La télévision nous a appris à croire qu’on sera tous un jour des millionnaires... des dieux du cinéma... ou des rocks stars! Et nous apprenons lentement cette vérité : on en a vraiment, vraiment plein le cul !... »

« Vous n’êtes pas votre travail !...
Vous n’êtes pas votre compte en banque !...
Vous n’êtes pas votre voiture !...
Vous n’êtes pas votre portefeuille ni votre putain de treillis !...
Vous êtes la merde de ce monde prête à servir à tout ! »

« Qu’est-ce que tu veux alors ? Retourner à ton boulot de merde, à ton appart à la con pour regarder des sitcoms !?... »


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MessageSujet: citations complémentaires   Dim 22 Avr 2007 - 13:02

Complémentaires aux citations de Céline de Voyage au bout de la nuit (1932), citées ci-dessus :

« On est nous les mignons du Roi Misère. C’est lui qui nous possède ! Quand on est pas sages, il serre… On a ses doigts autour du cou, toujours, ça gêne pour parler, faut faire bien attention si on tient à pouvoir manger… Pour des riens, il vous étrangle… C’est pas une vie…. » (p12)

« On est tous assis sur une grande galère, on rame tous à tour de bras, (…) On travaille ! qu’ils disent. C’est ça encore qu’est plus infect que tout le reste, leur travail. On est en bas dans les cales à souffler de la gueule, puants, suintants des rouspignolles, et puis voilà ! En haut sur le pont, au frais, il y a les maîtres [qui s’engraissent] et qui s’en font pas, avec des belles femmes roses et gonflées de parfums sur les genoux. » (p13)

On trouvera les excellents commentaires de Paul del Perugia dans son Céline (éd. Nouvelles Editions Latines, 1987) au Chap. « Sermon sur le Roi Misère », p339, p341, p346, p347, p352, p353, p359, p361-362.
Ainsi qu’au Chap. « Sermon sur Ninive », p364-365, p369, p371.
(Je peux les reproduire ici si on me le demande)


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MessageSujet: Re: CITATIONS DE CÉLINE   Dim 22 Avr 2007 - 13:17

John,

Bien que je t'ai mis en garde à plusieurs reprises et que tu n'en ais pas tenu compte, je ne vois aucun mal à ce que tu utilises ce fil pour tes fixations céliniennes.

Cette obsession de la citation n'engage que toi, à condition que tu la limites à ce sujet : si tu veux réagir à un autre topic, émets un avis personnel sans t'aider d'un texte existant.
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MessageSujet: FAYE ET CÉLINE   Lun 23 Avr 2007 - 7:53

Dans la première page du topic « Guillaume faye » à ce post http://kalayuga.frbb.net/place-de-greve-f18/guillaume-faye-t938.htm#16960 :
Cochonnet a écrit:
Comme il [guillaume Faye] a une lecture ethnique des choses, il parle en terme de submersion. Pour lui, le danger est « physique ». Il pense que si les européens disparaissent, dans le magma informe de la mondialisation, l’esprit des européens disparaîtra.

Donc, pour lui, les musulmans sont plus dangereux que les juifs parce qu'ils sont plus nombreux et parce qu'ils font plus d'enfants... parce qu’ils menacent notre présence « physique »…
Excellent résumé !... (j’ai lu tout les livres de Faye).

Tout cela avait déjà été parfaitement (et même mieux) dit par CÉLINE (1894-1961) en pages 48-49 dans Les beaux draps (1941)...

On consultera également avec le plus grand profit le superbe texte : « LA MORALITÉ DE LA SURVIE » sur http://library.flawlesslogic.com/masters_fr.htm

Sinon il y a aussi ces passages plus que jamais d’actualité de CÉLINE (1894-1961) :

dans L’École des Cadavres (1938), p.71, 77-82, 115, 199-204 :
Citation :
« Ils existeront bientôt plus les Français, ce sera pas une très grande perte, des hurluberlus si futiles, si dégueulassement inflammables pour n’importe quelle connerie.

Nous disparaîtrons corps et âme de ce territoire comme les Gaulois, ces fols héros, nos grands dubonnards aïeux en futilité, les pires cocus du christianisme. Ils nous ont pas laissé vingt mots de leur propre langue. De nous, si le mot “merde” subsiste ça sera bien joli. » (p.71)

« Dans nos démocraties larbines, ça n’existe plus les chefs patriotes. En lieu et place c’est des effrontés imposteurs tambourineurs prometteurs “d’avantages”, de petites et grandes jouissances, des maquereaux “d’avantages”. Ils hypnotisent la horde des “désirants”, aspirants effrénés, bulleux “d’avantages”. […] N’ont en France jamais réussi que les traîtres, [les escrocs,] les saltimbanques, et les donneurs [et les voleurs]. Peuple creux. […]

De notre petite vie personnelle, de notre vie nationale, les politiques se branlent effroyablement. C’est le cadet de leur souci. Inutile de dire ! Ils se doutent même pas que ça existe ! […] Notre petite vie personnelle leur est bien égal, à plus forte raison notre existence collective. Je parle pas de la race, ils se pouffent ! Pas la moindre place nous tenons dans l’esprit entreprenant de nos patriotes à tout faire. » (p.77-82)

« Moi, je m’en fous énormément qu’on dise Ferdinand il est fol, il sait plus, il débloque la vache, il a bu, son bagout vraiment nous écoeure, il a plus un mot de raisonnable !

Quand vous prendrez sur l’avant-scène les joyeuses bombonnes d’ypérite, d’arsine, qu’on s’apprête à vous déverser, vous me direz si c’est raison ? Si le ciel vraiment vous estime à votre judicieuse valeur ? Quand on viendra vous dépecer, vous épurer individuellement par dissections à vif des membres… » (p.115)

« To be or not to be Aryen ? That is the question ! Et pas autre chose ! […] L’Aryen doit s’extirper de son métissage dégueulasse ou disparaître et pas de façon pépère, tout simplement, doucettement, gentiment… Non ! Á coups de supplices ! de tortures infiniment variées ! guerres ! démences très horribles, nécroses ravageantes, terrifiantes, convulsions incoercibles, abominables puanteurs. Des vraies fins vertes de cancéreux. » (p.203-204) **
** + = dans Rigodon (1961), p.305-306 :
Citation :
Demain tenez vous m’en direz des nouvelles !... de ces marmites écumantes à tous les carrefours… pour qui ? pour qui ?... pour vous, pardi ! lentement à bouillir, avec cris de saison… [Par rapport à tous ces cons d’aujourd’hui qui jugent après coup] le petit détail qui me froisse un peu, où je tique, c’est la galanterie… ç’aurait été là par exemple qu’Hitler gagnant, il s’en est fallu d’un poil, vous verriez je vous le dis l’heure actuelle qu’ils auraient tous été pour lui… à qui qu’aurait pendu le plus de juifs, qui qu’aurait été le plus nazi… sorti la boyasse à Churchill, promené le cœur arraché de Roosevelt, fait le plus l’amour avec Goering… ça tourne tout d’un côté, d’un autre, ils se précipitent, s’en foutent sur quel membre ils tombent, le principal qu’ils soient mis à fond… oh qu’ils prennent la petite à Adolf, je vous dis, s’en est fallu d’un poil !...
+ dans Nord (1960), p. 295, 378 :
Citation :
« La terrible catastrophe des goyes c’est qu’ils sont si ahuris, cartésiens bêlants, que ce qu’est pas bien entendu, admis, bien conforme… existe tout simplement pas !... que ce qu’est entendu [ou bien dit, confirmé, répété, martelé, par les médias] qui comptes !... » (p.295)

« « Tout finira par la canaille »… Nietzsche l’avait déjà prévu… et que nous y voilà !... Ministres, Satrapes, Dien-Pen-Hu partout ! fuites et caleçons roses !... » (p.378)
+ dans Rigodon (1961), p.18, 39, 228-229, 136, 288, 294-295, 308, 258 :
Citation :
« Comprenez, condamnés à mort ! tous les sangs des races de couleurs sont “dominants”, jaune, rouge ou parme… le sang des blancs est “dominé”… toujours ! les enfants des belles unions mixtes seront jaunes, noirs, rouges, jamais blancs, jamais plus blancs !... » (p.18)

« L’Europe [blanche] est morte à Stalingrad… le Diable a son âme ! qu’il la garde !... » (p.39)

« Croyez pas que j’exagère… si je vous dis que demain la France sera toute jaune par les seuls effets des mariages, que toute la politique est conne, puisqu’elle s’occupe que des harangues et des mélis-mélos de partis, autant dire de bulles, que la seule réalité qui compte est celle qui ne se voit pas, s’entend pas, discrète, secrète, biologique, que le sang des blancs est dominé, que les blancs peuvent aller tous s’atteler, très vite, leur dernière chance… pousse-pousse ou mourir de faim… allez pas dire que j’exagère… » (p.228-229)

« Seule la biologie existe, le reste est blabla !... tout le reste !... je maintiens, au « Bal des Gamètes », la grande ronde du monde, les noirs, les jaunes gagnent toujours !... les blancs sont toujours perdants, « fonds de teint », recouverts, effacé !... politiques, discours, faridoles !... qu’une vérité : biologique !... dans un demi-siècle, peut-être avant, la France sera jaune, noire sur les bords… » (p.136)

« Rien à côté de ce que vous verrez… tenez par exemple, cette petite idylle entre votre femme de ménage, blanche et votre facteur, noir… sang dominé, sang dominant !... les jeux sont faits !... laissez aux somptueux chefs d’Etats le monopole du Vide, des Emphases, leurs gardes sur la bride, trompettes, fermez le ban ! j’aurais pu dire un facteur jaune, encore bien plus triomphal ! ça que nos princes ne parlent jamais, si absorbés, confondants divagants blablas… sang, blanc perdant !... et nous voici au Brésil !... Amazone !... au Turkestan !... aviation, fusées pour la Lune sont en tout et pour tout que bruits de gueule, clowneries...
Il n’y aura [bientôt] plus de blancs. » (p.288)

« On verra je vous assure encore bien plus chouette… les Chinois à Brest, les blancs au pousse-pousse, pas tirés ! dans les brancards !... que toute cette Gaule et toute l’Europe, les yites avec, changent de couleur, qu’ils ont bien fait assez chiez le monde !... elle et son sang bleu, prétentieux, christianémique ! » (p.294-295)

« L’important le sang !... le sang seul est sérieux ! tous « sang dominant »… n’oubliez pas !...
Je lui fais remarquez qu’à Byzance ils s’occupaient du sexe des anges [comme nous aujourd’hui du mariage des homosexuels] au moment où déjà les Turcs secouaient les remparts… foutaient le feu aux bas quartiers, comme chez nous maintenant en Algérie… » (p.308)

« Bloy se plaignait terrible, il avait pas été au gnouf, ni à la guerre, précisément ce qui lui manquait, un peu comme les gens d’aujourd’hui, si baffrants, grognasseux biberons, flatulents… et notre Grand Visage Pâle dites donc ? l’immense malheureux ! qu’à ramasser les détritus des belles géantes écrabouilleries ! gangrènes, loques, mélis-mélos d’Oural, Stalingrad, Maginot… race blanche au pilon !... plus de degrés, plus rien !... Boulevard Saint-Michel à Hong Kong !... comme vous voulez !... tout jaune vous serez, vous êtes déjà, et merde ça boume !... et noirs en sus ! le blanc a jamais été que « fond de teint »…. » (p.258)

+ Paul del Perugia dans son Céline (éd. NEL, 1987) au Chap. « Sermon sur la vigile », p. 499 :
Citation :
« Parce que nous n’avons pas su occuper notre Espace propre, celui-ci créée comme un vide dont la mécanique nous entraînera au néant. Guerres, immigrations, c’est tout comme pour ébranler la nation. » (p.499)

+ au Chap. « Avant qu’un peu de terre obtenue par prière », p.618, 620 :

« Sa fureur est de prévoir que le cours du prochain siècle amènera une dégénérescence de la race blanche, dont il aime reconnaître en lui l’identité. » (p.618)

« Sa vue prophétique lui faisait interdire aux autres d’engendrer : « Moi, je vais crever demain, mais les gens qui vont vivre dans 50 ans, ils aurons de la farce [moultiracialo-moulticoultourelle] ! oui… 50 ans… » » (p.620) **

** + dans magazine littéraire (hors-série n°4, 4ième trimestre 2002), « Mon ami Céline par Pierre Duberger » (1920-1992) :
Citation :
En l’aidant à éplucher ses pommes de terre, au sous-sol, j’entends encore sa voix et l’entendrai tant que je vivrai : « La révolution… mais nous y assistons tous les jours… la seule, la vraie révolution, c’est le facteur nègre qui saute la bonne… dans quelques générations, la France sera métissée complètement, et nos mots ne voudront plus rien dire… que ça plaise ou pas, l’homme blanc est mort à Stalingrad. » […]

L’on a souvent dit de Céline qu’il était un visionnaire : c’est le plus mauvais adjectif que l’on puisse accoler à son nom… le visionnaire a des communications surnaturelles, c’est la bergère d’esprit, ou un pape avant son trépas. Lui, avec sa tête qui dépassait, il était épouvantablement lucide, il avait diagnostiqué son époque malade et pour guérison, avait conseillé des remèdes à des sourds volontaires. […]

La guerre de 1914, ce massacre forcené et imbécile entre gens de qualité, l’avait marqué à jamais. Avec un égoïsme normal et standard, il aurait vécu heureux dans l’opulence et la réussite respectée.


Dernière édition par JOHN le Jeu 19 Juin 2008 - 20:19, édité 8 fois
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MessageSujet: CARACTÉRISTIQUE DU GÉNIE AUTHENTIQUE   Mer 25 Avr 2007 - 0:44

Colonel Jul a écrit:
Bah! Au moins, ça m'aura permis de découvrir Céline.
1° A ce sujet je conseille l’excellente synthèse que j’ai fait sur les caractéristiques (qui trompent pas) du GÉNIE... qu’incarne parfaitement un héros comme CÉLINE… synthèse que j’avais fait ici il y a quelques mois :


2° Je rappelle ce lien vidéo avec l’excellente émission Un siècle d’écrivain consacré à Céline. Ainsi que la vidéo de l’un des derniers interviews de Céline… : Sur :
http://www.ubu.com/film/celine.html


(PS : réponse à certains qui l'auraient pas remarqué :
contrairement aux (sales) cons, Je fais pas (du) mumuse, moi !... je mène un combat moi !… fût-il à mon modeste niveau… considéré par certains de « pauvre type ».)


Dernière édition par JOHN le Sam 21 Juin 2008 - 20:28, édité 2 fois
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MessageSujet: RACISME ET COMMUNISME   Dim 29 Avr 2007 - 13:05

RACISME ET COMMUNISME

A la fin de son 2ième post http://kalayuga.frbb.net/mondo-2008-f5/discours-de-poutine-contre-les-ricains-t1090.htm :
thomassxb a écrit:
Quant aux russes "plus évolués" parce qu'ils vivent dans le froid, quelle vaste blague. C'est le dernier pays occidental que j'ai envie d'admirer, vu le retard absolu qu'il a. C'est un pays qui est passé pratiquement directement d'un féodalisme médiéval au communisme industrialisé... On comprend comment les bolchéviks sont devenus cinglés, en essayant de moderniser le pays le moins préparé au socialisme qui soit...
Thomassxb suppose ainsi que la responsabilité de l’échec du communisme en Russie vient du peuple russe lui-même !... (ce qui rappelle un peu ce que pensait Hitler à la fin en rendant responsable le peuple Allemand d'avoir perdu la guerre... que le peuple Allemand n’avait pas été digne de lui-même... de son génie politique, militaire, etc.)

Quelle que soit la responsabilité des uns ou des autres, ce passage de Thomassxb m’a rappelé ces passages de Céline (1894-1961) – ou docteur De souche Destouche – dans L’École des Cadavres (1938), p. 100, 125, 199-204 :
Citation :
« Les races sont assez peu nombreuses malgré tout, qui peuplent ce monde, loin de fondre, de s’amalgamer, de disparaître en somme, selon la doctrine maçonnique, par croisements et mélanges, sont au contraire en train de s’affirmer, de se caractériser, de se distinguer de mieux en mieux, de plus en plus nettement les unes des autres. [Sauf pour les peuples génétiquement usés, en voies d’extinctions, comme en Occident, du fait de la loi de différenciation biologique, à l’échelle planétaire] Nous n’allons pas vers la fonte des races, mais au contraire vers l’exaltation des races, exaltation biologique, très naturelle. Il faut céder à cette loi, à cette tendance, nous les hommes, ou disparaître. Aucun compromis : « Devenir ou Disparaître », loi naturelle du « devenir » biologique. » (p.100)

« Il s’en faut de cent et cent mille sélections raciales, éliminations rigoureuses, avant que l’espèce ne parvienne à quelque tenue décente, aux possibilités sociales.

Tous les végétaux, tous les animaux ont passé par la sélection. Pourquoi pas l’homme ? Ce qu’on a fait pour la betterave, pour le porc, pour la basse-cour, on peut pas le tenter pour nous ?

Par l’effet de quelle providence le chien est-il devenu fidèle, vigilant ? sociable ? La vache, laitière ? Le cheval, trotteur ? Le coton, cotonneux ? Le mouton, tout en laine ? Le blé, panifiable ? Le raisin, buvable ? Le serin, vocaliste ? Par la sélection raciste, par l’élimination très stricte de tous les immondes, avant le dressage, de tous les confus, les douteux, les hybrides néfastes, de tous les sujets trop bâtards, récessifs.

Pour traquer le diable dans l’homme, exorciser l’homme, deux seuls moyens conjugués : l’Élevage et la Trique. » (p.125)

« Avant de tâter du parcours communiste, si périlleux, si miraculeux, les hommes devraient bien d’abord, avant tout, être engendrés convenablement, se présenter au départ avec des pédigrées nets. […] On l’améliore d’abord, l’animal, on le lance pas comme ça ! On l’affine par hérédité. C’est l’élevage ! On le surveille de père en fils. […]

C’est pas une question d’école le [vrai] communisme ! Ni de trémolos ! ni de politique ! ni d’élections ! ni de philosophie transcendante ! De leçons à prendre ou ne pas prendre ! C’est une question de sperme ! de foutre ! C’est infiniment plus calé ! C’est pas une question d’examens ! C’est une question de croisements ! d’élevage ! C’est ça la Révolution ! La vraie !... Si vous n’effectuez pas d’abord, avant d’entrer dans les détails, dans la terrible application de votre sociologie, verbagineuse, faribolesque, une sélection très farouche, inexorable, de toutes vos souches participantes, vous n’aurez fait que des grimaces, vous n’aurez même pas préludé, pressenti les rudiments d’une race blanche convenable, d’une société aryenne possible, communiste ou pas.
Vous n’aurez jamais rassemblé autour de vous qu’une plus dégueulasse racaille de tous charognards fainéants, sournois, vicieux, les plus inaptes à tout dressage profond.
Vous n’aurez jamais avec tous vos discours, vos velléités, contorsions, simulacres, que trompé, divagué davantage, déconné, aggravé le mal avec plus ou moins de profit personnel. Demandez-vous au chacal qu’il renonce à ses habitudes ? Qu’il se montre tout d’un coup sensible aux exhortations d’altruistes ? Attendez-vous du vautour qu’il se modernise ? Qu’il se modère en charognerie ? Tous les enseignements du monde ne peuvent rien contre les instincts de la viande. […]

L’homme c’est la machine à mentir, Bigorno sournois.
Pour la question des grandes réformes, des sociologies progressives c’est aux chromosomes d’abord qu’il faut s’adresser. Á l’esprit plus tard ! On a le temps ! On en a que trop fait d’esprit ! Ça nous a pas trop réussi ! » (p.199-201) [1]
[1] = Le Docteur Louis Nghiem dans La violence des jeunes et le cerveau reptilien (éd. Consep, 2002), p.89, 97 :
Citation :
« Pour créer l’homme nouveau, il ne suffit plus de décréter de nouvelles vérités ; mais il faudrait procéder comme les éleveurs de chiens et de chevaux, en sélectionnant, dans l’élevage des enfants, les êtres qui ont des particularités bien définies afin de les favoriser, et les autres pour l’« exclusion » (en « euthanasiant » par exemple). Ce travail devrait se poursuivre sur des siècles, avec fermeté et sans erreur dans les critères du triage. Autrement, « plus ça change, plus c’est la même chose », « on fait du neuf avec du vieux » ou « on chamboule tout, et on recommence avec les mêmes » ; ainsi la sagesse populaire désabusée rappelle que la révolution n’est qu’un sanglant défoulement, qui ruine le pays. » (p.89)

« Il faudrait en effet plusieurs dizaines de siècle pour qu’une civilisation ait le temps de sélectionner, comme dans un élevage de chiens, une nouvelle race d’hommes se comportant naturellement selon la nouvelle morale. » (p.97)

+ Céline (1894-1961) dans Bagatelles pour un Massacre (1937), p.164 :
Citation :
« Un homme est tout à fait achevé, émotivement c’est-à-dire, vers la douzième année. Il ne fait plus ensuite que se répéter, c’est le vice ! jusqu’à la mort… Sa musique est fixée une fois pour toutes… dans sa viande, comme sur un film photo, la première impression… C’est la première impression qui compte. » *

* = dans D’un château l’autre (1957), p210 :
« Ce qu’on apprend dans sa toute jeunesse qui vous reste gravé… après c’est plus que des faridons, décalques, courbettes à concours. » ***
*** = Le Docteur Louis Nghiem dans La violence des jeunes et le cerveau reptilien (éd. Consep, 2002), p.26 :
Citation :
« Chaque comportement met en marche un certain nombre de neurones, qui se connectent pour former un circuit électrique déterminé. La répétition du comportement consolide et stabilise le circuit. Les neurones non-utilisés meurent et disparaissent. C’est la « stabilisation sélective » des neurones. Avec l’âge et la maturation, le nombre de neurones diminue pendant que les structures du cerveau s’organisent (câblage de l’ordinateur-cerveau), en général et globalement, de manière irréversible. Après l’âge de 7-13 ans, la personnalité d’un être ne pourra plus changer. [« Certes, il pourra encore apprendre et modifier légèrement sa sensibilité et ses goûts ; mais sa personnalité est pratiquement achevé et ne pourra plus changer. » (p.37)] C’est pourquoi on n’a jamais guéri un « jeune » violent, drogué ou pervers. Les révolutionnaires le savent parfaitement : ils ne cherchent nullement à rééduquer les peuples récalcitrants (en général des « traîtres », des « féodaux », des « bourgeois », (sic), soit 25 ou 30% de la population), ils les exterminent : d’où le génocide vendéen par les jacobins en 1793-1794, le génocide ukrainien en 1932-1933 par les bolcheviks et le génocide cambodgien par les khmers rouges en 1975-1980. »

+ dans Les arts et l’équilibre mental (éditions de Paris, 2006), p. 60 :
« La personnalité de l’enfant est achevée très précocement, dès le début de l’enfance, vers 6-7 ans. […]
[Par conséquent] Un enfant élevé selon la mode laxiste jusqu’à l’âge de 3-5 ans n’apprendra plus la morale dérivée du Décalogue [incluant les règles : d’honorer ses parents, ne pas tuer, ne pas commettre l’adultère, ne pas voler, ne pas convoiter les biens d’autrui.]. En tout cas il ne saura plus la respecter automatiquement, par réflexe. »


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MessageSujet: DESTRUCTION DES RACES   Mar 1 Mai 2007 - 8:53


Colonel Jul a écrit:
Tss ! Hitler avait lancé une campagne eugéniste avec des sujets aryens purs (au "pédigré net" comme dit Céline), total, la descendance s'est avérée plus faible que les batârds...
Oui… bien sûr… mais si tu sais lire, on vient de te dire, que « Pour créer l’homme nouveau (…) ce travail devrait se poursuivre sur des siècles [voire « plusieurs dizaines de siècle » !...] avec fermeté et sans erreur dans les critères du triage » !... alors ce n’est sûrement pas pendant « un millénaire » qui a duré 12 ans qu’on peut mesurer des résultats sérieux…

De toute façon, l’histoire étant essentiellement écrite par les vainqueurs… on peut pratiquement faire croire à peu près n’importe quoi à n’importe qui !… d’ailleurs plus c’est gros et plus ça passe !… les braves neuneus vont pas chercher plus loin… (Et puis, on a créé des lois faites pour décourager les plus curieux…) Et quand on voit ce dont on les habitue (ou qu’on les dresse) à regarder à la Télé depuis si longtemps… faut pas trop leur en demander !… toujours près à gober n’importe quoi !... (ou à se faire goder par n’importe qui…) ils sont préparés pour ça d’ailleurs !… Ils sont faits pour ça !... Plus c’est profond et plus ils en redemandent !... Oh ! Oui !... Encore ! Encore, plus profond !... (La preuve : le résultat des dernières élections…)

On pourra débattre, discuter, discutailler, polémiquer, autant qu’on voudra de certains détails de l’histoire, en attendant, pour nous, la vérité, la triste et tragique réalité (celle qui nous concerne directement, concrètement et quotidiennement)** ça reste surtout celle-là :
** [et non pas celle qui s’est passée il y a maintenant plus de 60 ans... ou bien celle qui se passe, en ce moment, sur d’autres continents… ou à des milliers de kilomètres de chez nous… comme au moyen Orient… : autant de façons, d’informations quotidiennes, pour détourner notre attention de ce qui nous arrive « ici et maintenant », autour de chez nous, chaque jour un peu plus.]

CELINE (1894-1961):

dans Bagatelles pour un Massacre (1937), p. 326-327, 191 :
Citation :
« Les Français ils deviennent tout ce qu’on veut quand on réfléchit… Ils veulent bien devenir nègres… ils demandent pas mieux… Pourvu qu’un mâle bien cruel les enfouraille jusqu’au nombril ils s’estiment joliment heureux… (…) Les Français toujours si avares, ils engraissent quand même très bien, tous leurs maquereaux du pouvoir. » (p.326-327)

« Le monde n’a plus de mélodie. C’est encore le folklore, les derniers murmures de nos folklores, qui nous bercent… Après ce sera fini, la nuit… et le tam-tam nègre. Les bons rêves viennent et naissent de la viande, jamais de la tête. Il ne sort de la tête que des mensonges. La vie vue par la tête ne vaut pas mieux que la vie vue par un poisson rouge. C’est un jardin à la française.
La seule défense, le seul recours du blanc contre le robotisme, et sans doute contre la guerre, la régression à « pire que cavernes » bien pire, c’est le retour au rythme émotif propre. » (p.191)
+ dans Les beaux draps (1941), p. 60 :
Citation :
« Ainsi la triste vérité, l’aryen n’a jamais su aimer, aduler que le dieu des autres, jamais eu de religion propre, de religion blanche. [1]
Ce qu’il adore, son cœur, sa foi, lui furent fourmis de toutes pièces par ses pires ennemis.
Il est bien normal qu’il en crève, le contraire serait le miracle. » **
[+ Voir aussi dans Les beaux draps en p.140-141]

** = dans D’un château l’autre (1957), p.157 :
Citation :
« La sensibilité française s’émeut que pour tout ce qu’est bien anti-elle ! ennemis avérés : tout son cœur ! masochiste à mort ! »
[1] = Cioran (1911-1995) dans Cahiers, p. 760 :
Citation :
« Un peuple est foutu quand il ne peut plus enfanter des dieux, quand il s'en cherche ailleurs ; cela est vrai en politique plus encore qu'en religion. »
+ = Drieu la rochelle (1893-1945) dans son Journal 1939-1945 (éd. Gallimard), « 6 décembre 1939 », p. 124 :
« Quand un peuple n’a plus de maîtres, il en demande à l’étranger. »

+ Paul del Perugia dans Céline (éd. NEL, 1987)

au Chap. « Sermon sur Ninive », p.364-365, 399, 400, 402, 406 :
Citation :
« Ninive, c’est le dernier cercle, celui que traverse de bout en bout le pèlerin à Fort-Gono, New York, Berlin ou Rancy. Dans cette patrie de Ninive, les citoyens du monde blanc acceptent une servitude en faisant « comme si » ils ne savaient pas. Le « sens de l’histoire » officielle les a, sans qu’ils le sachent, éloignés de la terre de leurs pères. Ils vivent maintenant, sans mémoire, dans Ninive, chez eux, mais au milieu de paysages inconnus. […]

Ninive est donc la nouvelle patrie des hommes sans héritage que nous sommes devenus sans le savoir, séparés du passé historique réel, séparés de la sagesse immémoriale si valeureusement acquise, séparés les uns des autres. Les ninivites modernes y résident dans des maisons confortables, sur l’autre bord du fleuve de l’oubli. […]

Au début de son œuvre, la description de la ville de Rancy organisait cet espace déshérité où stagnent les sujets du Roi-Misère, les villes où l’on a un « foyer » près de sa « compagne », alors que les enfants, rassemblés à l’aube par le « ramassage scolaire », rentrent, le soir, sans que leurs géniteurs sachent ce qu’on leur a mis dans la tête durant la journée. D’eux naîtra une « race nouvelle » aussi étrangère à l’institution parentale que le sont les canards à la poule qui les a couvés. Entre le berceau et la tombe, derrière les fortifications informatisantes qui entourent la cité, les hommes doivent vivre sans finalité. » (p.364-365)

« L’identité d’un peuple est le fruit de longs efforts. « Les races – nous annonce Céline, en présentant le Taolenn de « l’Aubépine de la Race » – ne se font pas toutes seules, ne se défendent pas toutes seules ; elles sont au fond de chaque homme en instance, en « devenir », au fond de chaque espèce. C’est tout. Elles exigent pour durer, pour subsister un effort permanent, stoïque de chaque être vivant, pour vaincre la disparition et la mort. Elles sont en “en devenir”, toujours en péril, toujours menacées. » (Cahiers Céline, tome2, p32 [ou L’école des cadavres, p203]) Les Juifs craignent ce péril : ils craignent le massacre autant que l’assimilation. » (p.399)

« Au plus noir de l’occupation allemande, le sermonneur prévoyait le dynamisme insoupçonnable libéré par Yalta. Il n’hésitait pas sur le nom des barbares qui s’engouffreraient un jour dans le vide laissé par les Blancs. » (p.400)

« Pour ce médecin-prédicateur, le seul tribunal de l’histoire sera celui des ovaires. Génétiquement peu doué, le Ninivite connaîtra le déluge des flots dérivant d’Asie vers l’Atlantique. » (p.402)

« Les épousailles d’URSS et d’USA dans la steppe n’arrivent pas par hasard devant le Château Versaillais de Zornhof édifié aux limites de l’Europe [Cf. Nord, 1960]. Son sermon sur Ninive contraint à méditer sur la manière dont sera submergée notre civilisation européenne. Cet homme, condamné pour racisme, conclut :

« Dans deux cents ans quelqu’un regardera une statue de l’homme blanc et demandera si quelque chose d’aussi bizarre a jamais existé… quelqu’un répondra : “Non, ça doit être de la peinture” » (Cahiers Céline, tome2, p176) » (p.406) [2]
+ Paul del Perugia dans Céline (éd. NEL, 1987) au Chap. « Sermon sur le Déluge », p. 415 :
Citation :
« Après Yalta, son antisémitisme n’a plus d’objet : « Les jeux sont faits, dit-il encore, et la partie se terminera un jour à Quimper » (Les Beaux Draps, p60) […] L’ouragan se forme au cœur de l’Asie, et non aux abords de la Palestine et du Maghreb. La catastrophe a été si silencieuse et si totale, à la fois, que nous croyons vivre dans les murs d’Ys sans savoir qu’Ys a été submergé et que ses habitants vivent enfermés dans des murs d’illusion. Ils ne pourront même plus jamais se réfugier dans la Nature, celle-ci ayant été occultée par la Science, le « Progrès » devenu désormais irréversible. » (p.415)
[2] = Cioran (1911-1995) dans Cahiers, p. 704 :
Citation :
« Cet après-midi [fin mars 1969] je vais à la bibliothèque du VIe. J'ouvre un livre sur les Indiens d'Amérique. Avant même d'en lire une phrase, la pensée me vint que les Blancs finiront comme eux, qu'on les mettra dans des parcs, dans des réserves, pour qu'on puisse en garder quelques échantillons. Qui seront les nouveaux maîtres ? les Noirs ? – les Jaunes? ou les deux ensemble ? Quelle revanche ! Ce sera le retour en force des Mongols ! Le réveil de tous ces peuples étouffés par les Blancs – qui, maintenant débiles, abouliques, rongés par la drogue, par la mauvaise conscience, idiotisés par le remords, n'attendent plus que l'heure d'être brimés, écartés, aplatis. » *

* Repris dans De l’inconvénient d’être né (1973), chap. VIII :
« Dans deux cents ans (puisqu’il faut être précis !), les survivants des peuples trop chanceux seront parqués dans les réserves, et on ira les voir, les contempler avec dégoûts, commisération ou stupeur, et aussi avec une admiration maligne. »

+ dans De l’inconvénient d’être né (1973), chap. VIII :
« Tous ces peuples étaient grands, parce qu’ils avaient de grands préjugés. Ils n’en ont plus. Sont-ils encore des nations ? Tout au plus des foules désagrégées. »

+ dans De l’inconvénient d’être né (1973), chap. X :
« L’Empire craquait, les Barbares se déplaçaient... Que faire, sinon s'évader du siècle ?
Heureux temps où l’on avait où fuir, où les espaces solitaires étaient accessibles et accueillants ! [« Heureux temps où l'on pouvait fuir le monde, où les étendues n'appartenaient à personne, où on était libre d'aller quand on voulait ! » (Cahiers, p979)] Nous avons été dépossédés de tout, même du désert. »
+ dans Cahiers, p.224, 384, 614, 709 :
Citation :
« 27 avril [1964] Dimanche après-midi. Soleil, donc les rues encombrées d'une foule – laide au-delà de tout ce qu'on peut imaginer. Des monstres. Tous, petits, dégénérés, venus de partout : les restes des continents, la vomissure du globe. On songe à la Rome des Césars, submergée par la lie de l'Empire. Toute ville, qui, à un moment, devient le centre de l'univers, en est l'égout – par là-même. » (p.224)

« Il y a cinquante ans on riait du « péril jaune » ; maintenant, c’est un truisme. Ce qu'on appelle l'« accélération de l'histoire » n'est qu'un changement de rythme qui s'est opéré dans le passage de l'invraisemblable à l'évidence (n'est qu'une conversion plus rapide de l'invraisemblable en évidence). » (p.384)

« 13 sept. [1968] – À mon réveil, je me suis souvenu de la prophétie d'Alexandre Blok :
« Le Mongol de ses yeux minces regarde la belle Europe agonisante. » » (p.614)
[+ voir p709]


Dernière édition par JOHN le Lun 30 Juin 2008 - 21:49, édité 5 fois
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Jul le Marteau
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MessageSujet: Re: CITATIONS DE CÉLINE   Ven 13 Juil 2007 - 23:29

Dans ce cas John, tu préconises quoi l'eugénisme à long terme ou à la spartiate ? Es-tu certain qu'on t'aurais donné le droit de vivre ? Pour ce qui est de l'abrutissement par la télé des masses, nous sommes d'accord.

-----------------------------------------------

Citation :
extrait d'un texte intitulé Mea Culpa, qu'il écrit après son voyage en Union Soviétique.

Toute la Russie vit au dixième du budget normal, sauf Police, Propagande, Armée...

Tout ça c'est encore l'injustice rambinée sous un nouveau blase, bien plus terrible que l'ancienne, encore bien plus anonyme, calfatée, perfectionnée, intraitable, bardée d'une myriade de poulets extrêmement experts en sévices. Oh ! pour nous fournir des raisons de la déconfiture canaille, de la carambouille gigantesque, la dialectique fait pas défaut !... Les Russes baratinent comme personne ! Seulement qu'un aveu pas possible, une pilule qu'est pas avalable : que l'Homme est la pire des engeances !... qu'il fabrique lui-même sa torture dans n'importe quelles conditions, comme la vérole son tabès... C'est ça la vraie mécanique, la profondeur du système !... Il faudrait buter les flatteurs, c'est ça le grand opium du peuple...

L'Homme il est humain à peu près autant que la poule vole. Quand elle prend un coup dur dans le pot, quand une auto la fait valser, elle s'enlève bien jusqu'au toit, mais elle repique tout de suite dans la bourbe, rebecqueter la fiente. C'est sa nature, son ambition. Pour nous, dans la société, c'est exactement du même. On cesse d'être si profond fumier que sur le coup d'une catastrophe. Quand tout se tasse à peu près, le naturel reprend le galop. Pour ça même, une Révolution faut la juger vingt ans plus tard.
" Je suis ! tu es ! nous sommes des ravageurs, des fourbes, des salopes ! " Jamais on dira ces choses-là. Jamais ! Jamais ! Pourtant la vraie Révolution ça serait bien celle des Aveux, la grande purification !

Mais les Soviets ils donnent dans le vice, dans les artifices saladiers. Ils connaissent trop bien les goupilles. Ils se perdent dans la propagande. Ils essayent de farcir l'étron, de le faire passer au caramel. C'est ça l'infection du système.

Ah ! il est remplacé le patron ! Ses violences, ses fadaises, ses ruses, toutes ses garceries publicitaires ! On sait la farder la camelote ! Ça n'a pas traîné bezef ! Ils sont remontés sur l'estrade les nouveaux souteneurs !... Voyez les nouveaux apôtres... Gras de bide et bien chantants !.... Grande Révolte ! Grosse Bataille ! Petit butin ! Avares contre Envieux ! Toute la bagarre c'était donc ça ! En coulisse on a changé de frime... Néo-topazes, néo-Kremlin, néo-garces, néo-lénines, néo-jésus ! Ils étaient sincères au début... à présent, ils ont tous compris ! (Ceux qui comprennent pas : on fusille). Ils sont pas fautifs mais soumis !...Ça serait pas eux, ça serait des autres... L'expérience leur a profité... Ils se tiennent en quart comme jamais... L'âme maintenant c'est la " carte rouge "... Elle est perdue ! Plus rien !... Ils les connaissent eux tous les tics, tous les vices du vilain Prolo... Qu'il pompe ! Qu'il défile ! Qu'il souffre ! Qu'il crâne !... Qu'il dénonce !... C'est sa nature !... Il y peut rien !... Le prolétaire ? en " maison " ! Lis mon journal ! Lis mon cancan, juste celui-là ! Pas un autre ! et mords la force de mes discours ! Surtout va jamais plus loin, vache ! Ou je te coupe la tête ! Il mérite que ça, pas autre chose !... La cage !... Quand on va chercher les flics on sait bien tout ce qui vous attend !... Et c'est pas fini encore ! On fera bien n'importe quoi, pour pas avoir l'air responsables ! On bouchera toutes les issues. On deviendra " totalitaires ! " Avec les juifs, sans les juifs. Tout ça n'a pas d'importance !... Le Principal c'est qu'on tue !... Combien ont fini au bûcher parmi les petits croyants têtus pendant les époques obscures ?... Dans la gueule des lions ?.. Aux galères ?... Inquisitionnés jusqu'aux moelles ? Pour la Conception de Marie ? ou trois versets du Testament ? On peut même plus les compter ! Les motifs ? Facultatifs !... C'est même pas la peine qu'ils existent !... Les temps n'ont pas changé beaucoup à cet égard-là ! On n'est pas plus difficiles ! On pourra bien tous calancher pour un fourbi qu'existera pas ! Un Communisme en grimaces ! .... Ça n'a vraiment pas d'importance au point où nous sommes !... Ça, c'est mourir pour une idée ou je m'y connais pas !... On est quand même purs sans le savoir !... à bien calculer quand on songe, c'est peut-être ça L'Espérance ? Et l'avenir esthétique aussi ! Des guerres qu'on saura plus pourquoi !... De plus en plus formidables ! Qui laisseront plus personne tranquille !... que tout le monde en crèvera... deviendra des héros sur place... et poussière par-dessus le marché !... Qu'on débarrassera la Terre... Qu'on a jamais servi à rien... Le nettoyage par l'Idée...
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MessageSujet: Re: CITATIONS DE CÉLINE   Sam 14 Juil 2007 - 1:12

Intellocrate a écrit:
bob a écrit:
ce serait pas le premier des quatres pamphlets interdits ? celui qui dézingue l'illusion communiste ? celui qui est classé comme antisémite alors que le mot "juif" est cité trois fois ? bref, celui que les communistes ont fait censurer sous prétexte d'antisémitisme en france ?
C'est curieux ce désir de censure...

À ma connaissance, aucun des pamphlets de Céline n'est interdit. Céline s'opposait à leur réédition, estimant qu'ils lui avaient fait trop de mal. Après sa mort, c'est sa veuve qui a fait respecter sa volonté. Quand ces oeuvres tomberont dans le domaine public, n'importe qui pourra les éditer. Sauf bien-sûr, et ce n'est hélas pas du tout à exclure, si le flicage de la pensée continue à gagner du terrain.

http://louisferdinandceline.free.fr/indexthe/pamphlets/toutc.htm
Tout à fait : les pamphlets ne sont pas interdits. C'est Céline qui s'est opposés à leur rééddition. Quant à Mea Culpa, on le trouve sans aucun problème dans les Cahiers Céline n°7 de la NRF.

Pour les autres pamphlets, bien qu'ayant un réel intérêt littéraire, ce sont par ailleurs des logorrhées racistes et délirantes auxquelles d'ailleurs Céline lui-même ne croyait pas véritablement...
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MessageSujet: CÉLINE ET LE COMMUNISME   Ven 20 Juil 2007 - 13:56

Citation :
L'Homme est la pire des engeances !... (…)
L'Homme il est humain à peu près autant que la poule vole.
(1)
Je suis entrain de lire cet essai de Tarmo Kunnas : Céline, Drieu, Brasillach et LA TENTATION FASCISTE (éd. L’homme libre, 2005) ;
Le passage donné (ci-dessus) du pamphlet anti-communiste Mea Culpa (1936) de Céline (1894-1961) semble trouver une bonne explication dans cet essai à ce passage du Chap. 2 « LA MÉFIANCE À L’ÉGARD DE LA BONTÉ HUMAINE », p. 52, 54 :

« Si Drieu accepte l’homme tel qu’il est tout comme le jeune Ernst Jünger ou Gottfried, Céline désespère de la vilenie des êtres humains. En décrivant l’égoïsme, l’insensibilité, l’hypocrisie, la cruauté des hommes, Céline proteste et souffre. On n’insiste pas suffisamment sur la misanthropie de Céline : il est de la lignée de La Rochefoucauld, de Swift, de Schopenhauer. (2) (…)

Dans les romans de Céline, ce sont la jalousie et l’envie qui dominent le monde. (…) (3)

Tout comme Drieu, Céline montre l’insuffisance du sentiment qu’on appelle la pitié. » (p.52)

« Le sadisme et l’agressivité sont innés dans l’homme célinien ; la société, la classe, la culture, n’y changent rien.

Céline ne croit pas aux vertus du peuple. Le peuple est envieux et sournois (Cf. Les Beaux draps, p.120).

Dans ses pamphlets politiques, il attaque surtout la classe ouvrière : « Prolo a pas le sens du devoir, il faut que le boulot le conduise, sans pointeau il existe pas. Sans la gradaille bourgeoise au cul, tout seul, c’est plus qu’un robot jouisseur, un anarchiste fade » (L’école des cadavres, p.148).

L’idée pessimiste de l’homme est aussi le fondement de l’anticommunisme Célinien ; il ne voit qu’hypocrisie dans l’expérience communiste : « Ce qui séduit dans le communisme, l’immense avantage à vrai dire, c’est qu’il va démasquer l’Homme, enfin » (Œuvres. III, Mea Culpa, p337).

La raison de l’échec communiste, c’est pour lui justement l’égoïsme foncier de l’homme qui selon lui se fait sentir aussi bien dans les pays dits communistes. (Cf. Œuvres. III, Mea Culpa, p.340).


+ au dernier Chap. 15 « LES ÉCRIVAINS ET LE COMMUNISME », p. 277, 285-286 :

« On dit souvent que la réaction anticommuniste a été la raison principale de la naissance des mouvements fascistes. Il est donc intéressant d’étudier quelle a été l’attitude de nos écrivains vis-à-vis du communisme. Leur vision du monde est, en effet, aux antipodes de l’idéal marxiste :

Le culte de l’irrationnel et de l’instinctif est la négation même du marxisme scientifique soi-disant rationaliste.

La négation du progrès n’est pas seulement une réaction contre l’optimisme libéral, c’est aussi le refus de déterminisme historique.

Le vitalisme biologique, l’antimoralisme, l’antimatérialisme, le nationalisme, l’antiégalitarisme, le racisme s’opposent à l’idéologie marxiste.

L’image tragique de l’homme égoïste est difficilement conciliable avec l’homme communiste. » (p.277)

« Selon nous, l’anticommunisme est chez Céline plus important que chez Drieu. Il attaque violemment le communisme, non seulement dans Mea culpa (1936), mais aussi dans tous les pamphlets * et dans les romans d’après guerres. » (p.285)

* [Cf. Bagatelles pour un massacre (1937), p. 81, 83, 267 ; L’École des cadavres (1938), p. 36, 37, 94, 126, 342.]

« Le terme « socialiste » convient difficilement à Drieu et à Céline, bien qu’ils croient représenter un esprit socialiste. Si celui qui revendique la justice sociale, qui attaque le grand capital est socialiste, ils sont socialistes ; **
mais si le socialiste est celui qui croit à la justice en soi, au progrès indéfini, à la vérité en marche, qui croit que la société peut changer l’homme, ils n’ont rien à voir avec les socialistes. » (p.286)

** « [Céline] va très loin vers la gauche dans son programme social, avec les salaires maxima, la nationalisation des banques, des mines, des chemins de fer, des agences d’assurances, de l’industrie, des grands magasins. » (Cf. Les Beaux draps, p. 97-102) (p.283)



NOTES :

(1) Céline (1894-1961) dans L’École des Cadavres (1938), p. 201 :
« L’homme c’est la machine à mentir, Bigorno sournois. »

+ dans Nord (1960), p. 227 :
« d’abord n’importe où et n’importe quand, paix, calme plat, guerres, convulsions, vagins, estomacs, verges, gueules, braquets, à ne savoir où les mettre ! à la pelle !... mais les cœurs ?... infiniment rares ! depuis cinq cents millions d’années, les verges, vagins, tubes gastriques, se comptent plus, mais les cœurs ?... sur les doigts !... »

(2) Schopenhauer (1788-1860) dans Aphorismes sur la sagesse dans la vie, p. 160 (+ voir aussi p. 110, 131) :
« Aucun homme quelque peu supérieur, aucun de ceux qui n’appartiennent pas à cette majorité des cinq sixièmes des humains si strictement dotée par la nature, ne pourra s’affranchir d’une certaine teinte de misanthropie quand il a dépassé la quarantaine. Car, ainsi qu’il était naturel, il avait jugé les autres d’après lui et a été peu à peu tiré d’erreur ; il a compris qu’ils sont bien arriérés par rapport à lui soit par la tête, soit par le cœur, le plus souvent même par les deux, et qu’ils ne pourront jamais balancer leur compte. »

(3) = Cioran (1911-1995) dans Cahiers, p. 730 :
« La société est un système, un corps de jalousies.
Il n'est pas facile de savoir qui vous envie. En principe on est envié toutes les fois qu'on exécute quelque chose qu'un autre, connaissance ou ami, aurait voulu accomplir. Un inconnu ne vous jalouse pas ou rarement ; la condition essentielle de la jalousie est qu'on connaisse votre gueule. C'est pourquoi celui qui ne se montre pas, qui se cache, n'est pas l'objet de ce sentiment éminemment naturel et bas. »

+ voir aussi les propos ultra pessimistes sur la nature humaine (jalousie, méchanceté, etc.), dans les Entretiens, p. 56, 171, 250-253, 267, 273-275.


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MessageSujet: BONTÉ ET BLOY   Ven 20 Juil 2007 - 21:34

MAGGLE a écrit:
JOHN a écrit:
« LA MÉFIANCE À L’ÉGARD DE LA BONTÉ HUMAINE »
Comment peut-on se méfier de la bonté humaine ? Céline ne se méfiait pas tant de la bonté que de la prétention de l'homme à vouloir l'incarner. Nuance...

Et si au final c'était Bloy qui manquait à Céline ? (question ouverte)

Citation :
Céline ne se méfiait pas tant de la bonté que de la prétention de l'homme à vouloir l'incarner. Nuance...
C’était bien tenté mais… Faux !... Pour démentir une bonne fois pour toute cette (fausse) pseudo nuance, voici ces passages types du Voyage au bout de la nuit (1932) (de l'éd. folioplus) :

« La grande défaite, en tout, c’est d’oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu’à quel point les hommes sont vaches. Quand on sera au bord du trou faudra pas faire les malins nous autres, mais faudra pas oublier non plus, faudra raconter tout sans changer un mot, de ce qu’on a vu de plus vicieux chez les hommes et puis poser sa chique et puis descendre. Ça suffit comme boulot pour une vie entière. » (p.31) *

* + dans Cahiers Céline, tome2, p. 138-139 :
« L’homme ça n’existe pas… fiction d’homme !... C’est abominablement raté… aucune vertu… aucune qualité… nom de Dieu !... Homo faber… juste bon à fabriquer des trucs pour aller sur la lune… le matérialisme, quoi… instinct maternel… le reproduction domine !... Ils prétendent être des hommes… ouais… espèce de singe malfaisant… lubrique […] un « hominien »… oui, mon p’tit… un « hominien »… « Ecce homo », j’t’en foutrais !... nihil homo… voilà. »

« L’égoïsme des êtres qui furent mêlés à notre vie, quand on pense à eux, vieilli, se démontre indéniable, tel qu’il fut c’est-à-dire, en acier, en platine, et bien plus durable encore que le temps lui-même. » (p.225)

« Tant qu'il faut aimer quelque chose, on risque moins avec les enfants qu'avec les hommes, on a au moins l'excuse d'espérer qu'ils seront moins carnes que nous autres plus tard. On ne savait pas. » (p.260)

« Peu d’êtres en ont encore un petit peu après les vingt ans passés de cette affection facile, celle des bêtes. Le monde n’est pas ce qu’on croyait ! Voilà tout ! » (p260)

« A mesure qu’on reste dans un endroit, les choses et les gens se débraillent, pourrissent et se mettent à puer tout exprès pour vous. » (p.292)

« On n’est jamais très mécontent qu’un adulte s’en aille, ça fait toujours une vache de moins sur la terre, qu’on se dit, tandis que pour un enfant, c’est tout de même moins sûr. Il y a l’avenir. » (p.300)

« Un peu meilleur l’endroit [nouveau] dans les débuts, forcément, parce qu’il faut toujours un peu de temps pour que les gens arrivent à vous connaître, et pour qu’ils se mettent en train et trouvent le truc pour vous nuire. [Telles des hyènes fouinant vos failles] Tant qu’ils cherchent encore l’endroit par où c’est le plus facile de vous faire du mal, on a un peu de tranquillité, mais dès qu’ils ont trouvé le joint alors ça redevient du pareil au même partout. En somme, c’est le petit délai où on est inconnu dans chaque endroit nouveau qu’est le plus agréable. Après, c’est la même vacherie qui recommence. C’est leur nature. Le tout c’est de ne pas attendre trop longtemps qu’ils aient bien appris votre faiblesse les copains. Il faut écraser les punaises avant qu’elles aient retrouvé leurs fentes. » (p.367)

« Ça fait du bien trois êtres de moins à vous connaître donc à vous épier et à vous nuire, qui ne savent même plus du tout ce que vous êtes devenu. C’est bon. » (p.369)

« C’est bon les villes inconnues ! C’est le moment et l’endroit où on peut supposer que les gens qu’on rencontre sont tous gentils. » (p.405) *

* = Schopenhauer (1788-1860) dans Aphorismes sur la sagesse dans vie, p. 93 :
« Presque toutes choses en ce monde peuvent être dites de noisettes creuses ; le noyau est rare par lui-même, et plus rarement encore est-il logé dans la coque. Il faut le chercher tout autre part, et on ne le rencontre d’ordinaire que par hasard. »

MAGGLE a écrit:
Et si au final c'était Bloy qui manquait à Céline ? (question ouverte)
A ce sujet Céline (1894-1961) a écrit dans son dernier roman, Rigodon (1961), p. 258, 291 :

« Bloy se plaignait terrible, il avait pas été au gnouf, ni à la guerre, précisément ce qui lui manquait, un peu comme les gens d’aujourd’hui, si baffrants, grognasseux biberons, flatulents… et notre Grand Visage Pâle dites donc ? l’immense malheureux ! qu’à ramasser les détritus des belles géantes écrabouilleries ! gangrènes, loques, mélis-mélos d’Oural, Stalingrad, Maginot… race blanche au pilon !... plus de degrés, plus rien !... Boulevard Saint-Michel à Hong Kong !... comme vous voulez !... tout jaune vous serez, vous êtes déjà, et merde ça boume !... et noirs en sus ! le blanc a jamais été que « fond de teint »…. » (p.258)

« Moi qu’ai fait deux ans de réclusion pavillon K Vesterfangsel je vous bluffe pas… d’abord de même tous les patelins, la vérité est qu’en prison (1), dehors tout est que babillages, postillons de salons, hors cellule tout est gratuit rien est payé… […] Moscou, Amérique, Carpentras, kif au même… passez-y vingt-quatre heures en tôle, [au moins une fois dans votre vie de con] vous saurez [réalisez et comprenez enfin] tout, vingt ans en touriste, vous reviendrez plus puceau que jamais… » (p.291)

+ dans Féerie pour une autre fois (1952), p. 58, 67 :

« C’est le fond des sociétés humaines, les chiourmes, les cellules, les menottes… faut connaître !... les hôpitaux, les malades, je suis au courant… la guerre aussi… avant de cramser faut tout savoir !... par un regret !... Ah cet amour-propre qu’on emporte à l’article, en exaltation ! Vercingétorix ! Pétain ! Voltaire ! Blanqui ! Oscar Wilde ! Lecoin ! Jaurès ! Thorez ! M. Braguet ! François 1er ! Sacco ! c’est des prédécesseurs un peu ! et d’autres ! et Latude ! Qui qu’a pas été en cellule c’est du chochotte drôle… c’est que du venteux bibelot petit être… Grogneugneu ! qu’il fait… il sait pas… et qu’il veut rien apprendre loustic ! Causer, mentir, sa machine !... pour ça que le monde reste si con… » (p.58)

« Soyons sérieux, avouons les choses, vingt mois de cellule, trente mois, trente ans, pour vous, c’est rien !... Vous êtes dehors !... c’est le divin alcool d’être dehors !... Sont tous fous d’amour-propre dehors ! […] Ils ont tous un « grigri » dans le bide qu’ils pensent qu’ils tomberons jamais !... Saoulez-vous bien ! Prières et tout ! Lourdes que ça dure !... » (p.67)

(1) Sur la prison voir aussi les passages D’un château l’autre (1957), p. 90, 145, 143, 148, 273, déjà donnés sur :
http://kalayuga.frbb.net/boite-a-lettres-f15/caracteristiques-du-genie-authentique-t250.htm#4279


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MessageSujet: Re: CITATIONS DE CÉLINE   Sam 21 Juil 2007 - 1:31


ajax a écrit:
MAGGLE a écrit:
JOHN a écrit:
« LA MÉFIANCE À L’ÉGARD DE LA BONTÉ HUMAINE »
Comment peut-on se méfier de la bonté humaine ? Céline ne se méfiait pas tant de la bonté que de la prétention de l'homme à vouloir l'incarner. Nuance...

Et si au final c'était Bloy qui manquait à Céline ? (question ouverte)
c'est volontaire l'utilisation du verbe "incarner" ? (d'un château l'autre).

Plus sérieusement, j'aimerais comprendre ta question ouverte. Veux tu sous entendre que Céline manquait, en lui même, de ce mysticisme féroce et exacerbé qui animait Bloy ? Si c'est ça, ma réponse est nouin. Céline était un vrai mystique au fond de lui et Zagdanski l'a très bien démontré dans son "Céline Juif" (la meilleure bio de Céline à mon humble avis). Seulement, et là je me retourne vers les autres bios, Céline était trop introverti pour dévoiler sa base théorique.

Citation :
c'est volontaire l'utilisation du verbe "incarner" ? (d'un château l'autre).
Non, c'est juste l'impression de quelqu'un qui n'a lu de lui que Le voyage et Mort à crédit. Tu peux développer le rapport entre "incarner" et D'un château l'autre si tu veux. Je suis toute ouïe...

Citation :
Plus sérieusement, j'aimerais comprendre ta question ouverte. Veux tu sous entendre que Céline manquait, en lui même, de ce mysticisme féroce et exacerbé qui animait Bloy ?
Oui.

Citation :
Si c'est ça, ma réponse est nouin. Céline était un vrai mystique au fond de lui et Zagdanski l'a très bien démontré dans son "Céline Juif" (la meilleure bio de Céline à mon humble avis). Seulement, et là je me retourne vers les autres bios, Céline était trop introverti pour dévoiler sa base théorique.
Je n'ai pas lu le Zagdanski dont tu parles. Mais le titre m'intrigue. Tu peux résumer la substantifique moelle ?

Idem pour la base théorique vu que ma question était ouverte...

------------------------------------------------------------------

ajax a écrit:
Alors, sur d'un château l'autre, Céline délire sur le verbe incarner verbe incarné (*) en disant, en substance "dis à quelqu'un qu'il incarne quelque chose" il se sentira plus pisser. Ce délire à mourir de rire fait suite à une discussion qu'il a avec Pierre Laval à Sigmaringen où il lui dit, pour avoir la paix et des papelards (un titre de gouverneur de St Pierre et Miquelon, entre autres), "Vous incarnez la France".

Le Zagdanski sur Céline est une lecture croisée de Céline et du Talmud où Zagdanski voit clairement dans Céline une grande culture judaïque et une vraie sensibilité aux textes saints hébreux. C'est d'une qualité et d'une érudition inimitable.

Sur la base théorique de Céline, on n'en sait pas grand chose. Même Rebatet (je cite de mémoire, il se peut que ça ne soit pas lui) dit que Céline cachait toute sa bibliothèque par pudeur comme les paysans.

Or quand tu le lis, tu vois tout de suite que le mec a une culture très importante. Shakespeare, Dostoievski, les grecs, Stevensonil passe son temps à sauter d'un mysticisme à l'autre. La seule fois où il est vraiment sérieux, exégète devrais-je dire, c'est quand il parle de Rabelais dans un superbe article où il dit, globalement, que Rabelais a raté son coup vu que les classiques ont foutu son style à la trappe (sous entendu, moi ça marche les gars).

(*) cette correction montre combien on se laisse aller au trucs automatiques... verbe incarné, j'ai écrit ça au moins 100 fois ces derniers temps sur les textes que j'ai préparés au sujet de "La vie de Jésus" de Renan.
Merci Ajax, Ce qui m'intéressait sur Zagdanski, c'était surtout le parallèle entre le titre du livre et les origines de l'auteur... C'est le genre de provoc qui ne peut pas faire l'économie d'une réflexion je trouve... Comment l'articule-t'elle (s'il toutefois il l'articule) ?

Je ne doute pas que son livre soit très intéressant, mais d'autre part, j'ai vu une vidéo dans laquelle il réglait assez minablement d'obscurs comptes avec Nabe ( Il serait antisémite parce que les Marx Brothers seraient trois et que lui est fils unique ). Il dit que c'est Nabe lui même qui lui a raconté ça. Je ne sais pas ce que Nabe lui a vraiment raconté, mais il a manifestement mal compris. Ou pire : volontairement tordu ses propos...

Je précise à toutes fins utiles que Nabe est fan des Marx Brothers...

---------------------------------------------------------------

ajax a écrit:
et je précise que Zagdanski et Nabe sont les deux meilleurs amis du monde. Zagdanski est dans tous les coups de Nabe et réciproquement. Méfiance.

Céline Juif, je l'ai lu il y a 15 ans et plus depuis, excuse moi de ne pas me rappeler de tout.
En tous cas, c'est confirmé par Nabe (du moins jusqu'à l'été 2000) lol! :
Citation :

MON MEILLEUR AMI

Je viens de perdre mon meilleur ami. C'est un grand garçon goguenard aux grandes oreilles et débordant de jovialité. Il parle fort et rit violemment. Il porte des lentilles de contact, des chaussettes Burlington et des chemises roses. Très intelli­gent, il est plus malin encore. Mon meilleur ami croit que je suis son meilleur ami, mais c'est lui qui est le mien.

Mon meilleur ami est si grotesque, si immature, prétentieux, parano, fébrile et myope qu'on pourrait croire que je parle de moi quand je parle de lui, et lui-même ne manque pas de voir de la projection dans tout ce qu'on peut dire de lui et qui l'indif­fère, d'après ce qu'il prétend. Pourtant, hélas, il y a si peu de vrai dans ce que mon meilleur ami pense des autres et de lui-même, qu'il est de mon devoir de parler.

Si je me charge de sauver l'âme de mon meilleur ami en révélant toute la richesse de sa nature, c'est que j'ai beaucoup d'affection pour lui. Je ne peux pas laisser ce soin à un autre, pour la simple raison que mon meilleur ami n'a qu'un seul problème : moi.

J'ai longtemps voulu ignorer cette obsession, afin qu'elle ne gâche pas les bons moments passés ensemble, et lorsque mon meilleur ami a écrit enfin ce qu'il pensait de moi et de mon travail, il a bien fallu me rendre à l'évidence. Je suis son enfer. Qu'est-ce qu'il devait être mal à l'aise à feindre l'amitié et l'admiration pour celui qu'il considérait comme son meilleur ami ! Quelle culpabilité retournée comme un gant par l'arrogance ! Quelle gymnastique yoga-zen pour me haïr de si près ! Que tout cela semble démodé, mais que tout cela est passionnant !

Car si « l'affaire meilleur ami » peut m'aider à aller plus profond dans mes recherches psychologiques, tant mieux. Elle tombe au moment où je m'interroge le plus sur l'importance de l'affectif. Toute la société contemporaine aimerait ne parler que de ça, car c'est la seule chose qui ravage encore secrètement les esprits. Je suis très optimiste sur la tournure des événements affectifs. Bientôt, les individus ose­ront dire que leur vie n'est envahie que par ce lierre : le sentiment. Les vrais triom­phateurs du XX siècle seront ceux qui n'auront pas honte d'exprimer leurs senti­ments, leurs ressentiments, et qui en tireront un enseignement.

On est loin de mon meilleur ami et pourtant si proche dans sa moiteur de martyr hilare, dans sa douleur d'autohypocrite malfaisant, dans sa très intéressante terreur.

Quand j'ai connu mon meilleur ami, il avait des crises de nerfs dorsales. Il tres­saillait comme sous des coups de poignard dans le dos qui le terrassaient et lui fai­saient faire d'atroces grimaces comiques teintées de haine. C'est là que nous aurions tous dû comprendre qui était mon meilleur ami. Quelqu'un qui sent son propre moi impuissant et envieux lui donner rageusement de petits coups de couteau par-der­rière, pour le punir d'être incapable de jouir. Faire semblant, simuler, tromper, leur­rer, induire en erreur pour mieux ricaner ensuite comme un canard qui ne s'aperce­vrait pas qu'on lui a coupé la tête, telles sont les compensations orgasmiques de mon meilleur ami.

Je n'imaginais pas que mon meilleur ami souffrait à ce point de mon affectueuse présence. C'est ma faute. J'aurais dû faire attention à ne pas être aussi sincère et confiant : il prenait ça pour des leçons de morale et pour de l'envie de ma part !... Mon meilleur ami me reprochait d'être trop généreux avec tout le monde. Je l'étais aussi avec lui, ça ne semblait pas le gêner que par indulgence je l'aie laissé croire qu'il était écrivain comme moi. Sacré meilleur ami ! Je n'ai pas eu le coeur de lui dire qu'il est « un gentil garçon », comme dit de lui le meilleur écrivain français vivant. Sympathique, trop sympathique. Un cultivé rigolard et doué qui aime lire et vivre dans les livres des autres, bref un homme de lettres, comme la France qu'il aime tant en compte depuis des siècles.

La vanité de mon meilleur ami est d'autant plus forte qu'il la cache dans son ventre. Il la protège et l'étouffe comme un enfant qu'il porterait toute la journée, et qu'il délivrerait en rentrant chez lui. Il est perpétuellement engrossé par sa préten­tion et, le soir, il en accouche dans le sang et la merde, ça doit être horrible. Et, le lendemain, ça recommence. Pauvre meilleur ami ! Comme tout est faux chez lui, il passe son temps à faire passer sa vanité pour de l'orgueil, comme une femme se croit enceinte, alors qu'elle fait une grossesse nerveuse, mais l'orgueil ce n'est pas ça, meilleur ami, ce n'est pas ça.

Souffrir n'est pas un péché : c'est ce que la Bible n'a pas appris à mon meilleur ami. Lui préfère faire semblant de ne pas souffrir, car il se croit libre de tricher avec lui-même. Quand il se vante de n'avoir connu qu'une souffrance, celle d'avoir été obligé de rester toute une nuit assis, plutôt que couché, dans un train, il fait sem­blant d'en rire, mais l'impuissance à souffrir, inconsciemment et consciencieusement, fait son chemin. Ah ! l'inconscient de mon meilleur ami ! H ne pense jamais qu'à celui des autres. Le sien, il nous fait croire qu'il s'en moque avec pudeur, mais non : il ne le maîtrise pas, tout simplement. Amoureux de son cerveau (dix auto-coups de foudre par jour ne suffisent pas à épuiser la redécouverte toujours plus éberluée des fulgurances de son organe crânien), il ne sait pas à quel point les autres, intelligents ou idiots, voient clair dans son inconscient jaillissant comme par les trous d'une passoire, par tous les pores de sa peau rosée d'autosatisfaction feinte.
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MAGGLE
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MessageSujet: Re: CITATIONS DE CÉLINE   Dim 22 Juil 2007 - 15:21

SUITE :
Citation :


Pour mon meilleur ami, toute personne qui n'est pas de son avis est un antisé­mite, un homosexuel, ou un Français. Mon meilleur ami ne comprend rien à (en vrac) : la musique, la nature, la mer, la pénétration, les nuages, les animaux, et bien sûr la littérature qu'il croit dominer par sa culture livresque. Mon meilleur ami a fait croire qu'il était né écrivain, mais il n'a commencé à avoir l'idée de le devenir que lorsqu'il s'est abonné à L'Infini.

Mon meilleur ami est un bourgeois de Louveciennes qui aurait fait un excellent bibliothécaire, il aime tellement lire ! Il croit que lire, c'est écrire, alors que c'est savoir lire qui est savoir écrire. Mais savoir écrire n'intéresse pas mon meilleur ami. Il n'a besoin des conseils de personne, mais les demande sans arrêt pour en tirer profit et les retourner dans une volonté manifeste de nuire à tous ceux qui osent lui en donner, sincèrement, dans son intérêt. La sincérité n'est pas le fort de mon meilleur ami.

Il est surtout copieur dans l'âme. Il a mélangé le style du meilleur écrivain fran­çais vivant et celui de son meilleur ami, et personne ne se décide vraiment à rendre compte de la supercherie car beaucoup, parmi les ennemis du premier et du second, ont intérêt à occulter ou à dénigrer la personnalité de ces deux-là, au profit de la cuistrerie fabriquée de mon meilleur ami. Les femmes lucides appellent mon meilleur ami « le cache-sexe » des esprits pénétrants.

Incapable d'écrire sans dictionnaire, il est fier de ses misérables allitérations qu'il va chercher dans celui des synonymes, comme il fouille du bout de la langue les cons des amatrices par défaut de ses cunnilingus. Ainsi mon meilleur ami croit rattraper son infirmité poétique par une prétention au sens et à la pensée, mais sa « pensée », qu'il jette à la figure de qui a le sens du son qui lui fait cruellement défaut est vite comprise : la haine de la France, point. « Je pense, donc je hais la France. Je hais la France, donc je pense. » C'est pas mal, mais un peu court. Surtout quand on sait quelle idée raciste mon meilleur ami se fait du Français : est français tout ce qui n'est pas lui, alors que lui est le plus français de nous tous, dans ce qu'il reproche au Fran­çais : lourdeur et insensibilité, arrogance, bêtise psychologique et cécité narcissique.

Mon meilleur ami n'a aucun courage, cela va sans dire. Il appelle un chat une sou-ris. Il ne dit jamais ce qu'il pense à personne, et fait croire à tout le monde qu'il n'en pense pas moins. Il ne dit sa vérité que dans ses livres, et cette vérité l'accable. Le masque soudain tombe. L'aigreur bien retenue dans la vie sourd comme du pus de ces ouvrages vulgairement hargneux. Oui, il a la méchanceté vulgaire, mon meilleur ami. C'est comme ça.

Dénué de toute psychologie, mon meilleur ami se croit le maître de l'ironie, sa clé préférée. Il devient touchant de naïveté quand il croit que les autres sont aussi enfer­més dans l'ironie, alors qu'ils disent exactement ce qu'ils pensent, surtout en ce qui le concerne. En particulier les femmes, qu'il croit séduire par son charme, alors qu'il n'y parvient que par sa gentillesse. Il les méprise trop pour jouir avec elles. En trou­vera-t-il une, un jour, assez bonne pour passer l'éponge sur son indifférence fondamentale ? Rien de moins sûr, quand on voit agir en direct son antisentimentalisme mielleux par lequel il sucre son mépris. Mon meilleur ami n'aime pas les femmes, il aime l'effet négatif que peut faire une femme sur des hommes, autant dire, des Fran­çais. Voilà pourquoi il fait semblant, jusqu'à les gruger, de s'éprendre d'Africaines, croyant choquer le Français blanc en les embrassant à pleine bouche devant lui.

Mon meilleur ami se comporte avec les femmes étrangères comme avec les auteurs de la Pléiade. C'est par complexe qu'il les triture. Personne ne lui a dit à quel point il était gênant de le voir se tortiller pendant des années, d'une façon trop ostensible pour ne pas être louche, avec une épouvantable Brésilienne dont il valori­sait la laideur, dans un mouvement de masochisme sadiquement retourné à son désavantage. C'était à moi de le lui dire. J'ai eu tort de ne pas le faire.

Mon meilleur ami veut donner l'impression d'un célibataire handsotne, fair-play, toujours de bonne humeur, décoincé, déconnant, et qui, par pudeur, cache son sérieux d'« écrivain » sous une affabilité bon enfant. Hélas, quiconque a un peu d'oreille entend le grincement de doute dans cette voix qui se prétend celle d'un stentor alors qu'elle est la gueulerie mal contrôlée d'un castré de la vie notoire qui hurle pour cacher les gémissements de son manque. Plusieurs fois, nous avons, nous autres ses mis, essayé de lui faire entendre sa voix, mais mon meilleur ami est sourd à lui-même comme aux autres. Et même si on arrivait à le convaincre que sa voix est horrible, il hurlerait encore pour mieux couvrir la subtile musique de la vie. Il a pré­féré augmenter son volume, plutôt que de mettre en valeur son zozotement adorable par lequel il avait une chance d'émouvoir son entourage.

Ce qui m'a le plus intéressé chez mon meilleur ami, c'est son aspect Schpountz. On sait que le personnage inventé par Marcel Pagnol m'a toujours touché par son enthousiasme grandiloquent et sa baraka blindée. Comme le Schpountz, mon meilleur ami croit que ceux qui ne croient pas en son talent sont des méchants, mais non. Souvent j'ai eu tort, par sacrifice amical, de lui dire ce qu'a travers moi beaucoup pensaient, c'est-à-dire qu'il ne touche pas assez sa bille en écriture vivante et vécue pour prétendre à la grande littérature, et que la conscience de ce manque fla­grant d'incarnation verbale, personne d'autre que lui n'a à le supporter.

Mon meilleur ami n'a pas la « fibre », ce n'est pas tragique. J'espère qu'au fond de lui il le sait. Sinon ça le serait, tragique. Quand il est tout seul dans sa cuisine, bastion héroïque du « penseur » debordo-baudelairien qui a tout compris de la bas­sesse et de la bêtise humaines, et que, entre deux petites séances récréatives de jeux vidéo (batailles aériennes ou mortels combats de robots) assouvies en cachette sur son ordinateur, il recopie des citations de Saint-Simon ou de Clausewitz pour gon­fler sa prose aux hormones du génie comme un poulet déjà mûr, je pense — car ça m'arrive — qu'il doit savoir.

Seul, il s'effondre. Ce manque d'énergie caché avec tant d'énergie sous les rodo­montades d'un paon dont la roue tournerait toujours, par ironie, à l'envers, devrait mettre mon meilleur ami sur la voie de la véritable humilité. Pas celle de la foi en soi, mais celle en ce qu'on fait, parce que ce qu'on fait est juste.

Tout ce que fait mon meilleur ami est faux, et plus c'est faux, plus il s'acharne. Prêt à manger dans la main qui le dégoûte si cette main lui est tendue, il est prêt à mordre celle qu'on lui tend s'il n'y a rien à manger dedans. ll pérore que les êtres ne l'intéressent pas. Sa devise, c'est : « Le premier être humain qui me surprendra aura gagné une Pléiade. »

Ah ! sa Pléiade ! C'est plutôt drôle et sympathique qu'un garçon de son âge (trente-sept ans) se promène avec des tomes de la Pléiade maltraités dans les poches de ses vestes Farnel. Y a-t-il vraiment de quoi se glorifier à ce point de lire névroti­quement en cornant comme des cocottes les pages dont il recopiera soigneusement les extraits dans son ordinateur, autant dire sa banque du sperme, et d'où il sortira en temps voulu les citations pour « pulvériser » un contemporain ? Le hic, car il y a toujours un hic pour tout ce qui concerne mon meilleur ami, c'est qu'il a un rapport auto-infantilisant à la célèbre collection de chez Gallimard. Il est impressionné par le papier bible, car il ne cesse de répéter qu'il vient d'elle (de la Bible) et croit y retourner par le papier du même nom. Comme un employé à genoux devant ses patrons, il lit les grands auteurs, et ose affirmer qu'ils sont ses amis. Proust, Céline, Nabokov, Hemingway (mais pas Dante, Cervantès, Dostoïevski, Lautréamont, Bal­zac, Vallès, Michaux, Péguy, de Gaulle) sont les meilleurs amis de mon meilleur ami. Il est dans une psychose telle qu'il croit vivre avec eux. Il se déguise en eux et pense qu'ils sont vivants grâce et à travers lui comme Anthony Perkins dans le film de Hitchcock se déguise en sa mère. Tous les génies sont des mères pour mon meilleur ami, mais il n'est que leur enfant mort-né. Les classiques se moquent de mon meilleur ami. Shakespeare, à qui il confie ses ombrageux triomphes, bâille sur son nuage. Et Homère, dont l'ouïe a été développée par sa cécité, se bouche les oreilles quand il entend mon meilleur ami hurler son nom.

Esclave volontaire de la grande tradition française qu'il envie jusqu'à se damner, mon meilleur ami ne pense, au fond, qu'en termes de classes sociales. Pour lui, il y a les bourgeois qui ont de l'argent et les génies qui n'en ont pas. Son absence totale de sens politique l'empêche de comprendre que la bourgeoisie n'est pas une question d'argent, un génie peut gagner de l'argent, et il ne suffit pas d'être pauvre pour être génial : c'est plus compliqué que cela.

Son rapport à l'argent est d'ailleurs particulier. Je ne l'ai jamais vu manquer un mendiant dans la rue, la charité est la seule chose qui puisse interrompre ses sar­casmes. Il s'approche obséquieux de l'exclu, et lui donne un franc, ou un peu plus. C'est le geste qui compte, c'est un principe. Mon meilleur ami s'excuse presque pour tous les passants qui ne donnent pas, comme lui, systématiquement aux clo­chards, car il pense que sous chaque barbe de SDF se cache peut-être le visage lumi­neux du Messie, et mon meilleur ami n'est pas du genre à prendre le risque de lou­per le Messie.

Mon meilleur ami ne peut pas supporter le moindre cadeau et, plus grave, qu'on lui paie un verre, même à charge de revanche. Il croit noble d'insister jusqu'à se battre pour payer sa part. Je l'ai vu, devant mon fils, déchirer nerveusement un billet de cinquante francs, plutôt que de me laisser payer sa consommation...

Quand le meilleur écrivain français vivant m'invite à déjeuner, ce n'est pas parce que nous sommes « amis », et pourtant nous vivons ensemble de brefs et denses moments de compréhension. Cette complicité, si douloureusement enviée par mon meilleur ami, n'a pas sa place dans l'entretien fantasmatique d'une double hypocrisie artificiellement animée par un vieux sentiment d'enfance. J'ai eu tort, par sym­pathie pour sa jubilante immaturité, de laisser mon meilleur ami me piquer mon goûter à la récré. On dirait que tous les hommes aiment se retrouver sous ce préau d'école maternelle qu'ils appellent l'amitié. Moi, ce que j'aime dans une main, ce sont les doigts, pas la poignée.

Mon meilleur ami est amoureux de moi, et, pour le cacher, il fait croire que je suis jaloux de lui. Toute la crédibilité de son imposture tient à cela, car il ne peut pas dire sans faire rire que je suis amoureux de lui. Par un effet de regard amer dans son miroir, l'homosexualité glorieusement refoulée de mon meilleur ami apparaît, écla­tante, dans les pages qu'il me consacre. En réfléchissant tout à travers la psychana­lyse (qu'il confond avec l'art de lire dans les pensées), mon meilleur ami ne voit que lui, dans le seul but de ne voir personne. Exempté de tout tourment, il se croit alors capable d'affronter seul les banales névroses d'autrui. Mon meilleur ami n'aime pas assez les gens pour les haïr ou les adorer, il est dans l'ignoble indifférence. Son éthique, c'est de mépriser toute opinion le concernant. Il appelle Ça de la confiance en soi, mais quand on le voit trembler comme une feuille morte lorsqu'un souffle de vérité l'effleure, ça fait peur.

Ce qu'on sent tout de suite chez mon meilleur ami, c'est sa froideur profonde, réchauffée laborieusement par la joie de vivre factice. Mon meilleur ami est si froid au fond de lui, si frigide, disons-le, qu'on voudrait allumer un feu de bois près de lui. S'il est si fasciné par les congélations d'embryon, ce n'est pas seulement pour imiter k meilleur écrivain français vivant dans une de ses thématiques les plus personnelles, c'est parce qu'il se voit dans une éprouvette. Les paillettes ne sont pas toujours celles du show-biz. Incapable de faire circuler son émotion dans les veines de ses phrases glacées, il n'est pas encore sorti de la glace spermatique. C'est l'écrivain-éprouvette en mal de naissance. Il attend qu'on l'insémine, mais n'est-ce pas trop tard ?

On dit que les hommes comme lui ont la nuque raide. « La nuque raide », l'aura-t-on assez entendue cette expression dans sa bouche, raide aussi, lorsque sa haine froide (comme on le dit d'une viande) du lourdissimefranik lui remonte du fin fond de son frigo ! Ce n'est pas seulement la nuque qu'il a de raide : son corps entier, dont il est si fier, et dont il croit que tout le monde est envieux, est très intéressant à voir bouger, surtout quand il danse. Mon meilleur ami est la lourdeur incarnée. Il danse comme un bloc de béton qu'une grue balancerait dans un chantier abandonné. Quelle lourdeur pour tant de manque ! Qu'est-ce qui peut bien lui manquer de si lourd ? La question ne reste pas longtemps suspendue, et ce n'est pas moi qui ai trouvé la réponse pour définir mon meilleur ami :

L'EUNUQUE RAIDE.

Marc-Édouard Nabe

L'Infini, 70. Eté 2000.
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Gérard Miller
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MessageSujet: Re: CITATIONS DE CÉLINE   Lun 23 Juil 2007 - 12:24

Je connaissais ce texte de Nabe.
Quelle langue de pute quand même !
Cela étant, il n'est jamais aussi bon que lorsqu'il crache sur ses contemporains.
Ses dithyrambes et ses exaltations me semblent artificielles et ne me touchent pas.
Par contre, c'est quand même très jouissif quand ce perfide visqueux entreprend de mettre à terre untel ou untel.
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MessageSujet: Re: CITATIONS DE CÉLINE   Jeu 26 Juil 2007 - 12:59

JOHN a écrit:
MAGGLE a écrit:
Céline ne se méfiait pas tant de la bonté que de la prétention de l'homme à vouloir l'incarner. Nuance...
C’était bien tenté mais… Faux !... Pour démentir une bonne fois pour toute cette (fausse) pseudo nuance, voici ces passages types du Voyage au bout de la nuit (1932) (de l'éd. folioplus) :

Je reformule alors : Céline ne voyait pas de bonté chez l'homme. Ce qui ne veut pas dire qu'il s'en serait méfié s'il en avait vu...
D'ailleurs, il en a quand même vu chez quelques hommes...

Sinon, c'est quoi ton secret pour dénicher les citations qui font mouche au quart de tour ? Tu les connais par coeur ?

@ Gérard Miller :

Nabe a écrit ce texte sur Zagdanski en réponse à un texte de Zagdanski sur lui dans Pauvre De Gaulle. Etant inséparables à l'époque, Zag n'avait pas cru bon de lui dire en face ce qu'il avait à lui reprocher et le lui a fait savoir par livre interposé. Nabe est malgré tout resté ami avec Zag, se contentant de lui répondre plus tard par édition interposée, comme Zag l'avait fait. Du coup, Zag s'est faché avec Nabe...
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MessageSujet: RARETÉ DE LA BONTÉ HUMAINE   Jeu 26 Juil 2007 - 17:51

MAGGLE a écrit:
Je reformule alors : Céline ne voyait pas de bonté chez l'homme. Ce qui ne veut pas dire qu'il s'en serait méfié s'il en avait vu...
D'ailleurs, il en a quand même vu chez quelques hommes... (1)
A ce sujet, justement il y a ce passage de Céline (1894-1961), l’un des très rares, qui nuance un peu le pessimiste radicale sur la (bonté de la) nature humaine, dans Nord (1960), p191 :

« Y a du cœur où que ce soit, on peut pas dire que tout est crime… »

(1) De même pour celle des femmes dans Voyage au bout de la nuit (1932), (éd. folioplus) :

« Après tout quand l’égoïsme nous relâche un peu, quand le temps d’en finir est venu, en fait de souvenir on ne garde au cœur, que celui des femmes qui aimaient vraiment un peu les hommes, pas seulement un seul, même si c’était vous, mais tous. » (p416)

« Elle [Molly] me conseillait bien gentiment, elle voulait que je soye heureux. Pour la première fois un être humain s’intéressait à moi, du dedans si j’ose dire, à mon égoïsme, se mettait à ma place à moi et pas seulement me jugeait de la sienne, comme tous les autres. » (p245) ** (2)

** = Schopenhauer (1788-1860) dans Aphorismes sur la sagesse dans la vie, p137 :

« La vraie, la sincère amitié [comme le vrai amour] présuppose que l'un prend une part énergique, purement objective et tout à fait désintéressée au bonheur ou au malheur de l'autre. L'égoïsme de la nature humaine [ordinaire] est tellement opposé à ce sentiment que l'amitié vraie fait partie de ces choses dont on ignore, comme du grand serpent de mer, si elles appartiennent à la fable ou si elles existent en quelque lieu. » *

* + = Cioran (1911-1995) dans Aveux et anathèmes (1987), chap. « A l’orée de l’existence » :
« Quand on doit prendre une décision capitale, la chose la plus dangereuse est de consulter autrui, vu que, à l’exception de quelques égarés, il n’est personne qui veuille sincèrement notre bien. »

MAGGLE a écrit:
Sinon, c'est quoi ton secret pour dénicher les citations qui font mouche au quart de tour ? Tu les connais par coeur ?
Mon « secret » c’est que tout simplement je me fais un classement des meilleurs passages de mes auteurs préférés, ou un classement « aphoristique », lui-même plus ou moins sous classé par thèmes… (un peu comme un vampire qui puiserait l’essence aphoristique d’une œuvre). Classement dont je me prive d’autant moins de faire (ou apprécie d’autant plus de faire), que des génies comme Céline, l’humanité en donne rarement plus d’un ou deux par siècle…

(2) Sur les femmes voir aussi ces autres citations : http://kalayuga.frbb.net/Soralissimo-f4/Egalite-Reconciliation-et-les-femmes-p23860.htm?highlight=#23860
http://kalayuga.frbb.net/Mondo-2007-f5/SOS-HOMMES-BATTUS-p4490.htm?highlight=#4490
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MessageSujet: Re: CITATIONS DE CÉLINE   Jeu 26 Juil 2007 - 20:22

JOHN a écrit:
Mon « secret » c’est que tout simplement je me fais un classement des meilleurs passages de mes auteurs préférés, ou un classement « aphoristique », lui-même plus ou moins sous classé par thèmes… (un peu comme un vampire qui puiserait l’essence aphoristique d’une œuvre). Classement dont je me prive d’autant moins de faire (ou apprécie d’autant plus de faire), que des génies comme Céline, l’humanité en donne rarement plus d’un ou deux par siècle…

C'est quoi ton système d'entrées et de sous-entrées ? Par auteur ? Par thème ?
C'est sur carnet ? sur fiches ? informatique ?

Ca a son petit coté Google humain qui m'intrigue...
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MessageSujet: Re: CITATIONS DE CÉLINE   Ven 19 Oct 2007 - 17:21

De part (l’intérêt de) ses remarques, il me semble que la (2ième) partie du post de Simplicius – posté sur http://kalayuga.frbb.net/mondo-2007-f5/nietzsche-ou-le-prenazisme-en-pensee-t1700-100.htm#42304 – sur Céline a sa place sur ce fil :
Simplicius a écrit:
Venons-en maintenant au slogan de la décadence de la société bourgeoise. La société bourgeoise étant sur le déclin, la philosophie qui en est l'expression le serait également. Ou dit en termes marxistes, l'infrastructure est en complète dépendance par rapport à la superstructure (ce que au passage Engels à la fin jugera comme simplificateur).

(…)

Certains ont analysé le Voyage de Céline comme reflet de la "petit bourgeoisie". On sait que cette dernière, si cocardière ("tricolore jusqu'au caleçon" aurait dit Coluche) avant-guerre, voit sa fièvre patriotique redescendre fissa après-guerre devant une inflation qui anéantit le peu qu'il restait de ses économies. Elle fait le deuil et pas que de ceux tombés dans cette hécatombe, le deuil de se croire au-dessus du panier, elle se sent flouée socialement : le fossé se creuse avec la grande bourgeoisie, les capitaux se concentrent au sein que quelques puissantes banques (on passe à un capitalisme d'actionnaires). La petite bourgeoisie se laisse donc charmer par les radicaux-socialistes (Briand,...) promettant d'empêcher tout nouveau conflit européen et partage dorénavant avec le prolétariat le sentiment de l'insécurité de son sort. La perte de sa "divine sécurité", c'est le monde de Bardamu sans issue.

Au fonds, cette classe sociale n'a pas d'idéologie propre, elle n'a été vraiment ni fasciste, ni marxiste, ni nationale-socialiste, elle n'a eu qu'un sens aigu de ses intérêts et de la nécessité de se défendre pour survivre en tant que petite bourgeoisie. Elle a oscillé entre droite et gauche selon ses craintes de ce qu'elle croyait être le danger immédiat. Quand Céline commencera à être honoré pour son Voyage par les gens de Lettres du Tout-Paris, ceux de gauche surtout, il se sent piégé, capté dans l'orbite de la culture des classes dirigeantes, domestiqué. Il a du remords à l'idée que Louis-Ferdinand Destouches a trahi. Il balance un pamphlet antisoviétique, Mea culpa (1936), qui choque seulement l'extrême-gauche, alors il surenchérit dans la veine boulangiste antisémite par anticapitalisme, ce qui le coupe d'une gauche unanimement antiraciste en ces temps d'ascension de Hitler. Ainsi se sentait-il libre de toute attache, hors jeu social.

Et bien en disant tout cela, que Céline est de la petite bourgeoisie, on a rien dit, on a rien compris à ce que veut dire la littérature comme intervention pratique sur le monde. Une oeuvre véritable dépasse son auteur et a une vie propre. Le texte-hommage « Céline pilote » de Dubuffet (in L'homme du commun à l'ouvrage] envoie balader toute appréhension sociologisante de l'écrivain : celui-ci est révolutionnaire par la forme donnée au roman (« On ne répètera jamais assez que l’art est une affaire de forme et non pas de contenu »), il y réconcilie art et peuple séparés depuis la Renaissance, c'est pas un "insurgé bidon", avalisé par l'intelligentsia, et qui critique sans dommage le bien-fondé des institutions.

Citation :
Si vous voulez frapper au cœur la caste sévissante, frappez-la à ses subjonctifs, à son cérémonial de beau langage creux, à ses minauderies d'esthète. Celui qui désamorcera une bonne fois les saintes châsses qu'elle brandit comme des sorciers nègres leurs fétiches – ses grands auteurs, sa Joconde, ses chaises Louis XV, sa belle grammaire, sa langue morte stérilisée, tout son fatras de conserves d'ossements qu'elle fait passer pour art et culture – celui qui réussira à faire entrer dans la tête de la queue du train que le vrai art vivant, le seul, et la vraie création inventive est de son côté et pas du chienlit patronné par les ministères, celui-là sonnera le congé de la caste sévissante. Mais la caste sévissante, vous pouvez compter sur elle pour se défendre.
En littérature comme en politique, la question n'est pas s'il y a quelque chose à sauver dans ce qui a été fait avant nous, ou dans quelle mesure se consacrer à des raccommodages ou des compromis honteux, la question posée est celle du destin, qui exige d'autres contenus, d'autres valeurs. C'est en ce sens que la pensée de Nietzsche, philosophe-artiste, renvoyant dos à dos laudateurs et détracteurs, ne cesse de déranger. Il nous apprend que art et vie ne sont qu'un au sein d'une "grande politique".
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MessageSujet: Re: CITATIONS DE CÉLINE   Ven 19 Oct 2007 - 19:05

C'est pas à un Céline qu'on apprendra à faire la grimace!!!!

Quand il cause de l'homme ou des hommes...il oublit parfois la femme ou certaines femmes à qui il accorde une indulgence peu doctrinale!
Le genre à admettre que dans la tourbe,la fiente et le chiendent qui constitut l'humanité pousse parfois quelques fleurs magnifiques!
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MessageSujet: Re: CITATIONS DE CÉLINE   Ven 19 Oct 2007 - 20:15

Simplicius a écrit:
Gérard Miller a écrit:
Je connaissais ce texte de Nabe.
Quelle langue de pute quand même !
Cela étant, il n'est jamais aussi bon que lorsqu'il crache sur ses contemporains.
Ses dithyrambes et ses exaltations me semblent artificielles et ne me touchent pas.
Par contre, c'est quand même très jouissif quand ce perfide visqueux entreprend de mettre à terre untel ou untel.

Nabe le nabab, ce snob décadent qui joue avec les idées du temps comme un gosse dit des gros mots pour choquer son auditoire, ce mec n'en a jamais foutu une rame... le parasite à l'état pur... le glandeur sublime... la larve bobo de son époque. je ne fais jamais confiance à un mec qui ne saurais pas survivre 2 jours perdu en pleine campagne. Le fils Zanini en est le prototype même...

Nabe est une merde molle, un plagiaire de Céline, "petite merde à mon cul , ce Jean Saul Partre" écrivait l'autre, lequel lui aurait donné ce conseil de Picasso à un jeune peintre qui lui demandait comment avoir du talent. Enculez votre père, sentez l'odeur de votre bite et vous deviendrez un génie.

Son seul talent ? Faire son mondain sur le jazz, le cul, ses amis parisianistes qu'il plante dans le dos après... Des futilités quoi ! Ses jugements politiques, religieux, voire littéraires, ça pue le poseur, beaucoup de lâcheté et d'opportunisme... Et puis, cette littérature qui ressemble à un éditorial de 400 pages, comme dirait Harry Morgan, c'est si médiocre... Nabe est l'éternel bouffon qui crache dans la soupe où il boit parce qu'incapable de construire une oeuvre qui tienne la route. Pathétique Nabe !

Nabe fait chier, ils font tous chier d'ailleurs ! Sous couvert de "je suis le rebelle total qui vient dire la vérité et dénoncer vos mensonges", ce n'est que de l'auto-promotion narcissique. Un genre qu'on se donne. Ridicule ce mec qui nous refait le coup de l'écrivain maudit. L'imprécation pamphlétaire comme marche-pied littéraire est un style épuisant pour le lecteur. Quel ennui !

Mais ne nous leurrons pas, tout ça bouffe des escargots de Bourgogne à la Closerie après l'émission, en se tapant dans le dos. Les vrais dérangeants ne sont jamais invités. Depuis combien de temps vous avez vu Raspail à la télé pour la dernière fois ? Sous Pompidou ? Et Camus, l'autre, le pédé, pas le mort, c'est le seul homosexuel français qui n'a pas accès aux médias. Sans parler de Faye (qui s'est juste glissé en catimini 2 min l'après-midi sur FR3). Tiens on va rire, citez moi un "un seul" journaliste "vu à la télé", un seul, plus "à droite" que Claude Imbert ? Un seul, Zemour ? Euhhhhhhh nan, mauvaise réponse. Personne.

En quelques décennies, le débat intellectuel aura bien sombré, comme le reste.

ajax a écrit:
je pense la même chose que simplicius au seul bémol près que je considère que Nabe est de loin le moins mauvais styliste qu'on ait sous la main actuellement et c'est la seule chose qui le sauve à mes yeux...

Zzz

Toujours la meme crasse chez les nabophobes, du vent "ouh... il est mondain...", ça pue la jalousie, c'est ridicule, surtout si c'est pour nous faire l'apologie d'imposteur style Faye (ancien complice d'Arthur... et aprés on trouve Nabe mondain...)
Allez ma petite chatte, va miaulez aillezurs, t'auras peut etre le droit a du ron-ron...
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MessageSujet: Re: CITATIONS DE CÉLINE   Ven 19 Oct 2007 - 22:37

Simplicius a écrit:
L'imprécation pamphlétaire comme marche-pied littéraire est un style épuisant pour le lecteur. Quel ennui !
Si l’on remplace dans cette remarque « Marche-pied » par « emploi abusif » ou « emploi systématique », de façon complémentaire on a aussi ces citations de Céline et Cioran comme conseils littéraires sur les erreurs à éviter (pour éviter de trop lasser le lecteur) :
http://kalayuga.frbb.net/hybride-f6/bibi-et-son-oeuvre-t1832-20.htm#34244
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